La réserve de la biosphère du lac St-Pierre

La mise en place des activités de la réserve de la biosphère du lac Saint-Pierre repose, tel qu’il en a été conclu lors du 1er Forum de la réserve de la biosphère (octobre 2003), sur une reconnaissance des gestes de prise en charge initiés par les collectivités du lac Saint-Pierre.

Cette reconnaissance doit également reposer sur une large concertation de tous les ministères, pouvoirs municipaux, organisations et collectivités présentes au lac Saint-Pierre. Tel que préconisé par l’Unesco, et tout particulièrement sur un territoire de réserve de la biosphère comme le lac Saint-Pierre, tous et toutes ont un rôle à jouer pour la conservation et le développement de ce patrimoine mondial.

Ces mêmes collectivités ont un rôle encore plus important à jouer dans l’éducation des jeunes, eux qui demain prendront en charge ce territoire reconnu mondialement. Tel que reconnu par l’Unesco, cela nécessitera un appel à la décentralisation des pouvoirs de l’État permettant ainsi aux collectivités de mettre en place des mécanismes de prise de décision, qu’eux-mêmes auront décidé, en concertation avec l’ensemble du milieu. Étant reconnu réserve de la biosphère, et souhaitant devenir un exemple de développement durable, le lac Saint-Pierre et ses collectivités, avec la mise en place des activités de la réserve de la biosphère, auront enfin la chance de prétendre à le devenir. Le lac Saint-Pierre aura enfin la chance de favoriser l’initiative des collectivités dans le développement et la conservation du lac Saint-Pierre qui, comme le reconnaît d’emblée l’Unesco, est la clé de l’application du développement durable. En effet, le message véhiculé au sein du réseau des réserves de la biosphère en est un de prise en charge par les collectivités qui résulte à tout coup par une responsabilisation de ces mêmes collectivités. Il est révolu le temps d’attendre après l’État. Il faut plutôt se responsabiliser et agir dans une approche de développement durable. La philosophie au sein des réserves de la biosphère préconise exactement cette prise de conscience et de responsabilisation.

À l’automne 2003, s’est tenu le premier forum de la réserve de la biosphère du Lac-Saint-Pierre. Ce forum a été précédé de cinq séances d’information tenues dans chaque secteur du lac Saint-Pierre. Plus de 300 personnes y ont participé et ont pu ainsi prendre connaissance du Plan directeur de développement écotouristique. Le forum de l’automne 2003 était d’autant plus pertinent, que plus de 150 participants de tout horizon sont venus constater que le lac Saint-Pierre, avec l’obtention de ce titre, ne cherchait qu’à être ou à devenir un exemple de développement durable. Afin d’y arriver, et telles que les conclusions du forum de l’automne 2003 l’ont fait ressortir, la Coopérative de solidarité de la réserve de la biosphère a élargi la représentativité au sein de son conseil d’administration. En effet, on peut maintenant y retrouver une variété de postes plus représentatifs du milieu : membres fondateurs provenant d’organismes socio-économiques, entreprises touristiques et élus de chacune des rives, représentants des commissions nouvellement formées (conservation, développement, éducation/recherche), et finalement représentants du monde universitaire et collégial composent cette nouvelle variété. Durant la dernière année, la Coopérative a également favorisé la mise en place de la Table des élus du lac Saint-Pierre. Cette table permet aux élus représentant six MRC et vingt municipalités, et permettra encore plus dans le futur, de s’exprimer sur des orientations du gouvernement qui touchent les collectivités du lac Saint-Pierre. Les élus se sont attaqués dès le départ, et de façon très réfléchie, à la problématique de la ressource poisson. En très grande majorité, ils y participent et de façon très intéressée. Preuve que le besoin de se concerter et de s’exprimer était déjà très présent, cinq réunions de cette Table se sont tenues dans à peine dix mois d’existence. Cette initiative de nos élus démontre, d’excellente façon, l’importance d’une prise en charge par les collectivités d’une problématique locale de développement et de conservation de la ressource poisson au lac Saint-Pierre.

Outil essentiel à notre réflexion, le Plan directeur de développement écotouristique de la réserve de la biosphère a nécessité presque trois années de travaux. Près de 200 000 $ y ont été investis afin de bien maîtriser les enjeux du développement et de la conservation du lac Saint-Pierre. Ce plan démontre sans équivoque le très fort potentiel de développement du lac Saint-Pierre. Il identifie fort bien la clientèle, les marchés, l’opportunité d’un développement à l’international et la nécessité d’appliquer des conditions de réussite qui doivent nécessairement passer par une large concertation des collectivités du lac Saint-Pierre. Bon nombre de petites collectivités riveraines ne peuvent compter que sur le lac Saint-Pierre, et son développement écotouristique, pour enfin espérer freiner la dévitalisation et l’exode des populations. Tout particulièrement, l’exode des jeunes apporte malheureusement à ces collectivités rurales une perte de main-d’œuvre que le développement écotouristique pourrait freiner, ou à tout le moins ralentir. L’application du Plan directeur, et tel qu’il y est rapporté, amènera la création de plusieurs centaines d’emplois et la consolidation de plusieurs centaines d’autres. Pour ce faire, il faut susciter des projets, informer les populations de l’immense potentiel de créations d’emplois, compter sur l’appui des décideurs et des divers paliers de gouvernements. Toutes ces étapes passent par la mise en place d’une permanence vouée au développement, à la conservation du lac Saint-Pierre et à l’éducation des générations futures. Tous ensemble, en appliquant les principes du développement durable, nous pourrons espérer devenir un exemple au Québec, au Canada et même à travers la planète toute entière. Nous y arriverons, pour ne mentionner que ces quelques caractéristiques : au sein d’un réseau reconnu mondialement, sous l’égide de l’Unesco, à l’intérieur d’un territoire composé de six MRC et vingt municipalités, couvrant quatre régions administratives québécoises.

Des opportunités d’affaires telles que l’accréditation des entreprises, la forfaitisation de ces mêmes entreprises ainsi que les relations toutes récentes avec la Chine nous laissent maintenant entrevoir un intéressant développement. Toute cette démarche d’affaires passe, de façon bien particulière, par une démarche de concertation qui apportera, par la suite, un développement harmonieux du lac Saint-Pierre. Ce même développement harmonieux apportera la création d’entreprises et d’emplois nécessaires au développement des collectivités du lac Saint-Pierre. Contrairement à un projet d’entreprise conventionnel, ce projet-ci en est un de développement durable appliqué à des collectivités et à un territoire qui n’attend que l’occasion de se développer. Le choix du modèle coopératif n’est aucunement un hasard ; il a été au contraire très réfléchi. En effet, ce modèle démocratique a été retenu afin de favoriser et de permettre la plus grande adhésion possible des collectivités du lac Saint-Pierre. De façon encore plus évidente, le modèle d’une coopérative de solidarité en regard avec l’application d’un développement durable, sur un territoire dédié à la prise en charge par ses collectivités de son développement et de sa conservation, demeure et demeurera une innovation en la matière.

Cependant, 75 % des rives de l’archipel du lac Saint-Pierre sont en érosion sévère et mettent sérieusement en péril le potentiel de développement et, par le fait même, la conservation de ce patrimoine mondial. Ce type de regroupement d’îles, et par surcroît 103 îles issues de dépôt sédimentaire, en est un unique sur la planète. Pourtant, c’est plusieurs milliers de mètres cubes de rives qui s’érodent annuellement et qui disparaissent à tout jamais. Certaines d’entre elles ont perdu jusqu’à un kilomètre de rive en façade, et cela sur plusieurs kilomètres de long. Malheureusement, nos paliers de gouvernement sont encore à chercher le coupable. Il est d’une évidence pourtant reconnue, que notre choix de gestion des niveaux d’eau en faveur de la navigation est un des grands responsables. Cette industrie, qui génère des milliards de dollars annuellement, pourrait simplement y consacrer un minime pourcentage de ces imposants revenus, et par le fait même, viser à remédier au problème à long terme. Autre frein au développement, la présence de 300 000 obus au fond du lac Saint-Pierre. Ces obus, vestige d’une activité passée de la Défense nationale, présentent un réel danger puisque 8 000 d’entre eux sont potentiellement explosifs. Encore une fois dans cet autre dossier, peu de progrès à l’horizon et pourtant, la technologie existe, les études sont réalisées, il n’y manque que la volonté politique de débarrasser le lac Saint-Pierre d’un gênant et dangereux héritage.

Décembre 2017

Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 2017.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones.

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

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