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Déconstruire les blocages, proposer nos projets et bâtir notre pays

Membres de la Commission nationale des États-généraux sur la souveraineté.

La phase I des États généraux sur la souveraineté, terminée en avril 2013, a permis de dresser une liste de 92 blocages par lesquels le cadre fédéral canadien nuit au développement et à l’épanouissement du peuple québécois.

Au cours de la deuxième phase des États généraux sur la souveraineté, nous avons cherché à déconstruire les blocages en proposant des projets démontrant les impacts économiques positifs de la souveraineté sur le développement régional, le transport et le développement durable, la culture, l’emploi et la sécurité du revenu des citoyens et des citoyennes. Cet exercice nous autorise à imaginer les possibilités qu’un Québec (pays) nous offre. En effet, seul le contrôle de toutes les ressources d’un État indépendant rend possible la réalisation de projets collectifs à l’avantage de l’économie du Québec et de ses citoyennes et citoyens.

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Remettre l’indépendance du Québec sur la carte politique mondiale

Pour la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, le Québec n’est plus sur l’écran radar. C’est grave, mais plus grave encore, la plupart des politiciens d’autres pays ont déjà oublié que le Québec a déjà été sur l’écran radar. Le « Vive le Québec libre » de Charles de Gaulle et les secousses référendaires de 1980 et de 1995 sont bien loin. Le Québec et les Québécois seraient rentrés dans le rang canadien. Que le Parti libéral du Québec s’en réjouisse n’étonnera personne. Mais que les souverainistes n’y voient pas de problème, voilà quelque chose qui déconcerte.

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François Ricard. Moeurs de province

François Ricard
Moeurs de province, Boréal, 2014, 232 pages

La belle et émouvante conclusion de L’insoutenable légèreté de l’être et, a fortiori, l’œuvre influente de Milan Kundera, ont sans doute jeté le discrédit sur la littérature engagée aux yeux de plusieurs auteurs et lecteurs contemporains. Après avoir vécu une relation houleuse (à cause des multiples infidélités de Tomas), Tomas et Tereza sont maintenant âgés et, en compagnie de leur vieux chien Karénine, ils semblent avoir découvert un bonheur véritable. Beaucoup plus vrai en tout cas qu’une implication en politique. Il est certainement difficile de dire qu’à cette époque, en Tchécoslovaquie communiste, la politique noyée sous le kitsch imposé des slogans, des rassemblements de masse et des consensus factices, pouvait être un lieu où une quelconque vérité pouvait voir le jour. Surtout après le « coup de Prague de 1968 » qui mit un terme brusque à la relative libéralisation du régime entamée lors du Printemps de Prague. Le vrai ne pouvait se trouver que dans la sphère intime : l’amour, l’amitié et la relation qu’on a avec sa propre conscience.

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François Legault. Cap sur un Québec gagnant. Le projet Saint-Laurent

François Legault
Cap sur un Québec gagnant. Le projet Saint-Laurent, Boréal, 2013, 295 pages

Alors qu’il est très répandu en France, le genre littéraire que constitue l’essai signé par un homme politique est plus rare au Québec. Ne serait-ce que pour cette raison, il vaut sans doute la peine de s’attarder à Cap sur un Québec gagnant. Le projet Saint-Laurent, le livre de François Legault paru en 2013.

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Éditorial - Une exigence logique, un impératif catégorique

2014octobre250

Entre les manifestations de solidarité et les attitudes compensatoires d’une bataille livrée par procuration, la frontière était mince. Plusieurs l’auront franchie allègrement, ce qui aura donné beaucoup de babillage médiatique tout en provoquant néanmoins, des redites et rappels pathologiques dont les significations politiques n’ont pas toutes été tirées, tant s’en faut. Nous serons vite passés des Highlands aux bas-fonds de la politique canadian. Ainsi aurons-nous eu droit au retour du spectral Stéphane Dion, tout heureux de bomber le torse devant les caméras pour vanter sa camelote de Clarity Bill et pour poser au grand théoricien de la démocratie. Il était pathétique à voir, tout autant que ceux-là qui ont accepté de lui donner la réplique, s’enlisant encore et toujours dans une pensée étrangère et hostile à notre peuple et à son existence.

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destiNation: Converger doit devenir notre obsession

Ex-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), poste qu’elle a occupé de 2002 à 2011. Allocution prononcée à l’occasion du rassemblement citoyen destiNation (20-21 septembre 2014)

Souverainiste convaincue, militante engagée dans diverses causes depuis des décennies, je souhaite partager avec vous le diagnostic que je pose sur l’impasse dans laquelle nous nous retrouvons collectivement.

J’ai mal au Québec qui se profile sous mes yeux. Un Québec qui ploie sous un fort vent de démolition. Un Québec qui n’aurait pas d’autres ambitions que de se fondre dans la moyenne canadienne. Un Québec qui n’aspirerait qu’à devenir le plus moyen des Canadiens. Tout cela m’est insupportable !

On est en train de laminer nos plus chères réalisations collectives, nos aspirations les plus profondes et nos valeurs communes. Le gouvernement Couillard s’attaque à tout ce qui dépasse : assurance parentale, services de garde, culture, vitalité de nos régions, protection du grand fleuve et de son habitat marin et humain, présence internationale, etc. Bref, nous reculons tant sur le front social que ce sur quoi repose aussi notre identité.

Comment diable en sommes-nous arrivés là ? Que faire surtout pour nous reprendre en main, pour se réapproprier ce que nous sommes, pour être réellement maîtres de nos choix ?

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Référendum: Leçon écossaise ?

Qu’est-ce que le Québec et le Canada peuvent apprendre du référendum écossais ? Tout d’abord, que ce que peut nous apprendre notre propre histoire s’efface petit à petit devant l’actualité, le babillage et les rapports de pouvoir politiques. Ensuite, que la science politique est ravalée à des questions d’opinion, diminuant son caractère scientifique. Enfin, que les commentaires empressés sur le référendum écossais ne font qu’épaissir le brouillard.

Le premier point du référendum de 1995 à rappeler est que l’option du OUI a failli l’emporter en raison de la mobilisation de centaines de milliers de militants au cours de la campagne référendaire. Après répartition des répondants discrets des sondages (1/4 au OUI, 3/4 au NON), la progression du OUI avant l’arrivée de Lucien Bouchard est identique à celle ayant suivi son arrivée. Ce qui a été mis en marche avant M. Bouchard s’est poursuivi après. Une semaine de délibération (de campagne) de plus aurait peut-être donné le OUI gagnant. M. Bouchard n’a pas aimé, pas plus que Jean Chrétien et ses acolytes, qui ont dépeint les Québécois comme êtres irrationnels hypnotisés par le magnétisme de leur messie. La tricherie a d’autre part influencé le verdict final. Une participation de 93,5 % quand le vote n’est pas obligatoire n’est pas normale pour tout spécialiste des élections. Il fallait investiguer.

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Un survol historique et idéologique de l’enseignement de l’Histoire au Québec

Ces dernières années, j’ai eu le bonheur de diriger une équipe formidable qui s’est penchée de façon approfondie sur l’enseignement de notre histoire nationale depuis ses origines, dans les années 1830[1]. L’ouvrage qui en est sorti s’est principalement intéressé aux manuels scolaires, aux programmes et aux discours.

L’objet principal de cet article est plutôt de mettre en lumière l’oscillation entre les deux grands types de lectures de l’histoire (ou idéologies historiennes) qui ont structuré cet enseignement au fil des générations. Il s’agit des lectures bonne-ententiste et nationaliste, bien sûr. Dès les débuts de l’histoire nationale comme discipline scolaire, vers 1830, s’impose une histoire bonne-ententiste ; celle-ci fait bonne place à la magnanimité du conquérant anglais depuis 1760, tandis que sont tues ou marginalisées les frictions ayant existé entre les groupes nationaux vivant au Québec. Ce courant n’a jamais cessé d’être présent dans l’enseignement de notre histoire. Mais à côté de lui, une histoire nationaliste a aussi été enseignée et diffusée à partir du milieu du XIXe siècle : celle-ci met davantage l’accent sur les enjeux liés à la domination politique, économique, sociale et culturelle anglaise puis canadienne-anglaise et sur la recherche d’affirmation politique des Francophones depuis la Conquête.

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Faut-il étouffer les passions politiques ?

C’est une erreur fatale : croire qu’une fois qu’on a lu un livre, on ne le relira plus, qu’on en a extrait ce qu’on pouvait en extraire, et qu’on doit simplement passer au prochain. Car souvent, ce n’est qu’à la relecture, en feuilletant un peu au hasard ce qu’on avait déjà lu le crayon à la main, qu’un passage génial peut nous frapper soudainement. De passage à la maison familiale, il y a quelques semaines, où j’entrepose, grâce au génie bibliothécaire de mon père (historien de profession, professeur de vocation, archiviste amateur par passion), une partie importante de ma bibliothèque, et surtout, mes collections de revues, je me suis mis à fouiller dans une récente livraison de Commentaire, l’excellente revue fondée par Raymond Aron. Elle demeure, encore aujourd’hui, avec Le Débat, une des rares revues indispensables pour comprendre la France et à travers elle, le monde contemporain.

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L’héritage spirituel du Québec

Trop de distance et trop de proximité empêchent la vue.
– Blaise Pascal (Pensées)

Comment appliquer la position du philosophe du xviie siècle à une maîtrise féconde du temps, cette durée indéfinie dans laquelle se déroulent les événements historiques ? Par une saine articulation des trois constituants du temps. Il s’agit donc d’interpréter le passé afin d’éclairer le présent et d’orienter l’avenir. Voici une nouvelle observation de notre destinée spirituelle [1].

La fondation

En 1608, l’explorateur Samuel de Champlain fonde la ville de Québec. Un joyau en vigie là où le fleuve Saint-Laurent se rétrécit ou s’élargit, selon la direction. Un point stratégique sur la voie d’accès au cœur du continent, découverte par Jacques Cartier au siècle précédent. Québec, la future capitale, inaugure la présence française continue et permanente en Amérique.

Une polarité sédentarisme-nomadisme anime le fondateur. Elle caractérise dès l’origine le phénomène humain collectif qui s’appellera le peuple québécois. Ainsi, une France nouvelle se dresse dans la vallée du majestueux fleuve Saint-Laurent ; à partir de cet enracinement, elle s’étend à travers l’Amérique en entrant en contact avec les nations aborigènes du continent.

La rencontre entre un rameau issu de l’Ancien Régime européen, celui du Trône et de l’Autel, et des peuples communiant étroitement avec la Nature devait inéluctablement transformer les deux parties. Les Amérindiens sont séduits par le théâtre divin dans sa version catholique, celui des rites spectaculaires des robes noires de Dieu, dont la croyance fut apportée de l’autre rive de la mer océane à bord de canots géants. Chez les Français, issus du petit cap européen, l’appel de l’aventure dans les grands espaces – création du Grand Manitou selon leurs amis amérindiens – est irrésistible.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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