Septembre 2020

Le Big Brother canadien : rapport Yale sur l’avenir des communications au Canada

Le 29 janvier 2020, un groupe d’experts nommés en juin 2018 remettait aux ministres de l’Innovation et du Patrimoine du Canada, Navdeep Bains et Steven Gilbeault, un rapport visant à affirmer la souveraineté canadienne en matière de technologies numériques et à moderniser les lois régissant le secteur des communications au Canada. Avec la pandémie qui s’est imposée à l’ordre du jour dans les semaines qui ont suivi, ce rapport est passé sous le radar et n’a pas soulevé de débats. Il risque toutefois d’être lourd de conséquences puisqu’il touche un secteur névralgique pour le développement économique et culturel du Québec.

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Derniers numéros parus - Juin 2020

L'auteur est architecte et urbaniste, lauréat du prix Gérard-Morisset 2003 accordé à une personne pour l'ensemble d'une carrière consacrée au patrimoine dans le cadre des Prix du Québec.

Voilà des années que l’orage s’annonce. C’est aujourd’hui une tornade percutante. L’artiste Jean-Marc Mathieu-Lajoie expose les débris du magnifique décor intérieur, maintenant saccagé, de la chapelle des Soeurs franciscaines de Marie située sur la Grande Allée à Québec.

L’effet est choquant. Il l’est d’autant plus que « l’architecture intérieure de cette chapelle est d’un grand intérêt », comme l’ont décrite Luc Noppen et Lucie K. Morissette dans un document de la Ville de Québec intitulé « Lieux de culte ». Ils ajoutent « il s’agit d’un exemple achevé d’un style baroque romain, ce qui est unique à Québec ». Eh bien, ce patrimoine unique apparaît dans cette exposition sous la forme d’un amoncellement de rebuts jetés à terre. Dérisoire et inutile. Ces fragments de décor représentent l’agonie d’un patrimoine qui fut spectaculaire. Il n’existe plus. Il est déchet. Incroyable!

L’artiste, délibérément, provoque et nous donne froid dans le dos. Il montre sans concession la réalité du patrimoine culturel dans une vision tragique d’une faillite consommée. L’installation nous fait rougir de honte devant une telle profanation. L’exposition d’épouvante n’aurait pas eu lieu si la Commission d’urbanisme et de conservation de la Ville avait lu le document sur les lieux de culte. Si elle l’avait lu, le permis de démolir n’aurait pas été accordé pour le motif évident que le décor répondait aux critères d’un bien culturel. L’accord du ministère de la Culture est aussi décevant qu’incompréhensible. La Ministre a-t-elle été mise au courant de la description de ce lieu patrimonial? Qu’a fait la Commission des biens culturels? La délivrance du permis, l’exposition nous le révèle, est une démonstration on ne peut plus démoralisante du laxisme de la conservation du patrimoine. La démolition s’est effectuée, apparamment, en toute légalité, mais certainement pas en toute moralité. Les débris épars d’une oeuvre qui fut remarquable représentent un scandale à l’état pur.

Peu importe les personnes impliquées dans l’équarrissage brutal d’un bijou de décoration intérieure d’un patrimoine somptueux, il faudra tout de même que les auteurs de cet abominable avilissement d’un bien culturel s’expliquent. L’opération démantèlement n’a pas fait l’objet d’une quelconque annonce. Elle a été exécutée en catimini, comme le font les malfaiteurs, sans bruit. Cette affaire est grave, puisqu’il y a quelques mois à peine, une commission de parlementaires mandatée pour étudier l’avenir du patrimoine religieux remettait au gouvernement les pistes à suivre assorties de plus de trente recommandations. Qu’en a-t-on fait?  

Pendant ce temps, le ministère de la Culture vaticine et pontifie pour parfaire la Loi sur les biens culturels. Disons à la Ministre qu’avec un peu plus de foi dans le patrimoine et avec plus de ferveur pour la sauvegarde de notre identité, la loi actuelle pouvait très bien empêcher ce forfait. Or, on saccage, on démolit, on laisse aller sans penser que bientôt la ville de Québec sera un musée de ruines du patrimoine et que pour le 500e les autorités n’auront d’autre choix que de subventionner une exposition du même genre. Reconnaissons que l’installation de l’artiste exprime le désarroi généralisé de la société québécoise, de la perte de la foi jusqu’à l’indolence devant l’avenir du Québec. Il est grand temps de se ressaisir afin d’arrêter toutes les démolitions appréhendées et les destructions programmées du patrimoine immobilier et mobilier. L’exposition nous indique qu’il n’y a plus rien de sacré! Tout est jetable! Les débris amoncelés dans la salle d’exposition ne sont probablement qu’une partie du butin de la démolition. Il y avait, on peut le penser, bien d’autres objets et oeuvres remarquables. Où sont-ils? Que sont-ils devenus? Autant de questions qui demeurent, encore une fois, sans réponses. 

Intitulée « La chute des anges », l’exposition nous achemine vers une autre lecture : « la chute du patrimoine culturel ». Triste fin de 400e! L’installation, par sa force d’inertie, balaie tous les beaux discours, palabres et colloques sur le patrimoine, dans sa plus cruelle démonstration. L’importance symbolique de ce cimetière du patrimoine culturel est le signe de notre faiblesse et de notre inconscience collective.

Québec, 7 septembre 2008

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