Pour le développement des études québécoises à l'étranger

Depuis plus d’un siècle, le Québec est actif sur la scène internationale pour défendre ses intérêts. Aujourd’hui, par le biais de ses délégations et bureaux, l’État québécois est présent à travers le monde. Toutefois, la mission de la plupart des représentations québécoises à l’étranger est davantage orientée vers la création de relations commerciales, plutôt qu’à la diffusion de la culture et des connaissances relatives aux faits de la société québécoise.

À l’égard des défis de la mondialisation des échanges économiques et culturels, le Québec doit se doter d’un instrument de diffusion et de promotion des études québécoises à l’étranger, non seulement au sein de la Francophonie, mais également dans les nations non francophones. Cette stratégie devrait s’inscrire dans une ferme volonté géopolitique d’étendre et d’asseoir l’influence du Québec au sein de la communauté internationale. Le succès et la croissance de l’économie québécoise reposent sur sa capacité à exporter, à affronter la concurrence mondiale, par le biais de l’extension géographique des ventes de ses secteurs industriels à l’échelle de la planète. Dans le dessein de mieux révéler le savoir-faire québécois aux autres citoyens de la planète, il faut susciter chez eux un intérêt, ainsi qu’une meilleure compréhension de la société québécoise. Ce qui à long terme ne serait que bénéfique pour l’ensemble de la Nation.

La diffusion des faits de la réalité québécoise dans le contexte nord-américain est dans plusieurs pays trop souvent négligée ou même déformée par des personnes ayant une mauvaise connaissance du Québec. Pour ce faire, le gouvernement du Québec, en collaboration avec les organismes intéressés, se doit d’assurer efficacement la promotion et l’essor des études québécoises à travers le monde.

Afin d’appuyer l’intérêt de la communauté internationale envers le Québec, des mesures doivent être prises afin de promouvoir les études québécoises à travers le monde. Des pays comme le Royaume-Uni (British Council) et le Japon (Fondation du Japon) ont déjà compris l’importance de tisser avec leurs partenaires internationaux de tels liens éducatifs et culturels afin de favoriser une meilleure compréhension mutuelle entre les peuples.

Pour en arriver à des objectifs similaires ayant conduit à la mise en place de ces organismes étrangers, un ensemble de programmes et d’activités qui pourraient être connu sous le nom de Fonds des études québécoises (FÉQ) devrait être mis de l’avant, en fonction des objectifs édictés par le gouvernement du Québec et des intervenants (par exemple les universités) intéressés au rayonnement de la présence internationale de l’État québécois.

Ce projet de Fonds s’inscrit dans une démarche plus générale visant à susciter l’intérêt des universitaires à l’égard des études québécoises, la plupart du temps reléguées à l’arrière-plan des études canadiennes. À l’étranger, les activités du Fonds devraient se développer au sein des délégations et des bureaux du Québec auxquels un ou des représentants du FÉQ seraient rattachés. Ce personnel serait composé à la fois des attachés de liaison entre le Québec et le pays d’accueil, ainsi que des agents de promotion et d’appui aux études québécoises. Quant aux sources de financement du Fonds, elles proviendraient à la fois des secteurs public et privé (p. ex. universités, entreprises privées), lesquels seront appelés à gérer conjointement le FÉQ.

Le Fonds des études québécoises avec le concours des universités et des chercheurs situés à travers le monde devra subventionner le développement de programmes d’études et de recherches axés sur les études québécoises qui correspondent à la réalisation des objectifs du Fonds. Ces mesures auront pour effet de permettre aux québécologues de disposer du support moral, technique et financier nécessaire pour mener à terme leurs études.

Objectifs du Fonds des études québécoises

Le Fonds des études québécoises doit développer des programmes et des activités qui, sur la scène internationale, favoriseront l’atteinte des objectifs fondamentaux suivants :

• favoriser une meilleure compréhension des principaux faits historiques, socio-économiques et politiques du Québec ;

• saisir que le Québec est une région géographique et socio-économique originale inscrite dans le contexte nord-américain, mais intégrée également à l’espace culturel européen ;

• mieux faire comprendre la place et le rôle qu’occupe le Québec dans la francophonie internationale ;

• favoriser l’apprentissage de la langue française et de la littérature québécoise.

Abordons maintenant brièvement et concrètement comment s’effectuera la mise en œuvre de ce projet proposée en fonction des grands objectifs qui viennent d’être introduits.

Moyens d’action

Les moyens d’action envisagés reposent sur cinq grands programmes. Ils visent à répondre le plus efficacement possible à l’attente des objectifs du Fonds et à mieux intégrer les présentes actions discrétionnaires, éparpillées ou limitées géographiquement à un pays (p. ex. Chine, États-Unis, France et Japon).

Bourses d’études

Pour permettre à des étudiants diplômés étrangers de poursuivre des études universitaires au Québec, des bourses d’études pourraient être octroyées chaque année dans les pays où le Québec possède des représentations. L’actuel programme de Bourses d’excellence du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie pourrait être intégré à ce nouveau programme. De plus, des bourses d’études d’une durée de six mois à deux ans pourront être accordées dans le dessein de favoriser l’apprentissage de la langue française.

Subventions aux centres de recherche en études québécoises

Dans le dessein de favoriser la naissance et le soutien de centres d’études québécoises à l’extérieur du territoire national, le Fonds administrera un programme dont le but sera d’appuyer la création de tels noyaux de recherches au sein des institutions universitaires ayant formulé le désir de recevoir ces groupements.

Subventions pour l’établissement de cours en études québécoises 

Dans le cadre de ce programme, le Fonds subventionnera l’établissement de cours axés sur le Québec (p. ex. langue française, littérature, géographie, histoire, sociologie, science politique), en assumant une partie de la rémunération des professeurs et du matériel pédagogique nécessaire.

Subventions aux projets de recherches en études québécoises 

Afin de permettre à des chercheurs étrangers reconnus œuvrant en milieu universitaire d’approfondir certaines facettes de la société québécoise en fonction de leur champ d’études, le Fonds subventionnera annuellement des projets de recherches ayant préalablement été choisis par un de ses comités de sélection.

Subventions aux publications scientifiques

Ce dernier programme vise à favoriser la publication de livres en français ou en langues étrangères traitant de la société québécoise. De plus, une certaine partie des fonds alloués à ce programme servira à financer des revues scientifiques se consacrant aux études québécoises.

Conclusion 

À l’exemple du gouvernement québécois qui a dû suppléer aux carences de l’État canadien à satisfaire les aspirations du Québec sur la scène internationale, il appert que des actions concrètes et mieux structurées doivent être désormais prises afin de mieux appuyer le rayonnement du Québec dans le monde.

Dans un tel contexte, la création d’un Fonds des études québécoises est souhaitable afin de remédier à l’insuffisance des connaissances à l’égard de la réalité québécoise dans plusieurs pays, avec lesquels le Québec entretient des relations. Une telle avenue ne serait que bénéfique pour le rayonnement international de l’État québécois tout en permettant de développer de nouveaux marchés pour l’expertise québécoise et pour les produits culturels, tels les livres, dont la diffusion est souvent limitée au territoire national et à la Francophonie.

Décembre 2017

Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 2017.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones.

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

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