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L'insaisissable Honoré Beaugrand

Jean-Philippe Warren
Honoré Beaugrand. La plume et l’épée (1848-1906), Montréal, Boréal, 2015, 532 pages

Avant de porter le nom d’un pont, Jacques Cartier, Honoré Mercier et Samuel de Champlain avaient été autre chose dans la vie. Idem pour Jean Lesage et René Lévesque, qui n’ont pas été qu’une autoroute et un boulevard urbain.

C’est le cas d’Honoré Beaugrand qui, avant d’être une station de métro dans l’est de Montréal, avait été dans la vraie vie un homme aux multiples talents. Il faut savoir gré à la personne qui a donné son nom à la station de métro, sans quoi nous serions peu nombreux, aujourd’hui, à nous souvenir de lui.

Et peut-être que Jean-Philippe Warren ne se serait pas attelé à la rédaction de sa biographie si le nom d’Honoré Beaugrand n’avait pas fait partie du quotidien de milliers de Montréalaises et de Montréalais qui en entendent parler quand ils empruntent la ligne verte du métro.

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Andrée Fortin. Imaginaire de l’espace dans le cinéma québécois

Andrée Fortin
Imaginaire de l’espace dans le cinéma québécois, Québec, Presses de l’Université Laval, 2015, 274 pages

Le cinéma agit comme miroir du réel, reflet fidèle et déformant de nos histoires et de nos vies. L’idée n’est pas nouvelle. Autant le septième art permet-il de figer des représentations de ce que nous sommes, de notre imaginaire social, même lorsqu’il semble à mille lieues de notre réalité – on pense entre autres au cinéma de science-fiction, aux films historiques ou aux films d’horreur – autant permet-il une mise à distance réflexive sur ces représentations de la réalité. C’est à partir de ce principe que la sociologue Andrée Fortin envisage de sonder l’imaginaire québécois à travers le cinéma, plus précisément l’imaginaire de l’espace. Intitulé Imaginaire de l’espace dans le cinéma québécois, son plus récent ouvrage a de quoi séduire, à l’époque de la prospection pétrolière et de l’oléoduc Keystone, la question de notre rapport au territoire est hautement de circonstance.

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Jean-François Mattéi. L’homme dévasté

Jean-François Mattéi
L’homme dévasté. Essai sur la déconstruction de la culture, Grasset, 2015, 288 pages

L’homme dévasté est un essai rédigé par le philosophe français Jean-François Mattéi. Le livre porte sur certains thèmes déjà étudiés par l’auteur, notamment l’étude du patrimoine philosophique de l’Occident et la critique de la pensée postmoderne. L’essai étudie et critique cette dernière, la décrivant comme un ensemble d’idéologies qui cherche à tuer puis remplacer la philosophie occidentale classique, que l’auteur se charge de défendre. Compte tenu que Mattéi est décédé en 2014, que cet essai suit des thèmes qui lui sont chers et qu’il s’agit peut-être du dernier manuscrit de l’auteur, il faut noter que nous sommes face à un livre-testament. Nous résumerons maintenant son contenu.

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Éditorial - Le seul résultat qui comptera

2015septobre250Tout est toujours à recommencer. Quand fléchit la volonté, quand s’érode le courage, quand la lassitude prend le dessus, le bruit des choses mortes vient couvrir la parole, la retourner contre l’intelligence. Plus que toutes celles qui l’ont précédée, la campagne électorale est encombrée par les discours fossilisés. Pour un peu et l’on penserait que ce sont des revenants qui nous les servent tant les lieux communs qu’ils nous assènent nous semblent tout droit sortis des épisodes les plus médiocres d’une histoire qui bégaie.

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Élection fédérale - Dilemme cornélien ou faux dilemme?

Doctorant, politiques publiques comparées, Université McMaster

Que faire ?

« En votant pour un parti ne représentant qu’une portion du pays et n’aspirant qu’à un rôle d’opposition, vous vous excluez du pouvoir. Par ce nationalisme d’ailleurs, et bien qu’elle représente en fait les valeurs dont vous êtes porteurs, vous priverez la gauche de l’appui dont elle a besoin, contribuant de fait à la réélection des conservateurs. Qui plus est, vous ne commettrez là qu’une erreur stratégique de plus, l’indépendance politique ne pouvant être promue efficacement qu’à l’échelle de ses requérants ; pire encore, vous ne pourrez que vous éloigner de ce but en participant à légitimer un système que vous aspirez à quitter. »

Ces arguments sont évidemment familiers : ce sont les plaidoyers qu’entendent en boucle les Québécois depuis plus de vingt ans et encore une fois, dans le cadre de la campagne en cours. Or c’est aussi, pratiquement mot pour mot, ce que l’establishment unioniste a servi aux Écossais le printemps dernier, dans les semaines ayant précédé cet extraordinaire pied de nez qu’aura été l’élection de 56 députés nationalistes (SNP) sur une possibilité de 59 lors des élections britanniques du 7 mai. Il se sera agi d’un véritable coup de tonnerre : bien qu’y participant depuis les années 1930, le SNP n’y avait auparavant jamais récolté plus d’une dizaine de sièges. À l’évidence, nationalistes et progressistes n’auront pas été dupes des logiques fallacieuses de ceux qui, il y a un an à peine lors du référendum, leur reprochaient de toute façon déjà d’agir à l’échelle écossaise.

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Le démantèlement de la nation (chronique 8)

Nation to Colony

La période couverte s’étend du 5 juin au 23 août (environ deux mois et demi)1.

En 1946, Arthur M. R. Lower publiait Colony to Nation, qui devint immédiatement un classique. L’universitaire ontarien y proposait de lire l’histoire du Canada comme celle d’un territoire passé progressivement de colonie à nation. Une seule nation, bien sûr. Au mieux, pour lui, les Canadiens français étaient-ils une « nationalité », au sens de groupe ethnique2. Le système politique canadien accréditait pourtant alors l’idée des deux nations, ou des deux « peuples fondateurs » ; après tout, en 1867, les Canadiens français n’avaient-ils pas réussi à obtenir un État provincial ? C’est ainsi que deux nations au sens de deux peuples pouvaient alors cohabiter politiquement, quoiqu’inégalement, dans une seule nation au sens d’État souverain.

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Franck M. Guttman. Le diable de Saint-Hyacinthe

Franck M. Guttman
Le diable de Saint-Hyacinthe. Télesphore-Damien Bouchard, Hurtubise, 2013, 514 pages

La biographie de Télesphore-Damien Bouchard par Franck M. Guttman, parue en version française traduite chez Hurtubise, tient davantage de l’hagiographie que de la contribution scientifique. Il faut dire que l’auteur cite abondamment les mémoires de son héros qui pense incarner un style littéraire constituant « une fusion des styles de Victor Hugo et de Léon Tolstoï » !

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Claude Cardinal. Une histoire du RIN

Claude Cardinal
Une histoire du RIN, Montréal, VLB, 2015, 504 pages

Claude Cardinal a réalisé une biographie institutionnelle captivante du Rassemblement pour l’indépendance nationale. Il y relate de façon rigoureuse les péripéties du premier parti indépendantiste moderne en s’appuyant sur des sources premières. Il a le mérite d’avoir fouillé les archives de ce parti de façon minutieuse et construit sa trame narrative en s’appuyant sur l’analyse des procès-verbaux, des rapports financiers et des lettres des militants. Il a adopté une démarche chronologique qui nous permet de suivre le développement de ce parti avec ses problèmes organisationnels, ses conflits internes et ses débats idéologiques. Ayant été lui-même militant de ce parti, il a connu de l’intérieur ses forces et ses faiblesses qu’il nous décrit sans complaisance. Cardinal se fait toutefois discret sur ses propres faits d’armes ne les évoquant que rarement comme à la page 344 lorsqu’il confronta publiquement Jean Marchand.

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Mon désir de révolution (extrait primeur)

Extrait de l’ouvrage à paraître chez XYZ en octobre 2015

C’est une longue histoire que la mienne, c’est l’histoire d’un incessant désir de révolution, tissé à même les violentes émotions du refus de l’intolérable. Comme ils sont nombreux à le découvrir à leur tour, par d’autres voies et pour des raisons nouvelles qui s’ajoutent aux miennes, mon histoire séculaire est aussi celle des jeunes Québécoises et Québécois, quel que soit l’âge de leurs racines, quelle que soit leur illusion de vivre dans un monde tellement changé que la question nationale serait devenu désuète, que les libertés collectives ne seraient plus la source de leur liberté individuelle.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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