La langue catalane au début du XXIe siècle

Centre universitaire de sociolinguistique et communication. Université de Barcelone

Le catalan est une langue d’envergure moyenne dans le contexte européen. En termes économiques, nous pouvons affirmer que le marché catalan compte 14 millions d’usagers potentiels, mais lorsque nous nous limitons aux personnes qui parlent cette langue, le nombre est plutôt de 9 millions de locuteurs. Du point de vue territorial, le catalan est parlé dans quatre états d’Europe : Andorre, France (dans la zone appelée Catalogne Nord, dont le principal centre urbain est Perpignan), Italie (dans la ville d’Alghero en Sardaigne) et Espagne (en Catalogne, au Pays valencien, aux îles Baléares et dans la Frange d’Aragon, administrée par la communauté autonome d’Aragon).

CATALOGNECARTE

Source : Andorre (Département de la Statistique) ; Communautés autonomes (Institut national de la Statistique, Espagne) ; Catalogne Nord (Institut national de la Statistique, France) ; Alghero (Institut national de la Statistique, Italie). Date : Janvier 2009.

Le sort de la langue catalane est étroitement lié aux processus historiques et politiques spécifiques à chacun de ces territoires. Par conséquent, nous nous trouvons face à un panorama sociolinguistique très hétérogène. Ainsi, le catalan est dans une situation très précaire dans la principale ville à la limite sud de son aire linguistique, Alicante, ainsi que dans celle à sa limite nord, Perpignan, alors que dans certaines zones des îles Baléares, de la Catalogne et du Pays valencien, sa vitalité est indéniable.

Dans le présent article, je me propose d’expliquer la situation actuelle de la langue catalane de quatre angles différents. Tout d’abord, je traiterai de la situation juridique du catalan au sein de l’État espagnol. Ensuite, j’aborderai le thème de la transmission intergénérationnelle dans les familles. Au cours de la troisième partie, la plus vaste, je ferai un rappel du processus historique qui a fait du catalan une langue véhiculaire d’enseignement et j’analyserai les usages linguistiques à l’école. En dernier lieu, j’aborderai brièvement la thématique de l’immigration récente. Cette approche nous permettra de dresser le portrait général de la situation du catalan dans des domaines clés à sa survie, bien que pour des raisons de concision, l’article ne nous permet pas d’aborder d’autres thèmes fondamentaux, comme les médias. Pour les mêmes raisons, l’analyse se base principalement sur la situation du catalan dans la Principauté de Catalogne.

Le catalan au sein de l’État espagnol :
un cadre d’inégalité linguistique

Pour utiliser un euphémisme, nous dirons qu’historiquement l’Espagne n’a jamais été à l’aise avec la diversité linguistique – et nationale – à l’intérieur de ses frontières. Une lecture de l’Article 3 de la Carta Magna espagnole (1978) nous révèle un élément presque inédit – à l’exception de la Bulgarie – dans les démocraties libérales européennes : l’exigence, pour tous les citoyens, de connaître une langue précise. Dans le cas qui nous intéresse, il s’agit du castillan. L’imposition de cette langue constitue le fer de lance d’une réglementation prolifique1 – souvent ignorée par l’opinion publiée dans une démonstration banale de nationalisme (Billig, 1995) – mise en place par les gouvernements espagnols, l’un après l’autre, dans l’objectif d’assurer la prépondérance du castillan dans toute l’Espagne, notamment dans les zones où la langue propre n’est pas celle-ci. Ce même Article 3 fait du castillan la seule langue officielle de tout l’État, alors que les autres langues (c’est-à-dire le catalan, le basque et le galicien, parce qu’elles ne sont pas explicitées par le texte constitutionnel) n’ont ce statut que dans leurs territoires respectifs. En d’autres termes, l’Espagne, un pays qui depuis relativement peu de temps a rejoint les standards européens en matière de richesse, n’a pas pu – voulu – se défaire de son centralisme atavique. Les processus de normalisation linguistique qui ont été entrepris dans le cadre des langues catalane et basque, particulièrement, ne s’expliquent que par les revendications faites par des mouvements au sein des minorités nationales de l’État, et non pas parce que le gouvernement espagnol aurait volontairement mis de l’avant les langues non castillanes.

De nombreux exemples nous permettent de faire la preuve de cette affirmation ; nous présenterons ici quelques-uns des cas les plus récents, à titre informatif. Encore aujourd’hui, après plus de trente ans de démocratie, les parlementaires catalanophones n’ont pas la possibilité de prendre la parole dans leur langue au Parlement espagnol. Il a été tout aussi impossible de faire reconnaître le catalan comme langue officielle de l’Union européenne, et ce, même si l’Espagne occupait la présidence de cet organisme au cours du premier semestre de 2010 – cette dernière a d’ailleurs été totalement indifférente à cette cause – et malgré le fait que le nombre de locuteurs de cette langue soit bien supérieur à certaines langues officielles de l’UE ; en fait, si le catalan était langue officielle de l’UE, elle se situerait parmi les dix premières langues d’Europe. Par ailleurs, le multilinguisme de l’Espagne est tout aussi invisible sur les pages web du gouvernement, de la présidence, de la maison royale, de l’armée et du tribunal constitutionnel, contrairement à ce qui est habituel en Belgique, en Finlande, en Suisse et au Canada2.

Les principales dispositions juridiques qui défendent le catalan émanent des statuts d’autonomie, bien que les objectifs – et les budgets pour les atteindre – diffèrent énormément d’un territoire à l’autre. La communauté autonome de Catalogne agit en tant que véritable chef de file lorsqu’il est question de favoriser l’usage de la langue. Cette assertion a été renforcée en 2006 par l’approbation de la réforme du Statut d’autonomie de la Catalogne de 1979. Le nouveau Statut d’autonomie maintient les éléments essentiels de l’ancien, dont l’affirmation que le catalan est la langue propre, la langue normale de l’enseignement et la langue officielle au côté du castillan. De plus, il incorpore trois nouvelles prescriptions de grande portée. La première vise à équilibrer l’asymétrie qui existe quant au devoir de connaissance des langues. À cet égard, le texte stipule que les Catalans ont le devoir de connaître les deux langues officielles et le droit d’utiliser l’une ou l’autre. Un autre élément ajouté découle de la condition de langue propre : le catalan doit être la langue utilisée habituellement et de préférence par les administrations publiques et les médias publics de Catalogne, ainsi que dans l’enseignement. En dernier lieu, on a inséré un chapitre sur les droits et devoirs linguistiques. De cette façon, le personnel des administrations publiques de Catalogne, de même que celui de l’administration de la justice, du ministère des Finances et des registres publics, est tenu d’accueillir et de répondre au citoyen dans la langue officielle de son choix, sans que cela puisse causer de situation où la personne se trouverait démunie ni de retard indu dans le traitement des documents.

La gestation du Statut d’autonomie de la Catalogne aura été longue et extrêmement compliquée. Le premier texte proposé par le parlement de Catalogne, approuvé par 90 % des votes exprimés par les parlementaires, a été profondément charcuté par le gouvernement espagnol, à l’époque dirigé par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Une fois le texte approuvé par le Parlement espagnol et par référendum en Catalogne, le Parti populaire (PP) ­– le principal parti d’opposition – a décidé de le soumettre au Tribunal constitutionnel (TC), qui, après quatre années de délibérations, a déclaré que 14 articles étaient inconstitutionnels, en plus de réduire la portée de 27 autres articles. En ce qui concerne la langue, le TC a refusé qu’on accole le terme de préférence au catalan en matière de langue des administrations. De plus, la décision du TC a rétabli l’asymétrie favorable au castillan lorsqu’il est question du devoir des citoyens de connaître une langue précise.

Au-delà des réductions en matière linguistique, la décision du TC confirme que cet organisme a préséance sur la volonté démocratique exprimée par les Catalans. La force actuelle du mouvement souverainiste dans la société catalane, exprimé par le slogan « Nous sommes une nation. C’est nous qui décidons » est grandement liée à l’ensemble de ce processus.

Au Pays valencien, la réforme du Statut d’autonomie n’a pas causé de polémique. Cela n’est probablement pas étranger au fait que depuis bon nombre d’années, le Parti populaire (PP) détient une majorité absolue dans cette communauté. Le PP, conjointement à des secteurs de l’extrême droite et avec l’assentiment du PSOE, fait la promotion de l’idée – écartée de tout point de vue scientifique et rejetée par diverses décisions juridiques – que la variante dialectale parlée au Pays valencien n’est pas le catalan. Ainsi, le « valencien », dénomination historique du catalan dans le Pays valencien, est reconnu comme langue dans le texte du Statut, une nouvelle démonstration de sécessionnisme linguistique.

Par ailleurs, et élément clé pour la compréhension de la situation sociolinguistique du catalan dans ce territoire, le Statut valencien prévoit le droit de connaître et d’utiliser le valencien, mais pas le devoir de le connaître. En ce qui concerne l’enseignement, on mise sur l’enseignement du valencien, mais pas nécessairement en valencien. D’ailleurs, la loi considère la possibilité que certaines zones du Pays valencien soient exemptes de l’utilisation et de l’enseignement du valencien, bien qu’il soit impossible de prévoir la portée territoriale de cette mesure, les régions touchées n’étant pas bien définies. Malgré cette dernière disposition, le Statut valencien admet que la langue a besoin d’une protection spéciale et accepte que tout un chacun utilise l’une ou l’autre des deux langues officielles auprès des organismes du gouvernement valencien et se fasse répondre dans la même langue.

Le statut du catalan dans les îles Baléares ne diffère pas du statut qu’il a dans les territoires déjà mentionné : il est la langue propre et, avec le castillan, langue officielle. Les autres articles du Statut d’autonomie des Baléares se rapprochent davantage du Statut valencien qu’à celui de la Catalogne. Les citoyens des Baléares ont donc le droit – mais pas le devoir – de connaître et d’utiliser le catalan ; personne ne peut être discriminé pour des raisons linguistiques ; pour garantir ces droits, les institutions des Baléares doivent créer les conditions qui assurent la connaissance des deux langues au sein de la population ; le citoyen qui s’adresse à l’administration de la Communauté autonome en catalan ou en castillan a le droit d’obtenir une réponse dans la langue de son choix.

Usage social du catalan : ombre et lumière

L’avenir du catalan, tout comme celui de toute autre langue occidentale, est étroitement lié à la transmission intergénérationnelle de la langue, d’une part, et d’autre part, à l’usage qui en est fait dans les diverses sphères publiques, comme l’enseignement, le travail et les loisirs. Dans la présente partie, nous nous pencherons sur la situation au sein des familles, ainsi que dans le système d’éducation, la pierre angulaire de la politique linguistique du gouvernement catalan.

Pour bien comprendre la situation sociolinguistique en Catalogne, il importe de préciser ce qui la différencie des autres territoires de langue catalane : dans la Principauté, les parents ont toujours transmis la langue catalane à leurs enfants. Cela n’est pas le cas en Catalogne Nord, où le français a remplacé le catalan, ni à Alghero, dominé par l’italien, ni dans certaines zones du Pays valencien. En Catalogne, environ la moitié de la population parle catalan à la maison. Cette proportion n’est pas uniforme dans tout le territoire, étant donné que dans certaines zones le pourcentage est très élevé, alors qu’il est beaucoup plus faible dans d’autres, par exemple dans la région métropolitaine de Barcelone et dans la grande région de Tarragone – c’est-à-dire les zones les plus peuplées de Catalogne – où les pourcentages oscillent entre 20 % à 40 %, et 40 % à 60 %, respectivement3. Malgré tout, nous pouvons affirmer qu’en ce qui concerne la transmission intergénérationnelle, le catalan gagne des locuteurs. Cette situation s’explique par la réunion de divers facteurs, comme le fait que certains territoires à forte population catalanophone ont historiquement accueilli peu d’immigrants, ce qui a favorisé une intégration assez rapide de ces nouveaux arrivants. Par ailleurs, dans les zones où les flux migratoires sont élevés, et par le fait même où la présence sociale du catalan est réduite, les couples catalanophones ont continué à transmettre leur langue à leurs enfants ; qui plus est, quand il s’agit d’un couple linguistiquement mixte, c’est-à-dire quand un seul des parents est catalanophone, un ou les deux parents parlent catalan aux enfants. C’est ce qui se passe dans la région métropolitaine de Barcelone et de Tarragone. D’ailleurs, ce comportement linguistique n’est pas nouveau. Galindo et Rosselló (2003) ont analysé la langue transmise aux enfants par leurs parents de 1995 à 2000 chez les résidents de Barcelone et dans sa région métropolitaine, soit un territoire principalement castillanophone. Dans ce contexte, les auteurs ont remarqué qu’il n’y a pratiquement pas de substitution linguistique quand les deux parents sont catalanophones (le pourcentage de transmission intergénérationnelle est de près de 95 %), alors que si les deux parents sont castillanophones, la transmission du castillan est de 82 %. Les autres ont donc choisi de parler catalan à leurs enfants ou, de façon secondaire, ont opté pour un cadre familial bilingue.

Le comportement linguistique adopté par les parents catalanophones avec leurs enfants en Catalogne (que l’on pourrait extrapoler à l’Andorre) ne reflète pas la situation de l’ensemble de l’aire linguistique catalane. Outre les cas déjà mentionnés de la Catalogne Nord et d’Alghero, notons que dans les îles Baléares de Majorque et de Minorque, le pourcentage de transmission intergénérationnelle du catalan se situe à plus de 90 %. Par ailleurs, dans la ville de Palma de Majorque et dans les îles d’Ibiza et de Formentera, de 10 % à 20 % des parents catalanophones parlent castillan avec leurs enfants. D’autre part, la situation qui prévaut dans la région métropolitaine de Valence est beaucoup plus alarmante : même si un grand nombre de gens parlent valencien avec leurs parents, moins de la moitié de la population adopte le même comportement avec leurs propres enfants4. De plus, dans les villes de grande et de moyenne taille de la Communauté valencienne, un processus de substitution linguistique plus ou moins intense est en cours, alors que dans d’autres villes de taille moyenne et dans les zones rurales, le catalan est utilisé par les couples linguistiquement mixtes ou allophones.

Le catalan dans le système d’éducation en Catalogne

Comme il a été abondamment documenté, la victoire fasciste de 1939 en Espagne a entraîné l’abolition de la langue catalane dans l’enseignement, ce qui a perduré pendant 40 ans. Le résultat de cette politique éducative est encore aujourd’hui amplement visible. Par exemple, selon l’Enquête linguistique5 réalisée en 2008 par le gouvernement catalan, moins de 37 % des personnes de plus de 30 ans déclarent être capables d’écrire le catalan. Malgré la répression à la fois politique et culturelle, la décennie 1960 est une période capitale pour la récupération du catalan dans l’enseignement. Fortement influencés par l’expérience de l’école québécoise St-Lambert, de nombreux pédagogues catalans ont décidé d’opter pour l’immersion linguistique afin de garantir la maîtrise du catalan et du castillan par les élèves à la fin de la période d’éducation obligatoire, sans séparer les étudiants en deux groupes en fonction de leur première langue.

Avec le rétablissement de la Generalitat6 en 1977, le gouvernement se donne comme objectif de généraliser l’enseignement du catalan dans toutes les régions de Catalogne, ce qui entrera en vigueur dès 1978. Pour la deuxième fois de l’histoire – la première étant durant la « parenthèse » de la Deuxième république –, le catalan est une matière scolaire en Catalogne. Durant la période de transition, trois modèles linguistiques étaient offerts dans les écoles catalanes : utilisation du castillan comme langue d’enseignement et catalan comme matière ; utilisation du castillan et du catalan comme langues d’enseignements ; utilisation du catalan langue d’enseignement et castillan comme matière, ce troisième modèle étant très marginal.

Les mesures prises par la Generalitat de 1978 à 1983 se caractérisent d’abord par la consolidation du catalan comme matière scolaire, à raison de trois heures d’enseignement par semaine à tous les niveaux. Cela explique comment, dès l’année scolaire 1982-83, 90 % des élèves fréquentant la maternelle et le primaire suivaient des cours de catalan. Comme deuxième étape, le gouvernement catalan a fait en sorte qu’au moins une matière soit enseignée en catalan, qu’au moins une autre le soit en castillan, sans compter les cours de langue à proprement parler. L’ensemble de ces mesures assure une présence minimale du catalan comme langue d’enseignement, mais dans les faits, année après année, le catalan devient de plus en plus la langue d’enseignement prédominante. Alors que le catalan était la langue d’enseignement dans moins de 2 % des écoles primaires au cours de l’année scolaire 1978-79, le pourcentage est passé à 9 % en 1983-84. À ce moment, on s’attendait à atteindre 30 % à court terme (Vila, 2000).

L’ampleur de l’enseignement en catalan est alors devenue péremptoire, tout en tenant compte que l’introduction du catalan comme matière scolaire n’avait pas pallié le manque de connaissance de cette langue. En d’autres mots, alors que la très grande majorité des élèves catalanophones étaient pleinement compétents en castillan, moins de 30 % des élèves castillanophones avaient un bon niveau en catalan (Servei d’Ensenyament del Catalan, 1983).

En avril 1983, le Parlement de la Catalogne approuve la Loi de normalisation linguistique, laquelle fixe l’enseignement obligatoire du catalan et du castillan à tous les niveaux d’éducation, à l’exception de l’université. Cette loi constitue un grand pas en avant par rapport à l’étape précédente puisque pour la première fois, le catalan est défini comme langue propre de l’éducation, ce qui fait en sorte qu’il est désormais possible de le consolider progressivement. Dans la pratique, cela implique d’abord que toutes les écoles devront enseigner des matières en catalan, puis que le modèle d’éducation en castillan seulement est voué à disparaître. En plus de constituer l’amorce du processus de catalanisation du système d’éducation, l’année scolaire 1983-84 marque le début du programme d’immersion linguistique dans les zones où les élèves non catalanophones représentent plus de 70 % de la population scolaire. Ce programme permet à l’élève de faire son apprentissage dans une langue différente de la sienne et a pour objectif l’intégration au système éducatif, dès le stade préscolaire, de l’élève qui n’a pas le catalan comme langue habituelle. Au fil du temps et du tiraillage entre les administrations catalane et espagnole, le cadre normatif de la politique de normalisation linguistique dans le domaine de l’enseignement préuniversitaire a été fixé : au niveau de la maternelle et au début du primaire, l’enseignement se fera en catalan, sauf si les parents choisissent l’option en castillan ; au niveau intermédiaire, la norme établit un minimum dans les deux langues, bien que la Generalitat, par la publication de divers décrets, ait amorcé une série de mesures visant à ce que le plus grand nombre possible de matières soient enseignées en catalan à tous les niveaux de l’éducation obligatoire. De 1990 à 1994, la Generalitat fait le pari de faire du catalan la langue d’enseignement prioritaire sur tout le territoire. Il s’agit du dénommé modèle de conjonction. Comme l’indique Vila (2000), cette décision s’explique par trois éléments : premièrement, on constate l’apprentissage du catalan à l’école ne change en rien les normes qui font du castillan la langue d’usage dans les conversations intergroupes. Deuxièmement, la permanence de jeunes secteurs castillanophones imperméables au catalan. Troisièmement, la décision du Tribunal constitutionnel de 1994 qui avalise des éléments de la politique linguistique en matière d’éducation qui étaient déjà reconnus. Le résultat de la catalanisation progressive du monde de l’éducation transparaît dans les chiffres rapportés par Arenas et Muset (2007) : au cours de l’année scolaire 1995-1996, le catalan est la langue d’enseignement dans plus de 94 % des écoles de la Principauté, parfois dans le cadre de l’immersion et d’autres fois sans besoin d’y recourir.

L’impact du système d’éducation sur les habitudes linguistiques

Au paragraphe précédent, nous mentionnions qu’au milieu des années 1990, les sociolinguistes avaient commencé à remarquer que malgré le fait que les cours soient donnés en catalan, il n’y avait pas nécessairement de changement au niveau du comportement linguistique des jeunes catalanophones. En fait, ces derniers continuaient à utiliser le castillan dans leurs contacts avec les membres de l’autre groupe linguistique. Nous analyserons cette situation, qui est synonyme de controverse récurrente au sein de la population. Avant de nous pencher sur ce point, nous aborderons le thème de la compétence linguistique des élèves catalans en nous basant sur diverses études sur ce sujet.

Lorsque nous comparons les aptitudes linguistiques en fonction des tranches d’âge, il est évident que le système d’éducation mis en place en 1983 a entraîné une amélioration spectaculaire de ces aptitudes chez les plus jeunes. Comme nous pouvons le constater dans le graphique ci-dessous, beaucoup plus de jeunes déclarent savoir parler, lire et écrire en catalan, comparativement aux plus âgés (à droite) qui ont été scolarisés en castillan seulement.

Enquête linguistique de 2001 par groupes d’âge. Pourcentages.

courbes

Source : Institut de Statistique de Catalogne ; graphique élaboré par l’auteur.

Après la mise en œuvre du modèle de conjonction linguistique, certains secteurs ont mis en question le niveau de compétence des élèves en langue castillane une fois l’éducation obligatoire terminée. Cette préoccupation est fort paradoxale, puisque tant les études menées au niveau de la Catalogne, de l’Espagne et à l’international ont démontré la même chose quant à la compétence linguistique : d’une part, le niveau de castillan des élèves catalans se situe dans la moyenne espagnole et, d’autre part, ils sont tout aussi compétents en castillan qu’en catalan à la fin de leur scolarité. Voyons ceci plus en détail.

Les travaux d’Arnau (2004) examinent différentes études menées par des organismes relevant des gouvernements catalan et espagnol de 1998 à 2001. L’analyse des données recueillies permet à l’auteur de conclure, en premier lieu, que le niveau de compétence en castillan des élèves catalans n’est pas inférieur à celui des élèves du reste de l’État espagnol. En deuxième lieu, la situation sociolinguistique qui prévaut en Catalogne limite davantage la maîtrise du catalan que du castillan, au point que même si les élèves catalanophones n’utilisaient pas le castillan, leur compétence dans cette langue est suffisamment bonne, ce qui n’est pas le cas dans la situation inverse : les élèves qui n’utilisent pas le catalan assez souvent ont un niveau de compétence est très faible dans cette langue (de même que l’utilisation qu’ils en font), même s’ils sont inscrits dans un programme d’immersion linguistique.

Dans le cadre des évaluations mises en place par le ministère de l’Éducation et de la Science, le Conseil supérieur d’Évaluation a mené une étude d’évaluation au niveau primaire en 2003, dans la foulée de la série d’évaluations effectuées à partir de 1995 pour des périodes de quatre ans. Ces études évaluent quatre secteurs du curriculum espagnol, soit la connaissance des milieux naturel, social et culturel, les mathématiques, la langue anglaise et la langue castillane, en plus de deux autres secteurs spécifiques au curriculum catalan, soit la langue catalane et la connaissance des milieux naturel, social et culturel de la Catalogne. L’échantillon est composé d’élèves de sixième année du primaire. Les résultats obtenus par les élèves en langue catalane sont supérieurs à ceux obtenus en castillan en ce qui concerne la compréhension orale (70,5 % comparativement à 57 %) et écrite (73 % comparativement à 63 %), alors que le castillan est en position favorable au niveau de l’expression écrite (71 % comparativement à 69 %). Cette étude conclut également que le niveau de compétence en castillan des élèves catalans les place un point au-dessus de la moyenne espagnole.

Les enquêtes du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) évaluent la préparation des élèves de 15 ans dans 57 territoires, y compris des États, des régions et des Communautés autonomes. Concrètement, le PISA 2006 évalue les compétences des élèves en sciences, en mathématiques et en lecture. Tous les examens sont faits en catalan, étant donné qu’ils doivent se faire dans la langue de scolarisation. En ce qui concerne la lecture, la Catalogne se positionne 15 points sous la moyenne des territoires de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et 16 points au-dessus de la moyenne espagnole. Par ailleurs, le rapport note que près de la moitié des jeunes n’ont pas été en mesure de réussir des tâches de lecture d’un niveau de difficulté moyennement élevé.

Finalement, l’Étude sociodémographique et linguistique des élèves de 4e année du secondaire en Catalogne (Estudi sociodemogràfic i lingüístic de l’alumnat de 4t d’ESO de Catalunya, Consell Superior d’Avaluació del Sistema Educatiu, 2008) évalue les connaissances qu’ont, selon eux, les jeunes de 16 ans en catalan et en castillan. La majorité des jeunes ont évalué avoir un meilleur niveau de compétence en castillan qu’en catalan. L’étude démontre également que les jeunes catalanophones ont une meilleure connaissance de leur langue seconde que les castillanophones.

En somme, l’examen des études réalisées au cours de la dernière décennie nous permet de constater une amélioration substantielle – quoiqu’il y ait d’importantes lacunes – de la connaissance de la langue catalane. Malgré tout, l’étude des données obtenues par ces études ne permet pas de savoir à quel point l’immersion et le modèle de conjonction ont modifié les normes d’usage des langues, aspect que l’on considère comme fondamental afin d’évaluer le degré de réussite de la politique éducative à ce niveau. En fait, parmi les quatre aptitudes linguistiques de base, l’expression orale est sans doute celle qui a été le plus négligée, probablement parce qu’on croyait qu’en priorisant le catalan dans l’enseignement, on en normaliserait l’usage. Cependant, il faut se rappeler qu’il n’existe pas de disposition légale faisant référence à une exigence quelconque d’usage du catalan dans les échanges privés entre les personnes. En ce sens, le modèle de conjonction linguistique « n’a pas d’incidence explicite sur l’usage de la langue entre les élèves ou entre les professeurs » (Consell Assessor de la Llengua a l’Escola, 2006).

Vila et Vial (2003) ont examiné cette question plus en profondeur. À partir d’enregistrements subreptices effectués dans la cour de 52 écoles primaires de toutes les régions de la Catalogne, il a été possible de déterminer que 60 % des énoncés entre camarades d’école se faisaient en castillan, alors qu’un peu plus d’un tiers des énoncés étaient en catalan.

Énoncés entre camarades selon la langue. Pourcentages.

tarte

Source : Vila et Vial (2001)

La recherche menée par Galindo (2008) à partir des données recueillies par Vila et Vial fait ressortir toute une série d’éléments dont il faut tenir compte afin de comprendre le comportement linguistique des élèves catalans. Dans son analyse, l’auteure soulève que les catalanophones et les castillanophones ont davantage de conversations dans leur première langue (L1) que dans leur langue seconde (L2), bien que les proportions ne soient pas identiques selon le groupe linguistique des membres : alors que 4 messages sur 5 émis et reçus par les élèves de L1 castillane sont en castillan, chez les catalanophones, la proportion de messages en catalan est plutôt de 3 sur 5. Les élèves provenant de familles bilingues se situent à un point intermédiaire, quoique leur comportement se rapproche davantage de celui des élèves de L1 castillane.

En situation intragroupe – c’est-à-dire les conversations entre les membres d’un même groupe linguistique –, les pratiques linguistiques ne laissent que peu de place à la langue seconde. La situation est autre lorsque nous considérons les interactions intergroupes : tant les élèves de L1 castillane que ceux de L1 catalane utilisent leur langue seconde. Cela étant dit, l’usage du castillan par les élèves de L1 catalane est deux fois supérieur à celui fait du catalan par les élèves de L1 castillane.

Au-delà de la langue d’usage en famille, d’autres variables doivent être prises en compte pour comprendre les comportements linguistiques des préadolescents catalans. Par exemple, il a été démontré qu’en tenant compte du large éventail d’acteurs faisant partie des réseaux sociaux de chaque individu, il est plus facile de prédire l’usage qu’il fera du catalan et du castillan qu’en se référant à la langue d’usage en famille. Par ailleurs, la démographie linguistique de l’école nous permet aussi de comprendre pourquoi on entend plus ou moins le catalan dans la cour de récréation. Ainsi, tout semble indiquer qu’il faut un minimum de 30 % d’élèves de L1 catalane pour que cette langue ait une certaine présence dans la cour, sans quoi elle devient une langue résiduelle dans cet environnement. Dans les écoles où les élèves catalanophones sont davantage présents (plus de 70 %), le castillan est entendu dans environ 20 % des échanges. L’analyse des usages en fonction du pourcentage d’individus selon la première langue révèle aussi de claires différences sociopragmatiques au moment de déterminer quelle langue sera employée avec qui. De ce point de vue, bien que la norme de convergence vers le castillan continue à être le comportement habituel entre les jeunes, cette norme est beaucoup plus faible dans les écoles où le pourcentage de catalanophones est élevé. En dernier lieu, il est possible d’établir un lien entre les usages et la langue d’enseignement. Autrement dit, nous nous sommes demandé à quel point le fait que la langue d’enseignement véhiculaire soit principalement le catalan, ou que les deux langues le soient conditionne les usages linguistiques entre pairs. Les données démontrent que peu importe la ou les langues d’enseignement, le castillan domine dans les interactions entre les élèves. Dans le cas des écoles où le catalan est la principale langue d’enseignement, le castillan est utilisé dans environ 58 % des conversations enregistrées, alors que dans les centres éducatifs où les deux langues sont utilisées dans l’enseignement, environ 82 % des conversations sont en castillan. Galindo conclut donc que cette variable a peu ou presque pas d’incidence sur les choix linguistiques.

Le catalan, langue commune des nouveaux immigrants ?

La population des territoires où le catalan est la langue propre a eu une croissante importante au cours de la première décennie de ce siècle, et ce, principalement en raison de l’arrivée d’immigrants provenant des quatre coins de la planète. Selon les données obtenues auprès des différents instituts de la statistique, plus de 1 200 000 personnes se sont installées en Catalogne, environ 700 000 aux îles Baléares et plus de 600 000 au Pays valencien (pour cette communauté, les chiffres correspondent à la période 2005-2009). L’immigration n’est pas un phénomène inconnu en Catalogne, pays qui a historiquement accueilli des contingents migrants aux origines diverses. La dernière et plus importante vague migratoire en Catalogne a eu lieu des années 1950 aux années 1970, alors qu’environ 1,5 million de personnes provenant de toute l’Espagne se sont installées en Catalogne. Il n’est donc pas étonnant de constater que près de 40 % de la population catalane est née à l’extérieur de ce territoire (au Canada, il s’agit d’environ 20 %). Il importe également de mentionner que plus du tiers des nouveaux immigrants en Catalogne proviennent de pays où la langue officielle est l’espagnol, c’est-à-dire le castillan.

En 2008, le gouvernement catalan a approuvé le Pacte national pour l’immigration, lequel comprend trois axes : d’une part, la gestion des flux migratoires et l’accès au marché du travail ; d’autre part, l’adaptation des services publics à une société diverse ; finalement, l’intégration à une culture publique commune. Les mesures d’intégration linguistique des nouveaux arrivants font partie de ce dernier axe. Elles se résument par le pari fait par l’Administration catalane qui veut faire du catalan la langue commune, la langue de cohésion au sein d’une société aux origines très diverses. Cet objectif implique donc l’habilitation linguistique de tous les nouveaux venus. Dans quelles langues ? En catalan et en castillan, mais il importe de noter que le Pacte prévoit l’acquisition des compétences de base dans les deux langues dans cet ordre précis. Il en est ainsi parce que dans le contexte sociolinguistique catalan, une personne qui apprend d’abord le catalan finit par apprendre aussi le castillan ; si les nouveaux venus apprennent d’abord le castillan, peu d’entre eux réussissent à maîtriser le catalan.

Aujourd’hui, la langue catalane a plus qu’une valeur symbolique, elle constitue un capital important pour ceux et celles qui aspirent à prospérer dans les diverses sphères de notre société. En somme, quand un immigrant apprend le catalan, il perd cette condition et devient l’un des « nôtres ». Cependant, le processus d’apprentissage de la langue par les nouveaux arrivants n’est pas facile. Plusieurs d’entre eux, en arrivant en Catalogne, découvrent que dans cette partie de l’État espagnol on parle une langue qui n’est pas le castillan, et ils peuvent tarder à réaliser l’importance sociale d’être compétent dans cette langue, surtout s’ils travaillent dans les régions métropolitaines de Barcelone, de Valence ou de Palma de Majorque, où la langue de travail est la plupart du temps le castillan. Il faut par ailleurs tenir compte du projet de vie de ces personnes : ceux qui prévoient retourner dans leur pays d’origine dans un laps de temps relativement court démontrent peu d’intérêt envers la langue locale. Les idéologies linguistiques des agents d’accueil – faisant partie ou non d’entités gouvernementales – sont également importantes à ce chapitre. Dans plusieurs cas, ils ne font pas de lien entre l’intégration sociale et l’intégration linguistique. Ils voient le catalan comme une langue minoritaire face au castillan, langue comprise et parlée par toute la population, ce qui fait en sorte que c’est par cette langue que s’effectue leur insertion dans la société catalane. Évidemment, nous ne pouvons pas ignorer le fait que la Catalogne – comme les autres territoires catalanophones – ne dispose pas de tous les outils juridiques nécessaires pour gérer les flux migratoires, ce pour quoi les décisions les plus importantes finissent par être prises à Madrid. En dernier lieu, il importe de se rappeler les choix faits par les catalanophones dans les conversations intergroupes, ce dont j’ai parlé auparavant. Dans l’ensemble, nous sommes encore très loin de pouvoir affirmer que le catalan est la langue commune entre les membres des divers groupes linguistiques que cohabitent aujourd’hui en Catalogne.

Conclusion

Le catalan est une langue millénaire tout à fait prête à relever les défis auxquels est confrontée une société moderne et plurielle comme la catalane. Elle peut aussi répondre à ses besoins. Sans entrer dans les détails, la présence du catalan sur Internet est remarquable, le nombre d’entreprises disposant d’une version catalane de leur site Web est en pleine croissance et il existe un nombre très élevé d’outils permettant d’étudier cette langue par le biais des nouvelles technologies. En ce qui concerne les médias, la presse écrite, la télévision et surtout la radio réussissent à obtenir une bonne part de marché. Dans un autre ordre d’idées, de plus en plus d’adultes suivent des cours de catalan, le chiffre atteignant 125 000 étudiants au cours de l’année 2008-2009. Il s’agit là d’éléments positifs qui permettent d’entrevoir avec optimisme l’avenir de la langue catalane. Malgré cela, le catalan aura de nombreux défis à relever au cours du XXIe siècle. Faire du catalan la langue commune de tous les Catalans alors que les catalanophones ne sont pas majoritaires au pays est un défi colossal. Mais le défi le plus complexe à relever consiste à obtenir un cadre juridique au sein de l’État espagnol qui la place sur un pied d’égalité avec le castillan.

 


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1 Pour davantage de renseignements, consultez le
http ://www.plataforma-llengua.cat/estudis/interior/60

2 Pour davantage de renseignements, consultez le
http ://www.plataforma-llengua.cat/estudis/interior/61

4 Ibid.

5 Enquesta d’usos lingüístics de la població 2008.

6 Generalitat est le nom du gouvernement de la Catalogne. Cette institution a existé dès le XIVe siècle. Pour plus d’information, consultez la page
http ://www.gencat.cat/generalitat/cat/guia/antecedents/index.htm

 

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