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Septembre 2016

Septembre 2016

vol. CVI, no 7

Éditorial - One nation, one pipeline

2016septembre250Pendant que la province de Québec tourne chaque jour davantage à la bourgade asphyxiante, le plus meilleur pays du monde avance ses pions. Occupés à débattre des vertus des patates en poudre pour la gastronomie dans les centres d’accueil et à méditer les propos du savant docteur sur la conformité du lavage à la débarbouillette aux plus hauts standards de la médecine version libérale, les Québécois continuent de se faire enfirouaper dans l’indigence intellectuelle de la régression provinciale. Le projet de pipeline devient de moins en moins une hypothèse. Le Canada s’organise.

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Quelles langues parlerons‑nous en 2030 ?

Deux collègues danois, Hanne Leth Andersen et Lars Damkjær, tous deux professeurs de français, ont fait une simulation de l’enseignement des langues pour leur pays à partir des prévisions démographiques de l’ONU (juillet 2015) pour la suite de ce vingt et unième siècle. À quoi ressemblera le monde de demain et, en conséquence, quelles langues doit-on apprendre au Danemark ?

Quelles réflexions peut-on en dégager pour le Québec ? Voici donc en premier lieu leur texte, suivi d’un commentaire qui s’interroge sur une politique de l’enseignement des langues au Québec en regard des statistiques de l’ONU.

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Au pays fantôme de Jack Kerouac

J’ai lu les écrits français de Jack Kerouac au printemps dernier. Cela s’inscrivait, pour moi, dans une démarche de découverte du Canada français. Je m’étais intéressé plus tôt à l’Acadie, à la Gaspésie, aux écrits de Jacques Ferron et de Gabrielle Roy… mais pénétrer le monde de Kerouac a été une révélation. Je voulais savoir ce qu’il en restait.

Je suis né en 1980 et j’ai grandi au sein de la classe moyenne en région, dans un bungalow non loin d’un centre d’achat. J’avais tendance à dire : « comme tout le monde ». Je suis et j’ai toujours été Québécois. Je n’ai pas vécu l’univers culturel du Canada français traditionnel, ou si peu. Mais voilà : aujourd’hui, même un ministre du gouvernement québécois (Jean-Marc Fournier, pour ne pas le nommer) nous invite à nous redéfinir comme Franco-Canadien. On a beau vivre dans le pays imaginaire, tout ça devient trop réel. Je voulais en savoir davantage. Avec Jack Kerouac, j’ai voulu voir comment ça s’était passé dans le « Canada d’en bas ». Je vous présente ici le fruit de mon travail. Je suis parti pour une semaine en terre franco-américaine, j’ai rencontré des membres éminents de la communauté, et j’en ai tiré le texte que voici.

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Pourquoi il faut clarifier le sens de la nation

Dans l’histoire universelle comme dans celle du Canada, l’usage du concept de nation a été problématique, car il sert à désigner à la fois des réalités sociologiques et politiques. Au Canada, c’est le sens politique de la nation qui a prévalu alors qu’au Québec, les conceptions culturelle et politique sont en rivalité pour la définition de la nation. Cette dualité de sens a été illustrée récemment lorsque le premier ministre Trudeau dans ses vœux pour la fête du Canada a célébré l’unité de la nation canadienne ce qui a soulevé l’ire des nationalistes québécois qui lui ont reproché de faire abstraction de l’existence de la nation québécoise. Certains nationalistes québécois se réclament d’une définition communautaire de la nation et soutiennent que le Québec peut être une nation même dans le cadre du régime fédéral canadien qui engloberait plusieurs nations. Pour justifier leur position ils se réfèrent au sens étymologie de nation qui signifie groupe humain partageant la même origine, la même histoire et les mêmes caractéristiques culturelles.

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L’affaire Boulangerie Maxie’s et la « fatigue culturelle » du Québec

Le 12 avril 2016, la Cour supérieure confirmait, dans un jugement passé complètement inaperçu, la décision qu’avait rendue la Cour du Québec en janvier 2015 dans l’affaire Boulangerie Maxie’s. Onze petits commerçants de la région de Montréal, reconnus coupables d’infractions à la Charte de la langue française, revenaient à la charge avec des arguments bien connus : leur affichage commercial bilingue ou unilingue anglais ne respectait pas la règle de la nette prédominance du français, mais les accusations à leur endroit devaient tomber puisque les dispositions de la loi 101, présentées comme contraires aux droits protégés par les chartes canadienne et québécoise des droits, seraient inconstitutionnelles. Déboutés en Cour supérieure, leur procureur portait la cause en appel. Le 3 juin 2016, le plus haut tribunal québécois accueillait la requête pour permission d’en appeler.

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Mémoire de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs

Coprésident, CFQLMC
La version initiale de ce texte est le mémoire présenté au ministère de la Culture et des Communications en marge de la révision de la politique culturelle du Québec

Le renouvellement de la Politique culturelle du Québec est un bien vaste chantier. Nous en sommes conscients. Toutefois, cette initiative nous interpelle sur un aspect particulier soit l’absence d’une politique québécoise de commémoration.

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Un évènement structurant pour le Québec !

États généraux sur les commémorations historiques

Depuis sa fondation en 1947, le Mouvement national des Québécoises et Québécois (ancienne Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste) veille aux intérêts culturels et linguistiques du Québec en participant activement à la vie publique et en prenant position des enjeux qui façonnent notre vie collective. Avec constance, nous avons fait de la défense et la promotion de l’identité québécoise notre raison d’être. La défense de la langue française, de notre histoire, culture et patrimoine sont au cœur de notre mission depuis près de soixante-dix ans. D’ailleurs, pour mémoire, rappelons que c’est sous l’impulsion de la Ligue d’Action nationale et de notre Mouvement que se sont tenus États généraux du Canada français (1966-1969), qui ont généré une réflexion et des propositions structurantes pour l’avenir constitutionnel du Québec.

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La mémoire de la guerre 1914-1918 au Québec

Comprendre la polémique du changement de nom du parc Vimy

En juin 2016, une polémique éclata concernant le changement de nom d’un parc dans Outremont. De Vimy, nom d’une célèbre victoire canadienne de la Première Guerre mondiale, d’avril 1917, le parc devait être rebaptisé « Jacques-Parizeau », du nom de cet homme politique québécois qui sut se battre pour un idéal politique et économique de Québec indépendant. À cette occasion, les prises de position de citoyens firent resurgir un vieux spectre mémoriel dont les racines remontent aussi loin qu’au lendemain même de la fin du premier conflit mondial : « je me souviens » se remémore difficilement la Grande Guerre de 14-18.

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Se souvenir à l’heure des commémorations négatives

Depuis plusieurs années, et cela, dans l’ensemble des démocraties occidentales, les gouvernements ont pris l’habitude de s’excuser pour leurs torts passés, réels ou fantasmés. Spontanément, l’idée peut plaire et surtout, rencontrer l’approbation des médias, qui ont tendance à croire, en général, que les différentes minorités identitaires, qu’elles soient ethnoreligieuses ou culturelles, auraient été persécutées et que l’heure serait venue d’une forme de réparation morale. La communauté politique pourrait ajuster son contrat fondateur aux exigences de la diversité en mettant de l’avant une nouvelle conscience collective fondée sur la reconnaissance des fautes collectives. L’expiation pénitentielle permettrait de se purifier moralement : naturellement, ces demandes d’excuses s’accompagneront de la reconnaissance de nouveaux droits pour ces groupes exclus à qui on tiendrait enfin la promesse d’une citoyenneté égalitaire. Nous sommes à l’heure des commémorations négatives. 

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Une mémoire blessée ?

La commémoration du fait religieux au Québec

Bien qu’il y eût plusieurs avancées au Québec dans les dernières années en matière de sauvegarde du patrimoine matériel religieux1, celle du fait religieux dans notre mémoire semble plus problématique. Après plusieurs décennies de laïcisation et de sécularisation de la société québécoise, comment aujourd’hui intégrer la religion de nos ancêtres au sein d’un patrimoine culturel vivant ? La question est délicate, mais mérite d’être traitée ouvertement et de façon impartiale, étant donné les traces indélébiles du catholicisme dans notre histoire, de la fondation à la Conquête, des Rébellions à la Révolution tranquille. Le présent article vise à y apporter quelques éléments de réponse.

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David Preston. Braddock’s Defeat

David Preston
Braddock’s Defeat. The Battle of the Monongahela and the Road to Revolution, Oxford University Press, 2015, 460 pages

Braddock’s Defeat nous transporte dans un lieu et une période où les intérêts de la Nouvelle-France s’imbriquent avec ceux des Amérindiens du nord-est du continent. Et il ne s’agit pas de n’importe quelle période : il s’agit des débuts de la guerre de Conquête, nommée guerre franco-indienne (French and Indian War) par les Américains et guerre de Sept Ans par les Européens.

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J.-F. Laniel et J.-Y. Thériault (dir.) Retour sur les États généraux du Canada français

Jean-François Laniel et Joseph-Yvon Thériault (dir.)
Retour sur les États généraux du Canada français. Continuités et ruptures d’un projet national, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2015, 411 pages

La douzaine de contributions rassemblées ici sont unies par une question qu’exprime bien le sous-titre de cet ouvrage collectif : les États généraux ont-ils marqué une rupture aussi profonde qu’on l’a dit entre le Québec, d’une part, et le/les Canada/s français de l’autre ?

Cette question fondamentale en entraîne d’autres. La rupture, au fond, n’était-elle pas en préparation dès avant cette grande rencontre en trois temps des années 1966-1969 ? Par ailleurs, des continuités ont-elles malgré tout transcendé cette rupture ? Bref, doit-on repenser l’interprétation généralement proposée des États généraux comme moment clé de l’inflexion, voire de l’éclatement du « projet national » que fut le Canada français ? Livre riche, qualité des contributeurs : on a là un ouvrage incontournable.

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J. Maurice Arbour. Cessons d’être des colonisés

J. Maurice Arbour
Cessons d’être des colonisés, Québec, Presses de l’Université Laval, 2015, 242 pages

Le mot est devenu tabou au Québec. Ne le prononçons surtout pas. Il « cache un terrible sentiment de honte qui ne peut se dévoiler au grand jour » (p. 63). Pourtant, J. Maurice Arbour, professeur à la retraite de l’Université Laval où il a enseigné le droit constitutionnel canadien et le droit international public, ne se gêne pas, dans son ouvrage intitulé Cessons d’être des colonisés !, pour étaler au grand jour notre tare nationale. Oui, nous sommes au Québec des « colonisés » et il serait grand temps de cesser de l’être.

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Pierre Céré. Coup de barre

Pierre Céré
Coup de barre, Éditions Somme Toute, Montréal, 2016, 154 pages

Avez-vous déjà tenté de peler une anguille pour la cuisiner après l’avoir tuée ? La tâche est difficile, car l’animal glisse et, même mort, fuit vos mains comme si sa vie en dépendait. C’est cette exacte impression qui restera de la complétion de la lecture du plus récent opus de Pierre Céré intitulé Coup de barre.

Ce court essai publié aux éditions Somme Toute se veut un appel à la refondation du Parti québécois. C’est, du moins, la prétention de son auteur qui, rappelons-le, est sorti d’un relatif anonymat grâce à l’édition 2015 de la course à la chefferie de ce même parti, course à laquelle il a pris part en s’arrogeant le rôle d’objecteur de conscience. Le titre est pesant, et les attentes sont d’autant plus grandes que le Parti québécois se retrouve de nouveau sans tête dirigeante, à peine un an après que son nouveau chef Pierre Karl Péladeau fut triomphalement élu, au grand dam de l’auteur. Serons-nous convaincus par la plume de Pierre Céré, qu’on supposera bien acérée ? Hélas non, à moins d’aimer peler des anguilles fuyantes ou d’apprécier les auteurs qui écrivent non pas avec la pointe de leur plume, mais avec l’extrémité opposée.

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Amin Maalouf. Un fauteuil sur la Seine

Amin Maalouf
Un fauteuil sur la Seine, Grasset, 2016, 331 pages

Après avoir failli perdre la raison en lisant Les intellectuel.les au Québec pour en faire un compte rendu, je m’enfonçai dans la déprime. J’avais mal à mon français, à mon intelligence et à la haute opinion que j’avais des professeurs d’université. Je ne désirais rien d’autre que de m’isoler, panser mes plaies et faire le vide. C’était une mauvaise idée. Il ne me fallait pas faire le vide, mais plutôt refaire le plein ; le plein d’harmonie, d’esprit et d’élégance. Le hasard fit bien les choses. Je commençai à lire Un fauteuil sur la Seine d’Amin Maalouf. C’était comme si, après m’être baigné dans l’eau poisseuse, je redécouvrais la félicité de l’eau pure. Maalouf me redonna espoir. Pour peu que nous l’aimions, pour peu qu’un écrivain ait du talent, la langue française est la plus belle langue du monde.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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