Élections Montréal 2013 (2) - La nouvelle donne montréalaise

Deuxième de trois parties
La première partie de cette analyse, « Une démocratie dysfonctionnelle », a été publiée dans le numéro de février 2014.
Le positionnement des partis municipaux

Dans le contexte québécois, on peut décoder les choix des Montréalais selon les deux lignes de clivage traditionnelles, soit le clivage dominant basé sur l’appartenance linguistique au groupe francophone et les attitudes face au nationalisme, soit le clivage des classes sociales, entre la gauche et la droite. En matière de clivage entre partisans d’un Québec des communautés (les « multiculturalistes ») et partisans d’un creuset intégrateur, la question de la Charte de la laïcité a ici servi de marqueur pour tous les partis au cours de la campagne électorale. Tous les partis montréalais se sont positionnés face à la Charte, chacun la rejetant et promettant de la combattre vigoureusement une fois élu.

Cela dit, les caractéristiques institutionnelles montréalaises et le contexte politique québécois ont ciselé un système de partis montréalais dont on peut se demander s’il a effectivement couvert tous les principaux courants politiques. Quatre partis principaux se sont disputé la victoire. Deux d’entre eux, Équipe Denis Coderre et Équipe Joly, sont des partis champignons nés en 2013, clairement fédéralistes et de droite. Équipe Coderre, en particulier, s’est vigoureusement appuyée sur les communautés présentes en sol montréalais. En ont témoigné les appels directs au vote bloc de Denis Coderre aux juifs hassidiques et d’Anie Samson[1] à la mosquée à la toute fin de la campagne[2]. Une autre constante du discours de M. Coderre réside dans ses déclarations régulières favorables au soutien financier et à l’action directe du gouvernement fédéral auprès des municipalités, pourtant créatures du gouvernement du Québec. M. Coderre est aussi connu pour avoir critiqué régulièrement et sévèrement le gouvernement Marois, à la manière des municipalités anglophones se considérant comme « autonomes » face à Québec, mais en lien direct avec Ottawa.

Du côté d’Équipe Joly, « Vrai changement pour Montréal », les activités et les premières déclarations d’avant la campagne ainsi que celles du début de celle-ci ont témoigné de franches positions à la fois fédéralistes et de droite. Entre autres choses, madame Joly s’est inscrite en faux contre la « Loi sur l’intégrité en matière de contrats publics » du gouvernement de Pauline Marois et contre l’assujettissement des entreprises à l’examen de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Cet examen était alors un préalable à l’obtention d’un certificat de bonnes mœurs que devait délivrer l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour garantir la probité des entreprises soumissionnaires pour tous les nouveaux contrats de la Ville de Montréal. Mme Joly s’était plutôt affichée en faveur d’une amnistie envers les entreprises qui déclaraient avoir révisé leur gouvernance et accepté de rembourser les sommes « volées aux Montréalais » obtenues lors de contrats frauduleux. Pour être sûre que l’UPAC et l’AMF ne paralysent pas l’activité économique dans la ville et ne détruisent des « entreprises honorables », Mme Joly proposait entre autres choses de soustraire à l’examen de l’UPAC et de l’AMF les entreprises soumissionnant pour des contrats de moins de 40 millions de dollars[3].

Le troisième parti, Coalition Montréal, offrait un cas plus complexe. Ayant aussi vu le jour en 2013, le parti était dirigé par l’ex-conseiller fédéraliste Marcel Côté[4]. Le parti rassemblait quelques troupes empruntées aux partis fédéralistes frères (de droite) tout en bénéficiant de l’engagement de la chef de VM, l’ex-ministre péquiste et indépendantiste, Louise Harel, à lui livrer les troupes qu’elle dirigeait depuis juin 2009. Or ces militants étaient issus des milieux francophones montréalais, nettement indépendantistes, démocrates et au centre gauche de l’échiquier. Cette alliance contre nature risquait dès ses débuts de ne pas produire les fruits espérés. Le pari du tandem Côté-Harel était qu’il fallait continuer à dominer chez les francophones et percer significativement dans les milieux non francophones pour espérer l’emporter. À défaut de prendre, l’alliance contre nature exposait VM à une débâcle électorale certaine.

Le quatrième parti, Projet Montréal, a été créé en 2004 et est dirigé depuis par l’urbaniste Richard Bergeron[5]. Il s’agit d’un parti de gauche classique, programmatique et prodémocratique. M. Bergeron est toutefois un partisan convaincu de l’approche multiculturaliste, ainsi qu’en a témoigné au cours de la campagne sa défense de sa candidate hassidique Mindy Pollak au poste de conseiller d’arrondissement (CA) dans le district Claude-Ryan d’Outremont. La candidate – éventuellement élue – s’est révélée pourtant incapable de prendre position sans prendre conseil auprès de son rabbin. Cela dit, le parti comptait nombre d’éléments nationalistes et indépendantistes orphelins – suffisamment pour que certains réclament une alliance avec VM[6] –, plusieurs actifs dans les rangs du NPD fédéral, de Québec solidaire, ou plus simplement quelques militants et partisans déçus de VM, du PQ et du BQ.

Coalition Montréal n’a pas eu le monopole des alliances croisées. Projet Montréal et Équipe Joly en ont également bénéficié. De son côté, Richard Bergeron a été élu grâce à l’élection de sa colistière, Janine Krieber dans Saint-Jacques, dans l’arrondissement Ville-Marie. Or il se trouve que madame Krieber est l’épouse de l’ex-chef du PLC et père de la Loi sur la clarté référendaire, Stéphane Dion. On ne peut imaginer une filiation plus hostile aux nationalistes québécois. Quant à Mélanie Joly, tout aussi soucieuse de ratisser le plus large possible, sa colistière, Marie-Claude Johnson, a été candidate dans le district Notre-Dame-de-Grâce de l’arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce. Mme Johnson est la fille de l’ex-chef du PQ, Pierre Marc Johnson. La presse a également rapporté que Mme Joly avait reçu durant plusieurs mois les conseils d’un autre ex-chef du PQ, Lucien Bouchard, lequel a joué le rôle de mentor auprès de la néophyte. Mme Joly a également profité du soutien de François Leblanc, chef de cabinet durant douze ans du chef du Bloc québécois (BQ), Gilles Duceppe.

Les choix offerts, limités ou étendus ?

Deux hypothèses : les choix entre les partis auraient été si étendus selon certains que les électeurs n’avaient en 2013 aucune raison valable de ne pas voter. Mais pour d’autres, le choix offert aux Montréalais fut on ne peut plus restreint. Les quatre partis principaux n’ont fait la cour qu’à une seule et même clientèle, non francophone, fédéraliste et multiculturaliste, dominée par l’élite économique et financière de Montréal. Or, on l’a vu, les positions des partis et des chefs ont semblé suffisamment variées et nuancées pour que M. Coderre aussitôt élu se dise capable de gouverner en faisant équipe avec tous les partis sauf avec celui de M. Bergeron. Deux des trois partis d’opposition lui semblaient politiquement compatibles, en accord comme son propre parti avec l’élite économique et financière. Le seul autre parti restant serait celui qui embrasserait les revendications nationalistes de l’élite sociale, intellectuelle et ouvrière. Sous cet angle, les positions politiques seraient allées d’une élite à l’autre.

Pourtant, une unanimité existait entre Projet Montréal et les trois autres partis en matière de langue. D’Équipe Coderre à Projet Montréal, tous niaient l’existence d’une forme d’apartheid linguistique opposant des réseaux anglais et français sur le partage des ressources, depuis les établissements santé et de services sociaux (des CLSC aux mégahôpitaux) jusqu’aux institutions d’enseignement (du primaire à la recherche universitaire), depuis les institutions culturelles (privées et publiques) jusqu’aux entreprises étrangères et locales. Tous les partis et tous les candidats se sont faits les promoteurs des services municipaux dans la langue demandée par les citoyens et par les consommateurs, sans se baser sur quelque réflexion sur l’importance de Montréal dans l’intégration des immigrés à la majorité francophone, sur son rôle crucial en tant que creuset intégrateur, sur le partage des ressources matérielles et humaines et sur le financement des services et des équipements publics entre les deux réseaux. Lorsqu’un parti se fait le promoteur du libre choix, il se trouve à être assimilationniste par son laisser-aller. Aucun des partis en lice ne s’est montré soucieux ni même inquiet quant au rôle de Montréal à l’égard de la langue française.

Traiter les langues française et anglaise sur le même pied revient à récompenser l’assimilation linguistique à la minorité anglophone. La meilleure façon d’enraciner cette égalité est de recourir à des indicateurs qui gonflent les effectifs anglophones. La minorité anglophone connaît en effet une inflation galopante de ses effectifs correspondant au point de vue des acteurs : de 14 % d’effectifs de langue maternelle anglaise en 2006, la minorité passe à 20 % selon la langue parlée le plus souvent à la maison, à 29 % selon la langue la plus souvent parlée au travail, et jusqu’à 64 % – une bonne majorité – selon la connaissance d’au moins l’anglais (anglais seulement plus anglais et français). Cette dernière définition n’a rien de fantaisiste puisqu’elle a servi au gouvernement du Québec pour confier au « Réseau universitaire intégré de santé » de l’Université McGill (« le RUIS-McGill ») 35 % de la population québécoise[7], dont seulement 15 % sont de langue maternelle anglaise. Sous cette définition, largement répandue, le législateur lui-même gonflait par sept fois la communauté « anglo-québécoise », soit les effectifs de langue maternelle anglaise nés au Québec de parents nés au Canada, une minorité qui représente 4,8 % de la population montréalaise, dont les effectifs ont en principe appris le français dans les écoles anglaises du Québec. D’ailleurs, dans la Ville de Montréal, le maximum d’Anglo-Québécois enregistré dans un arrondissement montréalais s’élevait à 14 % en 2006 : Pierrefonds-Roxboro. Dix des dix-neuf arrondissements en comptaient moins de 3 %[8].

La réforme des structures politiques n’a pas davantage été un thème majeur dans la campagne de 2013. Aucun des partis, pas même Projet Montréal[9], n’a osé réclamer au gouvernement québécois des modifications qui auraient eu pour conséquences de faire diminuer le nombre d’élus à Montréal, de réformer le système de représentation en regroupant les districts électoraux en arrondissements plus importants. Aucun des partis ne s’est également engagé envers une meilleure redistribution des ressources dans le but d’atténuer les iniquités entre arrondissements. Aucun parti ne s’est engagé à reconstruire l’administration centrale telle que démolie par les marchandages des fusions de 2001 et des défusions de 2006. Dans un avenir prévisible, non seulement seront maintenues les dispositions les plus archaïques et non démocratiques en matière de représentation et de démocratie électorale, mais aussi les difficultés multiples dans l’élaboration de politiques communes, ainsi que leur financement déficient, exposé à des variations excessives entre arrondissements. Il est d’ailleurs révélateur que la première sortie du nouveau président du comité exécutif de la ville de Montréal, M. Desrochers, ex-haut dirigeant d’une compagnie pétrolière impliqué dans un nombre impressionnant de conseils d’administration de toute sorte, au moment de la présentation du nouveau budget, ait été marquée par une réflexion sur la nécessité de revoir la redistribution des ressources entre arrondissements.

Comment différencier entre partis ?

Deux pôles, deux clivages : peut-on affirmer que deux factions politiques se sont opposées aux élections de Montréal ou qu’à l’opposé, malgré leur nombre, les quatre partis ont tous présenté une orientation semblable ? Les choses ne sont évidemment pas simples, surtout avec quatre partis en concurrence. Certains groupes d’électeurs sont de gauche sans être francophones ou sans être indépendantistes ou nationalistes, d’autres sont de droite sans être non francophones ou multiculturalistes. Placé devant des choix restreints, chacun de ces sous-groupes est libre de trouver sa voie dans le vote stratégique (le candidat moins inacceptable qui soit le plus susceptible de barrer la route au parti ou au candidat le plus rebutant) ou l’abstentionnisme. Il faut dire que ce dernier s’inscrit toujours dans un horizon temporel plus large : plus les choix sont minces durant de longues périodes, plus se développe un sentiment d’impuissance ou un cynisme prononcés. Leur ampleur s’inscrit aussi en lien avec le recul de la participation aux autres paliers de représentation[10].

Comment comparer les partis entre eux ? En analyse électorale, les partis se différencient d’abord en fonction des liens de représentation qu’ils établissent entre les candidats et les élus d’une part, et les clientèles électorales qu’ils représentent d’autre part. Ces liens de représentation s’établissent dès l’assemblée d’investiture de chaque candidat, ou alors dans la sélection des candidats par le chef du parti. Dans un cas comme dans l’autre, ils sont à la base de l’orientation idéologique des partis. Dans les assemblées d’investiture, ils répondent naturellement aux exigences des clientèles qui se montrent les plus radicales et qui parviennent à contrôler ces assemblées. Or les deux camps politiques principaux sont de nature fort différente quant au radicalisme de leur élite respective.

Du côté fédéraliste, l’élite économique et financière, fortement liée à des groupes d’intérêts étrangers, est marquée par un radicalisme certain. Assurant une large part du financement des campagnes, récupérant de nombreux candidats et élus dans leur après-carrière politique, elle est constituée d’effectifs favorisant le développement dépendant. Elle est d’autre part appuyée par les élites communautaires, qui comptent aussi parmi les éléments les plus radicaux. Ces élites sont largement financées par l’État fédéral. Elles représentent et desservent des clientèles culturellement conservatrices, très majoritairement pratiquantes, communautaristes et sensibles au multiculturalisme de préférence au biculturalisme. Elles sont férocement opposées à ce dernier ainsi qu’au nationalisme québécois et à la laïcité, même si elles peuvent elles-mêmes subir les conséquences d’une société dominée par la religion. Régnant sans partage sur leurs ouailles, les associations ethnoculturelles bénéficient de l’isolement de leurs membres, en particulier face aux francophones. Leur pouvoir vient notamment de ce qu’elles sont capables de constituer des masses d’électeurs mobilisables et susceptibles de faire la différence dans de nombreux districts et, partant de là, dans la totalité de la Ville. Appartenir à l’élite économique et financière ou s’identifier d’une communauté ethnoculturelle particulière subventionnée par le gouvernement fédéral s’accompagne d’attitudes hostiles envers le nationalisme et souvent envers le progressisme social. Par contre, en ce qui concerne la communauté francophone, il n’est pas automatique que ses candidats soient nationalistes. Il ne va pas non plus de soi que l’appartenance à l’élite sociale, intellectuelle et ouvrière débouche sur une contestation de la domination fédéraliste de droite et du multiculturalisme, a fortiori quand on tient compte de l’offensive fédérale visant à déstructurer l’alliance entre indépendantistes/nationalistes et sociodémocrates : l’élite sociale, intellectuelle et ouvrière n’est pas monolithique. Elle compte ses éléments radicaux, mais elle n’est pas radicale par nature. Elle est politiquement divisée.

Les partis municipaux reflètent ces caractéristiques des élites. On peut en retrouver la trace dans les c.v. des candidats, qui sont révélateurs des liens de représentation des clientèles électorales que les candidats disent vouloir représenter. Ils le sont d’autant plus qu’ils reflètent le message que les partis et les candidats destinent volontairement à l’électorat. L’hypothèse est qu’à Montréal, les candidats des partis se sont différenciés selon l’axe social gauche-droite, mais qu’ils ont été relativement semblables en matière de nationalisme/multiculturalisme : des partis de droite et de gauche, tous appuyant le multiculturalisme plutôt que le nationalisme, face à l’électorat le plus nationaliste du Québec.

Deux grandes comparaisons seront effectuées pour répondre à cette hypothèse. 1) Les quatre principaux partis seront comparés entre eux de manière à faire ressortir les différences qui les opposent, d’abord au niveau des candidats, puis chez les élus. 2) Dans le but de comprendre comment se précisent les principaux traits du parti gagnant, et notamment l’impact du chef sur l’orientation du parti, le portrait des candidats d’Équipe Coderre a été esquissé au fur et à mesure que l’on montait dans la hiérarchie du pouvoir. Les comparaisons opposent donc les différents groupes de représentants d’Équipe Coderre depuis l’ensemble des candidats jusqu’au très sélect comité exécutif composé de 19 membres. Plus on monte dans la hiérarchie du pouvoir, plus la proximité des heureux élus avec l’élite serait accusée.

Sous la première hypothèse, les comparaisons seront effectuées à même les c.v. des candidats de chaque parti tels que fournis sur le site de chacun quelques jours avant les élections, en évitant dans la mesure du possible l’inclusion de tout autre renseignement glané sur tout autre site pertinent ainsi que toute autre vérification permettant de préciser des renseignements flous. Les c.v. des 102 candidats d’Équipe Coderre sur les 105 postes (en incluant les deux conseillers de ville [CV] également nommés conseillers d’arrondissement [CA] dans Ville-Marie) seront comparés aux c.v. des 97 candidats de Coalition Montréal, aux 103 candidats de Projet Montréal et aux 56 candidats d’« Équipe Joly-Vrai changement pour Montréal ». Les c.v. des équipes indépendantes n’ont pas été retenus aux fins de comparaison.

Sous la deuxième hypothèse, les élus seront comparés entre eux, partant du portrait général des 105 élus de tous les partis (incluant les deux doublons), allant aux 40 candidats aux postes inférieurs de conseiller d’arrondissement (CA) (dont les deux doublons), aux 65 candidats du conseil de ville, dont les 46 CV et les 19 maires d’arrondissement (MA) (incluant le maire de Montréal au titre de maire d’arrondissement de Ville-Marie) et, aux 21 membres de l’exécutif et conseillers associés (dont D. Coderre et trois membres de Coalition Montréal), et finalement aux 19 membres de l’exécutif (dont D. Coderre et deux de Coalition Montréal).

La comparaison des équipes de candidats et d’élus

Saisir les liens existant entre chaque parti et l’une ou l’autre des élites devrait reposer sur des indicateurs quantifiables. Or rien n’est précis en la matière puisque les déclarations des c.v. comportent nombre de zones d’incertitudes : inexactitudes, renseignements incomplets, romancés et donc à décoder et à reformuler. Ce sont les données agrégées de différents sous-groupes qui permettent de conclure quant aux liens étudiés. De manière générale, les c.v. comportent :

  • le ou les mandat(s) politique(s) municipaux – nombre et parti concerné –, le(s) autres affiliation(s) politique(s) pour des postes de députés et d’attachés politiques – fédérale, provinciale, municipale et scolaire => le tableau 2 ;
  • les renseignements relatifs à la profession/l’occupation et à l’employeur des candidats au déclenchement des élections – certains, à l’ensemble de leur parcours professionnel => le tableau 3 ;
  • la formation générale des candidats, le domaine et le plus haut diplôme obtenu => le tableau 4 ;
  • leurs implications dans des c.a. d’organismes du domaine des affaires, des organismes de nature sociale, culturelle, ethnoculturelle, religieuse => le tableau 5 ;
  • l’appartenance aux communautés francophone ou anglophone, la connaissance des langues, l’adhésion explicite au multiculturalisme, la mention d’une origine ou d’implication dans les c.a. d’associations ethnoculturelles, les études selon la langue de l’établissement, l’implication dans les c.a. de commissions scolaires => le tableau 6 ;
  • quelques mots sur l’existence d’un(e) conjoint(e) – les époux/épouses sont pratiquement les seuls à déclarer leur union –, le nombre d’enfant(s), les attentes et les projets individuels.

Les indicateurs sont présentés dans cet ordre. La plupart d’entre eux sont tirés des c.v.. Ceux-ci fournissent des renseignements relativement exacts, mais souvent incomplets, notamment en matière de formation, d’occupation, d’implication sociale. Ils sont présentés tantôt en nombres absolus, pour tenir compte des réponses discrètes, tantôt en proportion des réponses valides. Si les renseignements des deux candidats indépendants élus et des candidats des équipes d’Anjou, d’Outremont, de Lachine, de LaSalle et de L’Île-Bizard qui ont été élus sont relativement complets et ont été inclus dans l’étude, le portrait global omet pourtant l’ensemble des candidats indépendants qui n’ont pas été élus ainsi que les candidats des équipes autres que les quatre principales formations qui n’ont pas été élus.

Une première comparaison entre les candidats des quatre principaux partis en matière d’expérience et d’affiliation politiques est présentée au tableau 2.


Tableau 2 : Candidats selon l’expérience municipale, le nombre de mandats et l’affiliation partisane, nombre d’anciens députés et d’ex-attachés politiques selon l’affiliation partisane, Montréal, quatre principaux partis, élections du 3 novembre 2013

Parti et chef de parti

Équipe Coderre

Coalition Montréal

Projet Montréal

Vrai changement pour Montréal

Indicateurs

Denis Coderre

Marcel Côté

Richard Bergeron

Mélanie Joly

Élus sortants d’Union Montréal

26

11

0

0

Élus sortants de Vision Montréal

1

11

1

0

Élus sortants de Projet Montréal

1

2

10

0

Attachés pol. de Vision Montréal

0

1

0

0

Attachés pol. de Projet Montréal

0

1

7

1

Total cumulatif de mandats municipaux obtenus par tous les candidats

90

11

16

13

Nombre d’élus expérimentés au municipal

28

5

13

6

Anciens députés PLQ/PLC/PC

2*

1**

0

0

Anciens députés PQ/BQ

0

3***

0

0

Attachés pol. PLQ/PLC/PC/NPD

9

4

4

2

Attachés pol. PQ/BQ

1

1

1

0

Ancien élu ou attaché pol. du Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM)

1

1

2

1

Note : L’ex-candidat d’Équipe Coderre au poste de conseiller de ville dans Saint-Léonard Est avait cumulé 7 mandats.

* D. Coderre, M. Bissonnet

** R. Copeman

*** L. Harel, R. Ménard, E. Lefebvre


Continuité et changement. Avec 31 % de ses candidats comptant une expérience municipale – et 25 % qui étaient des élus sortants d’UM –, Équipe Coderre s’est fait le parti de la continuité. À eux seuls, les élus expérimentés avaient cumulé 90 mandats, donnant près d’un mandat par candidat. Tel est également le cas des partis indépendants des ex-banlieues, dans Anjou, Lachine, LaSalle et Outremont, alors que tous les conseillers, sinon le maire d’arrondissement en tête appartenaient à la défunte UM. Coalition Montréal s’inscrit également en continuité avec les équipes précédentes : pigeant également parmi les élus d’UM et ceux de VM, elle a globalement présenté 24 élus sortants, soit à peu près autant qu’Équipe Coderre (28, plus un ayant démissionné avant l’élection). Si Projet Montréal s’inscrit lui aussi dans sa propre continuité, avec dix élus sortants se représentant (sur treize expérimentés), elle n’en présentait pas moins aucun lien avec l’UM et son passé trouble, au contraire de Coalition Montréal. Enfin, même si Équipe Joly n’a aussi pu compter sur l’expérience d’élus sortants, elle put néanmoins s’appuyer sur six élus d’expériences, soit 11 % de ses candidats. Équipe Joly a tenté de compenser la mise sur pied tardive du parti et l’inexpérience de ses candidats en recrutant dans les anciens de Montréal et des anciennes villes de banlieue (dont deux de L’Île-Bizard).

Les élus sortants réélus et battus. Équipe Coderre a par ailleurs réussi à faire réélire 26 de ses 28 élus sortants (93 %), dont 24 d’UM. Coalition Montréal n’a réussi à faire élire que quatre de ses élus sortants (17 % du total de ses candidats sortants), dont seulement trois de VM. Projet Montréal a de son côté présenté onze élus sortants, dont un de VM, et a réussi à en faire élire dix, soit 91 %. Équipe Joly n’a pu obtenir les services d’aucun élu sortant. Quant aux équipes indépendantes et aux candidats indépendants, on comptait 22 élus, dont quatorze élus sortants et huit nouveaux candidats. C’est donc dire que, sur 21 élus sortants en réélection, quatorze (ou les deux tiers) ont été réélus[11]. Au total, 84 élus sortants se sont présentés devant les électeurs, 54 ont été réélus (64 %) et 30 battus. La proportion de réélus était plus élevée chez les élus sortants d’UM (avec 83 %, ou 39 sur 47), identique chez PM (également 83 %, ou 10 sur 12), mais très faible chez VM (17 %, ou 4 sur 24).

Les transfuges. Ils ont connu des sorts divers. Les deux élus sortants qui ont joint Équipe Coderre, l’un en provenance de Projet Montréal et l’autre de VM[12], peuvent être considérés comme transfuges. Ils ont été réélus. Le portrait est plus complexe chez Coalition Montréal puisqu’à peu près autant de candidats sortants d’UM (onze) que de VM (douze, dont un doublon) s’y sont présentés. Il reste donc les deux élus sortants de PM qui se sont joints au parti : tous deux ont subi la défaite[13]. Le transfuge de VM passé à Projet Montréal (François Croteau) a de son côté connu un sort plus heureux, ayant même été réélu à un poste supérieur (maire d’arrondissement). Enfin, les élus sortants d’UM qui se sont présentés avec des équipes indépendantes ont su tirer leur épingle du jeu de manière fort honorable compte tenu des obstacles que leur dresse le mode de scrutin majoritaire : treize élus sortants d’UM sur dix-neuf ont été réélus, tandis que l’élu sortant de PM a été battu et que l’indépendante Céline Forget a été réélue[14]. Au total, dix-sept des vingt-sept transfuges ont été réélus, principalement dans les équipes indépendantes (quatorze réélus sur vingt-et-un).

*

Appartenance au sexe, professions/occupations et revenus vont souvent de pair. Il est généralement facile d’identifier l’appartenance au sexe de chacun des candidats ; le tout devient certain avec les c.v. et les photos des candidats. Dans le cas présent, les c.v. font apparemment état de la profession des candidats. Il est cependant moins courant de savoir si le candidat travaille toujours ou s’il est retraité ; ce renseignement peut être déduit à la fois des c.v., lorsqu’ils indiquent de jeunes carrières, et des photos des candidats. Il n’y a évidemment aucun renseignement sur les revenus des candidats.

Pour les professions/occupations, une seule candidate (d’Équipe Joly) n’a fourni aucun renseignement à cet égard. Une quarantaine de candidats ont indiqué « conseiller de ville » comme profession. Le terme « occupation » apparaît plus précis. Les c.v. ne réfèrent effectivement pas nécessairement à la profession ou aux emplois occupés avant l’engagement politique. De fait, plus les candidats étaient anciens, plus ils décrochaient des mandats, et plus fortes étaient les probabilités qu’ils ne réfèrent à aucune profession, aucun emploi ou aucune formation. Dans ces cas, les candidats référaient seulement aux grandes réalisations effectuées au cours de leur(s) mandat(s) antérieur(s). On peut donc considérer que les déclarations des c.v., qui donnent tantôt l’occupation, tantôt la profession de chaque candidat, reflètent la réalité des candidats. C’est pourquoi le tableau 3 présente les principales occupations ou professions mentionnées dans les c.v. des candidats.


Tableau 3 : Sexe des candidats, et renseignements relatifs à l’occupation, la profession et l’employeur des candidats au déclenchement des élections – certains, à l’ensemble de leur parcours professionnel, Montréal, quatre principaux partis, élections du 3 novembre 2013

Parti

et

chef de parti

Équipe Coderre

Coalition Montréal

Projet Montréal

Vrai changement pour Mtl

% du total des réponses valides

Nombre de réponses valides

Denis Coderre

Marcel Côté

Richard Bergeron

Mélanie Joly

Appartenance au sexe

Sexe masculin

64 %

60 %

57 %

65 %

-

-

Sexe féminin

36 %

40 %

43 %

35 %

-

-

Occupations et professions

Nb de candidats déclarés

101

96

103

55

100 %

355

Gens d'affaires

18 %

19 %

17 %

36 %

20,4 %

73

Administrateurs – secteurs public, parapublic et péripublic

21 %

25 %

21 %

9 %

20,1 %

72

Administrateurs – secteur privé

12 %

11 %

5 %

27 %

12 %

43

Administrateurs – Org. sans but lucratif (OSBL)

5 %

9 %

13 %

7 %

9 %

31

Personnel politique – UM

19 %

7 %

0 %

0 %

7 %

26

Étudiants

1 %

2 %

13 %

2 %

5 %

17

Avocats & Notaires (1 candidat)

9 %

1 %

3 %

5 %

4,5 %

16

Attachés politiques – tous partis

5 %

3 %

7 %

0 %

4,2 %

15

Enseignants

4 %

4 %

5 %

2 %

3,9 %

14

Personnel politique – VM

1 %

9 %

0 %

2 %

3 %

11

Journalistes

3 %

0 %

4 %

0 %

2 %

7

Agents immobiliers

0 %

4 %

1 %

2 %

2 %

6

Vendeurs & Secrétaires & Coiffeurs & Esthéticiennes & Serveurs

0 %

1 %

3 %

2 %

1 %

5

Personnel politique – PM

0 %

1 %

2 %

0 %

1 %

3

Artistes

1 %

1 %

1 %

0 %

1 %

3

Traducteurs

1 %

0 %

2 %

0 %

1 %

3

Infirmiers

0 %

0 %

3 %

0 %

1 %

3

Ouvriers

0 %

0 %

1 %

4 %

1 %

3

Chercheurs

0 %

0 %

1 %

2 %

1 %

2

Personnel politique - PLQ+PLC (M. Coderre)

1 %

0 %

0 %

0 %

0 %

1

Médecins

0 %

1 %

0 %

0 %

0 %

1


Les partis se distinguaient de la manière suivante :

  • Équipe Coderre était une formation où presque deux candidats sur trois étaient des hommes. Ses candidats se singularisaient aussi par leur forte proportion d’élus sortants d’UM (+11 % par rapport à la moyenne des quatre partis). Outre cela, on y a aussi observé une proportion plus élevée d’avocats (et un notaire, pour +4 %). Les candidats étaient sous-représentés chez les étudiants et les administrateurs d’OSBL (chacun -4 %) ;
  • chez Coalition Montréal, les candidats étaient à peu près autant masculins que ceux d’Équipe Coderre et Équipe Joly, tandis que les élus sortants de VM étaient plus nombreux que la moyenne (+6 %). Tel était également le cas des candidats administrateurs du secteur public (+5 %). Aucun groupe n’y était clairement sous-représenté ;
  • si Projet Montréal était le parti le moins masculin, il l’était néanmoins majoritairement avec 57 %. PM était aussi surreprésenté parmi les étudiants (+8 %) et les administrateurs d’OSBL (+4 %). Les administrateurs du secteur privé (-7 %)et les élus sortants d’UM (-7 %) et les gens d’affaires (-4 %) y étaient par ailleurs sous-représentés ;
  • tout aussi masculin qu’Équipe Coderre, Équipe Joly présentait de fortes concentrations de candidats issus des gens d’affaires (+15 %) et des administrateurs du secteur privé (+15 %). Par contre, les candidats étaient sous-représentés parmi les administrateurs du secteur public (-11 %), les élus sortants d’UM (-7 %), les attachés politiques tous partis confondus (-4 %).

En matière d’occupations et de professions, les partis Équipe Coderre et Équipe Joly, le premier nettement plus expérimenté et issu du politique, le second plus amateur et issu du monde des affaires, se complétaient dans leur proximité de l’establishment. Ces partis s’opposaient fortement à PM, parti d’étudiants et d’administrateurs d’OSBL, loin des anciens d’UM (au contraire d’Équipe Coderre) et des administrateurs du privé (au contraire d’Équipe Joly). Coalition Montréal n’offrait presque aucune caractéristique particulière, si ce n’est de surreprésenter les administrateurs du secteur public. Le total des candidats comptait environ 10 % de retraités, mais ce pourcentage s’élevait à 15 % pour Équipe Coderre et autant pour Coalition Montréal, mais à seulement 4 % pour Projet Montréal et pour Équipe Joly, signe de la jeunesse des candidats de ces deux équipes.

*

Le tableau 4 donne le portrait des candidats des quatre partis selon leur domaine de formation et le plus haut diplôme obtenu. D’emblée, il faut souligner que le nombre de renseignements inscrits dans les c.v. est nettement moins important que le nombre de renseignements concernant les indicateurs précédents. Les renseignements sont ensuite souvent spécifiés sous forme « romancée », d’où il faut souvent déduire le plus haut diplôme atteint. Les statistiques ci-dessous comparent donc des formations au titre semblable, ignorant le nombre de plus hauts diplômes obtenus. Par exemple, une personne ayant obtenu deux baccalauréats et deux maîtrises se verra dans la même catégorie que tous les détenteurs d’une maîtrise, sans comptabilisation d’une autre maîtrise et de deux baccalauréats dans le compte total. Les diplômes en cours des candidats toujours aux études n’ont d’autre part pas été considérés.


Tableau 4 : Formation académique des candidats, selon le secteur de formation et le plus haut diplôme obtenu, Montréal, quatre principaux partis, élections du 3 novembre 2013

Parti

et

chef de parti

Équipe Coderre

Coalition Montréal

Projet Montréal

Vrai changement pour Mtl

% du total des réponses valides

Nombre de réponses valides

Denis Coderre

Marcel Côté

Richard Bergeron

Mélanie Joly

Secteur de formation

Administration – Finances, Gestion

29 %

21 %

26 %

28 %

26 %

59

Droit

31 %

13 %

5 %

11 %

14 %

31

Sciences humaines – autres que science politique

6 %

13 %

17 %

11 %

12 %

28

Sciences politiques

8 %

9 %

14 %

4 %

10 %

22

Génie & Mathématiques (1 candidat)

6 %

2 %

6 %

21 %

8 %

19

Économie

0 %

11 %

5 %

0 %

4 %

10

Biologie & Environnement

0 %

0 %

9 %

2 %

3 %

8

Urbanisme & aménagement

2 %

0 %

5 %

6 %

3 %

8

Éducation

2 %

4 %

1 %

9 %

3 %

8

Communications

0 %

5 %

5 %

0 %

3 %

7

Comptabilité

2 %

9 %

0 %

2 %

3 %

7

Infirmières & Formations techniques

8 %

2 %

3 %

0 %

3 %

7

Architecture & Design environnement

2 %

4 %

3 %

2 %

3 %

6

Informatique

0 %

4 %

0 %

4 %

2 %

4

Médecine & Pharmacologie & Optométrie

2 %

4 %

0 %

0 %

1 %

3

Formation générale

2 %

2 %

0 %

0 %

1 %

2

Arts

0 %

0 %

1 %

0 %

0 %

1

Total renseignements fournis

49

56

78

47

100 %

230

Renseignements non fournis

53

41

25

9

-

128

Plus haut diplôme obtenu

Secondaire

6 %

7 %

1 %

6 %

5 %

11

Collégial (professionnel ou général)

8 %

4 %

6 %

9 %

6 %

15

Baccalauréat

53 %

59 %

49 %

51 %

53 %

123

Maîtrise

29 %

25 %

33 %

34 %

30 %

71

Doctorat

4 %

5 %

10 %

0 %

6 %

13

Renseignements fournis

49

56

81

47

100 %

233

Renseignements fournis sur candidats (en %)

48 %

58 %

79 %

84 %

65 %

-

Renseignements non fournis par candidats

53

41

22

9

-

125

Renseignements non fournis sur candidats
(en %)

52 %

42 %

21 %

16 %

35 %

-

Postes sans candidat

3

6

0

47

-

56


Équipe Coderre est la formation qui a fourni le plus petit nombre de renseignements, soit 49 sur 102 candidats (ou 48 %), contre 47 pour Équipe Joly sur 56 candidats (84 %). PM s’est montré bon élève, avec 81 réponses sur ses 103 candidats (79 %), tandis que Coalition Montréal se rapprochait d’Équipe Coderre, avec 56 renseignements sur 97 candidats, ou 58 %. Selon le secteur de formation :

  • chez Équipe Coderre, la formation laisse cette fois apparaître toute l’importance des candidats formés en droit, devenus plus tard avocats, élus, attachés politiques et autres du domaine politique. Presque un candidat sur trois (31 %) des candidats d’Équipe Coderre avait étudié en droit, soit 17 % de plus que la moyenne des quatre partis. Les formations techniques s’y retrouvaient également plus nombreuses (+5 % par rapport à la moyenne). D’autre part, les troupes de M. Coderre étaient moins nombreuses à provenir des sciences humaines (-6 %), d’économie (-4 %) ;
  • Coalition Montréal serait le parti des finissants en économie (+6 %) et en comptabilité (+6 %), dans la foulée de la formation du chef. Par contre, Coalition peinait chez les ingénieurs (-6 %), les finissants en administration (-4 %), en biologie/environnement (-3 %) et en urbanisme/aménagement (-3 %) ;
  • Projet Montréal perçait chez les finissants de biologie/environnement (+5 %), de science politique (+5 %) et des sciences humaines (+4 %), mais rencontrait une forte opposition chez les finissants en droit (-8 %) et en comptabilité (-3 %) ;
  • fait surprenant pour des partis de droite plutôt conservateurs, Équipe Coderre est rejoint par les troupes d’Équipe Joly dans sa faiblesse en économie (-4 %). Du reste, ce dernier parti a peu percé chez les finissants en science politique (-5 %), chez ceux du droit (-3 %), des techniques (-3 %) et des communications (-3 %). Il a plutôt semblé susciter l’adhésion des ingénieurs (+13 %), des finissants en éducation (+5 %) et en urbanisme/aménagement (+3 %). La faiblesse des nombres pourrait expliquer de telles variations chez Vrai changement pour Montréal.

Selon le plus haut diplôme obtenu :

  • fait surprenant, une majorité des candidats des quatre partis détenaient un baccalauréat (53 %). S’ajoutent à ces effectifs les candidats détenant une maîtrise (au moins une maîtrise, soit 30 %) ou un doctorat (6 %), ce qui fait une moyenne de 89 % d’universitaires. S’agit-il d’un effet de distorsion issu d’une interprétation abusive et systématique faite des expressions « est diplômé en sciences xyz » ou « après ses études en xyz à l’université xyz », qui aboutissaient toutes deux à accorder un baccalauréat au candidat concerné ? Il s’agissait d’une règle interprétative qui, si elle ne permet pas de répondre avec certitude à cette question, permet à tout le moins de comparer les partis entre eux ;
  • ce renseignement était connu pour 65 % des candidats en moyenne, dont 48 % des candidats d’Équipe Coderre, 58 % des candidats de Coalition Montréal, 79 % des candidats de Projet Montréal et 84 % des candidats d’Équipe Joly.

Ces proportions sont à peu près identiques aux renseignements sur les domaines de formation. Il semble donc que la proximité du pouvoir amène à taire à la fois le domaine de formation et le plus haut niveau de scolarité complété ;

  • Équipe Coderre offre davantage de candidats de scolarité secondaire et collégiale combinées (+14 %, la moyenne des quatre étant 11 %) contre nettement moins ayant un diplôme universitaire (baccalauréat, maîtrise et doctorat) (-3 % par rapport à la moyenne) ;
  • Coalition Montréal se retrouve dans une situation semblable puisque, si ses candidats de scolarité secondaire et collégiale combinées sont dans l’exacte moyenne, ses candidats bacheliers sont nettement plus nombreux par rapport à la moyenne (+6 %). Ce sont évidemment les candidats ayant au moins un diplôme universitaire de deuxième et troisième cycles (maîtrise et doctorat) qui en font les frais (-6 %), et plus précisément les maîtrises (-5 %) ;
  • Projet Montréal est le parti qui dispose de la plus grande concentration de maîtrises et de doctorats (+7 % par rapport à la moyenne, soit +3 % pour les titulaires de maîtrise, +4 % pour les titulaires de doctorat). Cette répartition favorable aux plus scolarisés s’est naturellement faite aux dépens des candidats de scolarité secondaire et collégiale (-4 %) et des candidats ayant un baccalauréat (-3 %). Au total, Projet Montréal comptait sur les services de 8 Ph.D. contre 2 pour Équipe Coderre et 3 pour Coalition Montréal[15] ;
  • Équipe Joly a présenté en surnombre des candidats de scolarité secondaire et collégiale (+4 %). À l’opposé, ses candidats disposaient moins souvent de baccalauréats (-2 %) et de doctorats (-6 %), même si les titulaires de maîtrises étaient plus nombreux que la moyenne (+4 %).

En somme, les candidats d’Équipe Coderre se retrouvaient en particulier chez les diplômés de droit, et souvent de scolarité inférieure ou inconnue, traits particuliers d’un parti populiste. Parti d’économistes et de comptables, peut-être reflet d’une nature ambiguë, les candidats de Coalition Montréal étaient également surreprésentés parmi les groupes moyennement scolarisés ou dont la scolarité était inconnue. De son côté, Projet Montréal disposait de surconcentrations de candidats en biologie et en environnement, en science politique et en sciences humaines. Si le parti en imposait par sa forte proportion de Ph. D., soit 10 % de ses candidats (8 des 81 déclarations), particulièrement dans les sciences humaines et en biologie/environnement, seulement trois d’entre eux ont été élus, dont l’une était la colistière du chef. Enfin, les candidats de Mélanie Joly étaient faibles en économie et en science politique, en droit et en communications, ce qui renforçait l’impression d’amateurisme. Leur niveau de scolarité paraissait d’ailleurs inférieur à la moyenne des quatre partis. Quoi qu’il en soit, autant les candidats d’Équipe Joly que ceux de Projet Montréal ont massivement fourni ces renseignements dans leur c.v.

*

Les implications communautaires sont révélatrices des intérêts et des engagements des candidats auprès de leurs électeurs. Pour être significatives, les implications considérées pour les fins présentes doivent avoir comporté plus que des déclarations signifiant que les candidats ont été « bénévoles » dans telle organisation ou tel événement, et davantage que les renseignements flous du style « s’est impliqué dans de nombreux organismes communautaires ». Les renseignements considérés démontraient un engagement relativement « officiel » du genre membre du conseil d’administration (c.a.) d’un OSBL ou de toute autre institution publique. Ont été considéré les domaines d’activités suivants :

  • les affaires, les engagements considérés incluaient les c.a. d’associations de gens d’affaires, de chambres de commerce, de chambre de la sécurité financière du Québec, de Caisses populaires, de Centres locaux de développement (CLD), du Technoparc de Montréal, de Corporations de développement économique et communautaire (CDEC), de Fonds locaux d’investissements, de Société d’investissement jeunesse, de Carrefours jeunesse emploi, de Comités sectoriels de main-d’œuvre, etc. ;
  • le social, les activités considérées incluent les c.a. d’OBL (de lutte contre la pauvreté, les dépendances, etc.), d’hôpitaux, de fondations universitaires ou hospitalières, de cégeps, de la Société de transport de Montréal, d’organismes publics d’emploi pour jeunes, etc. ;
  • le culturel, les activités incluaient les c.a. du Conseil des arts de Montréal, du Conservatoire d’art dramatique, de centres culturels, de sociétés d’histoire, de radios communautaires, de cafés sociaux ;
  • l’engagement dans des associations ethnoculturelles, à l’exception des associations desservant la communauté anglophone (au tableau 6), où ces activités incluent le « travail » plus ou moins bénévole au sein de c.a. d’associations ethnoculturelles diverses, d’églises de confessions particulières (églises, mosquées, synagogues, temples, etc.), d’associations de gens d’affaires (ou de chambres de commerce) issus d’une communauté donnée, de festivals culturels ou interculturels (une communauté avec la société d’accueil), d’associations ethnoculturelles et d’organismes publics d’aide à l’intégration des immigrés, etc. ;
  • l’engagement au sein de regroupements religieux[16].

Ces catégories d’implication ne sont pas nécessairement mutuellement exclusives. Elles ne recouvrent pas les implications en matière de sport chez les jeunes ou d’habitation. Une activité au sein du c.a. d’une chambre de commerce haïtienne peut relever autant d’une association d’affaires que d’une association ethnoculturelle. Les données sont néanmoins données sous forme de pourcentages en rapport avec la somme des cinq domaines mentionnés précédemment. Le portrait global est le suivant (tableau 5).


Tableau 5 : L’implication des candidats dans les CA d’organismes à vocation économique, sociale, culturelle, ethnoculturelle ou religieuse, Montréal, quatre principaux partis, élections du 3 novembre 2013

Parti et chef de parti

Équipe Coderre

Coalition Montréal

Projet Montréal

Vrai chan-gement pour Mtl

Moyenne des 4 partis

Secteur d’activités des associations

Denis Coderre

Marcel Côté

Richard Bergeron

Mélanie Joly

Affaires

27 %

29 %

22 %

14 %

24 %

Social

21 %

33 %

27 %

25 %

27 %

Culturel

8 %

8 %

8 %

11 %

9 %

Ethnoculturelles

41 %

29 %

42 %

46 %

39 %

Religieux

3 %

0 %

1 %

4 %

2 %

TOTAL implications déclarées

86

96

111

56

349


À la différence des données sur les professions, les différences entre les secteurs d’implication des candidats sont nettement distinctes :

  • Équipe Coderre : près de la moitié de ses candidats (41 %) étaient actifs dans les associations ethnoculturelles (mais seulement +2 % par rapport à la moyenne des quatre partis). Équipe Coderre était surtout marqué par la proportion supérieure de ses candidats qui était également active dans des associations relevant des affaires (+3 %), tandis que les candidats actifs dans le domaine social y étaient nettement moins nombreux (-6 %) ;
  • chez Coalition Montréal, les candidats actifs dans des associations d’affaires (+5 %) et sociales (+6 %) étaient particulièrement nombreux. À l’opposé d’Équipe Coderre, ils étaient nettement moins nombreux dans les associations ethnoculturelles (-10 %), la plus faible proportion des quatre partis ;
  • Projet Montréal se situait dans la moyenne à peu près partout, sauf en matière d’associations ethnoculturelles, où ses candidats s’adonnaient légèrement plus fréquemment (+3 %) que la moyenne des quatre partis à des activités « officielles ». Ces activités faisaient en sorte que presque un candidat sur deux de Projet Montréal militait ou faisait du bénévolat dans ce type d’associations (42 %) ;
  • par rapport aux candidats des autres partis, les candidats d’Équipe Joly avaient un profil un peu plus distinct. Les candidats ont été proportionnellement les plus nombreux à avoir travaillé dans des associations ethnoculturelles (46 %), soit +7 % par rapport à la moyenne des quatre partis. Ils ont été légèrement plus nombreux dans les associations à vocation culturelle (+2 %) ou religieux (+2 %), mais nettement moins dans les associations d’affaires (-9 %) et dans les associations à vocation sociale (-2 %).

Les implications des candidats dans les diverses associations ont d’une part fait émerger Coalition Montréal en tant que parti champion des affaires et du social, ce qui refléterait possiblement la nature double de l’association entre l’ultra-fédéraliste Marcel Côté et l’indépendantiste Louise Harel. Avec surprise, elles ont d’autre part fait émerger Équipe Joly en tant que parti champion du culturel, de l’ethnoculturel et du religieux. Les deux partis les plus populaires au début de la campagne, Équipe Coderre et Projet Montréal, ont donc paru être les partis les plus proches de la moyenne, à la seule différence que le premier favorisait davantage les affaires et le religieux, et que le second favorisait davantage le social.

*

Le dernier indicateur révèle les liens existant entre chacun des partis et des candidats et la question nationale. Il est connu que les non-francophones, plus particulièrement les associations anglophones et ethnoculturelles diverses subventionnées par Patrimoine canadien, affichent des positions politiques allant le plus souvent ouvertement à l’encontre de toute forme de nationalisme francophone visant à transformer les rapports entre francophones d’une part, communauté anglo-québécoise et immigrés de l’autre. De nombreux candidats ont de la sorte clairement affiché leurs racines et leur implication au sein d’associations rassemblant des compatriotes de leur pays d’origine. Or tous les candidats d’origine immigrée n’ont pas fait ce choix. On trouve en effet de nombreux candidats au nom de consonance étrangère qui ont plutôt choisi d’afficher leurs implications professionnelles et sociales sans faire allusion à leur expérience migratoire, à leur pays d’origine ou à celui de leurs parents.

À côté de ces derniers se trouvent des candidats clairement francophones de langue maternelle, mais dont les prises de position incluses dans leur c.v. indiquent leur engagement politique en faveur d’une société multiculturelle où la liberté de choix des immigrés a préséance sur les choix de la totalité. À l’image des candidats Denis Coderre et Anie Samson, nombreux ont dû être les candidats qui ont repris verbalement dans leurs rencontres électorales leur engagement à combattre coûte que coûte la Charte de la laïcité[17]. Nombreux ont dû être ceux qui ont réitéré leur foi et souligné l’importance de la pratique religieuse dans la vie de toute communauté. Tous n’ont certes pas partagé le même point de vue puisque les immigrés sélectionnés par le Québec correspondent davantage aux immigrés des grandes villes et à ceux qui ont fui des sociétés trop dominées par la religion aux dépens des libertés individuelles. Enfin, certains candidats se sont profondément intégrés à la communauté anglophone, occupant çà et là des postes au sein des institutions anglaises, défendant par la suite des positions favorables à la communauté anglo-québécoise.

Le tableau 6 présente les données relatives aux caractéristiques ethnoculturelles des candidats des quatre partis. On y voit les proportions d’anglophones ou d’anglicisés, les candidats se déclarant bilingues ou davantage, les multiculturalistes, qui insistent explicitement sur les vertus du pluralisme des origines. Les c.v. font d’autre part état d’appartenances communautaires diverses, parfois envers plus d’une communauté. Aucune appartenance n’a été attribuée d’office, en raison d’un patronyme d’origine autre que française, à l’exception des appartenances révélées par les signes ostentatoires sur photo des candidats (kippa, niqab, turban, etc.). Les c.v. révèlent également l’engagement des candidats dans les commissions scolaires anglaises et françaises, à titre de commissaire ou de représentant des parents. Ils renseignent aussi sur la langue d’enseignement lorsque le lieu d’obtention d’au moins un des diplômes se trouve dans une institution d’enseignement anglaise.


Tableau 6 : Les caractéristiques ethhnoculturelles, appartenances communautaires diverses, l’implication dans les commissions scolaires selon la langue, les études selon la langue de l’établissement, Montréal,
quatre principaux partis, élections du 3 novembre 2013

Parti

et

chef de parti

Équipe Coderre

Coalition Montréal

Projet Montréal

Vrai changement pour Montréal

Total des 4 partis

Denis Coderre

Marcel Côté

Richard Bergeron

Mélanie Joly

Mentions des caractéristiques ethnoculturelles*

Anglophones et anglicisés**

13

12

10

5

40

Bilingues, trilingues ou plurilingues

18

9

8

6

41

Multiculturalistes***

8

5

12

3

28

Mentions appartenances communautaires diverses*

Italiens

9

7

5

1

22

Autres Européens****

2

0

6

5

13

Juifs (Ashkénazes, Sépharades, Hassidiques)

4

1

2

3

10

Libanais (6) & Maghrébins (2) & Arménien (1)****

1

2

3

3

9

Indo-Pakistanais (7) & Iranien (un)

1

1

2

4

8

Africains francophones subsahariens

0

1

0

5

6

Latinos (Amérique du Sud)*****

1

0

2

2

5

Haïtiens

1

0

2

2

5

Extrême-Orient (un Chinois et un Coréen)

0

1

0

1

2

Appartenances non précisées

8

12

12

4

36

TOTAL anglophones, bilingues+, multiculturalistes, toutes appartenances communautaires

66

51

64

44

225

% du total des candidats

65 %

53 %

62 %

79 %

63 %

Implication dans les commissions scolaires anglaises

Présidents ou membres du CA ou implication parentale dans une Commission scolaire anglaise

6

1

1

1

9

Présidents ou membres du CA ou implication parentale dans une Commission scolaire française

7

7

3

4

21

Impliqués dans une CS anglaise sur total impliqués dans une CS

46 %

13 %

25 %

20 %

30 %

Impliqués dans une CS sur total candidats

13 %

8 %

4 %

9 %

8 %

Études en anglais

Ayant étudié en anglais

17

18

31

13

79

Ayant étudié en français

13

18

31

23

85

% études en anglais sur réponses déclarées

57 %

50 %

50 %

36 %

48 %

% ayant déclaré le lieu de leurs études/total des candidats

29 %

37 %

60 %

64 %

46 %


Cet engagement partisan dans un parti fédéraliste tel UM, les PLQ et PLC, PC et NPD, de même que l’identification à la communauté anglophone ou l’appartenance revendiquée à une communauté ethnoculturelle particulière – a fortiori dans un contexte partisan, et dans le contexte contemporain d’un affrontement entre multiculturalistes et partisans du creuset intégrateur –, de même que le fait pour des francophones d’avoir étudié dans une institution anglaise constituent tous des facteurs prédisposant à un positionnement hostile envers l’indépendance, le parti qui la défend, et les mesures d’inspiration nationaliste qui visent à changer les rapports de force internes entre groupes au Québec. Il va de soi qu’aucun de ces facteurs, sauf l’appartenance à un parti fédéraliste, ne peut prévoir un engagement envers la faction fédéraliste.

Les résultats sont plutôt spectaculaires. Les proportions d’anglophones et d’anglicisés sont largement inférieures aux proportions de candidats ayant mentionné des liens envers une communauté particulière. Les implications dans les commissions scolaires demeurent relativement faibles, tandis que les renseignements sur les études en anglais laissent perplexe. Ces derniers sont d’une part peu nombreux, mais indiqueraient néanmoins des tendances extrêmement importantes en faveur de l’anglais. Elles sont donc plus accusées, une tendance que suivent de plus loin, mais tout à fait similairement les commissions scolaires.

Équipe Coderre :
  • sous la forme de catégories mutuellement exclusives, les références à l’une ou l’autre communauté ethnoculturelle, aux anglophones et anglicisés, aux multiculturalistes et aux bilingues et plus, soit le TOTAL A, touchent 46 % des candidats, avec dans l’ordre 27 mentions pour les « appartenances communautaires diverses », quatorze mentions pour les « anglophones et anglicisés », 5 mentions pour les « multiculturalistes ») et une pour les « bilingues et plus ». Outre les anglophones et anglicisés, les personnes d’origine italienne (dont une forte majorité se disait de langue anglaise) constituaient la minorité la plus importante, avec 9 % du total des candidats.
  • Si la proportion des candidats ayant déclaré le lieu de leurs études – dont on peut déduire la langue d’enseignement – est modeste (29 %), une bonne majorité (57 %) d’entre eux a déclaré avoir étudié en anglais. L’addition des six candidats francophones qui ont étudié en anglais au TOTAL A constitue le TOTAL B, qui donne ces candidats en majorité (52 %) parmi les candidats d’Équipe Coderre.
  • Appuyé par le personnel politique issu d’UM et des partis fédéralistes, ce TOTAL C grimpe à 72 candidats, ou 71 % du total. Le contrôle d’Équipe Coderre par la faction fédéraliste ne laissait donc aucun doute.
  • Outre cela, une très faible proportion des candidats (13 %) s’est dite impliquée dans une commission scolaire. Il s’agit donc d’un indicateur tout au plus marginalement complémentaire. De ceux qui se sont révélés tels, presque un sur deux (46 %) le faisait dans une commission scolaire anglaise. Il s’agissait de la proportion la plus élevée des quatre partis.
Coalition Montréal :
  • les mentions liant les candidats à leur appartenance à une communauté minoritaire (TOTAL A) représentaient environ deux candidats sur cinq (43 %), dont une majorité provenaient des diverses « appartenances culturelles » (23 sur 42). Comme pour Équipe Coderre, mis à part les « anglophones et anglicisés » (avec 12 %), les personnes d’origine italienne (7 %) représentaient les mentions les plus importantes.
  • Une proportion de 37 % des candidats présentés par Coalition Montréal a déclaré le lieu de ses études. La moitié d’entre eux, 18 sur 36, ont déclaré avoir étudié en anglais. Les quatre candidats francophones ayant étudié en anglais s’ajoutent au TOTAL A pour former le TOTAL B, groupe toujours minoritaire sur le total des candidats (47 %).
  • L’ajout du personnel politique des partis fédéralistes complémentaire, soit dix élus et anciens attachés, a porté le TOTAL C à 56 candidats, une majorité de 58 % parmi les candidats de Coalition Montréal. Ce parti était lui aussi clairement d’orientation fédéraliste.
  • Une très faible proportion des candidats (8 %) s’est dite impliquée dans une commission scolaire. Un seul sur les huit déclarés (12,5 %) était actif dans une commission scolaire anglaise, soit la proportion la plus faible des quatre partis.
Projet Montréal :
  • les candidats faisant mention d’une appartenance à une minorité (TOTAL A) chez les candidats de Projet Montréal forment cette fois une majorité, soit 52 %. Les mentions référant à l’appartenance à une communauté donnée sont nettement majoritaires (33 sur 53). Anglophones/anglicisés et multiculturalistes sont cette fois à égalité avec 10 mentions chacun sur les 53. Outre les mentions privilégient les autres Européens (6 %) et les candidats d’origine italienne (5 %), les mentions semblaient très partagées.
  • Les lieux d’études ont été mentionnés nettement plus souvent chez PM (60 %) que chez les autres partis. Exactement un candidat sur deux a déclaré avoir étudié en anglais, soit 31 sur 62. L’ajout de treize candidats francophones ayant étudié en anglais fait grimper le TOTAL B à 65 % du total, soit 67 candidats sur 103.
  • Contrairement à Équipe Coderre et à Coalition Montréal, les candidats issus du personnel politique des partis fédéralistes étaient nettement moins présents chez PM. Seulement un candidat supplémentaire s’ajoutait au TOTAL B pour former le TOTAL C. Malgré cela, le parti demeure lui aussi d’orientation nettement fédéraliste, plus proche d’Équipe Coderre que de Coalition Montréal.
  • Rares étaient les candidats (4 %) ayant mentionné avoir été impliqués dans une commission scolaire. Un seul sur les quatre candidats déclarés a été actif dans une commission scolaire anglaise.
Équipe Joly :
  • Près d’une quarantaine des 56 candidats d’Équipe Joly (37 candidats, ou 66 %) a fait mention d’une appartenance à une minorité (TOTAL A), signe de l’importance supérieure de cette question par opposition aux partis. En outre, les 30 mentions précisant une appartenance à l’une ou l’autre des communautés ethnoculturelles étaient d’une importance disproportionnée par rapport aux sept mentions référant aux « Anglophones et anglicisés », aux « bilingues » et aux « multiculturalistes ». Ces 30 mentions n’étaient d’autre part pas concentrées sur un groupe précis, mais réparties entre notamment tous les Européens (11 %), les « Africains d’Afrique subsaharienne » (9 %), les « Indo-Pakistanais et Iraniens » (7 %), ainsi qu’aux communautés comptant parmi les plus représentées au Québec (notamment Maghrébins, Juifs, Latinos, Haïtiens).
  • Des 36 candidats ayant révélé leur d’études, trois étaient des candidats francophones ayant étudié en anglais. Ajouté au TOTAL A, ce nouveau TOTAL B formait un groupe de 40 candidats, ou 71 % du total.
  • En ajoutant le personnel politique fédéraliste supplémentaire qui échappait jusqu’à présent à ces groupes, le TOTAL C s’élevait à 42 candidats sur les 56, ou 75 % du total. Ainsi, de tous les partis montréalais, Équipe Joly est le parti qui apparaissait le plus solidement aligné sur la faction politique fédéraliste.
  • Enfin, les commissions scolaires ont semblé avoir très peu intéressé (9 %) les candidats d’Équipe Joly. Une seule mention sur les cinq déclarées s’est rapportée à une commission scolaire anglaise. Quant aux lieux d’études, ils ont par contre été mentionnés chez presque les deux tiers (64 %) des candidats de Mélanie Joly.

Dans l’ensemble, la place accordée aux éléments du TOTAL A, soit les candidats issus des communautés ethnoculturelles, des anglophones/anglicisés, des multiculturalistes et des bilingues (et plus) représentaient déjà un candidat sur deux (180 sur 358). En ajoutant les 26 francophones qui ont étudié en anglais (TOTAL B), le groupe représentait dorénavant 58 % des candidats. Enfin, en ajoutant le personnel des partis ouvertement fédéralistes (32 candidats), le TOTAL C en arrivait aux deux tiers des candidats (66 %) pour représenter la faction fédéraliste. Globalement, Équipe Joly s’est avérée le parti le plus aligné sur la faction fédéraliste, avec 75 % de ses candidats, et Coalition Montréal le moins, avec 58 % de ses candidats. Équipe Joly a puisé le plus dans les communautés minoritaires (TOTAL A), avec 66 %, tandis que Coalition Montréal (43 %) et Équipe Coderre (46 %) l’ont été le moins. PM a compensé en étant le parti ayant le plus recruté chez les francophones ayant étudié en anglais (13 %). Chez le personnel politique des partis fédéralistes, Équipe Coderre fut le parti ayant le plus recruté (avec 19 % de ses candidats), suivie par Coalition Montréal (10 %), et suivie de très loin par les deux autres partis (Équipe Joly 4 %, et PM, 1 %). Ces faibles proportions témoignent du très faible arrimage de PM et d’Équipe Joly avec les partis fédéralistes, mais comme ces deux ont compensé avec des effectifs issus des communautés pour Équipe Joly et issus des francophones ayant étudié en anglais pour PM, leur alignement sur la faction fédéraliste ne laisse aucun doute.

Des partis différenciés ?

Les élections du 3 novembre mettaient-elles en présence un choix étendu d’options, avec quatre partis fort distincts, ou n’ont-elles offert qu’un choix factice, entre partis identiques ? Comment les partis ont-ils répondu au clivage de classes et au clivage national ?

Au premier clivage, il faut répondre que deux des quatre partis, Équipe Coderre et Équipe Joly, s’opposaient au troisième, PM. Équipe Coderre, parti d’hommes, parti de la continuité, réunissait des anciens d’UM, députés et attachés politiques du camp libéral (fédéral et provincial), était investi par l’establishment anglophone, composé d’avocats de formation, avec une majorité de candidats formés en anglais, de scolarité faible à moyenne. Parti d’hommes également, Équipe Joly s’est révélé le rival direct d’Équipe Coderre auprès des milieux d’affaires et des administrateurs du privé, bien que le parti n’ait eu que de faibles liens avec les partis et les élus antérieurs. Les caractéristiques des candidats d’Équipe Joly, moitié moins nombreux, témoignent d’un certain amateurisme, de faibles connaissances en économie, en science politique, en droit et en communications, ce qui était compensé par la multiplication des activités auprès des associations ethnoculturelles, culturelles et religieuses. Équipe Joly a surpris par ses candidats plus souvent formés en français que les autres partis. Est-ce le reflet d’un parti qui n’avait a priori aucune chance de l’emporter et qui était ouvert aux candidatures faibles ?

Comme Équipe Coderre, Projet Montréal s’est inscrit en continuité, mais en fidélité avec ce que le parti était avant les élections. PM comptait nombre d’étudiants et d’administrateurs d’organisme sans but lucratif, très souvent formés en biologie ou en environnement, en science politique ou en sciences humaines, loin du droit et de la comptabilité, peu de candidats expérimentés, et pratiquement aucun lien avec UM. Le parti affichait des activités de nature sociale plus fréquentes qu’Équipe Coderre et Équipe Joly. Plus de la moitié des candidats étaient anglophones ou anglicisés, bilingues sinon davantage, actifs dans des associations ethnoculturelles ou adeptes du multiculturalisme, et presque autant étaient de sexe masculin. Qui plus est, la moitié des candidats déclaraient avoir été formés en anglais, autant que Coalition Montréal, mais un peu moins qu’Équipe Coderre. En leur ajoutant les francophones formés en anglais et le personnel fédéraliste complémentaire au TOTAL A, l’emprise du pôle fédéraliste montait à près des deux tiers des candidats de PM (soit le TOTAL C). En d’autres termes, PM a bel et bien offert un choix différent en matière de clivage social, encore que ses engagements électoraux ont ignoré la nécessité des réformes démocratiques et tu les problèmes de redistribution entre arrondissements. Mais profondément engagé envers le multiculturalisme, PM était plus proche sur ce point d’Équipe Coderre et d’Équipe Joly que de Coalition Montréal. PM est notablement resté muet quant au rôle de creuset intégrateur de Montréal et au problème de répartition des ressources selon la langue. Le parti dirigé par Richard Bergeron ne pouvait être une alternative pour les nationalistes.

Enfin, Coalition Montréal s’est inscrit lui aussi dans la continuité, puisant autant auprès d’UM que de VM. Par opposition à PM, Coalition Montréal a d’autre part offert une niche d’intérêt pour les administrateurs du secteur public, mais le parti demeurait peu différencié en matière d’occupations. Côté formation, les forces du parti se divisaient entre l’économie et la comptabilité, le parti ayant peu recruté chez les biologistes et les environnementalistes comptait peu de candidats fortement scolarisés. Parti bien enraciné chez les francophones, avec forte présence de candidats anglophones et anglicisés ainsi qu’italophones, Coalition Montréal a eu plus de mal que les autres partis à recruter des candidats impliqués dans des associations ou activités ethnoculturelles. Cela étant dit, une forte proportion de ses candidats ont été scolarisés en anglais, quoique peu souvent francophones. Cette limite était compensée par sa forte présence en activités sociales (loin devant Équipe Coderre) et même dans le domaine des affaires, reflet du c.v. du chef.

Bref, trois partis de droite dont le profil s’apparentait au camp antinationaliste, un de centre gauche qui s’apparentait aussi au camp antinationaliste.

La troisième et dernière partie de cette analyse des résultats des élections municipales à Montréal le 3 novembre 2013 sera publiée dans le prochain numéro.

 

 

 


 

[1] Mairesse de l’arrondissement (Villeray-Saint-Michel-Parc Extension) et ex-collègue d’études de M. Coderre, Mme Samson est devenue membre de l’exécutif, vice-présidente du Comité exécutif de la ville, responsable de la Sécurité publique et des Services aux citoyens.

[2] Denis Coderre chez les Juifs hassidiques, rapporté le 1er novembre, voir http ://www.youtube.com/watch ?v=OxfE3rcInuI ; Anie Samson à la mosquée et voilée, rapportée le 2 novembre, voir http ://m.youtube.com/watch ?v=w1q7eYCr9cs.

[3] Madame Joly est avocate de formation. Diplômée en droit de l’Université de Montréal en 2001 puis de l’Université d’Oxford en 2003, elle a pratiqué au cabinet Stikeman Elliott, de Montréal, puis chez Davies Ward Phillips & Vineberg (elle fut notamment procureure à la défense devant la commission Gomery pour le Groupe Polygone/Expour). Après avoir été journaliste-télé à Radio-Canada, blogueuse au Hoffington Post, elle fut ensuite directrice associée au cabinet de relations publiques Cohn & Wolfe de 2009 à 2013.

Proche des libéraux de Jean Charest, ayant souri quelques fois à la CAQ (madame Joly a fait des dons au PLQ et à la CAQ en plus d’avoir été conférencière invitée à un congrès de cette formation en 2013), madame Joly fut nommée à plusieurs conseils d’administration à partir de 2007 : au Conseil de la langue française en 2007, au Musée d’art contemporain de Montréal en 2009 (notamment à son Comité de gouvernance), à Jeunes Montréalais pour l’Art, aux Jeunes Canadiens en Finance (Division Femmes d’affaires), au Festival Bach de Montréal, à l’Orchestre symphonique de Laval en 2008, à la Régie des rentes du Québec en 2011, au Cercle canadien (conférencière invitée en 2010, vice-présidente en 2012), membre du de l’Entrepreneur’s Organization et du comité national du Gala des Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle en 2011. Elle fut nommée coprésidente du C.A. du CHUM en 2012 et membre du C.A. de la Fondation de l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec (ITHQ). Son engagement public pour l’art fut récompensé par le Prix Arnold-Edinborough en 2010, prix remis à une personnalité qui s’est démarquée par son implication au sein du milieu culturel canadien (elle en fut la première récipiendaire québécoise). Madame Joly avait auparavant été nommée l’une des femmes de l’année 2008 par le magazine ELLE Québec, déclarée l’« une des 15 femmes qui feront bouger le Québec » en octobre 2009 par le journal Les Affaires. Elle parue en 2011 à « Power of One » de CTV et fut choisie en 2013 « Modèle féminin de demain » par le quotidien La Presse.

Madame Joly a commencé son implication politique en devenant présidente de l’association des étudiants en droit de l’Université de Montréal. Elle fut cofondatrice en 2007 de Génération d’idées, un groupe de réflexion politique destiné aux 25 à 35 ans, groupe auquel elle a participé jusqu’en 2011. Elle s’est alors investie comme membre du collectif Sortie 13 (pour 13 « leaders dynamiques » des générations X et Y), un « think tank » misant sur l’espace Internet pour proposer une réflexion « hyperoptimiste » sur la base de l’arrivée imminente au pouvoir de sa « Génération Y », avec pour projet politique l’entrée en scène d’une relève politique et de lancer une nouvelle « Révolution tranquille ». Simultanément, elle fonda M-19 (pour Montréal 19 arrondissements), organisation active de 2011 jusqu’à 2013 qui visait plus directement la conquête de la mairie de Montréal. En cours de route, elle fut, au printemps 2013, organisatrice en chef de la campagne de Justin Trudeau à la direction du PLC.

Sources : http ://vraichangementmtl.org/melanie-joly/, Le Devoir, 5 novembre 2011, http ://fr.wikipedia.org/wiki/M %C3 %A9lanie_Joly, http ://en.wikipedia.org/wiki/M %C3 %A9lanie_Joly, http ://www.pierregravel.com/136-artiste-melanie-joly.html, http ://fondationduchum.com/2012/09/la-fondation-du-chum-celebre-la-naissance-du-comite-adn/, http ://www.sortie13.com/.

[4] Ex-conseiller du premier ministre libéral Robert Bourassa de 1986 à 1988 et du premier ministre conservateur Brian Mulroney de 1989 à 1990, puis l’un des artisans de l’accession au pouvoir du premier ministre libéral de Jean Charest en 2003. Par la suite membre du C.A. de la clinique privée de médecine Rockland MD dès sa fondation, M. Côté signait en 2007 un rapport recommandant de permettre aux médecins de l’hôpital Sacré-Cœur d’effectuer des opérations à la clinique Rockland MD. Les recommandations, auxquelles s’opposait l’Agence de la santé de Montréal et les syndicats d’infirmières concernés, ont néanmoins obtenu le soutien du ministre de la Santé de l’époque, Philippe Couillard. S’en est suivi un accord entre l’hôpital Sacré-Cœur et Rockland MD autorisant le transfert de milliers d’opérations « simples et lucratives ». Comme prévu, l’accord a mené au transfert de nombreuses infirmières vers un secteur privé délivré des « contraintes syndicales », ce qui a évidemment accentué la pénurie d’infirmières dans le secteur public. Voir Pierre Dubuc, « Le sous-financement du réseau public est-il délibéré ? », dans L’Aut’Journal, no. 264, novembre 2007. En ligne : http ://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp ?article=3238&noj=264.

[5] M. Bergeron a une maîtrise en urbanisme et un doctorat en aménagement.

[6] Voir le texte de Pierre Curzi, « Résultats d’élections. En 2009 comme en 2013, la division a été une source de déceptions », dans Le Devoir, 22 novembre 2013.

[7] Le RUIS-McGill s’est vu confier un droit d’intervention premier auprès de 23 % de la population, un droit d’intervention premier ou secondaire auprès de 35 % de la population ; dans ce cas, le RUIS-McGIlle couvrait tout l’ouest de l’Île de Montréal, l’ouest de la Montérégie, la quasi-totalité des Laurentides, la totalité de l’Outaouais et de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Baie James et du Nord-du-Québec.

[8] Dans les neuf arrondissements de l’ancienne Ville de Montréal, le maximum d’Anglo-Québécois se retrouvait dans Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce avec 10 %, suivi du Sud-Ouest avec 8 %, Ville-Marie avec 5 %, puis moins de 3 % dans les six autres arrondissements. Dans les dix autres arrondissements correspondant aux anciennes banlieues maintenant fusionnées, le maximum d’Anglo-Québécois se retrouvait dans Pierrefonds-Roxboro avec 14 %, suivi de Verdun, Lachine et LaSalle avec 11 %, puis L’Île-Bizard avec 9 %, Saint-Laurent avec 6 %, et finalement moins de 3 % dans Outremont, Anjou, Montréal-Nord et Saint-Léonard.

Tous les autres effectifs ajoutés à la minorité anglo-québécoise proviennent de sous-groupes qui auraient pu et dû contribuer à la croissance et à la pérennité de la langue française. Ces sous-groupes anglophones comptent de nombreuses personnes de langue maternelle française ou tierce(s) mais anglicisées, les anglophones nés à l’étranger, ceux nés dans le reste du Canada, les enfants d’immigrés nés au Canada et volontairement éduqués et scolarisés en anglais par leurs parents. Certains de ces sous-groupes fournissent quantité d’unilingues anglais qui exercent des pressions massives en faveur de l’usage d’une seule langue, l’anglais. Voir Pierre Serré, « Quelle communauté anglo-québécoise ? », dans L’Action nationale, mars-avril 2013. La définition utilisée varie selon le point de vue de l’acteur.

[9] Voir le Programme 2013 de PM, en ligne : http ://projetmontreal.org/wp-content/uploads/documents/document/Programme_2013_PM_web.pdf. Pour l’évacuation de la représentation proportionnelle le 24 septembre 2012 au profit du statu quo, voir L’Aut’Journal, 4 octobre 2012 ; pour le report à 2015 de la réforme des structures politiques, en particulier la réduction du nombre d’élus, voir La Presse, 13 mai 2013.

[10] Au provincial, un recul de la participation pourrait être lié à l’éradication de la menace indépendantiste et aurait alors touché tous les partis. Le cul-de-sac politique dans lequel se sont enlisées les forces indépendantistes et les forces de gauche depuis le référendum de 1995 aurait ainsi à la fois attaqué la popularité du PQ et celle du PLQ, toutes deux chutant en 2012 à des niveaux historiquement bas. Ce cul-de-sac se serait aussi confirmé dans les piètres résultats de l’Action démocratique du Québec, les faibles résultats de Québec solidaire et d’Option nationale, tous incapables de profiter des faiblesses de leurs adversaires.

Au fédéral, la victoire référendaire des forces fédéralistes en 1995 aurait aussi provoqué une démobilisation générale. La « grande frousse » de 1995 a amené la mise en place d’une grande offensive fédérale en matière de nation building. Cette offensive – et la faible réplique du Québec – a progressivement réduit la menace d’indépendance et a culminé avec la débâcle du BQ en 2011. Comme au provincial, cette déroute s’est accompagnée d’une chute des appuis du PLC à un niveau historiquement bas, tandis que le PC se contentait d’une faible performance en regard des électeurs inscrits. Fort de sa virginité, le NPD est le seul à avoir profité quelque peu de la débâcle de ses adversaires. Il a effectivement réussi un balayage du Québec en 2011 comme aucun parti fédéral ne l’avait fait depuis les libéraux fédéraux de Pierre Elliott Trudeau en 1980. Mais il ne parvint à le faire qu’à la faveur d’un abstentionnisme prononcé.

[11] Les 22 élus indépendants se répartissaient comme suit : cinq à Anjou et autant à Lachine, six à LaSalle, trois à Outremont, un à L’Île-Bizard et deux indépendants. Les nouveaux élus étaient au nombre de trois à Lachine, deux à LaSalle, autant à Outremont, et un indépendant. Sur les 21 élus sortants qui se sont présentés devant l’électorat, 19 provenaient d’UM dont 13 ont été réélus, un de Projet Montréal et fut battu, et une élue sortante était indépendante mais néanmoins réélue.

[12] Anie Samson, ancienne de VM, devenue candidate maire d’arrondissement dans Villeray-Saint-Michel-Parc Extension ; et Pierre Gagnier, devenu candidat de Projet Montréal, devenu maire d’arrondissement de Ahuntsic-Cartierville.

[13] Piper Huggins, devenue candidate conseillère de Ville (CV) dans Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce ; et Carl Boileau, devenu candidat conseiller d’arrondissement (CA) sur le Plateau-Mont-Royal.

[14]Plusieurs anciens d’UM se sont présentés aux urnes dans les ex-banlieues fusionnées ; 13 élus sortants d’UM sur 19 ont été réélus, l’élu sortant de PM a été battu, et le candidat indépendant a été réélu. Dans Anjou, les cinq élus sortants d’UM qui ont fait campagne dans l’équipe de Luis Miranda, ex-maire d’Anjou, ont tous été victorieux. Dans Lachine, les deux élus sortants d’UM de l’équipe de Claude Dauphin, ex-maire d’arrondissement, ont tous été victorieux. Dans LaSalle, on comptait quatre élus sortants d’UM pour le compte de l’équipe de Manon Barbe, tous victorieux. Dans l’arrondissement L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, cinq élus sortants d’UM se sont présentés, dont un seul victorieux, conseiller d’arrondissement (CA) dans Sainte-Geneviève. Dans Outremont, un élu sortant s’est fait réélire, soit Marie-Cinq-Mars, au poste de maire d’arrondissement, par ailleurs accompagnée de deux des candidats de son équipe, nouveaux venus. Une indépendante, Céline Forget s’est également faite élire dans Outremont. Finalement, dans Verdun, deux élus sortants d’UM se sont présentés, chacun chef de leur propre parti, se présentant avec toute leur équipe. Tous deux ont été battus.

[15] Les domaines de spécialisation témoignent des mêmes caractéristiques que celles retrouvées chez l’ensemble des candidats : PM : Richard Bergeron (aménagement), Jean-François Lefebvre (macroécologie), Jack Kugelmass (climatologie), Stefana Lamasanu (communications), Kianoush Rashidan (microbiologie), Luc Ferrandez (sc. politique), Christine Gosselin (ét. Littéraires et médiévales), Janine Krieber (sc. politique) ; Coalition Montréal : Mona Sara (optométrie), Simon Jolivet (histoire), Zhao Xin Wu (psychologie) ; Équipe Coderre : Diane Rodrigue (biomécanique), Nathalie Hotte (optométrie).

[16] La pratique religieuse a longtemps été associée aux forces conservatrices, au vote libéral, unioniste et créditiste.

[17] Dès le lendemain de son élection, M. Coderre avertissait le gouvernement du Québec de son intention d’entamer des poursuites contre la Charte de la Laïcité (voir La Presse, 7 novembre 2013). Le 14 janvier 2014, M. Coderre réitérait son intention au premier jour d’audience de la Commission parlementaire sur la Charte de la Laïcité lors d’une conférence de presse parallèle, qualifiant même d’« inutiles » les audiences auxquelles il entendait d’ailleurs participer (voir Le Devoir, 14 janvier 2014).

 

Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.