Éditorial - Quatre ans de galère

2008novdecCouv250Ces lignes sont écrites au lendemain du débat des chefs. Les bonimenteurs du cartel médiatique vont continuer leurs sparages pour alimenter le spectacle et se donner l’impression de faire comprendre quelque chose de ce qui se passe ici. Il s’en est évidemment trouvé pour faire plus finaud que les autres et déplorer le médiocre niveau des échanges en comparaison avec ceux de la campagne américaine qui les avait fait tant vibrer. Illustration parfaite de leur esprit provincial et des réactions compensatoires qui leur tiennent lieu de posture intellectuelle, ces internationalistes de pacotille n’ont même pas eu l’intelligence de comprendre que les échanges étant restés dans l’univers de la province de Québec, ils ne pouvaient en rien être comparés avec ceux d’un État indépendant, a fortiori, avec le plus puissant d’entre eux aux prises avec une crise de transition de son rôle impérial.

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L'embarras des langues

Jean-Claude Corbeil
L’embarras des langues. Origine, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, Québec Amérique, 2008, 552 pages

Note critique sur l'ouvrage qui a valu à son auteur le prix Richard-Arès pour le meilleur essai publié en 2007

Jean-Claude Corbeil raconte qu’il a pris la décision d’écrire ce livre en réaction au reproche que lui fit un jour une étudiante à la sortie d’un cours sur les origines de la politique linguistique du Québec : « C’est votre faute si on ne sait rien! Personne ne nous en a jamais parlé et vous n’avez rien écrit sur le sujet! » Il faut donc dire grand merci à l’étudiante contestataire à l’origine de cette heureuse décision. Il en est résulté une œuvre magnifique, qui informe de façon nette et précise sur les tenants et aboutissants de la politique linguistique québécoise ainsi que du choc des politiques linguistiques au Québec. Et c’est un livre merveilleusement bien écrit qui, tout en étant érudit et rigoureux, est accessible au commun des mortels.

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On a tué le patrimoine

L'auteur est architecte et urbaniste, lauréat du prix Gérard-Morisset 2003 accordé à une personne pour l'ensemble d'une carrière consacrée au patrimoine dans le cadre des Prix du Québec.

Voilà des années que l’orage s’annonce. C’est aujourd’hui une tornade percutante. L’artiste Jean-Marc Mathieu-Lajoie expose les débris du magnifique décor intérieur, maintenant saccagé, de la chapelle des Soeurs franciscaines de Marie située sur la Grande Allée à Québec.

L’effet est choquant. Il l’est d’autant plus que « l’architecture intérieure de cette chapelle est d’un grand intérêt », comme l’ont décrite Luc Noppen et Lucie K. Morissette dans un document de la Ville de Québec intitulé « Lieux de culte ». Ils ajoutent « il s’agit d’un exemple achevé d’un style baroque romain, ce qui est unique à Québec ». Eh bien, ce patrimoine unique apparaît dans cette exposition sous la forme d’un amoncellement de rebuts jetés à terre. Dérisoire et inutile. Ces fragments de décor représentent l’agonie d’un patrimoine qui fut spectaculaire. Il n’existe plus. Il est déchet. Incroyable!

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Le mémorial du Palais de l’Intendant abandonné

PALAISLe Palais de l’Intendant était le lieu de pouvoir de l’Amérique française, un territoire de 20 millions de km2 s’étendant sur l’essentiel du Québec et du Canada actuels et sur le territoire de 31 des 50 États américains d’aujourd’hui. Bien peu de Québécois sont conscients que leurs ancêtres ont jadis été au cœur de cette extraordinaire épopée et de « ce chapitre mémorable, à moitié oublié, de l’histoire de l’humanité ». C’est pourquoi, l’aménagement d’un Mémorial dans ce Palais, reconstruit selon les plans d’origine, sur ses voûtes d’époque (1713) devait indubitablement représenter pour les Québécois une source de fierté et de force dans le combat incessant qu’ils doivent s’imposer, depuis deux cent ans, pour la vitalité de leur langue et de leur culture.

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La fresque BMO à Québec: la dégradation du patrimoine

L'auteur est architecte et urbaniste, lauréat du prix Gérard-Morisset 2003 accordé à une personne pour l'ensemble d'une carrière consacrée au patrimoine dans le cadre des Prix du Québec.

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La fresque BMO du 400e a été peinte. Par ce geste, la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) a signé une insulte visible sur un joyau de l’architecture moderne des années 60. Elle s’affiche sur le mur ouest de l’édifice Marie-Guyart, rue de La Chevrotière et fait honteusement face à la chapelle des Soeurs du Bon-Pasteur, monument classé dont l’aire de protection devait contenir cette agression. Ce ne fut pas le cas. Pourquoi avilir une oeuvre-phare de l’architecture du mouvement moderniste international au Québec? Pourquoi mutiler un monument, symbole d’un État moderne, qui exprime avec grandeur et dignité, le « maîtres chez nous » de Jean Lesage. Une telle attaque à l’esthétique d’une architecture de grande valeur, propriété de l’État, est du jamais vu en Occident.

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L'anniversaire exproprié

[…] on a tout simplement fait l’économie de l’Histoire. On se contentera d’un pur divertissement pour réunir des factions opposées à Québec et attirer des touristes du reste du Canada et du monde. À une époque où l’Histoire — source de honte et de gêne (sinon d’ennui) pour certains — a été jetée aux oubliettes, on pourra fermer les yeux et soupirer de soulagement. Mieux vaudra fêter les vedettes, les nombreux talents de Québec, les jeux de lumière… et le retour du parrainage fédéral.

H.V. Nelles1, dans L’Encyclopédie canadienne.

La préparation des fêtes de 2008 s’est amorcée en 1998, à l’instigation du maire Jean-Paul L’Allier. En 2000, la ville en confiait l’organisation à la Société du 400e anniversaire de Québec, un organisme autonome, sans but lucratif, financé par le gouvernement du Québec (40M$), le gouvernement du Canada (40M$) et la ville de Québec (5M$). Des revenus autonomes plus élevés que prévu (9M$) ont porté le budget total de la Société du 400e à 94M$, ce qui ne comprend pas les dépenses d’immobilisations des gouvernements.

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Le refoulement de la mémoire

À partir de l’établissement de Québec officiellement créé le 3 juillet 1608 — le plus ancien en Amérique du Nord à avoir conservé sa permanence jusqu’à nos jours —, un peuple de langue française est né sur le continent. Ce poste administratif, qui deviendra une capitale nationale est, au surplus, le lieu de départ d’une extraordinaire épopée saluée encore de nos jours par un très grand nombre d’observateurs de l’aventure humaine. L’Amérique française laisse des traces encore visibles aujourd’hui sur les deux tiers du territoire de cet immense continent. Il y a là tout un gisement de faits d’armes propres à rappeler avec fierté aux Québécois d’aujourd’hui qu’ils sont « nés géants ».

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Le Canada se fabrique une histoire nationale

Un retour sur les célébrations du 400e anniversaire de fondation de l’Acadie s’avère des plus pertinents pour en apprendre davantage sur le rôle joué par le gouvernement fédéral dans l’organisation des fêtes du 400e de Québec. Nous y avons découvert avec stupéfaction la volonté entêtée de l’État canadien de se fabriquer une histoire nationale au détriment de l’Acadie et du Québec, confirmant ainsi les critiques les plus virulentes à l’égard de la façon dont les fêtes de 2008 se sont tenues.

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Interculturalisme, multiculturalisme: blanc bonnet, bonnet blanc

Ainsi, les commissaires Bouchard et Taylor recommandent-ils que les Québécois adoptent l’interculturalisme, sur la base, écrit-on, que ce modèle d’intégration serait plus conforme à la manière québécoise que le multiculturalisme canadien, qui ne serait pas « bien adapté à la réalité québécoise » (Gérard Bouchard et Charles Taylor, Fonder l’avenir. Le temps de la conciliation (rapport final intégral), p. 19).

Mais qu’est-ce qui distingue l’interculturalisme du multiculturalisme canadien ?

Qu’on ne s’y méprenne pas, à quelques détails près, l’interculturalisme, tel que l’entendent les commissaires, et le multiculturalisme, c’est du pareil au même. En vérité, tous deux s’abreuvent à la même source idéologique. Bonnet blanc, blanc bonnet.

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Le verrou religieux de la question nationale

Le rapport Bouchard-Taylor sur les « accommodements raisonnables » constitue une encyclique du conformisme politique : les commissaires-bergers y prêchent un laïcisme mou tout en morigénant la majorité québécoise. Ainsi, des prescriptions religieuses particulières menacent de devenir des contraintes étatiques pour l’ensemble des citoyens. Le « vivre-ensemble » des commissaires s’oppose donc au « vouloir-vivre » du peuple québécois.

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Décembre 2017

Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 2017.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones.

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

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