Éditorial - Sortir du désamour

Robert Laplante

Janvier 2019

Dans un article prémonitoire paru il y a dix ans (novembre-décembre 2008) Pierre-Paul Sénéchal identifiait en nos pages un des objectifs stratégiques les plus délétères de la campagne permanente de propagande menée par l’État canadian. Il fallait, disait-il, provoquer le « désamour » du Québec par les Québécois eux-mêmes pour que fonctionne efficacement la doctrine d’État multiculturaliste. La chose lui est apparue en analysant les manœuvres de sabotage pour dévoyer les commémorations du quatre centième anniversaire de Québec, une célébration usurpée sans vergogne par le gouvernement Harper qui a tenté d’en faire l’acte de naissance canadian transformé par des notables locaux en vulgaire affairisme pour aubergistes et faiseux de festivals. Sénéchal a bien montré comment le cartel médiatique, mené et instrumentalisé par Radio-Canada et les plans de communications fédéraux, allait tout mettre en œuvre pour enfermer le Québec dans un récit souffreteux et une vision de perdants. Le multiculturalisme aura triomphé effrontément, par la suite, à l’Hôtel de Ville de Montréal et dans les inepties du territoire mohawk non cédé.

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Le prix Richard-Arès est attribué chaque année depuis 1991 par la Ligue d’action nationale à l’auteur d’un essai publié au Québec qui témoigne d’un engagement à éclairer nos concitoyens sur les grandes questions d’intérêt national. 

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Hommage à Pierre De Bellefeuille (1923-2015)

Pierre a consacré les plus belles années de sa vie à la libération intellectuelle et politique de son peuple. Il a été un patriote des temps modernes. Il nous a quittés comme tant d’autres militants sans avoir achevé l’œuvre nationale. Il nous a laissé la passion du Québec en héritage et il nous revient pour être fidèle à sa mémoire de continuer le combat.

Journaliste, écrivain, député du Parti québécois de 1976 à 1984, il fut aussi premier député du Parti indépendantiste et président de ce parti jusqu’en 1987.

Pierre était un homme de conviction et de culture. Il n’a pas hésité à rompre ses liens avec le PQ lorsque son chef a pris le virage du beau risque du fédéralisme. Il voulait mettre ses connaissances et son expérience au service de l’indépendance et, en 1985, je n’ai pas eu de difficulté à le convaincre de la nécessité de lancer un nouveau parti pour porter le projet de pays même s’il savait que les risques de défaite étaient élevés.

Parce qu’il était avant tout démocrate, il désirait offrir à ses concitoyens la possibilité de voter selon leurs convictions et de témoigner de leur volonté de rompre avec le Canada.

Pierre était aussi un fervent partisan de la démocratisation de l’institution parlementaire et de la vie partisane. Il croyait fermement que l’indépendance permettrait une rénovation républicaine de nos institutions.
A l’approche du référendum de 1995, nous avons poursuivi ensemble le combat intellectuel en fondant le Cercle Godin-Miron qui regroupait une dizaine d’intellectuels désireux d’intervenir dans le débat public. Nous avons discuté, écrit et publié de 1995 à 2003 une trentaine d’articles concernant le destin de la nation québécoise. Pierre possédait une rare maîtrise de la langue française, il avait l’obsession du mot juste et se faisait un devoir parfois pointilleux de corriger nos textes.

Et quelle plume il avait. Sa lettre ouverte adressée à René Lévesque et intitulée Sauf votre respect, au moment où celui-ci tombait dans le panneau du soi-disant « beau risque », est un petit chef-d’œuvre de clarté et de pertinence.
Pierre était aussi un passionné de patrimoine politique. Il avait habité la maison de l’ex-premier ministre Paul Sauvé, à St-Eustache, et était convaincu qu’il fallait laisser des traces pour les générations futures. Une devise ne suffisait pas ; pour se souvenir de quelque chose, il fallait aussi une organisation qui fasse la promotion de la conservation et de la diffusion du patrimoine politique. Je l’ai donc suivi dans ce nouveau combat avec Marcel Masse et Denis Hardy.

Pierre de Bellefeuille était homme de droiture, de lumière et d’élégance. Il était un homme déterminé qui savait ce qu’il voulait et qui ne tergiversait pas.Son engagement a été indéfectible et il a continué le combat jusqu’à l’épuisement de ses forces. Et comme le disait Gaston Miron : « Tant que l’indépendance n’est pas faite elle reste à faire. »

Merci, Pierre, pour ta lucidité, ton courage et ton engagement qui continueront à nous inspirer.

Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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