Le miroir aux alouettes

L’analyse des campagnes électorales montre que les discours électoraux remplissent différentes fonctions et qu’ils varient au cours d’une campagne électorale parce qu’ils s’adressent à différents segments de l’électorat. En début de campagne, ils activent les ressorts de la mobilisation des militants pour qu’ils donnent temps et argent au parti alors qu’en fin de campagne ils auront tendance à activer la fonction de rassemblement pour attirer les indécis. Le contenu des discours varie en conséquence. Le discours de mobilisation fait appel à l’idéologie du parti alors qu’en fin de campagne le discours se veut plus rassembleur en s’éloignant de l’idéologie partisane et en se positionnant en fonction d’enjeux plus consensuels.

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Justin Trudeau ou la quintessence de l’image

Certes, tous les politiciens soignent leur image, mais Justin Trudeau a atteint un sommet inégalé. Le PLC a déjà tenté sa chance avec deux intellectuels – Ignatieff et Dion – avec les déboires que l’on connaît. Il essaiera maintenant de gagner les prochaines élections fédérales avec un être vide de substance ; il s’agit d’une brillante idée, car l’avantage avec le vide, c’est qu’il peut être rempli comme on le désire. Il fallait entendre le directeur national du PLC, le milliardaire Stephen Bronfman, répondre à des journalistes qui lui demandaient s’il était laborieux de faire du financement pour Parti libéral : « C’est pas si difficile parce qu’on a quelque chose que le monde veut acheter, Justin. Justin est très “vendable” ». Et les conseillers du PLC pourront maintenant modeler à l’envi le produit Trudeau pour qu’il réponde aux besoins des électeurs : la création récente d’une base de données intitulée Liberalist permet au parti de connaître les caractéristiques des électeurs : leur adresse, leur origine ethnique, leur adresse et bien sûr leurs opinions politiques…

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Le débat sur la laïcité au Québec : une question juridique ?

Le dépôt récent de quelques avis juridiques sur le projet de loi 60, la charte de la laïcité ou charte des valeurs, a fait couler beaucoup d’encre de la part d’éditorialistes et de chroniqueurs ces dernières semaines. Que ce soit le fameux avis du Barreau ou celui de la Commission des droits de la personne, la manière dont fut rapporté le contenu de ces documents pourrait bien donner l’impression aux lecteurs que le droit, cette maîtresse bienveillante qui distingue les civilisés des barbares, nous offre une unique réponse aux questions que les Québécois tentent (presque en vain) de se poser depuis ces derniers mois. Ce n’est pourtant pas le cas. Dans une société de droit, la laïcité que propose le Gouvernement du Québec n’est ni interdite, ni obligatoire. Le « droit », en tant que science, reste neutre sur le sujet. Il ne nous offre aucune échappatoire facile.

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Pour un tournant républicain vers la souveraineté

On doit en grande partie la remontée actuelle du Parti québécois dans les intentions de vote à sa réappropriation des questions identitaires dans son discours et ses politiques, dont le projet de Charte des valeurs québécoises représente la mesure la plus emblématique. Force est de reconnaître que cette démarche identitaire a récemment donné un nouvel élan à ce parti, que le scrutin général printanier devrait servir à confirmer[1]. Cette remontée est spectaculaire, alors qu’il y a à peine trois ans, ce parti était secoué par quatre défections et que son existence même semblait ne plus être assurée. Même ceux qui, chez les souverainistes, se sont montrés ou continuent de se montrer critiques à l’égard de ce projet de Charte ne peuvent nier les succès populaires qu’il remporte. Aussi, sont-ils nombreux à s’y être graduellement ralliés ces dernières semaines[2].

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Élections Montréal 2013 (2) - La nouvelle donne montréalaise

Deuxième de trois parties
La première partie de cette analyse, « Une démocratie dysfonctionnelle », a été publiée dans le numéro de février 2014.
Le positionnement des partis municipaux

Dans le contexte québécois, on peut décoder les choix des Montréalais selon les deux lignes de clivage traditionnelles, soit le clivage dominant basé sur l’appartenance linguistique au groupe francophone et les attitudes face au nationalisme, soit le clivage des classes sociales, entre la gauche et la droite. En matière de clivage entre partisans d’un Québec des communautés (les « multiculturalistes ») et partisans d’un creuset intégrateur, la question de la Charte de la laïcité a ici servi de marqueur pour tous les partis au cours de la campagne électorale. Tous les partis montréalais se sont positionnés face à la Charte, chacun la rejetant et promettant de la combattre vigoureusement une fois élu.

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Alain Finkielkraut. L’identité malheureuse

Alain Finkielkraut
L’identité malheureuse, Stock, 2013, 240 pages
Les individus cosmopolites que nous étions spontanément s’étaient déshabitués à dire nous.
– Alain Finkielkraut

On s’attendait à un livre coup-de-poing. C’est que depuis des années, on a fabriqué à Alain Finkielkraut un personnage de polémiste et de colérique. La seule manière d’endurer son propos dans l’espace public, c’était de le caricaturer en grognon de service. On nous mettait aussi en garde : Alain Finkielkraut prenait position contre « l’immigration ». On s’apprêtait donc à crier au scandale et à ouvrir un grand procès. D’ailleurs, certains s’y sont amusés, comme s’il fallait, chaque fois que Finkielkraut parle, sonner l’alarme et faire un immense tintouin, pour recouvrir d’un bruit de pagaille son propos. Comme si on ne devait le lire qu’avec un avertissement. Attention, cet homme est dangereux.

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Proposition pour le financement d’une politique de l’habitation: un CÉLI québécois

Malgré les besoins en logements abordables qui, depuis des années, accablent les ménages moins fortunés ou les familles nombreuses, malgré les problèmes d’étalement urbain vécu par la métropole québécoise, le Québec ne s’est encore jamais doté d’une véritable politique de l’habitation. Alors que le domaine de l’habitation peut jouer un rôle névralgique pour une reconfiguration soutenable du modèle québécois de développement, en améliorant son bilan social et environnemental, il nous apparaît important que, pour la première fois, le gouvernement du Québec aille au-delà d’objectifs ad hoc sporadiques formulés par la Société d’habitation du Québec en formulant les grands principes que nous devrions suivre pour la réalisation d’une véritable politique de l’habitation durable.

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Programme Accès‑Logis: objectif 120 000 logements sociaux

Un développement soutenable de l’économie québécoise implique de s’attaquer à la pauvreté et aux inégalités qui continuent à frapper une partie significative de la population. Dans le secteur de l’habitation, cela doit se traduire par un effort pour graduellement réduire les listes d’attente au logement social et pour répondre aux besoins de logement abordable des familles nombreuses, des aînés et des nouveaux arrivants. Pour nous il est clair que, par exemple, pour éviter une détérioration rapide de la santé des aînés en situation de besoins impérieux de logement, il faut rendre disponible un nombre adéquat de logements sociaux offrant un bon milieu de vie. C’est là un investissement durable.

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Programme de rénovation écoénergétique: objectif un million de logements rénovés

Un développement soutenable de l’économie québécoise implique de s’attaquer avec vigueur à l’efficacité énergétique pour le chauffage et la climatisation des logements. Selon les données de 2010, avec ses émissions de 9,0 millions de tonnes (Mt éq. CO2), le secteur de l’habitation (résidentiel, commercial et institutionnel) est responsable de 10,8 % des émissions de GES au Québec, se situant ainsi comme le troisième émetteur en importance (après le transport et l’industrie). L’efficacité énergétique du bâtiment représente donc un investissement durable. Dans cette optique, pour illustrer l’innovation financière que constitue notre proposition de CÉLI québécois dédié à la politique de l’habitation durable, nous présentons dans ce texte notre scénario de financement d’un objectif ambitieux de rénovations écoénergétiques du parc québécois de logement : un million de logements rénovés sur 20 ans.

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Charles Castonguay. Le français langue commune

Charles Castonguay
Le français langue commune, Éditions du Renouveau québécois, 2014, 154 pages

Il est rare qu’un essayiste réussisse à allier la vigueur du polémiste à la rigueur du scientifique. C’est pourtant ce que réussit avec brio Charles Castonguay dans son ouvrage Le français langue commune, recueil des chroniques qu’il a signées dans L’Aut’Journal entre 2011 et 2013. Le professeur retraité de mathématiques à l’université d’Ottawa s’est livré à une analyse approfondie de la situation linguistique au Québec et sa conclusion est limpide : le français dégringole, tandis que l’anglais fait preuve d’une grande vitalité.

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Décembre 2017

Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 2017.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones.

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

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