Nicolas Lévesque. Le peuple et l’opium

Nicolas Lévesque
Le peuple et l’opium, Éditions Nota Bene, collection Philosophie continentale, 2015, 152 pages

Nicolas Lévesque est psychanalyste et essayiste. Il a déjà écrit plusieurs nouvelles et essais, dont Le Québec vers l’âge adulte, publié en 2012. Dans Le peuple et l’opium est il livre ses réflexions sur différents sujets, étudiés à travers des références aux œuvres de Marx, Nietzsche, Freud et plusieurs autres. La quatrième de couverture commence ainsi : « Arrivé à l’âge de 40 ans, Nicolas Lévesque commence à tomber en morceaux, mais il porte ses fragments à l’écrit, se regroupe et tente d’incarner quelque chose comme un penseur québécois. »

Ces lignes résument bien le propos. L’auteur livre de très brefs exposés théoriques sans suite et dilués dans des commentaires autobiographiques, des réflexions sur des films, des descriptions de pièces de théâtre et des mentions de photos prises par sa conjointe. Il n’y a rien d’autre à prononcer sur ces passages, car leur contenu est trop superficiel et confus pour permettre une réelle critique. Pourtant, malgré cela, l’auteur n’hésite pas à se proclamer intellectuel et c’est bien là l’élément le plus significatif et intéressant à analyser : la manière dont Lévesque présente son contenu et sa démarche.

Ce mode de présentation révèle un Lévesque qui ne pêche pas par excès de modestie. Le titre de l’essai renvoie le lecteur à Karl Marx. Lévesque justifie sa démarche intellectuelle décousue en livrant les lignes suivantes : « L’essai se pratique hors calcul, hors formule, à côté, dans les marges » (p. 22), « On ne tolère plus la qualité autodidacte de l’essayiste » (p. 24) et « L’essai est un genre trop libre pour le monde actuel. » (p. 25) Ces passages semblent déclarer que la méthode de l’auteur est une forme utile et transgressive de créativité. Or, dès que Lévesque tente de présenter sa pensée, son style morcelé révèle davantage un manque de discipline intellectuelle qu’une réelle et utile créativité. Il ne suffit pas de s’autoproclamer penseur pour que le propos devienne éclairant.

Même après avoir lu d’une page à l’autre Le peuple et l’opium, on ne sait toujours pas quel est le but du livre ou le désir de son auteur. Le propos est trop éparpillé pour nourrir adéquatement la pensée d’un lecteur. Le style est trop pompeux pour rendre la lecture plaisante. Dans un tel contexte, il est bien difficile de savoir à quel lecteur s’adresse ce livre. L’auteur lui-même ? Tout autre lecteur aurait sans doute intérêt à investir ses ressources de lecture ailleurs.

Sébastien Bilodeau
Candidat à la maîtrise en service social, secrétaire-trésorier de Génération nationale

[1]Voir : Nathalie Petrowski, « Ne pas laisser les faits gâcher une bonne histoire », La Presse, 12 octobre 2011.

 

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