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Raymond Garneau. De Lesage à Bourassa

Raymond Garneau
De Lesage à Bourassa. Ma vie politique dans un Québec en mouvement, Les Éditions Transcontinentales, 2014, 319 pages

De Lesage à Bourassa. Ma vie politique dans un Québec en mouvement, l’autobiographie de Raymond Garneau, est un livre qui en contient deux : le récit réussi d’une vie politique et une tentative ratée d’essai politique !

Le récit autobiographique comme tel est intéressant, puisqu’il nous plonge dans le Québec de Duplessis, puis dans celui de la Révolution tranquille et de ses suites. Les élections, les courses à la chefferie libérale, la crise d’octobre, les Olympiques, tout y passe. En général, le fin connaisseur de l’histoire du Québec en apprend peu. Font toutefois exception les passages concernant les finances publiques, entre autres avec la création du Conseil du Trésor dont l’auteur fut le premier titulaire. L’histoire du Québec d’avant les années 1960 étant moins connue, le début du livre contient aussi certaines informations inédites ou oubliées ; qu’on pense à l’alliance entre les libéraux et les créditistes lors de l’élection de 1956.

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Claude Morin. Je le dis comme je le pense

Claude Morin
Je le dis comme je le pense. Souveraineté, vie politique, religion, Montréal, Boréal, 2014, 224 pages

La dernière campagne électorale a-t-elle mis en veilleuse le projet souverainiste ou bien la faute incombe-t-elle plutôt au PQ qui n’aurait pas assez fait la promotion de l’indépendance ? À cette question, Claude Morin répond dans son dernier essai, Je le dis comme je le pense, que l’absence d’engouement pour la souveraineté n’est pas causée par des erreurs stratégiques ou par un manque de convictions de la part du PQ. Les Québécois ne sont tout simplement pas prêts à se lancer dans l’aventure indépendantiste. Faut-il pour autant baisser les bras et ne rien faire ? Non, répond Morin, qui prend bien soin de séparer l’objectif du PQ, la sauvegarde et l’épanouissement de l’identité québécoise, et le moyen idéal qu’il met en œuvre pour atteindre cet objectif, la souveraineté. Or, estime Morin, si la souveraineté demeure le moyen privilégié pour affirmer l’identité nationale du Québec, elle ne saurait être le seul.

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Éric Duhaime. La SAQ pousse le bouchon !

Éric Duhaime
La SAQ pousse le bouchon !, Montréal, VLB Éditeur, 2014, 157 pages

Avec L’État contre les jeunes (VLB éditeur, 2012) et Libérez-nous des syndicats ! (Genex, 2013), Éric Duhaime nous avait habitués à des pamphlets libertariens d’une portée très générale. Avec La SAQ pousse le bouchon !, on change de registre. Le thème est plus circonscrit, la recherche est plus approfondie, le ton est moins polémique et la thèse est plus nuancée. Il donne à voir un auteur qui a pris de la maturité intellectuelle.

À l’instar d’Où sont les vins ? de Frédéric Laurin (Hurtubise, 2009), la thèse centrale du livre est que le (quasi-)monopole de la Société des alcools du Québec sur l’achat, la distribution et la vente des vins et spiritueux est injustifié. Autrement dit, la SAQ n’a pas à être vendue ou démantelée complètement, mais son monopole doit être cassé. Si la démonstration n’est pas parfaitement convaincante, le livre apporte néanmoins une réelle contribution à la conversation publique sur notre société d’État.

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Éditorial - Voter dans le Canada réel

2015juin250C’est fait. Les choses sont claires. Le Parti québécois a son chef. L’homme n’aura guère de répit. Il savait à quoi s’attendre. Il faut espérer que son parti prendra rapidement acte de ce qui s’est enclenché depuis l’annonce de sa candidature et qui s’accélère depuis. La volonté d’éradication, les efforts concertés pour briser notre capacité de cohésion nationale, la dynamique de normalisation de la province vont nous valoir de très durs moments et de sombres manœuvres. Mais ce ne sera pas chose facile de les faire voir, de les faire comprendre pour ensuite les combattre.

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Éloge d'un homme d'État

Jacques Parizeau nous a quittés. Il est affligeant de voir disparaître un grand homme qui a tellement contribué à l'affirmation du Québec moderne et qui a tant donné à sa nation. Mais, il nous laisse un héritage intellectuel immense et le meilleur hommage qu'on puisse lui rendre est de continuer à bâtir son œuvre.

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La cause Caron

Au moins un procès intenté par des francophones hors Québec jusqu’en Cour suprême du Canada, et dont l’issue est attendue au plus tard cet automne, pourrait bien exposer au grand jour le vrai visage de l’ensemble de notre classe politique. L’une de ces causes en particulier – la cause Caron – est susceptible de dévoiler la veulerie des fédéralistes québécois ainsi que le persistant orangisme des élus canadiens-anglais autant que de leur électorat, et ce, juste à temps pour les prochaines élections fédérales.

En effet, depuis le référendum de 1995, le Canada anglais a conclu que la meilleure attitude à adopter face aux revendications traditionnelles du Québec était l’immobilisme complet et le refus intégral de tenir quelque discussion constitutionnelle que ce soit. Devant ce cul-de-sac, les fédéralistes québécois en ont déduit que la meilleure façon de maintenir le Canada uni n’était plus de chercher à modifier à la satisfaction des Québécois la constitution imposée de 1982, mais plutôt de ne plus rien revendiquer du tout. Mais si, dans quelques mois, la Cour suprême forçait tout ce beau monde à prendre clairement position sur la place du français a mari usque ad mare, certains pourraient ne plus pouvoir éviter de choisir un côté ou l’autre de la clôture. Et face à l’opinion publique québécoise, la déjà peu convaincante rengaine de Stéphane Dion selon laquelle on peut à la fois être fier d’être Canadien et fier d’être Québécois sans qu’il y ait de contradiction entre les deux pourrait bien perdre toute crédibilité.

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Gérard Bouchard : un historien sans Histoire

L'auteur est politologue (Ph. D. sc. politique)

Pour Gérard Bouchard (La Presse, 1er mai), la « culture politique » des Québécois est peu portée vers les solutions radicales, les grands épanchements collectifs et les grandes révolutions. L’historien affirme que ce peuple n’est rien d’autre que « petit » face à ses voisins puissants et dominants, dont aucun ne parviendrait à dormir s’il advenait qu’un jour ce petit peuple devait secouer ses chaînes. Le Québécois moyen, c’est connu, fuit les débats, les désaccords d’opinion. Pour lui, toute idée n’est qu’idéologie, et toute idéologie n’est que radicalisme. Adorateur de la tarte aux pommes, ce peuple se veut le plus soumis possible devant ses maîtres de manière à obtenir les meilleurs restes de table qu’ils lui consentiront, éventuellement, tantôt par charité, tantôt par mégarde.

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Doter la politique d’immigration d’indicateurs pertinents

Docteur en démographie
Mémoire présenté à la Commission des relations avec les citoyens dans le cadre des Consultations particulières et auditions publiques sur les documents intitulés « Vers une nouvelle politique québécoise en matière d’immigration, de diversité et d’inclusion », février 2015

L’élaboration d’une politique d’immigration doit tenir compte des données empiriques et des études scientifiques qui pourraient mesurer ses effets potentiels. L’objectif de mon intervention est de présenter et vulgariser les grandes conclusions de la littérature académique et scientifique sur l’impact de l’immigration sur la démographie et l’économie. Je présenterai également quelques recommandations quant aux objectifs des planifications pluriannuelles de l’immigration qui pourraient découler de la nouvelle politique d’immigration.

En résumé, l’immigration n’exerce qu’un effet marginal sur le vieillissement de la population, les finances publiques et la prospérité en général. Une intégration économique réussie ou non déterminera si cet effet est légèrement positif ou légèrement négatif. Sa composition et les niveaux reçus ont en retour un effet relativement important sur la structure démolinguistique du Québec.

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45 ans de tribulations d’un chercheur dans les archives politiques

Les archives sont, en quelque sorte, la mémoire d’une nation. Ce besoin de préserver le passé se résume parfaitement dans la devise du Québec « Je me souviens ». Pour leur part, les archives publiques pourraient aussi bien adopter la sentence « Nous nous souvenons ».
– Marcel Masse, 1er novembre 1984

J’ai été initié au travail en archives lors de mes études doctorales à la Fondation nationale des sciences politiques. Le regretté Jean Touchard nous avait alors demandé de rédiger un travail sur l’année 1910 en nous servant d’un journal. Il me demanda d’analyser L’illustration 1 que je dus aller consulter à la Bibliothèque nationale de France, rue Richelieu, car alors il y avait peu de choses dans les bibliothèques universitaires françaises. Quelle expérience fascinante de découvrir ce haut lieu de conservation du patrimoine intellectuel français où travaillaient les plus grands esprits ! Je n’ai jamais depuis oublié les faits marquants de l’année 1910 : l’inondation de Paris et le premier passage du métro sous la Seine.

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Le démantèlement de la nation (chronique 7)

À Jacques Parizeau
Avec gratitude

La période couverte s’étend du 8 avril au 4 juin (environ deux mois).
À moins d’indication contraire, toutes les dates font référence à l’édition du jour du journal Le Devoir (format papier).

Comme l’écrit Josée Boileau en éditorial à propos de la CSDM, mais cela s’applique à tout l’appareil public : « Le fond de la question autour de l’avenir des commissions scolaires n’est-il pas ce dépouillement qui tue à petit feu tout ce qui au Québec s’appelle État ? » (30 mai)

D’ailleurs, le ministre Martin Coiteux jubile : 622 fonctionnaires ont définitivement perdu leur emploi entre janvier et mars 2015 (Journal de Montréal, 5 juin), non compensés par 136 nouveaux emplois dans les réseaux de la santé et de l’éducation. Le FMI n’arrête plus de lancer des mises en garde sur le lien entre politique d’austérité et récession, mais ce ministre n’en a cure (4 juin). On voit de mieux en mieux le seul vrai objectif de ce gouvernement : couper bras et jambes à l’État québécois.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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