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Une minorité factice

Résumé

Ce n’est que par hasard que le poids des francophones s’est maintenu depuis la Révolution tranquille. En réalité, une phase d’anglicisation sans précédent depuis le rapport Durham et l’Acte d’Union de 1840 s’est enclenchée dès les années soixante (section 1). En quelques décennies, le noyau d’origine ethnique britannique a fondu, mais l’État provincial a soutenu l’expansion du réseau institutionnel anglais tout en lui adjoignant plus de 800 000 « néo-anglophones » (section 2). Dans ses champs de compétences, l’État québécois a choisi d’ignorer le déclin de la « communauté anglo-québécoise » et de ne pas adapter ses institutions et ses services en conséquence (section 3). En 2011, les « néo-anglophones » représentaient 10 % de la population québécoise actuelle. Chaque nouveau jour, l’État provincial continue d’appuyer l’expansion de la communauté anglophone et des institutions de langue anglaise. En rupture avec le mouvement de démocratisation à l’origine de la Révolution tranquille, l’État provincial menace plus que jamais la pérennité du français au Québec.

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Jalons pour un avant‑projet de constitution de la république du Québec

Exemple de ce qui pourrait être promulgué le 24 juin 2020 après avoir été étudié, discuté, amélioré et ratifié en référendum (23 juin 2020). Déposé en octobre 2014 par M. Henri Laberge à la Ligue d’action nationale pour le Mouvement national des Québecoises et Québecois, le Conseil de la souveraineté, le Nouveau Mouvement pour le Québec et les partis indépendantistes

Préambule

Assumant son droit à l’autodétermination et se proclamant autorité politique suprême dans son pays, sous réserve des droits ancestraux des peuples autochtones du Québec, la nation québécoise a résolu de se donner librement une constitution qui reflète ses valeurs communes et ses aspirations démocratiques.

La nation québécoise, c’est l’ensemble des personnes qui, domiciliées au Québec, sont soumises aux lois du Québec et participent à la démocratie québécoise, quelles que soient leurs origines nationales ou leurs appartenances ethniques, linguistiques, confessionnelles et autres.

La constitution que se donne aujourd’hui le peuple québécois traduit la volonté collective de contribuer au bonheur de tous, de rendre possible l’épanouissement de toutes les personnes qui la composent. C’est pourquoi la constitution québécoise comprend des garanties quant aux droits et libertés fondamentaux, aux droits civils, politiques, économiques et sociaux ; elle crée l’obligation à l’État d’organiser et de financer adéquatement un système d’éducation complet auquel tous les citoyens auront accès, des services sociaux et de santé ainsi qu’un système judiciaire qui assure à tous les citoyens que justice soit rendue par des tribunaux indépendants et impartiaux.

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Le français et Air Canada

Paru sous le titre: Le français et Air Canada : des limites de la Loi sur les langues officielles

Le 28 octobre dernier, la Cour suprême rendait un jugement concernant les obligations linguistiques du transporteur aérien Air Canada. L’origine du litige : Michel et Lynda Thibodeau, deux Franco-Ontariens, s’étaient plaints de l’absence de services en français à bord de vols faisant la liaison entre Toronto et des villes des États-Unis. La Cour suprême devait décider si les violations des droits linguistiques des Thibodeau, décrites en première instance comme étant « un problème de nature systémique au sein d’Air Canada », justifiaient l’octroi de dommages-intérêts et le prononcé d’une ordonnance structurelle. Le plus haut tribunal du pays, à la majorité, jugea que non. Le jugement a de quoi surprendre.

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ÉCOSSE: Quand Non c’est Oui !

Heure du Québec, les résultats finaux du référendum écossais du 18 septembre dernier ont pu être connus vers minuit moins le quart. En Écosse, ce n’est ainsi que très tard dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 qu’a été officiellement annoncée la défaite étonnamment lourde du Oui. C’est donc un Alex Salmond visiblement épuisé qui a rendu un laconique discours post-référendaire tout près du Parlement d’Holyrood, au centre des sciences de la ville d’Édimbourg qui venait tout juste d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil indépendantiste avec un vote à 61 % unioniste. Un discours succinct donc, et pourtant très sagace. En quelques phrases, Salmond aura non seulement correctement identifié les enseignements à tirer du verdict populaire, mais également mis la table pour les négociations à venir au Royaume-Uni.

En soulignant tout de même que « personne n’avait entrevu la possibilité ni même la crédibilité » d’un éventuel appui de 45 % des électeurs à l’indépendance, il aura laissé entendre avec raison qu’à défaut du référendum, le camp du Oui aura remporté la campagne. En prévoyant que même les Écossais ayant voté Non « demanderont que soit respecté l’échéancier établi pour la dévolution de nouveaux pouvoirs », il aura rappelé que cette dernière fut l’option privilégiée dès le départ par une majorité d’Écossais, y compris par une proportion importante de nationalistes à laquelle la campagne référendaire aura fourni des munitions. Enfin, en estimant que la société civile écossaise, très active depuis le départ, « ne permettra jamais à la classe politique de revenir à ses vieilles habitudes », il aura lancé un clair avertissement à ses collègues écossais et britanniques : le statu quo à la canadienne n’est pas envisageable.

Quelques heures plus tard seulement, après en avoir averti le Secrétaire national du SNP Patrick Grady, Alex Salmond annonçait sa démission à titre de chef de parti et, par conséquent, à titre de premier ministre, soulignant toutefois qu’il continuerait de servir en tant que député d’Aberdeenshire East entre le congrès annuel du SNP à la mi-novembre, lorsque sa démission prendra effet, puis les élections écossaises de mai 2016. Nationaliste et progressiste influent depuis les années 1970, député depuis 1987 et chef du SNP durant vingt ans – entre 1990 et 2000, puis entre 2004 et 2014 – Salmond aura cédé sa place à la vice-première ministre actuelle Nicola Sturgeon, qui aura probablement été la figure du SNP la plus active, la plus populaire et la plus efficace, à qui d’ailleurs auront été réservées bien stratégiquement les deux plus grandes villes d’Écosse, Glasgow et Édimbourg, durant les derniers jours de campagne.

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Guillaume Leblanc. La philosophie comme contre-culture.

Guillaume Leblanc
La philosophie comme contre-culture. Paris, Presses universitaires de France, 2014, 194 pages

Les années 1960 et 1970 furent le théâtre d’une révolution culturelle panoccidentale à la fois criarde et furtive. Criarde dans sa manifestation soudaine, a priori furtive dans ses effets, mais dont la postérité fut non moins effective. Cette postérité - peut-être a-t-on tendance à l’oublier - inclut un volet de production philosophique pour le moins prolifique et diversifié, lequel influencera très largement le monde des sciences sociales de nos jours. De prime abord, il semble que ce soit l’intention initiale de Guillaume Leblanc, professeur de philosophie à l’Université Bordeaux-Montaigne et auteur du présent ouvrage, que de constituer un ouvrage synthèse de cet édifice philosophique construit en interaction avec ceux qui poussaient plus loin l’expérience contestataire dans son versant pratique. Force est de constater, cependant, que cette volonté de synthèse se mutera très tôt en un long dithyrambe en faveur de la contre-culture et ses suites, et ce, bien en marge des attentes du lecteur averti qui aurait souhaité davantage une synthèse critique équilibrée.

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Éditorial - Il faut faire monter la mise

2014dcembre250Le geste mérite d’être salué : le pied de nez aux puissants que vient de faire Gabriel Nadeau-Dubois en remettant son Prix du gouverneur général au regroupement « Coule pas chez nous » est susceptible de mettre le Québec en mouvement. La réponse au premier appel de soutien au financement est encourageante. Il faut faire monter la mise.

Il faut non seulement accroître les moyens de financer l’opposition, il faut élargir les motifs de protestation. Ce qui se joue dans ces projets, ce n’est pas seulement la protection de l’environnement et des bélugas. Ce qui se joue là, c’est l’autodétermination du Québec. C’est notre capacité d’orienter notre développement et de faire servir nos avantages stratégiques à la construction d’une économie durable, propre. L’alliance du grand capital et de l’État canadian vise à nous imposer un fédéralisme pétrolifère, c’est-à-dire une servitude imposée. Notre territoire, notre façon de l’habiter, nos choix énergétiques et environnementaux sont de travers dans le chemin du nation building du pétroÉtat et Ottawa ne négligera rien pour réduire à néant toute volonté de s’y opposer au nom de notre intérêt national.

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Un Québécois à Colombey

Fin mai début juin, j’ai passé une douzaine de jours à Paris. L’effondrement électoral des souverainistes le 7 avril m’avait abattu. Normalement, je vais bien, et si je n’aime franchement pas le monde dans lequel je vis, comme bien des hommes confessant un penchant antimoderne, je demeure sans trop savoir pourquoi, serein devant l’existence. Je suis d’un naturel joyeux. Du déjeuner au diner au souper, n’y a-t-il pas trois raisons par jour de se réjouir ? Pour peu qu’on mange, pour peu qu’on boive, la vie est belle, surtout si on a des amis pour en jouir avec soi. Mais cette fois, rien n’y faisait. Je me suis senti blessé au cœur. J’avais beau fanfaronner sur les plateaux télé, en disant qu’une bataille perdue n’est pas une guerre perdue, je savais au fond de moi que c’était bien plus grave. Je suis de ceux qui ressentent intimement, presque charnellement, l’appartenance au corps politique, qui se sentent les héritiers et surtout, les porteurs de la patrie, et si je crains de faiblir et de ne plus lui être utile, jamais il ne me vient à l’esprit que je pourrais me passer d’elle. Mais que se passerait-il si elle entrait dans une décadence irrémédiable ?

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Le Saint-Laurent, autoroute du pétrole… pour qui?

Déclaration du GIRAM (Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu) le 28 novembre 2014

Le pétrole de l’Ouest jaillit ou jaillira de toutes parts : trains, conduites réaménagées (Enbridge) ou nouvelles (Énergie Est), pétroliers géants de plus en plus nombreux sur le Saint-Laurent. Ce nouveau schéma pour désenclaver le pétrole, notamment le plus polluant de la planète provenant des sables bitumineux, aura des conséquences environnementales, terrestres et maritimes exponentielles en plus de porter atteinte à l’intégrité du territoire québécois et causer de multiples effets pervers sur la voie navigable du Saint-Laurent. Le GIRAM se réjouit de la mobilisation citoyenne qui croît de jour en jour contre le projet TransCanada ; il salue également les conditions récemment posées par le gouvernement du Québec. Il se propose toutefois de mobiliser l’opinion publique concernant la mise en place sur le Saint-Laurent d’un réseau de ports destinés au transport d’hydrocarbures américains ou canadiens et plus particulièrement le projet de TransCanada qui projette d’implanter un énorme terminal pétrolier destiné exclusivement à l’exportation.

En conséquence :

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Qui doit défrayer le coût de construction du nouveau pont Champlain?

Le gouvernement Harper affirme que le coût de reconstruction du pont Champlain doit être acquitté par les Québécois parce qu’il s’agirait selon lui d’un pont à vocation locale ! Pourtant, il est facile de montrer qu’il s’agit aussi d’un pont à vocation internationale et qu’en conséquence, le coût devrait en être supporté par l’ensemble de la population du Canada.

1. Le pont Champlain, une infrastructure internationale

Si le nouveau pont Champlain s’avère très coûteux, c’est parce qu’il devra être très haut de manière à laisser passer sous ses structures les immenses navires océaniques qui se rendent jusqu’aux Grands Lacs en empruntant la voie maritime du Saint-Laurent. C’est parce que ce pont devra impérativement passer au-dessus de cette grande voie de commerce international que son COÛT INITIAL ESTIMÉ en 2014 est de 5 milliards $[1].

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Françoise Graton (1930-2014). Allumer le feu du théâtre

Françoise Graton, que les habitués des soupers-conférences annuels de L’Action nationale connaissent comme une amie fidèle de la revue avec son compagnon Gilles Pelletier, est décédée le 7 novembre 2014, à 84 ans, deux semaines après notre dernière rencontre. Toujours aussi vive et allumée, elle avait tenu à poser une dernière question au conférencier Mario Beaulieu. Elle l’avait fait sans micro avec l’aplomb de l’actrice de talent qu’elle était toujours.

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Ci-contre, Françoise Graton posant sa question sous l’oeil complice de Gilles Pelletier lors du souper-conférence du 24 novembre 2014 au Lion d’Or (photo: Christian Gagnon).

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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