Michel Sarra-Bournet. Louis Bernard. Entretiens

Michel Sarra-Bournet
Louis Bernard. Entretiens avec Michel Sarra-Bournet, Montréal, Boréal, 2015, 299 pages

Grand commis de l’État, homme de l’ombre et donc discret par définition, Louis Bernard n’a pas l’habitude de s’épancher sur ses états d’âme. Il parle peu de lui et très peu des autres. Rompu aux secrets d’État, Louis Bernard ne commet pas d’indiscrétions et ne nous livre pas de révélations fracassantes. Ce n’est pas son style. Comme son destin personnel coïncide avec le destin du Québec, il commente plutôt l’histoire du Québec contemporain et explique comment il a perçu les grandes évolutions de la société québécoise. Sa vision est souvent éclairante parce qu’il a vécu les événements de l’intérieur, ayant accompagné les premiers ministres Lesage, Lévesque et Parizeau dans le combat québécois pour l’affirmation nationale.

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Raymond Garneau. De Lesage à Bourassa

Raymond Garneau
De Lesage à Bourassa. Ma vie politique dans un Québec en mouvement, Les Éditions Transcontinentales, 2014, 319 pages

De Lesage à Bourassa. Ma vie politique dans un Québec en mouvement, l’autobiographie de Raymond Garneau, est un livre qui en contient deux : le récit réussi d’une vie politique et une tentative ratée d’essai politique !

Le récit autobiographique comme tel est intéressant, puisqu’il nous plonge dans le Québec de Duplessis, puis dans celui de la Révolution tranquille et de ses suites. Les élections, les courses à la chefferie libérale, la crise d’octobre, les Olympiques, tout y passe. En général, le fin connaisseur de l’histoire du Québec en apprend peu. Font toutefois exception les passages concernant les finances publiques, entre autres avec la création du Conseil du Trésor dont l’auteur fut le premier titulaire. L’histoire du Québec d’avant les années 1960 étant moins connue, le début du livre contient aussi certaines informations inédites ou oubliées ; qu’on pense à l’alliance entre les libéraux et les créditistes lors de l’élection de 1956.

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Claude Morin. Je le dis comme je le pense

Claude Morin
Je le dis comme je le pense. Souveraineté, vie politique, religion, Montréal, Boréal, 2014, 224 pages

La dernière campagne électorale a-t-elle mis en veilleuse le projet souverainiste ou bien la faute incombe-t-elle plutôt au PQ qui n’aurait pas assez fait la promotion de l’indépendance ? À cette question, Claude Morin répond dans son dernier essai, Je le dis comme je le pense, que l’absence d’engouement pour la souveraineté n’est pas causée par des erreurs stratégiques ou par un manque de convictions de la part du PQ. Les Québécois ne sont tout simplement pas prêts à se lancer dans l’aventure indépendantiste. Faut-il pour autant baisser les bras et ne rien faire ? Non, répond Morin, qui prend bien soin de séparer l’objectif du PQ, la sauvegarde et l’épanouissement de l’identité québécoise, et le moyen idéal qu’il met en œuvre pour atteindre cet objectif, la souveraineté. Or, estime Morin, si la souveraineté demeure le moyen privilégié pour affirmer l’identité nationale du Québec, elle ne saurait être le seul.

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Éric Duhaime. La SAQ pousse le bouchon !

Éric Duhaime
La SAQ pousse le bouchon !, Montréal, VLB Éditeur, 2014, 157 pages

Avec L’État contre les jeunes (VLB éditeur, 2012) et Libérez-nous des syndicats ! (Genex, 2013), Éric Duhaime nous avait habitués à des pamphlets libertariens d’une portée très générale. Avec La SAQ pousse le bouchon !, on change de registre. Le thème est plus circonscrit, la recherche est plus approfondie, le ton est moins polémique et la thèse est plus nuancée. Il donne à voir un auteur qui a pris de la maturité intellectuelle.

À l’instar d’Où sont les vins ? de Frédéric Laurin (Hurtubise, 2009), la thèse centrale du livre est que le (quasi-)monopole de la Société des alcools du Québec sur l’achat, la distribution et la vente des vins et spiritueux est injustifié. Autrement dit, la SAQ n’a pas à être vendue ou démantelée complètement, mais son monopole doit être cassé. Si la démonstration n’est pas parfaitement convaincante, le livre apporte néanmoins une réelle contribution à la conversation publique sur notre société d’État.

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Décembre 2017

Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 2017.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones.

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

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