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Barcelone, une capitale sans État

* Université de Barcelone

Il est inutile de tenter de démontrer que la ville de Barcelone a joué un rôle décisif dans l’évolution historique de la Catalogne. Cela va de soi. La capitalité de Barcelone découle de son statut de ville charnière lors de sa formation territoriale médiévale, au-delà de son emplacement et de sa situation favorable soulignés par le géographe et historien Pierre Vilar dans l’un de ses premiers articles (Vilar, 1936). Qui plus est, Barcelone a constitué le principal moteur de la dynamique sociale, économique, culturelle et politique de la Catalogne. S’il est aisé d’analyser le rôle joué par cette ville dans le développement et le renforcement du nationalisme catalan, il est plus ardu de faire l’analyse inverse, soit de démontrer le rôle de ce nationalisme dans le développement et la formation de la ville en soi, bien que ces deux processus soient intimement liés. Cet article émet des hypothèses dans les deux sens. 

Il importe avant tout de déterminer s’il est plus à propos de parler de nationalisme en général ou de catalanisme en particulier. Le terme nationalisme, du moins dans le contexte espagnol, a servi à exclure la voix des parties intégrantes de l’identité nationale. Tous les individus et tous les groupes sociaux s’identifient à une supraentité qui les définit face aux autres ; tout un chacun est, d’une manière ou d’une autre, nationaliste, consciemment ou inconsciemment, et avec plus ou moins de vigueur. En ce qui concerne l’Espagne et les nationalismes catalan, basque et galicien, l’État les présente comme des mouvements séparatistes de la grande « nation » espagnole, ce qui est présenté comme un fait objectif, perpétuel et immuable1. En ce sens, et selon le principe que tout le monde est nationaliste, il nous semble plus adéquat d’utiliser le terme traditionnel de catalanisme pour identifier le nationalisme des Catalans qui peut à la fois être compris et vécu de manières différentes et à différents niveaux d’intensité. D’autre part, la délimitation territoriale du catalanisme pose un problème de taille. Pour y pallier, nous nous limiterons dans le présent article à la Catalogne au sens strict, que nous désignons à l’occasion Principauté, sans prince, afin de marquer la nécessaire différence entre culture et politique et ainsi éviter de relancer un débat qui a déjà eu lieu ailleurs (Cabana et al, 19992).

Pour aborder notre sujet, deux voies de réflexion s’offrent à nous. L’une est générale et l’autre plus spécifique. La première concerne le rôle joué par les villes sur le territoire et l’économie contemporaines, traité tout particulièrement par la journaliste nord-américaine Jane Jacobs3 durant plus de quinze ans, de son premier ouvrage The Economy of Cities à celui intitulé Cities and the Wealth of Nations (Jacobs, 1969 et 1984). Au fil du temps, nous passons de la condition de supériorité de la ville face au monde agricole à la ville comme condition de développement régional. L’autre voie découle des théories de Francesc Roca i Rossell sur la Catalogne, lesquelles constituent un magnifique guide permettant de comprendre le catalanisme au sens large (Roca, 2000)4. L’exhaustivité de la recherche bibliographique de Roca et son analyse pointue nous aident à identifier les précédents, ainsi qu’à délimiter le catalanisme politique et culturel dans la construction de la Catalogne urbaine.

Ces deux voies ont été pavées après de nombreuses années d’étude et de recherche sur la ville en général et sur Barcelone en particulier. La variable nationale n’était pas prise en considération dans les premières monographies partielles sur la ville ni dans les diverses études comparatives faite avec d’autres villes du monde ; d’abord Toulouse, puis Lisbonne, Madrid et São Paulo, principalement5. À la fin des années 1980, toutefois, la visite du professeur Jean Labasse, qui menait une étude comparative entre Lyon et Barcelone, soulève des questionnements quant à l’importance de ce sujet. En effet, bien que la ville de Lyon agisse clairement comme « capitale » de la région Rhône-Alpes, elle ne possède pas cette dimension nationaliste qui aide Barcelone à aller au-delà des dimensions restreintes de son territoire et à surmonter les difficultés politiques et administratives inhérentes à la constitution de sa région métropolitaine. Sa collaboration ultérieure au groupe NICE6 a permis de consolider l’orientation géopolitique qui combinait assez bien les apports contemporains du groupe RECLUS en France, et les politiques du maire de Barcelone Pasqual Maragall.

Les conditions de la capitalité barcelonaise

Les éléments ayant permis la formation de la capitalité de Barcelone ont été étudiés dans d’autres publications et ne sont pas pertinents pour notre étude, en grande partie parce qu’ils ne sont contestés par personne7 (Carreras, 1980). Nous tentons ici d’aborder les conditions qui accompagnent cette capitalité afin de faire valoir en quoi elles sont liées au catalanisme culturel et politique. Trois conditions importantes se démarquent : la carence d’un État, la tradition méditerranéenne des cités-États et le mythe de la Catalogne-ville.

1.- L’absence d’un État catalan s’est doublement transformée en condition fondamentale du dynamisme urbain de Barcelone, alimenté de façon évidente par un catalanisme plus ou moins explicite selon les époques. Le fait de ne pas avoir d’État propre a entraîné l’utilisation de moyens énergiques pour construire une alternative, tout en épargnant à la ville la rigidité institutionnelle que comporte nécessairement l’étatisation. Cela a permis l’émergence de dynamiques positives, tant pour l’affirmation que pour la négation. L’absence d’un État propre doit également s’insérer dans le cadre d’un État espagnol qui, bien qu’il ait imité le modèle centralisateur français, d’abord sous les Bourbon, puis sous la République, a toujours été plus faible que l’État voisin ; il a été incapable d’imposer ses propres structures, ce qui a facilité certaines réussites des dynamiques autonomes mentionnées. D’autre part, il ne faut pas oublier que la dénomination officielle de « capitale » déplaît aux Catalans, qui préfèrent le titre de cap i casal (littéralement « chef et foyer »). Ce dernier fait état de prééminence, mais pas de capacité administrative, soulignant ainsi l’autoritas de la ville, plutôt que la potestas de l’administration.

Il importe de préciser que la capitalité s’est exercée de façon spontanée, en raison du poids des élites commerciales de la ville dans l’économie et dans la politique de l’ancienne couronne d’Aragon. Dans la dichotomie ville/campagne, Barcelone a échappé au poids féodal grâce au développement du commerce méditerranéen, ce que Carles Pi i Sunyer mentionnait déjà au début du XXe siècle (Pi i Sunyer, 1926-29). Les chantiers navals barcelonais témoignent de l’effort commercial et de l’expansion de la ville sur une longue période. Les importateurs de coton de Barcelone, qui ont alimenté toute l’industrie de la filature et du textile des centres industriels des villes de toutes tailles et des usines à moulin hydraulique en sont d’autres témoins non négligeables. Durant de nombreuses années, les jeunes hommes (surtout ceux qui n’étaient pas l’héritier de leur famille) venus de l’intérieur de la Catalogne ont joué un rôle incessant sur le commerce, la politique et la culture de la ville ; pour le constater, nous n’avons qu’à dresser la liste des biographies de personnes nées ailleurs en Catalogne, mais décédées à Barcelone ou qui y ont vécu quand ils menaient leurs affaires. Le quartier barcelonais de l’Eixample a d’abord été occupé par bon nombre de propriétaires ruraux qui fuyaient les conséquences des guerres carlistes et qui y ont construit maisonnettes et petits palais unifamiliaux avec jardin, un peu comme ceux édifiés par les dénommés indians rentrés d’Amérique. Bref, la Catalogne et Barcelone ont cheminé main dans la main tant dans les moments de prospérité qu’en période de crise, notamment en 1640 lorsque des groupes de Faucheurs ont pénétré dans la ville et mené l’émeute qu’on a appelée Corpus de sang.

D’autre part, depuis plus deux siècles, la ville s’est dotée d’institutions et d’infrastructures s’affichant comme nationales : l’université, la bibliothèque, le palais de la musique, le théâtre et les musées. De plus, dans la sphère sportive, un club privé comme le Barça est fortement enraciné dans l’identité catalane, et est parfois trop facilement associé à la politique, ce qui crée une hégémonie en Catalogne, au point de rendre difficile l’émergence d’autres équipes de soccer au sein de la première division espagnole. Cela étant dit, la seule autre équipe catalane en première division est également barcelonaise8.

La faiblesse de l’État espagnol est visible dans le maintien de la capitalité barcelonaise, au-dessus de toute définition et de toute délégation de compétences, malgré le découpage provincial de 1833. Avec cette réorganisation territoriale, Barcelone obtenait des compétences semblables aux villes de Tarragone, Lérida et Gérone. Cependant, près de 180 ans après l’entrée en vigueur de la division provinciale, sa prééminence n’a été remise en question que très rarement. D’autre part, l’État espagnol s’est montré assez fort pour arriver à empêcher les modifications proposées dans le Statut de 2006, lesquelles ont été déclarées inconstitutionnelles dans la décision controversée rendue en 2010.

Cette situation a pavé la voie à un pacte territorial non explicite au sein de l’État espagnol, dont la première manifestation sera l’Exposition universelle de 1888. Pour cette occasion, le gouvernement central aurait accepté que Barcelone fasse étalage de ses relations internationales et de son pouvoir économique, celui de sa bourgeoisie industrielle et commerciale, pourvu que la ville renonce à toute aspiration à la capitalité de l’État (VV.AA., 1988). Le catalanisme y a contribué en grande partie, intéressé comme il l’était par le déploiement d’un état propre, en tout cas, ou d’un quasi-état avec suffisamment d’autonomie. Un chemin assez long a été parcouru, de la Mancommunauté aux deux Autonomies du XXe siècle.

2.- Malgré l’indiscutable dynamisme social, culturel, économique et politique de la ville à certaines époques, elle a toujours cherché à établir une complicité et une solidarité avec son territoire. Cela nous permet parfois de parler de Barcelone comme d’une cité-État au même titre que d’autres villes méditerranéennes, comme l’ont été celles de la Grèce antique et de l’Italie médiévale, avec lesquelles Barcelone a rivalisé pendant de nombreuses années.

À l’occasion, le chemin emprunté a été plus long. Alors que la Catalogne médiévale basait son modèle féodal sur le pouvoir fragmenté de divers seigneurs ruraux jusqu’au XVIIe siècle, Barcelone s’est tournée vers la mer pour dénicher une nouvelle source de richesse qui allait mettre fin au pouvoir féodal. Carles Pi i Sunyer a bien résumé la situation à la fin de la troisième décennie du XXe siècle : « Le commerce maritime a engendré l’industrie en même temps que la liberté, abandonnant les seigneurs féodaux dans leurs châteaux avec leur féodalité. » (Pi i Sunyer, 1926-29). Comme nous l’avons déjà mentionné, au cours du XIXe siècle, des comarques d’Anoia, de Bages, de Bergadà et d’Osona, de jeunes aventuriers sont partis pour Barcelone et ont contribué au développement de sa société industrielle et de sa bourgeoisie dans une symbiose territoriale parfois complexe. Les usines se sont étalées de la ville vers les bassins du Llobregat, du Ter et du Francoli, profitant de la Loi des eaux de 1866 et de son application particulière.

Au début du XXe siècle, l’ingénieur nord-américain Frederic Stark Pearson (1861-1915) a fondé la compagnie d’électricité de Barcelone aux fins d’exploiter les réserves hydrauliques des Pyrénées, une nouvelle démonstration de la relation de Barcelone avec le reste de la Catalogne, pénétrant de plus en plus profondément dans le territoire. Pierre Vilar a très bien décrit l’anecdote expliquant le rôle de la ville dans l’exploitation économique, rôle plus décisif que la possession des ressources : « C’est au sommet du Tibidabo face à Barcelone, plutôt qu’à Tremp ou Camarasa, que l’hydraulicien canadien Pearson a eu la « révélation » de l’œuvre qu’il devait faire. » (Vilar, 1964 ; p. 368). Ce projet s’inscrit dans les efforts de modernisation des infrastructures d’abord entrepris par la Mancommunauté de Catalogne (1914-1925) avec le déploiement de la téléphonie et de la télégraphie, des routes et chemins de fer secondaires, des bibliothèques et écoles et de beaucoup d’autres réalisations.

L’organisation des Jeux olympiques d’été de 1992 a été une nouvelle occasion de faire état de la relation spéciale qu’entretient la ville de Barcelone avec le territoire catalan, qui ne peut s’expliquer que par le lien entre Barcelone et le nationalisme et vice versa. Les événements officiels des Jeux se sont tenus dans de nombreuses municipalités, non seulement de la région de Barcelone, mais de partout en Catalogne (équitation à Muntanyà, compétitions en eaux vives à La Seu d’Urgell) et même au-delà, dans la partie espagnole de l’eurorégion (Saragosse et Valence, alors que Palma de Majorque s’est vu refusée la tenue des épreuves de voile pour des raisons de sécurité). La candidature de Barcelone pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver de 2022 est encore plus significative en ce sens, puisqu’elle renforce le rôle joué par la ville dans l’organisation du tourisme hivernal des Pyrénées.

3.- La Catalogne-ville est un mythe créé par le Noucentisme dans un désir de moderniser et d’urbaniser la société catalane, lequel est devenu réalité au fil du temps. Il consiste à faire une synthèse catalaniste englobant tout le territoire, mais fondée sur le dynamisme et la civilisation urbaine de Barcelone, par opposition au ruralisme qui avait dominé jusqu’à la Renaixença. Comme nous l’avons vu ailleurs, Carles Soldevila (1892-1967) a été l’un des grands artisans de l’inclination urbaine européiste en publiant des œuvres sur l’urbanité sous le pseudonyme Myself, depuis ses articles journalistiques dans D’Ací i d’Allà, revue qu’il a dirigée de 1924 à 1936, à ses essais et livres de création (Carreras, 2003). En diverses occasions, il a présenté la géographie de la Catalogne comme un recueil de paysages, presque comme une série de quartiers d’une immense ville ayant pour centre Barcelone, comme il l’avait d’ailleurs fait pour la littérature.

À la même époque, deux intellectuels aux points de vue différents ont convergé vers l’idée jetant les fondements du mythe de la Catalogne-ville. Le premier, le Majorquin Gabriel Alomar (1873-1941), avait écrit sur la société catalane pendant la Seconde République, utilisant des arguments bien étayés : « Les formes intenses de la civilisation actuelle, les communications très rapides qui ont réduit les distances, la facilité de voyager, la radio, le nouveau sens du paysage comme milieu citadin, font se rencontrer les éléments de la vie d’un pays, et en font une seule et unique grande ville éparpillée. » Le deuxième, le géographe Pau Vila, dans sa fameuse physionomie de la Catalogne de 1937, cinq ans après avoir délimité l’organisation comarcale en fonction d’une économie basée sur le transport automobile, définissait déjà huit voies ferroviaires autour de Barcelone, ce qui prédélimitait la région métropolitaine (Vila, 1937).

Après la guerre d’Espagne, l’urbanisme a pris le relai dans les discussions et dans les préparatifs de la Catalogne-ville, sous la gouverne de quelques experts nés du catalanisme politique de l’avant-guerre. Le ruralisme ne représentait plus l’opposé de Barcelone, alors que ce sont plutôt les dimensions mêmes de son agglomération qui déséquilibraient un modèle qui se voulait relativement égalitaire. La macrocéphalie barcelonaise est ainsi devenue le cheval de bataille retardant l’approbation d’une zone et d’une région métropolitaines qui définiraient les niveaux de concentration de peuplement et des activités et permettraient ainsi de les gérer de façon adéquate. La décélération contemporaine de la ville centrale a renforcé la Barcelone métropolitaine, toujours de plus en plus étendue, malgré la carence d’une définition politico-administrative claire. Cette carence a possiblement facilité encore une fois l’interrelation de la région métropolitaine avec le reste du territoire catalan, en raison du discrédit traditionnel envers les structures de l’État. En 1984, Barcelone a approuvé sa réorganisation interne en dix districts de tailles comparables aux principales municipalités voisines, et ce, afin de faciliter un projet métropolitain davantage fédéraliste que centraliste. Fait hautement significatif, le maire de Barcelone, à tout le moins après le départ de Pasqual Maragall, a progressivement cédé l’avant-scène politique à des maires et ex-maires des municipalités métropolitaines, notamment à Celestino Corbacho de L’Hospitalet de Llobregat, à José Montilla de Cornellà de Llobregat, à Joan Royes de Terrassa et à Manuela de Madre de Santa Coloma de Gramenet.

Si en 1935 nous pouvions déjà parler de communications rapides, à partir des années 1960, avec la diffusion de l’automobile et de la télévision, l’amenuisement des distances a été on ne peut plus important, ce qui n’a d’ailleurs pas cessé depuis. Dans les études ayant mené aux plans de développement routier de la Generalitat de Catalogne de 1986, il était possible de se rendre à Barcelone de n’importe où en Catalogne en moins de trois heures trente. La révolution des communications découlant des téléphones portables, d’Internet et du GPS fait aujourd’hui en sorte que la région de Barcelone s’est étendue bien au-delà des frontières politiques et culturelles.

Quelques premières conclusions

Nous pouvons affirmer que, malgré les conflits logiques de tout processus social et économique, le dynamisme de Barcelone ne peut s’expliquer sans l’existence de l’appui moral et matériel de l’ensemble catalan ; dans la même veine, le dynamisme de la Catalogne ne peut s’expliquer sans l’existence du moteur barcelonais. Le catalanisme a sans aucun doute constitué le ciment de ces interrelations en empêchant une escapade urbaine vers le vide et en convainquant les Catalans de la solidarité barcelonaise, malgré les prétentions hégémonistes.

Ce ciment n’a pas pris qu’au niveau territorial, mais aussi, et surtout, au niveau social. Toutes les fois où Barcelone en est venu à un consensus social suffisant pour aborder un processus d’innovation et de croissance, tant à l’époque industrielle, comme dans l’édification de la Mancommunauté et de la Generalitat républicaine, que dans la frénésie olympique, le catalanisme en a été la condition. Il ne faut cependant pas oublier que le consensus social n’a pas toujours été possible, loin de là ; il y a eu divers moments conflictuels, comme lorsque les gens étaient abattus dans la rue dans les années 1920 ou pendant la guerre d’Espagne dans les années 1930.

Le catalanisme a également permis de faire en sorte que les organisations ouvrières, basées à Barcelone, acceptent et assimilent la division comarcale des dernières années du franquisme. Le catalanisme a permis une organisation démocratique des divers quartiers qui composent la Catalogne-ville (son centre urbain, les quartiers traditionnels de Gérone, la zone pétrochimique de Tarragone, les espaces de loisir des plages et des pistes de ski, la région naturelle du delta de l’Èbre, le nouveau pôle de Lérida et tant d’autres). Il est clair que cette situation pourra perdurer tant que ce que nous pourrions appeler la Barcelone-nation continuera à faire son œuvre.

 

Bibliographie

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Cabana, F., Carreras, C., Castells, J., Lapiedra, R. i Pons, J.M. (1999), Balears, catalans i valencians. Reflexionant encara sobre els països catalans. Barcelone, Ed. Pòrtic, Assaig.

Carreras, C. (1980), La Geografia Humana. Barcelone, Els Llibres de la Frontera.

Carreras, C. [dir.], (1990-1996), Geografia General dels Països Catalans. Barcelone, Ed. Enciclopèdia Catalana ; 7 vols.

Carreras, C. (2003), La Barcelona literària. Barcelone, ed. Proa.

Carreras, C. (2008), « Sense of Place, Well-being and Migration among Young People in Sarajevo » a Eyles, J. & Williams, A., Sense of Place, Health and Quality of Life. Aldershot, Ashgate ; pp. 121-134.

Fry, E.H., Radebaugh, L.H. i Soldatos, P. (1989), The New International Cities Era : The Global Activities of North American Municipal Governments. Provo, Bringham Young University Press.

Jacobs, J. (1969), The Economy of Cities. New York, Ramdom House,

Jacobs, J. (1984), Cities and the Wealth of Nations. Principles of Economic Life. New York, Ramdom House.

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Vila, P. (1937), La fesomia geogràfica de Catalunya. Barcelone, Comissariat de propaganda de la Generalitat de Catalunya.

Vilar, P. (1936), « Barcelone » dans Revue Géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest. Toulouse ; vol VII, pp. 22-33 [publié en catalan la même année et intitulé « Interpretació geogràfica de Barcelona » dans Butlletí del Centre Excursionista de Catalunya, Barcelone]

Vilar, P. (1964), Catalunya dins l’Espanya Moderna. Introducció. El medi natural. Barcelone, Ed. 62 ; vol. 1.,

VV.AA. (1988), Exposció Universal de Barcelona. Llibre del Centenari 1888-1988. Barcelone, L’Avenç.


1 Pour les gens de ma génération, il est impossible de ne pas penser à la définition de la nation espagnole formulée par José Antonio Primo de Rivera soit Une unité de destin dans l’universel.

2 L’ouvrage Balears, catalans i valencians. Reflexionant encara sobre els països catalans [Baléares, Catalans et Valenciens. Une autre réflexion sur les pays catalans] se veut un débat sur ce sujet découlant des travaux d’édition d’une grande œuvre en sept volumes sur les pays catalans (Carreras, 1990-1996) sur lequel reposent ce livre et les travaux ultérieurs.

3 Jacobs, née aux États-Unis, mérite amplement le qualificatif de nord-américaine étant donné qu’elle s’est exilée volontairement à Toronto, ne voulant pas contribuer de ses impôts à la poursuite de la guerre du Vietnam.

4 Au début du présent siècle, un groupe de jeunes a organisé toute une série de réunions et de soupers avec des politiciens et intellectuels catalans afin de développer leur sens politique. Lorsqu’ils m’ont demandé ce qu’ils pourraient offrir à Artur Mas, récemment choisi comme successeur de Jordi Pujol, je leur ai précisément conseillé ce livre de Francesc Roca, qui aurait pu l’aider à suivre des pistes que son prédécesseur connaissait assez bien. Au moment des élections de novembre 2010, il me semble qu’aucun des candidats ne l’avait lu. Ou s’ils l’ont lu, ils ne l’ont pas compris.

5 Parmi les autres villes étudiées, il est intéressant de mentionner le cas de Sarajevo en raison du rôle joué par les nationalismes au fil de son histoire et encore tout récemment (Carreras, 2008).

6 Projet New International Cities Era, dirigé en Amérique par le professeur Panayotis Soldatos de l’Université de Montréal (Fry et al, 1989) et en Europe par le professeur Marc Bonneville de l’Université Lumière Lyon 2 (Bideau, 1992).

7 Les dénominations péjoratives accolées aux Barcelonais dans le reste de la Catalogne, par exemple les termes pixapins, camacos ou can Fanga, font état de la supériorité conférée subjectivement aux habitants de Barcelone qui ont coupé les liens avec le monde rural et qui veulent les recréer de façon plus ou moins maladroite.

8 Peu d’autres équipes de soccer catalanes ont joué en première division espagnole, et pour de courtes périodes seulement, par exemple les clubs de Sabadell, Tarragone et Lérida.

 

 

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