Prix Rosaire-Morin 2013 - décerné à Andrée Ferretti

2013SouperFERRETTILAPLANTES’il est une figure parmi les artisans de L’Action nationale qui a su incarner aussi bien la détermination farouche que l’attachement indéfectible à son peuple et son pays, c’est bien celle de Rosaire Morin. Il a tant fait pour le Québec, ce n’était que justice que la Ligue d’Action nationale honore sa mémoire en créant le prix qui porte son nom.

Mais la célébration de ce soir n’est pas seulement une occasion de témoigner notre fidélité à l’homme admirable et attachant qu’il a été. C’est aussi et surtout le moment de témoigner des idéaux qui l’ont inspiré et qui ont façonné son héritage et solidifier les bases de ce qui nous rassemble ici ce soir. Rosaire Morin brûlait d’un amour du Québec, un amour assez fort pour triompher de tous les obstacles, pour inspirer toutes les patiences.

C’est pour célébrer la force de cet amour du pays que nous remettons ce soir le prix Rosaire-Morin à madame Andrée Ferretti. Nous le remettons à la militante, certes, mais aussi à l’essayiste, à l’auteur, à la polémiste redoutable, à l’oratrice passionnée. Bref, nous le remettons à une femme entière, parce qu’elle est une femme entière. Tout d’une pièce, debout dans ses convictions, droite et tenace dans ses engagements.

Andrée Ferretti n’a pas seulement été une militante de la première heure, une figure rayonnante de l’indépendantisme renaissant du début des années 1960. Elle incarne la pulsion vive, l’élan militant nourri de la seule force capable de venir à bout de tous les obstacles, celle que procure la fidélité à son peuple, à ce qu’il y a de meilleur en lui. Depuis plus de cinquante ans, Andrée Ferretti aura pratiqué un indépendantisme intransigeant, le seul qui sache garder l’espoir rivé sur les balises qui laissent deviner les voies de la liberté dans les chemins semés d’embûches.

L’usage veut qu’en une occasion comme celle-ci l’on relate les accomplissements, qu’on énumère les collaborations, les contributions aux grands moments du combat national. On me permettra de faire ici un accroc au protocole pour souligner d’un seul trait et avec une même reconnaissance non pas les actions d’Andrée Ferretti mais bien plutôt l’ensemble de son œuvre. Un œuvre, c’est-à-dire un mouvement de l’être tout entier qui se jette dans le monde pour y faire trace.

Il n’y a pas de césure entre le travail militant d’Andrée Ferretti et sa démarche de connaissance, tout comme il n’y a pas de hiatus entre son engagement politique et sa liberté créatrice. Ses romans s’enracinent dans ce qu’il y a de plus inspirant dans la culture québécoise qui s’affirme, comme ses essais tranchent dans la pensée flasque des démissionnaires. Ses emportements, faut-il le mentionner, sont légendaires. Mais il faut aussi se rappeler jusqu’à quel point ils ont été et continuent d’être nécessaires. La tiédeur tue. La mollesse est notre pire ennemi.

Il faut saluer son caractère énergique. Andrée Ferretti sait ce que c’est que le dépassement. Ses proches savent que cela donne une couleur particulière à son immense générosité. Car dans le tourbillon de son incessante activité se dessine la figure de la fidélité à tout ce qui, au-delà des ruptures parfois nécessaires, vient réaffirmer l’essentiel.

Rosaire Morin avait une qualité exceptionnelle, il savait deviner la force des êtres. Serait-il avec nous ce soir qu’il aurait fait lui-même la recommandation de remettre à Andrée Ferretti ce prix de la reconnaissance. Parce qu’il savait que rien n’est plus puissant que le regard porté sur les pas qui ont fait le chemin pour mieux juger de l’horizon. Gaston Miron, avec qui elle a beaucoup travaillé et aux côtés de qui elle a mené bien des combats, a trouvé les mots qui donnent à son parcours tout le sens que nous accordons à la remise de ce prix. Nous savons qu’elle « arrive à ce qui commence ».

Grâce à elle, grâce à ce qu’elle incarne et en raison de ce qu’elle inspire, nous savons aussi que « ça ne pourra pas toujours ne pas arriver ».

Andrée Ferretti, c’est un honneur de vous remettre le prix Rosaire-Morin.

Nous ferons l’indépendance. Nous la ferons avec vous. Nous la ferons pour vous. Pour nous, pour la suite du monde.

 

 

Le prix Rosaire-Morin

 

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