Le mémorial du Palais de l’Intendant abandonné

PALAISLe Palais de l’Intendant était le lieu de pouvoir de l’Amérique française, un territoire de 20 millions de km2 s’étendant sur l’essentiel du Québec et du Canada actuels et sur le territoire de 31 des 50 États américains d’aujourd’hui. Bien peu de Québécois sont conscients que leurs ancêtres ont jadis été au cœur de cette extraordinaire épopée et de « ce chapitre mémorable, à moitié oublié, de l’histoire de l’humanité ». C’est pourquoi, l’aménagement d’un Mémorial dans ce Palais, reconstruit selon les plans d’origine, sur ses voûtes d’époque (1713) devait indubitablement représenter pour les Québécois une source de fierté et de force dans le combat incessant qu’ils doivent s’imposer, depuis deux cent ans, pour la vitalité de leur langue et de leur culture.

La reconstruction à l’identique du second Palais de l’Intendant (1726), par la magnificence des lieux et le contenu exceptionnel du Mémorial, entraînerait pour la Ville un redéploiement de son domaine touristique – un de ses plus importants secteurs d’activités économiques – par son intérêt pour les visiteurs touristes autant américains que français.
(André Marier, ex-conseiller municipal de Québec et acteur important de la construction de l’État québécois dans les années 1960. Texte préparé pour la Société historique de Québec).

Cette reconstruction allie justement l’histoire vécue à un décor architectural et paysager qui est l’expression de son importance. Nous sommes en présence d’une œuvre commune née de la puissance française et poursuivie par la volonté québécoise et canadienne-française de faire fructifier cet héritage. La reconstruction du Palais de l’Intendant devrait être le projet phare de la Ville de Québec pour commémorer dignement son 400e anniversaire. Il est incontournable.
(Marcel Junius, ex-président de la Commission des biens culturels).

Le site du Palais est un des rares sites historiques de la Ville de Québec qui ne soit pas propriété du gouvernement du Canada.

Soutenu à bout de bras par André Marier, avec le soutien de groupes culturels et de promotion de l’histoire, ce projet d’envergure a d’abord été présenté au maire L’Allier, puis au ministère québécois de la Culture à la fin des années 1990. Il faut dire qu’à cette époque, le Québec, est dans un contexte de vide total en matière de commémoration publique. Par exemple, le gouvernement du Québec refuse en 2002 de lever le petit doigt pour aider, ne fusse que symboliquement, la corporation locale chargée des célébrations des 400 ans de Tadoussac, premier établissement français d’Amérique du Nord. Pendant ce temps, Patrimoine Canada est à cuisiner les Acadiens pour faire des 400 ans de Port-Royal en 2004, le symbole de la création du Canada. En janvier 2006, la mairesse de Québec, Andrée Boucher, annonce enfin qu’elle fait du Palais de l’Intendant le projet majeur de l’administration municipale pour les célébrations de la fondation de Québec. En janvier 2008, le maire Régis Labaume suspend les travaux et abandonne à toutes fins pratiques le projet.

Au delà des festivals, des spectacles, des fanfares et des feux d’artifice, fort légitimes en soi pour mener la fête, au delà des dizaines de millions$ de fonds publics qui y auront été consacrés en 2008, que restera-t-il aux Québécois comme legs tangible pour enraciner leur mémoire dans la dynamique du prochain siècle?

 

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