Lutter pour un paysage et s'opposer à l'économisme

Dans un film du cinéaste Jean-Luc Godard intitulé Deux ou trois choses que je sais d’elle, tourné en 1966, le personnage principal, Juliette, se promène dans Paris et parle d’un sentiment dont elle cherche à se souvenir. Elle dit : « C’est un sentiment que j’ai recherché toute la journée. Il y avait l’odeur des arbres. Que j’étais le monde... Que le monde était moi. Le paysage, c’est comme un visage ».

Le film raconte l’histoire d’une ménagère qui devient prostituée pour arrondir ses fins de mois. C’est toute l’histoire d’une société basée sur l’argent comme unique fin en soi que racontait l’auteur. C’était à l’époque l’histoire de la défiguration de Paris et de sa banlieue par les enseignes et les HLM, les autoroutes et  la consommation, c’était l’histoire d’un choc. Sûrement celle de la fin d’un monde et du début d’un autre.

Dans l’oeuvre de cet autre artiste qu’est Luc Archambault, et particulièrement dans la grande murale réalisée lors du spectacle de soutien aux opposants au projet de port méthanier Rabaska en mai 2005 à Lévis, il se trouve beaucoup de visages et de paysages. Des visages sous forme de silhouettes vagues, perdues, errantes mais qui se tiennent là comme des présences, des anges humains, en fusion avec le paysage stylisé à grands coups de brosse vigoureux et optimistes. Le grand fleuve coulait sur l’immense toile, pas un fleuve d’argent, mais un fleuve d’amour et de vie. Le vent soufflait dans cette toile, tout comme il soufflait dans la salle bondée, et célébrait l’espoir. Des tables, des chaises semblaient y attendre on ne sait qui ; peut-être ne faisaient-elles que dire qu’on est invité, que les hommes doivent entrer dans le tableau et prendre place. Les hommes doivent habiter le lieu, en équilibre avec lui. Un habitat n’est pas un carré sur un plan d’investissements, un territoire privé pour usage privé.

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Le français scientifique ou Si ce n'est pas rédigé en anglais…

L'auteur est directeur de l'Institut de la Francophonie pour l'informatique, Hanoï, Vietnam. Cet article s'est mérité une mention du prix André-Laurendeau.

Une politique officielle en faveur d’une langue étrangère ne peut s’imposer que si des mesures sont prises pour la faire accepter. Aussi, la gestion des perceptions prend autant d’importance que les mesures concrètes prises pour en développer l’usage. Cet article a pour but de démontrer le bien-fondé de cette assertion à partir de faits facilement observables, plus particulièrement dans le domaine des sciences et des techniques où l’anglais a été clairement imposé par les Anglo-Saxons en collaboration avec les autorités des pays non anglophones de l’Union européenne et d’ailleurs. Or, contrairement à ce que l’on pourrait croire, si le monde scientifique des pays non anglophones a accepté l’anglais aussi facilement dans la communication scientifique – au point où cet usage déborde largement sur les scènes purement nationales – c’est qu’il est très sensible à la propagande et que la manipulation des esprits prétendument scientifiques s’est révélée être très facile en dépit du fait qu’il est aisé de démontrer que cet usage est contraire à l’intérêt des peuples et des chercheurs qui ne sont pas des anglophones natifs.

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La négation de la nation

Eugénie Brouillet
La négation de la nation, L’identité culturelle québécoise et le fédéralisme canadien, Cahiers des Amériques, Septentrion, Sillery, Québec, 2005, 478 p.

Eugénie Brouillet a remporté le prix Richard-Arès de la Ligue d'action nationale pour cet ouvrage.
Allocution de Michel Seymour.

Alors que les professeurs de droit public nous ont habitués à des livres destinés à servir presque uniquement à des fins pédagogiques, ce livre passionnant d’Eugénie Brouillet, elle-même professeure de droit constitutionnel à l’Université Laval, surprend par sa facture permettant d’intéresser un large spectre d’intellectuels.

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Décembre 2017

Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 2017.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones.

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

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