Martin Gibert. Voir son steak comme un animal mort

Martin Gibert
Voir son steak comme un animal mort. Véganisme et psychologie morale, Montréal, Lux éditeur, 256 pages

Voir son steak comme un animal mort est un essai engagé et militant portant sur le véganisme. Cette idéologie déclare les animaux moralement et juridiquement égaux aux humains et défend donc la non-utilisation totale de toute matière animale, autant dans les domaines de l’alimentation que dans ceux du vêtement et de la recherche. Cet essai affirme que l’idéologie végane est un mouvement politique et moral, ainsi que la voie la plus vertueuse pour assurer un meilleur traitement des animaux, des causes sociales ainsi que de l’environnement. Il faut tout de suite donner un avertissement au lecteur potentiel de cet essai. Il existe un malheureux et tenace préjugé. Celui qui dépeint le militant végane comme un individu hargneux qui observe avec dédain ceux qui ne partagent pas son idéologie. Cet essai ne dissipe pas ce préjugé. Gibert tente de défendre son propos en dénonçant les incohérences et vices de pensées chez ceux qui n’adhérent pas au véganisme ainsi qu’en associant son discours aux grandes causes de la justice sociale.

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Sylvain Tesson. Berezina

Sylvain Tesson
Berezina, Guérin, 2015, 199 pages

En 2012, Sylvain Tesson, écrivain casse-cou, spécialiste du genre « littérature de voyage extrême », entend souligner à sa façon le 200e anniversaire de la retraite de Russie. Accompagné de quatre de ses amis, deux Français et deux Russes, il enfourche un side-car qui le mènera de Moscou à Paris dans une aventure littéraire et historique de quatre mille kilomètres. Mais pourquoi s’investir dans une telle aventure ? Parle-t-il de lui quand il écrit que « L’homme n’est jamais content de son sort, il aspire à autre chose, cultive l’esprit de contradiction, se propulse hors de l’instant. L’insatisfaction est le moteur de ses actes » (p. 17). Et cette « insatisfaction », n’est-elle pas due à cette constatation : « Il y a deux siècles, des mecs rêvaient d’autre chose que du haut débit. Ils étaient prêts à mourir pour voir scintiller les bulbes de Moscou » (p. 19). Mais ce livre ne saurait se résumer à la mélancolie d’un hyperactif romantique. À sa manière, l’écrivain-bourlingueur (ou le bourlingueur-écrivain, c’est selon) veut répondre à sa propre question : « Quel était aujourd’hui le terrain d’expression de l’héroïsme ? » (p. 193)

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Aurélie Lanctôt. Les libéraux n’aiment pas les femmes

 Aurélie Lanctôt
Les libéraux n’aiment pas les femmes, Montréal, Lux éditeur, 128 pages

Les libéraux n’aiment pas les femmes est le premier livre d’Aurélie Lanctôt, jeune vedette du militantisme féministe québécois. L’auteure est chroniqueuse dans plusieurs tribunes, dont le journal Voir, Urbania, la Gazette des femmes et le site Ricochet. Le livre est une attaque contre la politique économique du gouvernement Couillard, décrite comme étant particulièrement nuisible à la condition féminine québécoise. L’ouvrage parvient à déployer un argumentaire souvent habile et incisif qui présente bien les effets nocifs des politiques d’austérité du gouvernement libéral, mais le propos est toutefois diminué par plusieurs failles dans la forme et le fond du texte.

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Steve Gagnon. Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles

Steve Gagnon
Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, Atelier 10, collection Documents, 2015, 78 pages

Steve Gagnon est né en 1985. Actif surtout dans le milieu du théâtre, il signe avec Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles une courte et passionnée réflexion sur la condition masculine. Comme moi, le lecteur butera peut-être sur le titre d’emblée : comment un territoire, et non un être humain, peut-il être « fier », et pourquoi la proposition « tu déposeras tes meubles », dont l’articulation à « Je serai un territoire fier » n’est déjà pas évidente, ne contient-elle pas de pronom ou de complément circonstanciel de lieu ? Peut-être l’auteur voulait-il dire : « Je serai une maison aux fondations profondes et tu y déposeras tes meubles » ? À la lecture, on se rend rapidement compte, hélas, que ce français bancal n’est pas fortuit et qu’il est la marque de l’auteur.

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Frédéric Bérard et Stéphane Beaulac. Droit à l’indépendance

Frédéric Bérard et Stéphane Beaulac
Droit à l’indépendance. Québec, Monténégro, Kosovo, Écosse, Catalogne, Les Éditions XYZ, 2015, 271 p.

À l’heure où l’on entend dire que la question nationale intéresse moins qu’auparavant, la parution d’un livre sur le droit à l’indépendance ne pouvait que nous intriguer. Surtout quand il s’agit d’un livre rédigé par deux juristes d’obédience fédéraliste, Frédéric Bérard et Stéphane Beaulac, alors qu’au cours des dernières années les livres portant la question nationale ont plus souvent été l’œuvre de souverainistes.

D’emblée, ce livre provoque toutefois une certaine déception. Alors que son titre, Droit à l’indépendance. Québec, Monténégro, Kosovo, Écosse, Catalogne, annonce une vaste étude puisant abondamment dans des cas étrangers, il s’agit plutôt d’un long commentaire sur le Renvoi relatif à la sécession de la Cour suprême du Canada de 1998 avec quelques références à des cas étrangers visant essentiellement à mettre en valeur ce renvoi.

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Automne 2018 - Sommaire

Fragilités et résistances des nations   Le numéro Automne 2018 explore la notion de nation à travers les ouvrages récents sur les Innus, les Achinabés et les Canadiens français en questions. Ce numéro traite également de l'État québécois et des problématiques sociales actuelles, de même que de divers thèmes environnementaux. Éditorial - Un livre à la foisRobert Laplante

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Automne 2018 - Un livre à la fois

La chicane d’intendant derrière nous, il faut donc reprendre là où les partis politiques n’ont pas voulu aller. Ils sont nombreux les observateurs à avoir déploré que la campagne électorale n’ait pas fait la place qu’elle mérite à la culture. Tout le monde s’est rangé derrière le fait qu’a été bien accueillie la politique culturelle déposée in extremis par le gouvernement Couillard, pour faire du surf sur de généreuses généralités. L’essentiel, pourtant, n’a pas été sérieusement abordé ni débattu. Il faudra entreprendre de se donner un cadre global de réflexion. La culture est au fondement de notre identité et le marqueur le plus puissant de l’expression de notre langue et de notre façon de vivre. Poussière sur le continent, notre peuple n’en porte pas moins une vision du monde, un projet de civilisation qui peut apporter au concert des nations.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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