L’autre épopée d’un petit Canada modèle et insulaire

En tant que nation, nous devons célébrer les étapes dans l’histoire de notre pays, comme le 150e anniversaire de la Conférence de Charlottetown. Ces réunions historiques ont été les piliers qui ont contribué à façonner le Canada que nous connaissons aujourd’hui. Sharon et moi sommes impatients de visiter le lieu de naissance de la Confédération, l’Île-du-Prince-Édouard, et d’assister aux événements officiels et aux activités qui reflètent ce que nous sommes en tant que Canadiens et définissent ce à quoi nous aspirons.

- David Johnston, gouverneur général du Canada, 13 juin 2014

L’Acadie, c’est au fond un projet, un projet de faire histoire, voire même de faire société. Elle n’est pas d’abord un fait social, mais bien une entité nationale ; elle n’est donc pas éphémère, mais ancrée dans le temps ; et elle n’est pas que plainte, que cause, elle est une épopée.

– Patrick D. Clarke, historien, 17 août 2009

Memramcook

En retrait de la route Transcanadienne dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, on trouve un village considéré comme le berceau de la renaissance acadienne. Par une route secondaire, on accède à Memramcook. C’est là qu’a eu lieu la première Convention nationale acadienne en 1881, quand 5000 Acadiens s’étaient réunis au collège Saint-Joseph[1] pour discuter d’avenir national.

À l’époque, les magnats canadiens du rail avaient déjà commencé à transformer une petite agglomération à 20 km au nord en point névralgique du transport dans les Maritimes. Pour l’histoire, Moncton a supplanté Memramcook ; le carrefour économique a éclipsé celui du volontarisme acadien depuis la déportation. Jacques Ferron, dans un texte de 1966, fournissait l’éclairage suivant : « À Memramcook, place plus ancienne, mais demeurée village alors que Moncton est en train de devenir capitale, on s’explique la réussite de cette voisine par un calembour. “How ?” demande-t-on, et l’on répond : “Howe”. Une calembredaine, peut-être. L’explication a le mérite d’être courte[2]. » Voir Memramcook, chercher à connaitre ses avanies et ses réussites relatives, c’est accéder, par un chemin secondaire, à la condition acadienne.

De nos jours, la municipalité compte un peu moins de 5000 habitants et on trouve encore en son cœur l’ancien collège Saint-Joseph, dont Oxford a assuré la reconnaissance des diplômes à l’échelle de l’Empire en 1906. Je le mentionne, car la vue de l’édifice, au milieu d’un village qui pourrait sembler quelconque sinon, rappelle que l’Acadie a été, et est encore essentiellement, une société intervillageoise[3], et que certains lieux portent la marque d’une action politique et nationale qui transcende l’existence rurale de sa population. Le patrimoine architectural manifeste la nation acadienne : à défaut d’être avisé, on croirait qu’il surgit de nulle part. De tous les monuments, même si le collège reste le principal symbole de la renaissance acadienne, le plus éloquent, parce qu’il témoigne de manière plus aigüe qu’ailleurs de la fragilité de ce petit peuple, est peut-être l’église du village de Mont-Carmel, à l’Île-du-Prince-Édouard. Nous aimerions nous en expliquer.

Région Évangéline

Alors qu’on avait fait appel à James Dumaresq[4] pour la conception du Monument-Lefebvre, annexe du collège Saint-Joseph construite en 1897, on a retenu un autre architecte et un autre style pour Notre-Dame-du-Mont-Carmel[5], achevée l’année suivante. Choix identitaire. C’est René-Pamphile Lemay qui dessina l’église, suivant un style néo-gothique qu’il reproduira plus tard pour l’architecture religieuse de Chicoutimi. Choix identitaire, disons-nous, puisque Lemay avait aussi le mérite d’être le fils de Pamphile Le May, dont la traduction française (la première en Amérique du Nord) du poème de Longfellow avait connu un retentissement inespéré, jusque dans les salles de cours à Saint-Joseph[6]. Pour le temple de sa conception, il aura fallu produire, et extraire du sol rouge de l’ancienne Île Saint-Jean [aujourd’hui île du Prince Édouard), près d’un demi-million de briques. Le curé Arsenault, qui n’était pas à court de ressources, échangeait celles-ci contre les messes, comme on peut le lire dans une circulaire de l’époque :

Appel Généreux aux Serviteurs dévots de Notre Dame de Mont Carmel

Pour chaque cinq centins (5 cents) donnés pour l’érection de l’Église de Notre Dame de Mont Carmel, I.-P.-E. on aura l’honneur de posséder une brique dans cette maison de Dieu.

Les noms seront conservés dans un registre, et de plus, on aura part au sacrifice de deux messes célébrées chaque année dans cette Église[7].

Si le projet fut mené à terme, c’est sans aucun doute parce qu’il arrivait à un moment où l’Acadie de l’Île-du-Prince-Édouard connaissait une période d’optimisme. L’enthousiasme devait être d’autant plus grand qu’il succédait à des décennies de bouleversements et « d’anglification ». La loi scolaire de 1877 qui établissait la neutralité religieuse des établissements d’éducation avait constitué, en ce sens, un terrible choc : « […] la plupart des livres français sont enlevés des écoles acadiennes, car on les juge trop imprégnés de principes religieux. Des livres de lecture bilingues sont mis à leur place afin de faciliter l’apprentissage de l’anglais[8] ». Tout professeur devait dorénavant obtenir un brevet, qui imposait une fine connaissance de l’anglais. À la Convention nationale de Miscouche, en 1884, le problème de l’anglicisation est au cœur des préoccupations des délégués. On adopte des motions qui demandent au gouvernement de l’île d’établir des normes pour l’enseignement du français comparables à celles qui existent pour l’enseignement de l’anglais, d’ajuster le salaire des instituteurs français à celui des anglais et de faire les inspections des écoles acadiennes en français[9]. Le gouvernement acquiescera à cette dernière demande en 1892[10].

Au cours des années 1890, une pulsion de vie atteint les Acadiens de l’île : une série de livres de lecture unilingue français est introduite dans les écoles en 1891, un premier journal en langue française (L’Impartial) est publié le 22 juin 1893 à Tignish, l’Association des instituteurs acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard est fondée la même année… certains espoirs sont donc permis. Après la paille et le bois, la brique.

Dans une conférence de 1907, Pascal Poirier, premier sénateur acadien qui avait également été organisateur de la Convention de Miscouche, notait néanmoins un décalage important entre ces espoirs et la réalité : « Nulle part, en Acadie, déclarait-il, le sentiment français n’est plus vivace qu’à l’île Saint-Jean ; mais nulle part aussi, l’anglais n’y est malheureusement plus universellement parlé dans la famille […][11] ». L’optimisme allait revenir à de plus modestes proportions.

L’anglicisation progressive des villages de Miscouche, Souris, Racicot (Rustico) et Tignish donnera la mesure. Dans ce dernier cas, le ministère d’un prêtre écossais entre 1844 et 1860[12], premier curé résidant, avait déjà servi le processus[13]. De plus, l’arrivée des Irlandais dans l’île rendait certaines paroisses bilingues de fait, ce qui était évidemment à l’avantage des anglophones qui, identifiés aux vainqueurs, étaient enclins à se considérer plus en droit que les Acadiens[14]. La réalité imposait donc son cadre aux espoirs nationaux, si bien que, sur l’Île-du-Prince-Édouard, entre le recensement de 1921 et celui de 2011, la communauté acadienne francophone a diminué de moitié, et elle représente aujourd’hui un peu moins de 5000 habitants. On compte à peu près le même nombre d’« Acadiens anglophones ». Seule une petite région du sud-ouest qui n’avait jamais été habitée par les Acadiens avant la déportation demeure majoritairement francophone : la région Évangéline, où est située Notre-Dame-du-Mont-Carmel qui, comme l’ancien collège sur son tertre, défie le temps.

D’île en île

Par-delà ce témoin d’un espoir un peu oublié, on trouve une île bien actuelle (ce en quoi, d’ailleurs, le monument est d’autant plus éloquent). En réfléchissant sur celle-ci, nous ne cherchons pas à en établir le portrait statistique le plus fidèle, mais à en extraire, pour une raison qui sera donnée, les utopies (dont l’étendue n’a rien à voir avec le nombre ou l’espace) par lesquelles passe l’avenir politique des Acadiens qui y habitent aujourd’hui.

C’est Thomas More, ancien chancelier d’Henri VIII qui le fit exécuter, bienheureux[15], qui invente le mot « utopie » pour en faire le titre de son célèbre ouvrage paru en 1516. Comme l’explique Paul Ricœur, « […] le mot signifie “de nulle part”. C’est l’île qui ne se trouve nulle part, un endroit qui ne connait aucune localisation réelle[16] ». Il s’agit donc pour nous de se lancer à la recherche de cette île particulière.

Un petit Canada modèle

Il suffit d’énumérer quelques toponymes pour comprendre la profondeur du sentiment patriotique des nouveaux maîtres de l’Île-du-Prince-Édouard ( !) après la Conquête : Kensington, Georgetown, New London, Wellington, Montague, Stratford, Victoria, Charlottetown, Kings county, Prince county, Queens county… Albion Cross… Aujourd’hui, il n’y a pas de province où le drapeau canadien est plus libéralement affiché, par-delà les édifices gouvernementaux et l’infrastructure touristique, ce qui ne doit pas être étranger au fait que ses habitants considèrent l’île comme le « Berceau de la Confédération[17] ».

Une moitié de la population est catholique, l’autre protestante. Au centre (économique et géographique) de l’Île, les églises unitariennes et presbytériennes se succèdent au fil de petites communautés rurales prospères (nord et centre du comté de Queens) jusqu’à la région de la capitale (sud). Les catholiques se divisent principalement entre l’extrémité ouest (ouest du comté de Prince) et l’extrémité est (est du comté de Kings) et forment les communautés les moins nanties. Sur le plan politique, il y a une alternance du pouvoir entre libéraux et conservateurs. Depuis 2007, les premiers sont au pouvoir. Si on les analyse géographiquement, les appuis aux conservateurs, aux élections de 2011, sont forts à l’est et dans le district de Tignish au nord-ouest (ils ne possèdent aucun député dans la région de la capitale) et les libéraux dominent le centre et le sud-ouest (qui inclut la région Évangéline où ils obtiennent leur plus forte proportion d’appui).

Une moitié de la population est rurale, l’autre urbaine. L’agriculture se fait surtout dans le centre, alors que l’industrie forestière et la pêche occupent plus généralement les populations aux extrémités. Malgré ces divisions, peu surprenantes somme toute, la province est la plus homogène au Canada sur les plans culturel et linguistique. Il faudrait y voir un certain achèvement de la civilisation originelle des Britanniques au Canada. Si on peut l’entendre de cette façon, on pourrait aussi présumer qu’il est possible de retrouver plus distinctement sur l’Île les préjugés, les jugements de valeur et l’imaginaire qui nourrissent les racines de l’idéologie politique canadian. Il faut chercher au centre.

En effet, les régions extrêmes et la région Évangéline n’ont qu’une valeur marginale pour notre modèle, dans la mesure où leur impact sur l’évolution politique de l’île n’est pas déterminant. C’est une hypothèse. Au temps fixe de la théorie, elles correspondent à une conscience satellitaire, en réaction par rapport aux tendances qui se jouent au centre. Cependant, cela n’implique pas qu’elles soient dans un rapport dialectique avec celui-ci : ce qui s’y produit n’est pas effectif à long terme pour l’ensemble. Ce qui l’est, plutôt, c’est le rapport nord-sud au centre, où se trouve le pouvoir.

Nous nous permettons donc de parler d’une utopie du nord et d’une utopie du sud qui reproduiraient, dans l’imaginaire, la fracture entre la ville et la campagne. Cette division, nous l’exprimons comme le « nous » problématique de l’île. L’utopie du nord relèverait d’un romantisme marqué par la nostalgie de l’époque victorienne, celles des glorieuses batailles militaires que rappellent les noms familiers du territoire. Il s’agirait aussi d’un romantisme bucolique et protestant (La maison aux pignons verts), gagné aux vertus (à leurs représentations) de la campagne (famille, entrepreneuriat, vigueur, discipline, sobriété des mœurs, constance). La nostalgie, dominante émotionnelle pour accéder à cette utopie, impliquerait qu’on y conçoive l’avenir et l’unité de l’île en fonction de leur conciliation avec la mémoire, autre nom pour ce « nulle part ».

D’un autre côté, dans le registre de l’angoisse, il y aurait l’utopie du sud. Le passé y serait absent : les bouleversements et les changements, qui sont le lot de la condition urbaine, inviteraient à une pensée contractuelle et normative (la Confédération comme avènement). Son autre, ce qui est relégué à l’extérieur, aurait l’aspect d’une menace qui pèse sur le cosmos humain. En ce sens, l’unité y serait conçue dans la perspective d’une communion au bien qui exige un présent pacifié et perpétuel.

Il s’agit là d’une proposition, bien sûr, d’une interprétation limitée à partir de traces qui le sont tout autant. L’idée est d’amener une réflexion sur la dialectique des représentations majoritaires. Dans une optique où le pouvoir fait l’histoire, cela invite à chercher l’horizon idéologique par lequel passe l’avenir politique et national des Acadiens de l’Île… et le nôtre dans un monde possible. 

 

 


 

[1] Fondé par le père Camille Lefebvre (1831-1895) le 10 octobre 1864, soit le jour même où débutait la Conférence de Québec.

[2] FERRON, J. (1991). Le contentieux de l’Acadie, Montréal : VLB Éditeur, p. 37. La « calembredaine » fait référence d’une part à Joseph Howe, « Père de la Confédération » impliqué dans l’industrie des chemins de fer, et d’autre part à C.D. Howe, ancien ministre des gouvernements de Mackenzie King et de Saint-Laurent qui prit part, entre autres, à la création de Trans-Canada Air Lines (Air Canada). Ce dernier a fait de Moncton la plaque tournante du transport aérien pour l’est du Canada.

[3] La ville de Dieppe, banlieue majoritairement francophone de Moncton située entre l’aéroport et la rivière Petitcodiac, fait figure d’exception avec ses 24 000 habitants.

[4] Architecte néo-écossais d’origine jersiaise. Il a entre autres conçu l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick à Fredericton, dont Le Monument-Lefebvre reproduit le style Château/néo-roman.

[5] Le choix controversé de l’Assomption (15 août) en guise de Fête nationale lors de la Convention de Memramcook en 1881, au détriment de la Saint-Jean-Baptiste, confirme le statut de la Vierge comme patronne des Acadiens. « Trois ans plus tard¸ en 1884, lors de la tenue de la deuxième Convention nationale acadienne à Miscouche, sur l’Île-du-Prince-Édouard, les délégués font un pas de plus dans la constitution d’une identité acadienne en faisant de l’Ave Maris Stella l’hymne national acadien et du tricolore étoilé, le drapeau national. La proposition se lit comme suit : “Que le drapeau tricolore soit le drapeau national des Acadiens français. Comme marque distinctive de la nationalité acadienne, on placera une étoile, figure de Marie, dans la partie bleue, qui est la couleur symbolique des personnes consacrées à la sainte Vierge ”. » ARSENAULT, B. (2004). Histoire des Acadiens, Montréal : Fides, p. 396-397.

[6] Cf. Griffith, N. (1982). « Longfellow’s Evangeline. The Birth and Acceptance of a Legend », Acadiensis, volume 11, no 2, p. 28-41. Traduttore, traditore : Le May a donné au poème une tournure tragique (Longfellow le félicite de sa traduction par une lettre dans laquelle il lui reproche du même coup de faire mourir Évangéline), voire catholique, et accentué l’antagonisme entre Anglais et Français, là où Longfellow célébrait la « mécanique céleste » du pluralisme états-unien. Cf. THÉRIAULT, J.-Y. (2013). Évangéline. Contes d’Amérique, Montréal : Québec Amérique, 400 p.

[7] Cité in ARSENAULT, G. (1987). Les Acadiens de l’Île. 1720-1980. Moncton : Éditions d’Acadie, p. 184.

[8] ARSENAULT, G. (1985). « Le dilemme des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard au 19e siècle », Acadiensis, volume 14, no 2, p. 32.

[9] Cf. ROBIDOUX, F. (1907). Conventions nationales des Acadiens : recueil des travaux et délibérations des six premières conventions. 1, Shediac : Moniteur Acadien, p. 155-156.

[10] ARSENAULT, G. (1987). op cit., p. 163.

[11] Cité in ARSENAULT, G. (1985). op cit., p. 45.

[12] Le prêtre Peter McIntyre sera désigné évêque de Charlottetown le 8 mai 1860, charge qu’il occupera jusqu’au début des années 1890. MACDONALD, G.E. (1990). « McIntyre, Peter », Dictionnaire biographique du Canada, volume 12, Université de Toronto/Université Laval, en ligne, adresse URL : http ://www.biographi.ca/en/bio/mcintyre_peter_12E.html

[13] Cf. ARSENAULT, G. (1985). op cit, p. 35.

[14] Comme en témoigne cette petite histoire un peu pathétique : « Les frères Edward et Michael Reilly ont été les premiers Irlandais à s’établir à Tignish. Les deux hommes avaient d’abord émigré au Nouveau-Brunswick puis étaient venus s’établir à Étang-des-Clous. On dit qu’Edward Reilly se montrait particulièrement hautain envers les Français et avait même entrepris de se rendre maître de quelques-unes de leurs possessions. Un jour, un jeune Acadien du nom de Joseph Bernard en a assez. Il confronte l’Irlandais, et c’est la bagarre. Au cours de la bagarre, Reilly saisit une pelle de bois et la fracasse sur la tête de son opposant. La pelle se fend en deux. Joseph Bernard a le bras souple et le poing solide. En dépit du coup reçu, il écrase le nez de son opposant et sort victorieux de l’altercation. En plus d’une blessure d’orgueil, Edward Reilly émerge du combat avec un surnom. Jusqu’à la fin de ses jours, les Acadiens le nommeront “le fendeur de pelle”. » Jacinthe Laforest et David Le Gallant (1999). « Le “fendeur de pelle” », Souvenance acadienne de Tignish, publié à l’occasion du bicentenaire de Tignish, le Comité consultatif du Bureau des services gouvernementaux de Tignish et de ses environs, p. 71.

[15] 1886

[16] RICŒUR, P. (1997). L’idéologie et l’utopie, Paris : Seuil, p. 35.

[17] Un mois avant la Conférence de Québec, il y eut la Conférence de Charlottetown. Heureux pour tout le monde.

 

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