Histoire de l'énergie au Québec

Le dossier du gaz de schiste et des hydrocarbures sur le territoire du Québec est le tout dernier chapitre d'une longue saga énergétique où les intérêts particuliers se sont confrontés à l'intérêt collectif. Afin de mieux comprendre d'où nous venons collectivement dans ce dossier, faisons un retour historique. Vous pourrez ainsi constater que nos élites n’ont pas toujours travaillé dans l’intérêt du peuple du Québec, comme nous pouvons le constatons avec horreur de façon on ne peut plus évidente aujourd’hui.

Rappelons que même Thomas Edison, célèbre inventeur américain, s’est vu mettre des bâtons dans les roues lorsqu’il a offert d’électrifier la ville de New York à ses frais afin de démontrer l’intérêt de l’éclairage électrique. Malgré des pressions, menaces et autres tactiques de la part du lobby du gaz, celui-là même qui contrôlait l’éclairage à travers le monde, Edison réussira son pari. Conséquence ? On apprendra plus tard que des gens engagés par le lobby gazier mettront le feu à son atelier en guise de représailles !

Le dossier du gaz de schiste et des hydrocarbures sur le territoire du Québec est le tout dernier chapitre d'une longue saga énergétique où les intérêts particuliers se sont confrontés à l'intérêt collectif. Afin de mieux comprendre d'où nous venons collectivement dans ce dossier, faisons un retour historique. Vous pourrez ainsi constater que nos élites n’ont pas toujours travaillé dans l’intérêt du peuple du Québec, comme nous pouvons le constatons avec horreur de façon on ne peut plus évidente aujourd’hui.

Rappelons que même Thomas Edison, célèbre inventeur américain, s’est vu mettre des bâtons dans les roues lorsqu’il a offert d’électrifier la ville de New York à ses frais afin de démontrer l’intérêt de l’éclairage électrique. Malgré des pressions, menaces et autres tactiques de la part du lobby du gaz, celui-là même qui contrôlait l’éclairage à travers le monde, Edison réussira son pari. Conséquence ? On apprendra plus tard que des gens engagés par le lobby gazier mettront le feu à son atelier en guise de représailles !

Tiré du site d'Hydro-Québec :

1884-L’électricité supplante le gaz !

Avec l’appui et la complicité du sénateur J. Rosaire Thibodeau, puis du financier et courtier montréalais Rodolphe Forget, la société américaine Royal Electric Company jette les bases de son empire à Montréal. À force d’intrigues et de manœuvres douteuses, elle finit pas évincer totalement le gaz comme mode d’éclairage des rues. Ainsi, à compter de 1889, l’éclairage électrique s’étend à toute la ville. Devenue un monopole, la Royal Electric Company impose des conditions qui en font rapidement une entreprise très prospère, mais détestée du public.

1892-Les tramways électriques font leur apparition à Montréal

Les premiers tramways électriques sillonnent les rues de Montréal. Ils remplacent les tramways tirés par des chevaux qui existaient depuis 1861. D’autres villes du Québec adoptent également ce mode de transport en commun, notamment les villes de Québec, de Trois-Rivières et de Sherbrooke. Le plus célèbre des « p’tits chars électriques » est sans doute celui qui, pendant des années, a transporté des milliers de Québécois et Québécoises depuis Québec jusqu’au lieu de pèlerinage de Sainte-Anne-de-Beaupré.

1906-Le « modèle ontarien » trouve preneur au Québec

Au tournant du XXe siècle, un fort courant de municipalisation des réseaux de distribution d’électricité se dessine en Ontario. Le 14 mai 1906, Adam Beck, homme d’affaires averti et politicien influent, fait adopter par la législature ontarienne une loi qui crée Hydro Electric Power Commission of Ontario (HEPCO) ou Ontario Hydro. Au départ, le modèle d’organisation est simple : la production de l’électricité est laissée au secteur privé, le transport est assuré par la Commission, et la distribution est prise en charge par les municipalités. Le « modèle ontarien » trouve preneur au Québec ; en effet, plusieurs villes choisissent de municipaliser les services d’électricité sur leur territoire. Nombre d’entre elles accepteront l’offre d’achat d’Hydro-Québec, à compter de 1963, mais les neuf villes suivantes préféreront conserver leur réseau municipal de distribution : Alma, Amos, Baie-Comeau, Coaticook, Joliette, Jonquière, Magog, Sherbrooke et Westmount.

La marche vers l’étatisation
1930-1944
 Survol

Les entreprises d’électricité sont prospères, mais leur image auprès du public n’est pas très reluisante. Des chefs de file du monde politique et des milieux universitaires dénoncent avec force les abus dont elles se rendent coupables : tarifs élevés, service de piètre qualité, profits exorbitants, pratiques comptables douteuses, refus de desservir adéquatement les milieux ruraux, arrogance face aux tentatives du gouvernement pour réglementer le commerce de l’électricité. Dans un geste des plus courageux, le premier ministre, Adélard Godbout, décide d’exproprier les actifs électriques et gaziers du puissant monopole que constitue la Montreal Light, Heat and Power. Il en confie la gestion à une société d’État : la Commission hydroélectrique de Québec. Le 14 avril 1944, on assiste à la naissance d’Hydro-Québec. »

« Maîtres chez nous » ou la naissance d'un projet de société
1933 : un premier « Maîtres chez nous »

Nous sommes en 1933, en pleine dépression. Les hommes, les femmes et les enfants du Québec vivent de bien durs moments. Si, à la campagne, on réussit en général à mieux s'en sortir grâce à l'agriculture, dans les villes la situation est beaucoup plus difficile. Il n'y a que peu de travail et les conditions sont souvent insupportables.

Un mouvement de jeunesse naît, qui définit son orientation dans un Manifeste de la jeune génération, rédigé par MM. Pierre Dansereau, Paul Dumas, Gérard Filion, Dollard Dansereau, Pïerre Asselin, et Roger Larose. Ces Jeunes-Canada écriront (eh oui !) un manifeste dans lequel ils lanceront un appel à tous :

Nous faisons donc appel à la jeunesse, à toute la jeunesse de notre race : à la jeunesse universitaire, à la jeunesse des collèges et des écoles, à la jeunesse ouvrière, à la jeunesse agricole, à la jeunesse professionnelle. Que dans tous les domaines de la vie nationale le souci s'éveille, ardent, de reconquérir les positions perdues, de faire meilleur l'avenir. C'est à un vaste labeur : intellectuel, littéraire, artistique, scientifique, économique, national que nous, les jeunes, sommes conviés par les exigences de notre temps. Souvenons-nous que nous ne serons maîtres chez nous que si nous devenons dignes de l'être. 

Ce texte sera publié en février 1933 dans L'Action nationale.

En 1935, le taux de chômage au Québec dépasse les 20 %. Au Canada, il est question d'un New Deal à la Franklin D. Roosevelt, dont des leaders de partout dans le monde s'inspirent aujourd'hui pour contrer la récession mondiale (même si, selon plusieurs économistes, la relance réelle soit plus due à la Seconde Guerre mondiale qu'à ces New Deals). Il est clair qu'une telle guerre ne saurait relancer l'économie mondiale d'aujourd'hui. Nous devons trouver d'autres solutions.

1936 : Maurice Duplessis contre Adélard Godbout

Deux adversaires tenaces, M. Maurice Duplessis, qui s'était rendu célèbre grâce à sa capacité de faire face au Parti libéral de M. Taschereau, rongé par les scandales de pot-de-vin et autres et M. Adélard Godbout, successeur de M. Taschereau.

M. Godbout se trouvait évidemment pris dans une situation intenable. Il aura beau tenter de rompre avec l'administration précédente en promettant de faire enquête et en formant un nouveau cabinet, l'Union nationale remportera la victoire. Ça n'est pas sans rappeler notre scandale des commandites fédéral qui amènera le Parti conservateur de M. Stephen Harper au pouvoir…

1944 : la nationalisation de l'électricité

Depuis dix ans, des politiciens du Québec exigeaient la nationalisation de l'électricité : MM. Philippe Hamel, Télésphore-Damien Bouchard, Wilfrid Hamel. Ce dernier fera inscrire au feuilleton de la Chambre le projet de loi « établissant la commission hydro-électrique de Québec ». Celui qui a finalement remporté la victoire contre M. Maurice Duplessis et l'Union nationale en 1939, le premier ministre Adélard Godbout, énumère les trois objets de la loi #17 : « 1. Étatiser la Montreal Light, Heat and Power Company Consolidated et la Beauharnois Power Corporation ; 2. Créer un système hydroélectrique provincial ; 3. Instituer un vaste système d'électrification rurale ».

S'ensuivront de nombreux débats sur le juste prix à payer pour acquérir ces entreprises, débat qui fait rage partout dans le monde, car ces mouvements de nationalisation ont eu lieu au Mexique dix ans auparavant concernant les hydrocarbures, en Ontario et un peu partout dans le monde.

D'ailleurs, il est important de noter que l'énergie en général et les hydrocarbures en particulier sont nationalisés dans la très grande majorité des pays ! Les hydrocarbures entièrement privés comme au Canada et aux États-Unis sont une infime minorité…

Le retour de Duplessis

Peu après cette première étape vers la nationalisation de l'électricité au Québec reviendra au pouvoir M. Maurice Duplessis. Le mouvement connaîtra alors une longue traversée du désert. L'électrification rurale se fera à pas de tortue, l'industrialisation grâce à des ententes dans lesquelles nous céderons pour une bouchée de pain nos ressources naturelles. Il n'y a qu'à penser au fameux « 1 cent la tonne » pour le fer des mines du Québec. Et les ententes sur 99 ans (!) pour la main-mise sur ces ressources naturelles.

Bref, nous sommes colonisés.

Il est assez pathétique de constater, encore en 2009, que les ententes avec les compagnies minières restent du même ordre. M. Amir Khadir a dénoncé avec raison cet état de fait et le vérificateur général du Québec a confirmé cette situation. Il est à espérer que les gens du Québec se lèveront et feront entendre leur voix afin que les tarifs ridicules et l'absence de protection environnementale cessent.

Il était plutôt incroyable d'entendre le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, M. Claude Béchard, répondre à une question qui lui était posée sur cette situation inadmissible que, selon les compagnies minières, le Québec était un des meilleurs endroits au monde pour faire des affaires ! Évidemment ! Comment pourraient-elles penser autrement ? Elles n'ont à peu près rien à payer, vident nos ressources puis s'en vont !

Réveillons-nous, bon sang !

1960 : la Révolution tranquille

À la mort de M. Maurice Duplessis, le Québec progressiste qui n'en peut plus d'attendre, se réveille. C'est ainsi qu'en 1960, grâce à « l'équipe du tonnerre », le gouvernement de M. Jean Lesage est élu, marquant le retour des libéraux, absents du pouvoir depuis 1944. Il aura fallu 25 ans aux Québécoises et aux Québécois pour se sortir du joug de M. Maurice Duplessis et entrer finalement dans l'ère moderne.

Récemment arrivé en politique, un certain René Lévesque, venant du milieu des médias où il a travaillé comme journaliste, sera nommé ministre des Ressources naturelles. Et c'est de là que s'écrira l'histoire.

1962 : l'élection référendaire

Beaucoup pensent que le Québec a connu deux référendums. En fait, il y en a eu trois, d'une certaine manière. Et le premier a porté sur la nationalisation de l'électricité.

En effet, en 1962, le gouvernement de Jean Lesage a décidé de déclencher des élections anticipées à cause de l'importance de la question posée aux Québécois. Ce qui avait débuté en 1944 sous le gouvernement de M. Adélard Godbout, avait été stoppé net par M. Maurice Duplessis, il le demandera solennellement aux Québécois.

M. Maurice Duplessis qui avait deux maîtres, la religion et l'entreprise privée, avait toujours vu d'un très mauvais œil la nationalisation de l'électricité. Il considérait le peuple du Québec comme ignorant et préférait faire venir s'installer des multinationales qui nous emploieraient plutôt que de nous laisser nous prendre en main. Bref, il ne croyait pas que nous en étions capables.

Et il n'était pas le seul.

Souvenons-nous de ce haut dirigeant du Canadien National à qui on avait demandé pourquoi il n'y avait pas de francophones à la haute direction. C'était au début des années soixante ; il avait répondu très candidement qu'il ne connaissait pas de francophones assez qualifiés pour faire le travail !

C'est pourquoi MM. Jean Lesage et René Lévesque ont conduit la campagne de 1962 sur la nationalisation de l'électricité. M. Jean Lesage a ainsi demandé aux gens du Québec : « Voulez-vous que nous devenions « Maîtres chez nous » ? »

S'il demandait cela, c'est parce que nombre d'entre nous souffrions de ce sentiment d'infériorité, de cette certitude d'être « nés pour un petit pain », d'être des « porteurs d'eau », bref de ne pouvoir être à la hauteur de la tâche.

En 1933, les Jeune-Canada affirmaient que nous ne saurions être maîtres chez nous que si nous en étions dignes. L'étions-nous ?

M. René Lévesque fera une tournée historique avec sa craie et son tableau noir pour expliquer comment nous pourrions y arriver, que nous devrions y arriver, en bref que nous étions capables.

Il le répétera comme un mantra pendant des semaines, jour après jour : « On est capable ! »

Pendant ce même temps, un jeune et brillant économiste au Parti libéral du nom de M. Jacques Parizeau se faisait expliquer par les grandes banques canadiennes que si le Québec nationalisait son électricité, elles ne prêteraient plus à son gouvernement ! Et pourtant, l'Ontario avait nationalisé son électricité bien avant nous !

De plus, dans de nombreuses régions du Québec, des représentants des compagnies privées pesaient de tout leur poids pour convaincre les populations locales qu'elles s'en iraient et que nous serions pris avec ces infrastructures, que nous ne serions précisément pas capables...

Mais grâce à des gens comme MM. Jean Lesage, René Lévesque, Jacques Parizeau, Adélard Godbout et d'autres, le gouvernement de M. Lesage a été réélu triomphalement et le projet « Maîtres chez nous » de nationalisation de l'électricité a démontré qu'en effet nous étions capables !

…et l’histoire plus récente de notre énergie.

Quand je veux enterrer un problème, je crée une commission
– Georges Clémenceau

Voici une chronique de la gestion de l'énergie au Québec au cours des 15 dernières années, alors que nous célébrons le 15e anniversaire du début du débat public sur l'énergie.

Ce débat majeur dans l'histoire du Québec devait marquer l'énergie pour les années à venir au Québec. Il ne l'a pas marqué, car on a mis de côté ou contourné à peu près toutes ses recommandations.

Quelques dates et moments importants

Milieu des années 1980 : Changement du mandat d'Hydro-Québec par Jacques Parizeau. De société d'État ayant à rendre des comptes au peuple du Québec, Hydro-Québec n'a désormais de comptes à rendre qu'au gouvernement et doit tendre vers une maximisation de ses profits à court terme. Autrement dit, Hydro-Québec va devoir penser selon une logique d'entreprise privée. Cela fera en sorte que l'aspect écologique et démocratique de la mission de la société d'État s'en retrouvera diminué de façon importante. Le président d'Hydro-Québec, M. Robert Boyd s'y oppose.

1995 : La Coalition pour un débat public sur l'énergie, dont le président de l'AQLPA, M. André Bélisle, était porte-parole, a pu convaincre les Québécois que nous n'avions plus besoin de nouvelles centrales électriques. Il était maintenant admis que des programmes efficaces d'économie d'énergie pourraient suffire à la demande pendant de nombreuses années, tout en ne nuisant ni à l'environnement ni aux finances publiques. Cette coalition fera naître le débat public sur l'énergie présidé par M. Alban D'Amours qui en viendra aux conclusions suivantes : ce qui doit primer toutes les autres formes d'énergie pour assurer l'avenir du Québec et de la planète ce sont les économies d'énergie et l'efficacité énergétique, suivis des énergies vertes telles que l'éolien, le solaire et toutes les nouvelles sources d'énergie vertes qui se développeront.

1997 : Hydro-Québec achète près de la moitié des actions de Gaz Métro (43 %). M. André Caillé, alors président de Gaz Métro, devient président d'Hydro-Québec. Dès lors, la destinée d'Hydro-Québec prendra un autre virage.

Avec des coupes drastiques dans la recherche et le développement, c'est la moitié des chercheurs de l'IREQ (Institut de recherche en électricité du Québec) qui seront ainsi « rationalisés ». Au moment où la recherche semble plus importante que jamais, cette décision semble pour le moins étrange.

Ventes de pans entiers d'Hydro-Québec au privé

Décret de M. Caillé : aucun nouveau projet ne sera mis en chantier si son énergie coûte plus de 3 cents/kWh. Ainsi, la construction de centrales cessera brutalement ; seuls les projets de minicentrales, privées, seront mis de l'avant.

Fin des programmes d'efficacité énergétique. Les budgets de l'agence d'efficacité énergétique seront d'ailleurs diminués radicalement.

D'aucuns diront publiquement quelques années plus tard que si nous sommes sur le point de manquer de capacité de production d'électricité, c'est principalement dû aux écologistes et aux premières nations qui se sont opposés à la construction des projets de barrages tels que Grande-Baleine et les minicentrales. Ce faisant, ils omettront de mentionner qu'en n'allouant que les projets de moins de 3 cents/kWh (ce qui est devenu à ce point à peu près impossible) et en coupant tout programme d'efficacité énergétique, M. Caillé et son équipe nous mènent tout droit vers un déficit de capacité ! Lorsqu'on apprend par ailleurs que, dès leur arrivée, ils ont commencé à planifier les 12 projets de centrales au gaz naturel et le projet de port méthanier Rabaska, il y a lieu de se poser de sérieuses questions.

La loi 116

Plus tard, M. Lucien Bouchard développera, en collaboration avec M. André Caillé, la loi 116 qui divisera Hydro-Québec en trois entreprises distinctes : Hydro-Québec Production, Hydro-Québec Distribution et Hydro-Québec Transport. Dans ce contexte, ils soustrairont Hydro-Québec Production au contrôle de la Régie de l'énergie et priveront ainsi les Québécois de la possibilité de déterminer de manière indépendante des fournisseurs d'énergie, leurs véritables besoins. Hydro-Québec Production camouflera alors ses données dites confidentielles « sous prétexte de concurrence ».

Ainsi, quelques mois à peine après le débat public sur l'énergie qui aura mené à la création de la Régie de l'énergie pour que les besoins énergétiques soient discutés de façon transparente et démocratique – entre autres à cause de la façon de faire trop secrète des dirigeants d'Hydro-Québec – on nous ramène dans le noir. Il nous faudra à nouveau nous fier aux dirigeants d'Hydro-Québec pour savoir « ce qui est bon pour nous ». La plupart des politiciens ne connaissant rien au dossier de l'énergie, cela passera comme lettre à la poste.

2004 : le Suroît, un sursaut de conscience populaire
Objectifs  800 MW, 800 millions de dollars, 60 emplois permanents
GES2 2 400 000 tonnes de CO2 par an (soit 600 000 voitures en équivalence de CO2)
Émissions polluantes Équivalent de 12 000 voitures

Le 23 décembre 2003, alors que tout le monde se prépare pour Noël, M. Stéphane Bertrand (ancien v.-p. de Gaz Métro et chef de cabinet du premier ministre M. Jean Charest) fait passer le décret autorisant la construction de la centrale du Suroît. Cette centrale, qui aurait été gérée par General Electric, aurait fonctionné au gaz naturel, ressource dont nous ne disposons pas au Québec, polluante et de plus en plus onéreuse.

La raison officielle de cette décision que véhiculera M. André Caillé est la suivante : nous allons manquer d'énergie très bientôt, car le niveau d'eau des barrages est trop bas selon les chiffres de la société d'État. Le seul hic est que la haute direction refuse de montrer ces chiffres. À l'hiver 2003-2004, prenant pour prétexte cette pénurie annoncée d'électricité, il demandera même aux gens du Québec de baisser leur thermostat pour bien nous faire comprendre que nous étions à la limite de nos capacités ! Le « coup de la panne »...

À cette époque, une collègue d'université me révélait qu'un de ses professeurs de relations publiques aurait avoué à la classe à laquelle elle assistait que cet « appel » avait été préparé dès l'automne afin de créer un sentiment d'urgence et d'insécurité auprès de la population.

C'est effectivement un moyen éprouvé et très efficace de manipuler l'opinion publique…

Seul problème, l'appel fonctionna si bien qu'en une nuit tout le Québec a pu se rendre compte qu'en baissant tout simplement son thermostat, il pouvait économiser l'équivalent en production de la centrale du Suroît, et même plus !

Le débat fut féroce et dura de février à novembre 2004. Fait incroyable, lorsque M. Thomas Mulcair, alors ministre de l'Environnement, annonça la fin du projet du Suroît auquel il était lui-même opposé, on apprit que, à la suite d’un été particulièrement pluvieux, le niveau des barrages était « revenu » à une hauteur record et que le projet du Suroît n'était plus nécessaire !

Ainsi, si la construction avait commencé comme prévu dès le printemps 2004, nous aurions été pris avec une centrale polluante et émettrice de gaz à effet de serre de l'équivalent de 600 000 voitures par ans pour plus de trente ans alors que le problème s'est, selon les dires d'Hydro-Québec, résorbé de lui-même après quelques semaines de pluie... Quelle planification !

Il est très intéressant de noter que durant cette bataille que nous avons livrée, M. Thierry Vandal, en tant que vice-président d'Hydro-Québec, affirmait à tous ceux qui voulaient l'entendre que l'énergie éolienne ne pouvait pas fonctionner dans un climat nordique comme le nôtre et que le gaz naturel était le meilleur moyen de fabriquer de l'électricité. Ai-je besoin de rappeler qu'il avait auparavant été v.-p. chez Gaz Métro ? Il est aussi bon de rappeler que le fournisseur de gaz naturel pour la centrale du Suroît aurait été Gaz Métro !

Quelques mois plus tard, M. Vandal prendra la place de M. Caillé à la tête d'Hydro-Québec. Une de ses premières déclarations publiques sera de dire que depuis 5 ans il avait compris que l'éolien était l'énergie de l'avenir au Québec, en pleine contradiction de ses positions antérieures.

Mais ce que peu de gens savent, c'est qu'au moment de lancer le Suroît, l'équipe de M. Caillé avait dans ses cartons 11 autres projets de centrales au gaz naturel… Heureusement, les Québécois ont gagné la bataille du Suroît et temporairement forcé le gouvernement – qui s'était pourtant prononcé contre ce genre de projet dans son programme politique – et Hydro-Québec à prendre le virage des énergies vertes.

Mais ce virage, mal amorcé par un gouvernement qui avait pourtant à l'époque les deux mains sur le volant, est en train de mener à un dérapage. Néanmoins, 11 des 12 projets sont morts. Un seul a survécu : celui de la centrale de Bécancour.

2004 : la centrale au gaz de Bécancour, l'affront à notre intelligence
Objectifs Projet privé de 550 MW de Trans-Canada Energy, 600 millions de dollars prévus (1,4 milliards de dollars au final !), 50 emplois permanents.
GES 1 540 000 tonnes de CO2 (soit 350 000 voitures en équivalence de CO2)
Émissions polluantes Équivalent de 8 000 voitures

Au moment où nous menions la bataille du Suroît, des citoyens de la région du Centre-du-Québec, opposés à la construction de la centrale de Bécancour et appuyés par notre coalition, tentaient d'informer et de mobiliser la population contre sa construction. Malgré nos appels à l'arrêt des deux projets dans toutes nos communications, les médias nationaux n'en avaient que pour le Suroît. De leur côté, le président de Gaz Métro, M. Robert Tessier, le maire de Bécancour, M. Maurice Richard et les représentants de la chambre de commerce locale ne cessaient de vanter les mérites de ce projet. Les médias de Trois-Rivières, totalement dépassés par les enjeux, prenaient pour argent comptant les propos du maire alors que notre message ne passait pas du tout et que les citoyens de la région semblaient ne s'intéresser qu'aux jobs à court terme, sans considération pour les enjeux économiques, de santé, écologiques ou quoi que ce soit d'autre.

Pour donner une petite idée du suivi des médias locaux dans ce dossier, un de leurs représentants, après des conférences de presse, une mobilisation nationale en juillet 2004, des visites médiatisées au conseil de ville et je ne sais quoi encore, m'appela en 2005 afin de me poser des questions. Cette personne avait entendu parler qu'un projet de centrale du type du Suroît était sur le point d'être construit à Bécancour.

Je n'ai pu que lui répondre ceci : « Un projet ? Mais la construction a débuté il y a un an déjà. Nous sommes allés à plusieurs reprises chez vous l'an dernier pour en parler et la plupart des médias de votre région ont dormi au gaz… Désolé, mais vous vous réveillez trop tard. » Fin de la conversation.

Cette centrale privée, dont le président de Gaz Métro disait que de ne pas la construire serait une « catastrophe économique », a donc été construite... et c'est sa construction qui s'est en fait révélée être une « catastrophe économique » ! Lors du début des travaux par SNC-Lavalin en 2004, le prix que nous étions censés payer l'électricité était à 6,5 cents/kWh. Lorsqu'elle a ouvert ses portes en septembre 2006, nous la payions 10,5 cents/kWh, une augmentation de 75 % en deux ans !

Pour couronner le dossier Bécancour, à l'automne 2007, soit un an seulement après son ouverture, Hydro-Québec ira devant la Régie de l'énergie afin qu'elle autorise l'arrêt de sa production. Hydro-Québec se retrouve avec un surplus d'énergie, ce qui fait baisser son prix à l'exportation, et l'électricité que la société d'État achète de Trans-Canada Energy (TCE) est la plus chère de toutes ses centrales. La régie acquiescera à la demande, mais puisque le contrat avec TCE était de 20 ans, elle devra le compenser à hauteur de 150 millions de dollars en 2008 pour qu'elle ne produise pas d'électricité  ! En 2009, ce sera la même chose. Au total : 340 millions de dollars pour que cette centrale privée ne produise pas d'électricité pendant deux ans !

Bien que le coût du gaz naturel ait momentanément diminué, tous les pronostics sérieux prédisent que le prix des hydrocarbures remontera d'ici peu. D'ailleurs, dernièrement, une nouvelle entité, le Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) qualifié par les observateurs d'« OPEP du gaz naturel », vient d'être formée sous la direction de M. Vladimir Poutine, afin de hausser le prix de ce combustible.

Il est important de réaliser qu'il est plus que hasardeux de s'engager dans un contrat de 20, 30 ou 40 ans pour utiliser une ressource dont nous ne contrôlons ni le prix ni la distribution, surtout lorsque tout indique que ce prix augmentera inévitablement de beaucoup dans les années à venir. Les seuls qui ont à gagner dans ce genre d'entente sont les promoteurs et ceux qui perdront inévitablement sont les gens du Québec.

Imaginez-vous…

Imaginez-vous maintenant un instant dans quel marasme nous serions si M. Caillé avait réussi à construire ses 12 projets de centrales au gaz naturel.

Imaginez : 12 fois les émissions de CO2 d'une centrale du format de Bécancour (sans parler de l'exemple du Suroît qui en aurait émis 45 % de plus), nous aurions été affligés d'émissions comparables à l'ajout de 4 200 000 voitures supplémentaires sur nos routes !

Imaginez des prix d'électricité gonflés par le marché mondial du gaz, des compensations à coups de milliards annuellement et des problèmes de santé à la hauteur de l'augmentation de ces émissions.

Il ne faut pas oublier que, selon l'Institut national de santé publique, le smog a été à l'origine du décès d'environ 1 500 personnes l'an dernier simplement dans la grande région de Montréal.

Nous serions devant un désastre social, économique et écologique sans précédent dans l'histoire du Québec.

Grâce à des écolos (sachant bien mieux compter que la fédération des chambres de commerce, Gaz Métro et l'Institut économique de Montréal voudraient vous le faire croire), des dizaines de milliards de dollars ont été épargnés au bénéfice des Québécois.

Rappelons-nous aussi que dans les années 1970, ce sont encore des écolos qui nous ont évité de nous retrouver avec toute une série de centrales nucléaires longeant le fleuve Saint-Laurent. Ça aurait été un autre désastre économique et écologique, comme le démontre l'expérience ontarienne. N'a survécu que Gentilly-2 (Gentilly-1 étant morte-née), à Bécancour aussi. Malheureusement, puisque le débat sur sa réfection n'a pas lieu, je suggère aux Québécois d'écouter la sagesse écologiste avant d'investir dans ce puits sans fond...

TAG : Cachez cette centrale qu'on ne saurait voir…

En 1993, Hydro-Québec a construit à Bécancour, à quelques centaines de mètres de la centrale nucléaire de Gentilly-2, une centrale d'appoint fonctionnant au kérosène. Son nom : TAG.

Cette centrale, construite au coût de 288 millions de dollars, fonctionne en moyenne de 30 à 40 heures par an. C'est ce qu'on appelle une centrale d'appoint, utilisée en période de pointe seulement. Le kérosène, plus cher et polluant que le gaz naturel, rend cette centrale onéreuse à opérer.

Par un bel après-midi de juillet 2004, j'ai reçu un coup de fil pour le moins particulier. L’homme à l'autre bout du fil disait travailler à la centrale TAG et voulait me voir dès que possible afin de me transmettre des informations importantes en lien avec le projet Bécancour. Cependant, il insistait pour que cette rencontre ait lieu dans un endroit discret à Montréal, loin de la région de Bécancour. Bien que je ne comprenais pas trop pourquoi, j'ai acquiescé à sa demande et suis allé le rencontrer le lendemain.

Cet homme, dont je salue le courage et que je n'ai vu que cette seule fois, m'a alors raconté une histoire incroyable, la voici.

Lorsque sont apparus les nombreux projets de centrales au gaz naturel dans la foulée de l'arrivée de M. Caillé et de son équipe (qui viennent tous du milieu du gaz) à la présidence d'Hydro-Québec, une étude de faisabilité a été faite en 1999 par SNC-Lavalin afin de déterminer combien coûterait la transformation de cette centrale pour en faire une centrale au gaz naturel de cogénération.

Trois scénarios sont alors proposés : une conversion de base, une conversion standard ou une conversion majeure pour faire de la centrale TAG une centrale au gaz naturel à cycle combiné de pointe.

La solution la plus chère, qui est celle qui retient notre attention, se chiffre à 120 millions de dollars et ferait de cette centrale une centrale de pointe du même calibre et possédant à peu de choses près la même capacité de production d'électricité que la future centrale privée de Bécancour.

La logique aurait voulu, m'a-t-il dit, que cette centrale que nous avions déjà payée avec nos deniers publics soit transformée pour en faire une centrale fonctionnant à temps complet puisqu'il n'en coûtait pas beaucoup plus pour qu'elle soit fonctionnelle, comme le confirmait l'étude de faisabilité !

La suite dépasse l'entendement.

Quand a été annoncé le projet de construction de la centrale au gaz naturel privée de Bécancour, la haute direction d'Hydro-Québec a interdit aux employés de la centrale TAG de mentionner, dans le cadre de l'audience du BAPE (Bureau d'audiences publiques sur l'environnement), la possibilité d'une alternative à la construction de la centrale de Bécancour que constituerait la transformation de la centrale TAG sous peine de congédiement !

Peu après, des inconnus sont débarqués à la centrale et ont ramassé tous les documents prouvant l'existence de cette étude. Malheureusement pour ces messieurs, il en est resté une copie, dans le fond d'un tiroir, qu'ils n'ont pas trouvée. Ce document, cette personne me l'a remise. J'ai fait vérifier son authenticité par des chercheurs de l'IREQ qui m'ont effectivement confirmé sa véracité.

C'est la première fois que sont révélées dans quelles circonstances j'ai pu mettre la main sur cette étude. Je crois que cette histoire révèle à quel point il semble y avoir quelque chose de pourri au royaume de la haute direction d'Hydro-Québec… Cette étude se trouve maintenant en lieu sûr.

En 2004, sans révéler ces circonstances troublantes, je suis apparu dans les médias au sujet de la possibilité de transformer la centrale TAG plutôt que de construire la centrale privée de Bécancour. Lorsque les représentants d’Hydro-Québec ont été interrogés, leur réponse fut la suivante : le projet n'était pas à la hauteur de leurs standards environnementaux. Vérifications faites auprès de spécialistes, cet argument était totalement faux.

Que dire de plus ?

Il est prévu que cette centrale nous coûtera au bas mot au moins 1,5 milliard $ en compensation à TCE dans les dix prochaines années AFIN QU’ELLE NE PRODUISE PAS D’ÉLECTRICITÉ.

D'autres dates à retenir

29 juin 2004 (période de vacances) : Hydro-Québec vend ses parts dans Gaz Métro (43 %) en majorité à SNC-Lavalin, sous sa valeur marchande. Il est important de rappeler que les hauts dirigeants d'Hydro-Québec touchent des primes liées aux profits de la société d'État.

5 juillet 2004, 10 h : la Régie de l'énergie rend sa décision sur le projet du Suroît : « Le projet n'est pas indispensable, mais il est souhaitable ». Pourquoi rend-elle cette décision ? Se fie-t-elle aux « informations » sur le niveau des barrages de la haute direction d’Hydro-Québec ? Elle ne peut malheureusement plus remplir le mandat qui lui avait été confié après le débat public sur l'énergie, à cause de la loi 116.

5 juillet 2004, 14 h : Mme Monique Jérôme-Forget annonce à Bécancour le début de la construction de la centrale du même nom. Elle sera construite par SNC-Lavalin et le gaz naturel fourni par Gaz Métro (donc, en partie par SNC-Lavalin).

La bataille de Rabaska ou comment redevenir une colonie énergétique
Objectifs Projet privé du consortium Rabaska formé par Gaz de France, Gaz Métro et Enbridge. 850 millions de dollars, 60 emplois permanents.
GES 125 000 tonnes, juste pour le processus de gazéification et 15 millions de tonnes pour les opérations totales de l'extraction à la consommation.

Le projet Rabaska est un projet d'importation de gaz naturel par bateau (méthanier) qui transporte du gaz naturel liquéfié jusqu'à un port où on transfère ce liquide et le regazéifie afin de l'envoyer par pipeline à l'intérieur du continent.

Il comporte une quantité impressionnante d'aspects négatifs.

Contrairement aux arguments des promoteurs et du gouvernement, l'importation de gaz naturel afin de remplacer celui qui nous est présentement fourni par l'Ouest canadien n'augmentera pas notre sécurité énergétique, mais plutôt notre insécurité, comme le démontre très clairement une étude de Gordon Laxer. De plus, le temps fera en sorte que nous découvrirons les véritables intentions des promoteurs. Alors qu'ils jurent leurs grands dieux que ce gaz ne vise qu'à remplacer le gaz de l'Ouest canadien qui viendrait à manquer, on découvre, lorsque Gazprom se montre d'accord avec Rabaska, que le but est de faire de ce port méthanier une porte d'entrée vers le marché américain.

Des espèces animales et végétales menacées, dont certaines uniques au monde, seront presque assurément mises en péril.

La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) sera « bulldozée » par un décret gouvernemental « considérant l'urgence d'agir », une urgence qui est actuellement reportée à 2017 ou 2020...

La sécurité des gens près du site est menacée par des conditions bien en deçà des critères américains.

Le département de santé publique de la région s'immiscera dans le débat et se montrera très sceptique face aux problèmes de santé publique liés à ce projet. Incroyablement, le ministre de la Région de Québec d'alors, M. Philippe Couillard, leur répondra que ce projet aiderait à financer les soins de santé ! Un projet qui rend malade, mais dont les revenus permettent de soigner... Est-ce ce qu'on appelle cela être visionnaire ?

La liste est trop longue pour énumérer toutes les raisons qui se dressent contre un tel projet. Vous pourrez trouver un portrait complet de ce dossier dans le livre Rabaska, autopsie d'un projet insensé qui a été principalement rédigé par Pierre-Paul Sénéchal et Gaston Cadrin avec la participation complémentaire des professeurs Michel Lessard (UQAM) et Bernard Dagenais (Université Laval).

L'éolien : un pas de plus vers la reprivatisation et la recolonisation de notre énergie

En 2004, lors du débat entourant la construction du Suroît, MM. Caillé et Vandal ne cessaient d'affirmer que l'éolien ne pouvait pas être exploité de façon viable au Québec à cause du climat trop froid et que le gaz naturel était la solution. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu'une fois à la tête de la société d'État, j'ai entendu M. Vandal nous dire qu'il avait compris depuis des années que l'éolien était l'avenir ! À un de ces deux moments, il a menti. Et maintenant, alors que la planète prend la direction de l'éolien, Hydro-Québec invoque toutes sortes d'excuses pour ne pas s'y engager.

Lorsqu’Hydro-Québec accordera plus de 50 % à EDF (Électricité de France) sur le 2000 mégawatts d'appels d'offres, Louis-Gilles Francœur écrira avec raison que cette décision confirme notre statut de colonie énergétique. En effet, il est incroyable que cette société d'État française, qui n'a pas d'expérience en éolien, vienne développer son expertise et faire des dizaines de millions de dollars en profits sur notre dos ! Les chercheurs de l'IREQ veulent travailler dans l'éolien et c'est la haute direction qui ne veut rien entendre.

Il est incroyable qu'au moment où, partout dans le monde, le dossier du contrôle de l'énergie est le dossier qui prédomine, nous abandonnions ce contrôle à des intérêts particuliers et souvent étrangers. C'est une erreur historique monumentale.

Pour finir, je ne peux passer sous silence la décision irresponsable du gouvernement d'autoriser la construction des ports méthaniers Rabaska et Gros-Cacouna. Il était surréaliste d'entendre M. Béchard parler de projets strictement privés puis de voir ce dernier avec M. Jean Charest, premier ministre, et M. Medvedev de Gazprom, se serrer la main pour sceller l'entente. Ces deux projets d'importation de gaz naturel, qui ne vont qu'accroître notre dépendance envers cette énergie fossile importée, font la démonstration par quatre que nos élites politiques et économiques n'ont rien compris des leçons de MM. Lévesque et Lesage ou qu'elles se moquent du peuple québécois.

Il est plutôt ironique que l'on veuille s'approvisionner chez Gazprom qui a elle-même expulsé des compagnies étrangères quand elle perdait le contrôle de sa ressource et donc de son économie. De plus, elle a interrompu l'approvisionnement à l'Ukraine pour des motifs géopolitiques douteux. Mme Sophie Brochu a dit du projet Rabaska qu'il était dans les cartons depuis 10 ans. Est-ce la raison pour laquelle le gouvernement a fait vendre à Hydro-Québec ses actions dans Gaz Métro ? Car si Hydro-Québec avait encore détenu des parts dans cette société, le débat aurait probablement été tout autre...

La réfection de Gentilly-2 - Promesses brisées

Tout comme dans le dossier du Suroît où le Parti libéral s'était prononcé contre les centrales au gaz naturel avant d'accéder au pouvoir, dans sa plate-forme de 2003, juste avant les élections, M. Jean Charest envoie une lettre aux opposants de la réfection de la centrale de Gentilly-2 dans laquelle il écrit :

Sur le plan du développement énergétique, un gouvernement libéral entend tenir une enquête scientifique et indépendante. Le rapport de cette enquête devrait être publié au plus tard en 2006 et tenir compte des priorités du gouvernement libéral en matière d'environnement permettant entre autres d'atteindre les objectifs du protocole de Kyoto. Cette enquête priorisera les pistes d'avenir. […] Le Parti libéral du Québec s'est prononcé contre le développement de l'énergie nucléaire.

Puis, en août 2008, M. Thierry Vandal et Mme Julie Boulet organisent une conférence de presse conjointe à Bécancour pour annoncer la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2. Présentant cette réfection comme un fait accompli, Hydro-Québec décide d'aller de l'avant malgré le désaccord de la population, les risques pour la santé, l'environnement, le non-sens économique, etc.

Voici un texte qui résume de nombreuses lacunes qui ont amené MM. Thomas Mulcair, Denis L'Homme, Jean-Claude Rocheleau, Richard Marois et moi-même à nous opposer à ce projet de réfection.

Gentilly 2 : trop de questions sans réponse

Publié le 30 août 2008, Le Soleil - Point de vue

Thomas Mulcair, Daniel Breton, Denis L'homme, Jean-Claude Rocheleau et Richard Marois

Il y a quelques jours, Hydro-Québec et le gouvernement du Québec ont annoncé la réfection de la centrale nucléaire Gentilly 2. Cette annonce laisse néanmoins plusieurs questions sans réponse.

À ce jour, huit réfections de divers niveaux de réacteurs Candu (du type de celui de Gentilly 2) ont été faites. Voici six exemples bien documentés :

Pickering-A-1 : La première réfection a prolongé la vie du réacteur de 10 ans. Une deuxième réfection a été faite et depuis, ce réacteur n'a fonctionné que 50 % du temps.

P-A-2 : La réfection a prolongé sa vie de neuf ans. Fermé en 1997

P-A-3 : La réfection a prolongé sa vie de six ans. Fermé en 1997.

P-A-4 : La première réfection n'a prolongé sa vie que de trois ans ! Après une deuxième réfection en 2003, il n'a fonctionné depuis que 50 % du temps. (Source : <http ://www.cns-snc.ca/history/Canadian_ nuclear_history.html>)

Sachant cela, comment Hydro peut-elle prétendre que la réfection prolongera la vie de Gentilly 2 de 25 ans ?

Lors des audiences du BAPE sur la gestion des déchets nucléaires en 1994, puis en 2005, le BAPE a exigé d'Hydro-Québec un plan à long terme. Après 14 ans, Hydro n'a toujours rien présenté. Comment alors peut-on aller de l'avant sans avoir répondu à ces questions préoccupantes ?

En 2004, pour les projets de construction des centrales du Suroît et de Bécancour, Hydro nous assurait que le prix de l'électricité produite par ces centrales avoisinerait les 6,5 cents du kilowattheure. La réalité s'est révélée environ 75 % plus chère et ce prix ne cesse d'augmenter.

Pour Gentilly 2, Hydro-Québec nous assure que le kilowattheure sera de 7,2 cents. Comment Hydro peut-elle avancer un tel prix avant d'avoir été soumise au rapport de sûreté nucléaire à la CCSN (Commission canadienne de sûreté nucléaire) ? Ce rapport inclut les nouvelles normes de sûreté maintenant beaucoup plus sévères à la suite des événements du 11 septembre 2001 et à l'utilisation de meilleurs logiciels pour analyser et contrôler l'opération des réacteurs Candu. L'application de ces normes va nécessairement augmenter radicalement le prix de la réfection de Gentilly 2.

Considérant l'importance croissante pour la population de la protection de l'environnement, n'est-ce pas pelleter le problème en avant que de reporter à plus tard l'épineuse question du déclassement de cette centrale et donc son legs.

Comment le gouvernement et Hydro ont-ils déjà pu investir, sans débat public, plus de 300 millions $ sur l'avenir de cette centrale ?

Thierry Vandal soulignait l'importance de Gentilly 2 dans la stabilisation du réseau. Sachant que cette centrale fut souvent arrêtée depuis quelques années, comment ont-ils procédé à ces occasions ? Et comment feront-ils durant les deux ans de réfection ?

En cas de déclassement, Hydro dit devoir attendre 40 ans avant d'entrer dans le cœur du réacteur par mesure de sécurité pour les employés et la population. Dans le cas de la réfection, une grande partie du travail est le même que lors du déclassement. Comment peuvent-ils expliquer un délai si court (trois mois) avant d'y entrer ?

Les médias savent-ils que la Chaire en économique de l'énergie électrique de Jean-Thomas Bernard, économiste spécialisé en énergie à l'Université Laval qui a donné un avis favorable au projet de réfection de la centrale de Gentilly 2, fait partie de l'Institut Hydro-Québec en environnement, développement et société et est ainsi financée par Hydro ?

Par ailleurs, la firme Moody's a averti toutes les entreprises qui se lancent ou se relancent dans l'énergie nucléaire qu'elles pourraient voir leur cote de crédit dépréciée, augmentant les taux de leurs prêts (Hydro-Québec : 34 millions).

Le coût de l'entreposage sécuritaire des déchets radioactifs est maintenant évalué à 1 million $ la tonne. Nous en avons déjà 2 500 tonnes dont nous n'avons pas encore disposé correctement, pour un total de 2,5 milliards $. Ajoutons à cela les déchets de réfection et le combustible pour les 25 prochaines années et la facture des déchets avoisinera les 8 milliards $. N'oublions pas que Gentilly 2 a coûté quatre fois plus cher que les estimations initiales !

Finalement, deux conditions fondamentales n'ont pas été remplies. Un, sans audiences du BAPE, Hydro et le gouvernement procèdent de façon illégitime du point de vue social et environnemental. Deux, nous sommes obligés de nous fier aux représentants d'Hydro sur la nécessité énergétique de Gentilly 2. Comme ils se sont souvent trompés – certains diraient : nous ont trompés – dans le passé, permettez-nous de douter. Des audiences devant la Régie de l'énergie sont absolument nécessaires, mais avec tous les chiffres d'Hydro cette fois-ci, pas seulement une partie.

Expertise mondiale

C'est pour toutes ces raisons que ne sommes pas favorables à sa réfection, mais plutôt à son déclassement. Cela représente des opérations considérables de gestion et de mesures de la radioactivité, ce qui créera beaucoup d'emplois. Nous pourrons ainsi développer une expertise mondiale, car un nombre grandissant de centrales arrivent en fin de vie et cette expertise est à peu près inexistante. La centrale Gentilly 1, voisine de Gentilly 2, pourrait servir à développer cette expertise, car elle est arrêtée depuis assez longtemps (30 ans) pour que les travailleurs puissent y avoir accès de façon sécuritaire.

Il est temps pour nous tous de développer les énergies vraiment vertes telles que l'efficacité énergétique, l'éolien, la géothermie, le solaire et autres solutions d'avenir. Le véritable développement durable doit considérer les aspects sociaux, économiques et écologiques d'un projet. Le gouvernement Charest a d'ailleurs voté la Loi sur le développement durable en 2006, loi qui l'obligeait à présenter un plan dans l'année qui suivait, ce qu'il n'a pas fait. Une chose est cependant sûre : la réfection de Gentilly 2 ne répond positivement à aucun des trois critères.

Ce projet qui dépassera allègrement les 2 milliards annoncés par M. Thierry Vandal ne fera l'objet d'aucun débat public. Il n'y aura n'y audience du BAPE, ni audience devant la Régie de l'énergie, ni même de commission parlementaire ! Bref, on décide en catimini de la pérennisation d'une centrale nucléaire sans en débattre. Pourquoi ? Pour qui ? Regardez du côté des lobbies nucléaires et du côté des firmes de génie-conseil, généreuses donatrices du PLQ, et vous comprendrez…

Le projet Siemens : cachotterie d'Hydro-Québec et du gouvernement
Objectifs Projet de parc, d'usine et de partenariat de recherche et développement avec l'IREQ en éolien, 4 milliards de dollars, 3 000 mégawatts, jusqu'à 2 500 emplois permanents.
GES Négligeables
Émissions polluantes Négligeables

En 2006, une fuite fait découvrir aux Québécois via les médias que le gouvernement vient de refuser un gigantesque projet de développement éolien dans le Nord du Québec. En effet, la compagnie allemande Siemens, alléchée par le potentiel gigantesque du Québec, rencontre MM. Thierry Vandal et Jean Charest en personne et leur propose une offre que toute personne sensée ne saurait refuser. C'est pourtant ce qu'ils feront, mais ces messieurs se garderont bien d'en parler.

Il faudra donc une fuite pour que cela se sache et la SQ (Sûreté du Québec) sera mandatée pour faire enquête sur l'origine de la fuite. Comme si le problème résidait dans la fuite…

Cette offre, la voici : la compagnie Siemens veut venir s'installer au Québec afin d'y implanter un parc éolien jusqu'à 2 000 mégawatts dans le Nord-du-Québec grâce à l'installation de turbines dernier cri opérationnelles jusqu'à -60 degrés Celsius. Ces éoliennes peuvent donc fonctionner dans plus de 99 % des cas des conditions climatiques !

Mais ce n'est là que la première étape.

L'entreprise allemande veut faire du Québec son siège social en Amérique du Nord pour la fabrication de toutes les éoliennes qu'elle vendra. Ces éoliennes seraient construites dans une usine qui serait installée au Saguenay. De plus, la compagnie s'engage à ouvrir ses livres au gouvernement afin qu'il voit combien lui coûte l'opération et lui vende l'électricité produite au prix coûtant plus 15 %. Il est important de rappeler que contrairement au prix des hydrocarbures, de l'hydroélectricité ou du nucléaire, le prix de l'éolien diminue d'année en année, rendant cette technologie déjà parmi les moins chères sur le marché dès maintenant !

Siemens propose, dans une phase subséquente, d'installer 2 000 MW supplémentaires et d'investir 4 milliards de dollars supplémentaires.

Mais le plus beau est l'entente proposée de partenariat de recherche et développement avec l'IREQ afin qu'Hydro-Québec développe sa propre expertise, ses propres chercheurs et puisse s'épanouir et devienne une référence comme elle l'a été dans l'hydroélectricité dans les années 1970.

Évidemment, il n'y a pas que des côtés positifs à cette entente, mais je vous propose de vous pencher sur la condition qui peut être, pour certains, problématique. Il s'agit de la clause d'exclusivité, exigeant qu'Hydro-Québec s'engage à utiliser les turbines de Siemens développées conjointement avec Hydro-Québec. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais cela ne me semble pas une si grande condition, n'est-ce pas ? Rappelons-nous que les turbines hydrauliques viennent toutes de chez General Electric…

À la suite du refus d'Hydro-Québec et du gouvernement, Siemens s'est installée en Iowa.

Lorsqu'on compare le nombre d'emplois permanents qui auraient été créés par ce seul projet avec ceux de tous les autres projets plus polluants, néfastes pour la santé et émetteurs de gaz à effet de serre, il y a lieu de se poser de sérieuses questions sur la compétence ou la bonne foi des dirigeants d'Hydro-Québec et du gouvernement.

L'agence d'efficacité énergétique : sous-alimentée, les deux mains attachées

Après le débat public sur l'énergie, le gouvernement mettra sur pied l'agence d'efficacité énergétique afin de donner suite aux recommandations issues du débat qui indiquent clairement que nous gaspillons une quantité colossale d'énergie. Or l'arrivée de M. André Caillé à la tête d'Hydro-Québec sonnera presque le glas de cette agence lorsqu'on lui coupera les fonds à la fin des années 1990.

Pourtant, un rapport de l'agence Helios10 fera une étude détaillée de l'énergie à la fin des années 90 au Québec critiquant sévèrement cette lacune. Ils établiront à 27,6 TWh les gains qui peuvent être accomplis en efficacité énergétique ! Pendant ce temps, le gouvernement parle plutôt de trois…

Suite au débat entourant le Suroît, le gouvernement fournira un peu de moyens à cette agence. En 2005, lors de la commission parlementaire sur l'avenir de l'énergie, il lui redonnera la possibilité de pondre un ambitieux plan d'efficacité énergétique. Quatre ans plus tard, en janvier 2009, l'agence présente un plan qualifié de timide (et je suis poli) par les commissaires de la Régie de l'énergie et les divers intervenants des médias et du milieu écologiste.

C'est par hasard que je découvrirai que cette agence ne peut jouer dans les plates-bandes d'Hydro-Québec et de l'Agence métropolitaine de transport. Même les plans de rénovations et de construction de maisons afin de les rendre plus efficaces sont désuets ! Pour aider le tout, le gouvernement de M. Jean Charest annonce en pleine campagne électorale en décembre 2008 une subvention à la rénovation qui risque non pas d'améliorer l'efficacité énergétique des maisons, mais de l'empirer ! Incohérence, quand tu nous tiens…

Mais la cerise sur le sundae surviendra en mars 2010 lorsque les employés de cette agence apprendront, 15 minutes avant la lecture du discours sur le budget, que leur agence disparaitra et sera « intégrée » dans le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Cette « intégration » est un scandale qui est très largement passé sous silence dans une succession ininterrompue de révélations plus troublantes les unes que les autres. Mais soyons clairs, au moment où toute la planète, sauf l’Amérique du Nord, se lance à fond dans l’efficacité énergétique, c’est LA priorité numéro un avec l’économie d’énergie, qui passe à la trappe.

Le dossier des rivières

Bien des gens s'opposent au harnachement sans fin des grandes rivières du Québec. De Roy Dupuis à Mikaël Rioux, en passant Nicolas Boisclair et Anne-Marie St-Cerny, et par tous ceux et celles qui considèrent qu'il y a moyen de faire mieux pour moins cher et qui profiterait à toute la collectivité plutôt qu'à quelques-uns. S'il est vrai que « Maîtres chez nous » a été lancé grâce à ces harnachements, dans les années 1960 et 1970, les technologies vertes n'étaient pas où nous en sommes aujourd'hui.

Hydro-Québec a écrit noir sur blanc dans son document en réponse au BAPE sur la Romaine que leur spécialité étant l'hydroélectricité, c'était ce sur quoi ils allaient se concentrer. On pourra rétorquer plusieurs arguments à cela :pourquoi alors en 2003 voulaient-ils nous lancer à fond dans le gaz naturel ?

De nombreuses entreprises sont devenues obsolètes en pensant ainsi : nous pouvons par mentionner General Motors, Ford et Chrysler qui sont au bord du gouffre à cause de leur entêtement à vouloir continuer à fabriquer des voitures aux technologies dépassées et qui n'ont pas suivis les gains en efficacité énergétique et en environnement.

Où s'arrêtera le bétonnage du paysage ? Les écosystèmes sont très affectés par de telles infrastructures. Il semble qu'au ministère des Transports tout comme à celui des Ressources naturelles, on ait une fascination pour le béton ou un lien très proche avec les entreprises de béton qui nous gardent dans un monde de 1970.

Pour plus de détails sur le dossier des rivières, nous vous invitons à consulter le site internet de la Fondation Rivières :

www.fondation-rivieres.org

Privatisation de notre propriété du gaz et du pétrole au Québec

En 2007, le gouvernement du Québec démantèle Hydro-Québec gaz et pétrole, dissout la Société québécoise d’initiatives pétrolières (SOQUIP) et cède à peu près GRATUITEMENT (10 cents l’hectare, soit environ 1700 $ pour tous les droits pour le sous-sol des Îles de la Madeleine) tous les droits d’exploration d’H-Q au Québec à Pétrolia, Gastem et Junex lesquelles ont vite cédé des parts majoritaires de ces droits à des firmes étrangères comme Forest Oil (USA), Pilatus (Suisse) et Corridor ressources. Junex embauche alors M. André Caillé comme lobbyiste et il devient le président de la toute nouvellement formée Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) qui se retrouvera, comme par hasard, avec quantités d’informations compilées par la SOQUIP  sur le sous-sol du Québec.

Lors du budget de 2009, la seule initiative notable liée à l’énergie aura été de leur offrir des crédits d’impôt... et notre gouvernement s’apprête de plus à changer sa réglementation afin que ces compagnies étrangères puissent venir exploiter nos ressources à leur guise.

Toute cette reprivatisation se sera faite sans débats, sans en informer le peuple du Québec, en agissant avec nous comme les pires malfrats du XIXe siècle. Ce gouvernement, de la façon la plus lâche et coûteuse pour l’avenir du Québec qui soit, a décidé de donner nos ressources énergétiques à des intérêts privés et c’est là le meilleur moyen de mettre une nation à genoux. Il s’agit ici de l’avenir économique ET écologique des générations futures du Québec ; de milliards de dollars et de potentielles retombées très néfastes pour notre environnement qui doivent être discutés au niveau national, comme en 1962, et surtout pas au BAPE.

C’est pourquoi nous dénonçons depuis des années ce que nous considérons comme le vol du siècle, soit la cessation sans notre consentement de nos ressources.

En quelques mots

En 1944, Adélard Godbout a nationalisé la Montréal, Light, Heat and Power et nous devenions alors propriétaires d’une première partie de notre énergie en électricité ET EN GAZ.

Le peuple du Québec a décidé en 1962 de nationaliser son électricité.

Hydro-Québec, notre société d'État, détenait tous les droits sur le gaz et le pétrole.

Le gouvernement actuel les a cédés sans nous le dire.

Depuis que nous avons dénoncé ce scandale, des citoyens et des élus demandent que nous nationalisions le gaz et le pétrole, ce à quoi a répondu l’APGQ : « ça vous coûtera des milliards ! »

Mais pourquoi aurions-nous besoin de discuter nationalisation ?

Nous l’avons déjà faite suite au référendum de 1962.

ET CE QUE LE PEUPLE A FAIT, SEUL LE PEUPLE PEUT LE DÉFAIRE.

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