Recherche par auteur

Illusion et fuite chez les souverainistes

En cette période, celle qui suit la défaite du 7 avril 2014, un débat interne anime les milieux militants du souverainisme. Son sujet a trait à la valorisation de l’indépendance et il oppose principalement deux camps. Il s’agit du clan « étapiste », associé aux principaux partis souverainistes de 1995 à aujourd’hui, qui propose surtout de bien gouverner la province de Québec en attendant un contexte favorable à son indépendance. L’autre clan, « puriste », suggère de parler de souveraineté maintenant dans le but de créer le contexte favorable désiré. L’on pourrait longuement débattre du bien-fondé et des travers de ces deux stratégies. Or, notre but est d’exposer une faiblesse qui habite ces deux clans.

Lire la suite

Le nom qu’on nous a chipé et le pays pour lequel on n’a jamais voté

Il serait bon pour un prince d’être réputé libéral ; cependant la libéralité peut être exercée de telle manière qu’elle ne fasse que lui nuire sans aucun profit.

– Machiavel

Quant à moi, je ne sais pas où va l’histoire (le sens-orientation-direction), mais je commence à découvrir ce que l’on peut en faire si, à travers elle, nous nous appliquons à la recherche du sens (le sens-signification-expression)
C’est-à-dire la lumière de ce que l’histoire peut exprimer.

– Alphonse Dupront

Quel est le rôle exact de la Grande Coalition ? Qui est Antoine-Aimé Dorion ? Qui et que sont les Rouges ? À quoi s’opposent-ils au juste ? Quelle est donc l’importance de cette Conférence de Québec ? Plongeons !

L’inconstance ministérielle chronique de 1854 à 1864, l’expression des volontés de changement de constitution, la nouvelle donne de la « folie des chemins de fer », la perspective nette d’abolir la French and Papist Domination (chère à George Brown), le passage d’une économie « manufacturière » à une économie « industrielle », l’affront puéril du libéral J. Sanfiedd Macdonald (alors premier ministre avec A.-A. Dorion) en 1864 pour éviter la discussion de la motion de Brown de former un comité d’études des problèmes constitutionnels, tout cela provoque l’adhésion de Brown au grand projet fédéral des conservateurs. Voilà le début de la fin d’une possibilité strictement canadienne. C’est la mort programmée du Parti rouge et du Canada-Uni et la mise en place des conditions, à long terme, de la réalisation du rapport Durham de 1840.

Lire la suite

L’autre épopée d’un petit Canada modèle et insulaire

En tant que nation, nous devons célébrer les étapes dans l’histoire de notre pays, comme le 150e anniversaire de la Conférence de Charlottetown. Ces réunions historiques ont été les piliers qui ont contribué à façonner le Canada que nous connaissons aujourd’hui. Sharon et moi sommes impatients de visiter le lieu de naissance de la Confédération, l’Île-du-Prince-Édouard, et d’assister aux événements officiels et aux activités qui reflètent ce que nous sommes en tant que Canadiens et définissent ce à quoi nous aspirons.

- David Johnston, gouverneur général du Canada, 13 juin 2014

L’Acadie, c’est au fond un projet, un projet de faire histoire, voire même de faire société. Elle n’est pas d’abord un fait social, mais bien une entité nationale ; elle n’est donc pas éphémère, mais ancrée dans le temps ; et elle n’est pas que plainte, que cause, elle est une épopée.

– Patrick D. Clarke, historien, 17 août 2009

Memramcook

En retrait de la route Transcanadienne dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, on trouve un village considéré comme le berceau de la renaissance acadienne. Par une route secondaire, on accède à Memramcook. C’est là qu’a eu lieu la première Convention nationale acadienne en 1881, quand 5000 Acadiens s’étaient réunis au collège Saint-Joseph[1] pour discuter d’avenir national.

Lire la suite

Un correcteur systémique de la corruption

Conformément au mandat que le gouvernement du Québec a confié à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, à savoir d’examiner l’existence de stratagèmes qui impliqueraient de possibles activités de corruption dans cette industrie et de faire des recommandations en vue d’enrayer et de prévenir cette corruption, le présent article entend examiner une cause systémique de la corruption dans cette industrie et proposer un moyen de l’enrayer.

Lire la suite

Le souverainisme de province (extrait)

souverainismedeprovince250Extrait de l'ouvrage de Simon-Pierre Savard-Tremblay Le souverainisme de province
Éditions du Boréal, en librairie le 4 novembre 2014

Chapitre IV : Le grand virage (1973-1976)

Il vaut mieux tard que mal, et cela en tout genre.
– Voltaire

Si, à l’élection de 1970, le Parti québécois avait pour but de survivre, de tenir le coup, son objectif en 1973 était de se poser en candidat crédible à l’exercice du pouvoir.

La dernière élection pour l’indépendance

La campagne électorale de 1973 fut la dernière que le PQ a consacrée à la mise de l’avant d’un programme d’action souverainiste et où il a formulé des engagements clairs pour l’indépendance. Le parti publie son programme dans un document qui porte le titre Un gouvernement du Parti Québécois s’engage[1]. La plupart des promesses des programmes précédents y sont reprises. Notons néanmoins quelques différences dignes de mention.

D’abord, si la sphère économique tient toujours une place prépondérante, la souveraineté est présentée avant tout dans un cadre politique. Les premières parties du document traitent des institutions d’un Québec indépendant, réitérant l’engagement de créer une République, de mettre en place un mode de scrutin plus représentatif et un modèle administratif répondant aux besoins des régions.

Lire la suite

Frédéric Bérard. La fin de l’État de droit ?

Frédéric Bérard
La fin de l’État de droit ?, Montréal, Éditions XYZ, 2014, 162 pages

Il y a de ces essais qui ne parviennent pas à convaincre, malgré qu’ils soient fondés quelque part sur une bonne idée. C’est le cas lorsqu’il y a confusion entre vulgarisation et manque de substance, ou lorsque le sujet est trop ambitieux pour une contribution au final très modeste. Confronté à un tel ouvrage, le lecteur peut parfois néanmoins y trouver un intérêt, à condition qu’il se raccroche à la bonne idée qui en est le fondement. La fin de l’État de droit ? de Frédéric Bérard est de ces essais, mais sans être fondé sur une bonne idée.

Lire la suite

Jérôme Blanchet-Gravel. Le nouveau triangle amoureux…

Jérôme Blanchet-Gravel
Le nouveau triangle amoureux : gauche, islam et multiculturalisme, Boisbriand, Éditions Accent Grave, 2013, 151 pages

Le « politiquement correct » n’est certainement pas une étiquette que l’on pourrait aisément attribuer au jeune auteur Jérôme Blanchet-Gravet. Cet étudiant en science politique, âgé de seulement 23 ans, n’hésite pas à afficher ses intentions dans son premier ouvrage Le nouveau triangle amoureux : gauche, islam et multiculturalisme, sorti en janvier dernier. Dès le départ, le ton est perceptible. Il s’agit là d’un discours qui se veut non pas rassurant, mais percutant et dénonciateur. Il n’hésite pas à affirmer le caractère inquiétant de son message en clamant sans hésitation que « notre société est menacée » (p. 17).

Lire la suite

Éditorial - Dans la douleur du siècle naissant

2014novembre250

/au nord du monde nous pensions être à l’abri
 /loin des carnages de peuples
 /de ces malheurs de partout qui font la chronique
 /de ces choses d’ailleurs qui n’arrivent qu’aux autres
 /incrédules là même de notre perte
 /et tenant pour une grâce notre condition

 – Gaston Miron, « La route que nous suivons »

Ce n’était pas la première fois que la violence politique faisait irruption dans notre traintrain provincial. Loin de là. Avant l’horreur d’un chauffard utilisant sa ferraille pour faire assaut sur des militaires, il y avait eu l’attentat contre Pauline Marois, pour rester dans ce siècle, et de nombreux autres sur lesquels un travail idéologique malsain s’exerce toujours pour en désamorcer la charge symbolique. La province n’ayant droit qu’à un petit destin, elle n’a droit dans la mémoire qu’à des événements à la signification ratatinée. Les efforts qu’avaient déployés les bonimenteurs de tout acabit pour dépolitiser l’attentat contre la première ministre élue, ont rapidement rebondi comme un écho distordu dans les premiers commentaires entourant l’attentat de Saint-Jean.

Lire la suite

L’indépendance des médias : mythe ou réalité ?

Habituellement, ce sont les organisations de gauche qui contestent l’indépendance des médias qu’ils accusent de biaiser l’information en faveur de la classe dominante. Or, paradoxalement, le gouvernement du Québec s’interroge aujourd’hui sur les effets de la propriété des médias sur le fonctionnement de la démocratie en accréditant en quelque sorte la théorie marxiste sur le contrôle des moyens de diffusion.

Au Québec, cette critique du rôle des médias au service de l’ordre établi était dans le passé surtout l’apanage des souverainistes qui rendaient les médias responsables des faibles progrès de leur option dans l’opinion publique puisqu’aucun organe de presse n’était favorable à l’indépendance du Québec. Les politiciens fédéralistes pour leur part reprochaient eux aussi aux médias les progrès de l’idée d’indépendance dans l’opinion publique ce qui a amené le premier ministre canadien, Pierre Trudeau, à menacer de fermer Radio-Canada et à ne diffuser sur ses ondes que des émissions sur les vases chinois. De même, Jean Chrétien se plaignait régulièrement de sa faible visibilité à la télévision alors qu’il était le politicien canadien le plus couvert dans les nouvelles télévisées.

Lire la suite

Une stratégie canadienne de dévaluation fiscale

Les auteurs sont chercheurs à l'IRÉC. Cet article a reçu une mention d'honneur dans le cadre du prix André-Laurendeau

L’équipe économique du gouvernement Couillard affirme que le Québec ferait face à un déficit structurel expliqué par de trop importantes dépenses publiques et qu’il serait maintenant temps de procéder à des changements en profondeur. Autrement dit, il faut remettre en question les fondements de la solidarité sociale au Québec. Par ailleurs, le ministre des Finances, Carlos Leitao, prétend qu’il est urgent de rétablir le déficit zéro du budget du Québec afin de pouvoir réduire le fardeau fiscal des entreprises, pour les rendre plus compétitives et accélérer la reprise !

Nous ne partageons pas cette vision. Non seulement la fiscalité canadienne et québécoise ne pose aucun problème à la compétitivité des entreprises, comme nous l’avons amplement démontré dans notre mémoire à la Commission sur la fiscalité au Québec[1], mais la stratégie dans laquelle nous enferme ce gouvernement devrait nous mener tout droit à la catastrophe. La réalité, c’est que le gouvernement de Philippe Couillard se soumet totalement à une stratégie fédérale de dévaluation fiscale, qui fait en sorte que le Québec participe activement à une surenchère de stratégies non coopératives, où chacun des États cherche à améliorer sa performance économique aux dépens des autres. Deux logiques concourent à de telles stratégies agressives : une logique de dévaluation fiscale visant à réduire la pression fiscale sur les entreprises pour améliorer leur compétitivité-prix ; une logique d’attractivité fiscale, visant à attirer sur le territoire national les facteurs de production les plus rares[2].

Lire la suite

Sous-catégories

Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

Vous pouvez utilisez cet outil de recherche qui vous permettra — si vous cliquez sur « préciser la rechercher » — de ne chercher que dans L'Action nationale ou dans L'Action française.