Hydrocarbures : citoyens versus promoteurs

L’idée que des citoyens préalablement informés puissent avoir autant de légitimité que des scientifiques et des élus pour participer à l’encadrement des technologies reste propre à de petits cénacles, elle n’est toujours pas admise chez les politiques.
– Jacques Testart1

Depuis une dizaine d’années au Québec, dans les dossiers d’exploitation des ressources naturelles et de productions industrielles, particulièrement dans celui des hydrocarbures et, plus globalement, celui de la politique énergétique, les promoteurs industriels et les décideurs politiques se gargarisent avec deux concepts fondamentaux : développement durable et acceptabilité sociale, l’un et l’autre faisant l’objet de controverses incessantes et constituant un terrain de confrontation récurrente entre les élus, les milieux d’affaires et les citoyens.

Cet état de fait m’apparaît totalement improductif, car déconnecté de notre société contemporaine où le citoyen joue un rôle de plus en plus actif grâce notamment aux réseaux modernes de communication et à un niveau d’éducation de plus en plus ouvert sur le monde. Force est d’admettre que le constat fait par Testart en 2003 est l’un des principaux obstacles qui sévissent encore en 2016, minant les efforts de conciliation pragmatique des concepts de développement économique, de respect de l’environnement et des droits, et surtout de sécurité et de bien-être collectifs.

Le dossier des hydrocarbures versus les énergies vertes est représentatif de la confrontation entre, d’une part, les élus et les représentants des entreprises et, d’autre part, les principaux intéressés, les citoyens eux-mêmes. De surcroît, les prises de position de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), par la voix de sa présidente Françoise Bertrand, sont typiques du double discours des promoteurs corporatifs et gouvernementaux qui cherchent à contourner la volonté citoyenne lorsque celle-ci ne correspond pas à leurs objectifs de développement.

À ce sujet, les propos de la présidente Bertrand publiés dans La Presse (2011-06-17) et cités par Bernard Vachon2 sont extrêmement significatifs : « […] la notion d’acceptabilité sociale ne doit pas être interprétée comme une façon de permettre à une minorité ou à des groupuscules organisés de bloquer des projets industriels ». L’auteur d’ajouter : « En plus d’être démagogiques, ces propos trahissent une méconnaissance et la négation du rôle de la participation citoyenne dans le processus décisionnel des grands projets industriels qui concernent la collectivité globale ». J’approuve totalement l’analyse de Bernard Vachon.

Nous refusons l’implantation de milliers de puits de schiste dans la vallée du Saint-Laurent ; un collectif d’environ 170 scientifiques québécois s’oppose à la fracturation du schiste ; des organismes représentant des milliers de citoyens, comme Nature Québec, Coalition Eau Secours !, Fondation David Suzuki, AQLPA, s’y opposent aussi, tout en préconisant de façon concrète la transition réelle vers les énergies renouvelables ; L’Élan global pour un Québec libre des hydrocarbures3 regroupe jusqu’à présent plus de 35 000 adhérents dont plusieurs personnalités publiques.

Peut-être la présidente considérait-t-elle aussi les habitants de Gaspé comme un groupuscule nuisant aux projets lorsqu’ils se sont confrontés à Pétrolia à propos du puits Haldimand et de la protection de leur eau potable, et partage-t-elle les propos de Gaston Langlais, porte-parole du Regroupement pour l’avancement économique de Gaspé, qui disait que la Ville a eu des pressions des faux écolos qui disaient n’importe quoi ! Et qui sait si elle ne considère pas aussi comme des nuisances publiques les 168 habitants de Ristigouche qui ont courageusement tenu tête à Gastem, grâce notamment à la solidarité de dizaines de municipalités québécoises et de leurs milliers d’habitants, afin eux aussi de protéger leur eau potable.

Par cette conception de l’action citoyenne, la présidente fait montre de la même ignorance et de la même arrogance aussi méprisable que méprisante que l’ex-ministre des Ressources naturelles Normandeau qui affirmait que le Québec fait face à des groupes de pression s’opposant au progrès à contre-courant.

La raison d’être et les objectifs des organisations environnementalistes et citoyennes ne sont pas de bloquer le progrès, mais d’en transformer le concept et l’application de façon à la fois réaliste et responsable, c’est-à-dire en le rendant viable pour les générations futures aussi bien qu’actuelles en tenant compte des avancées scientifiques sur le climat et de notre responsabilité concernant l’état de la planète, plutôt que de se référer à la seule notion de profit local à court terme.

À l’heure de la crise climatique, du Sommet de Paris et de la revendication citoyenne généralisée et rigoureusement référencée par l’actualité et la science, il est plus qu’évident que l’appui aux énergies fossiles est dangereusement passéiste et à contre-courant alors que sont démontrés efficients tous les facteurs pro-énergies renouvelables et pro-économie d’énergie.

Il est temps que la FCCQ délaisse les schèmes d’affaires de la première moitié du vingtième siècle et s’aligne sur les valeurs et les certitudes les plus probantes de notre époque, dont la disparition progressive, mais imminente du recours aux énergies fossiles et l’évidente progression des énergies renouvelables annonciatrice de réalisations concrètes et de profits pour ses membres et ses clients, comme le démontre un rapport mondial d’Accenture et du CDP : « La transition vers les énergies à faibles émissions de carbone pourrait créer jusqu’à 380 milliards d’euros par an de valeur nouvelle pour les opérateurs d’énergie4. » Désormais, la recherche de profits à court terme est indissociable d’une vision et d’un projet à long terme.

Par son appui aux hydrocarbures et son mépris de la population, la FCCQ démontre un manque flagrant de vision et une déconnexion dramatique de la réalité québécoise contemporaine, même si elle prétend contribuer à la qualité de vie et la prospérité des communautés et accueillir avec ouverture les grands choix du Québec, avec intégrité et transparence au regard du développement durable5. Qu’en est-il vraiment, sachant que la population s’oppose majoritairement à la fracturation du schiste et au pipeline promus par la FCCQ ?

En demandant un encadrement rigoureux pour les entreprises, les communautés et les groupes d’opposition, elle voit tout en termes commerciaux et confond entreprises et associations citoyennes, démontrant ainsi sa méconnaissance totale de celles-ci. Des règles administratives et législatives spécifiques pour les entreprises sont une nécessité absolue de bon fonctionnement ; et les communautés relèvent déjà des lois générales et des réglementations qui leur sont propres. Quant aux groupes qu’elle qualifie à tort d’opposition, car ils sont plutôt des groupes de promotion de justice sociale et de développement équitable, ils s’encadrent eux-mêmes dans le respect des lois. Ces associations, créées par les citoyens pour agir sur des problématiques communautaires qui les concernent directement, ne peuvent être confondues avec les instances administratives commerciales ou gouvernementales ni soumises à leurs règles d’encadrement autres que les lois générales.

Dans le même sens, un communiqué de la FCCQ révèle sa perception de l’action citoyenne : « Autant l’industrie que les groupes et les coalitions d’opposition, qu’ils soient environnementalistes ou citoyens, doivent faire preuve de transparence sur leur structure et moyen de financement, et en étant inscrits en bonne et due forme au registre des lobbyistes. Les règles doivent être les mêmes pour tous les joueurs impliqués », suggère Mme Bertrand.

Le seul objectif des pressions pour classer les organisations citoyennes comme lobbys est d’endiguer leurs ressources et limiter leurs actions. Pourquoi les règles devraient-elles être les mêmes pour les corporations et entreprises à but lucratif et pour les simples citoyens dont le seul intérêt est le bien-être collectif ? Par ailleurs, on peut être transparent sans être inscrit au registre des lobbyistes et y être inscrit n’est pas une garantie de transparence.

En opposant entreprises et organisations citoyennes comme compétitrices, la présidente dénie la spécificité de celles-ci et le statut des principaux intéressés, les citoyens, à la fois bailleurs de fonds et bénéficiaires des entreprises en tant que clients et payeurs des subventions aux entreprises, membres des communautés au bien et à la prospérité desquelles elle prétend contribuer. De ce fait, les citoyens devraient être considérés comme des interlocuteurs prioritaires et privilégiés par les pétroleux et gouvernementeux au lieu d’être dénigrés et ignorés par eux. Par ce genre de discours, la présidente et la FCCQ nous disent : nous voulons votre prospérité, à la condition que vous soyez d’accord avec nos valeurs et approuviez aveuglément nos projets.

Autre intervention de la présidente révélant sa propension à vouloir le contrôle de l’opinion publique plutôt que sa prise en compte. Dans son discours d’ouverture à la 6e conférence annuelle de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), elle « a réitéré la nécessité que le gouvernement du Québec s’engage en première ligne pour favoriser l’acceptabilité sociale des projets de développement des hydrocarbures […] Le gouvernement du Québec a encore beaucoup de chemin à faire pour favoriser l’acceptabilité sociale des projets. »

D’un point de vue citoyen, l’objectif ne doit pas être de favoriser l’acceptabilité sociale à tout prix, mais de la vérifier et de prendre acte de la volonté citoyenne, en procédant par une diffusion d’informations diversifiées, indépendantes et objectives, par la reconnaissance de l’expertise citoyenne et par la consultation effective des citoyens. La FCCQ n’a pas à dicter leur conduite ni au gouvernement ni encore moins aux citoyens qu’il est sensé représenter.

Par ailleurs, concernant Énergie Est, lorsqu’elle base son argumentaire sur le fait que « les besoins des Québécois en hydrocarbures demeurent très importants [pour] plusieurs décennies […] dépendance [qui] nous coûte chaque année environ 14 milliards de dollars », la présidente biaise la réalité sachant qu’Énergie Est ne changerait rien aux besoins et aux modes d’approvisionnement pétroliers québécois, et elle fait ainsi écho à la duperie du président d’Énergie Est, John Soini, qui déclare (Le Devoir, 2016-02-04) : « Les oléoducs demeurent le moyen le plus sécuritaire de transporter le pétrole dont le Québec a besoin chaque jour », comme si l’on ignorait que ce pétrole sera transformé, exporté et utilisé ailleurs.

Même propagande démagogique lorsqu’ils tentent de nous convaincre que le choix se pose entre le pipeline et des milliers de convois pétrolifères : le Québec n’a aucune obligation de choisir entre un déversement catastrophique dans nos cours d’eau et un convoi qui lui explose dans la tronche, seulement pour satisfaire la quête d’hypothétiques profits commerciaux pour certaines entreprises et pour enrichir une pétrolière albertaine, lesquelles se foutent absolument de notre avis et de notre intérêt collectif aussi bien que de l’état de la planète, de la crise climatique et des générations futures.

Le choix n’est pas : pipeline ou convois pétroliers ; le choix est : le Québec soumis au chantage économique et sociologique de TransCanada et de ses alliés politiques et commerciaux ou le Québec libre de décider pour lui-même et de ne pas se rendre complice de cette abomination écologique qu’est l’exploitation du sale pétrole bitumineux.

La présidente daigne néanmoins faire mention des renouvelables, comme on parle d’un chauffage d’appoint ou d’un second conducteur : « Le développement des filières énergétiques vertes représente aussi une opportunité économique importante […] il est judicieux de favoriser […] les investissements dans nos ressources renouvelables ». Judicieux, suggère-t-elle ? Primordial et incontournable seraient plus appropriés. Le hic, c’est qu’énergies fossiles et énergies vertes sont devenues fondamentalement inconciliables et seul un contexte de transition peut désormais leur permettre de cohabiter. Or, les concepts de transition énergétique et de développement durable ne doivent pas servir de prétextes au statu quo et à la quête de profit dans l’aveuglement volontaire et le déni. Ainsi, lorsque la présidente déclare : « Le gouvernement doit également faire preuve de réalisme et de pragmatisme quant à la vitesse des changements dans les modes de consommation d’énergie […]  », on devine que sa définition du pragmatisme frôle davantage le statu quo et la relégation aux prochaines générations que la prise en compte de la volonté citoyenne actuelle et de l’urgence d’agir.

Parlant transition énergétique, rappelons les propos de Denis Hayes, coordonnateur du premier Jour de la Terre (1970), ex-directeur de l’Institut (américain) de recherche sur l’énergie solaire :

La transition vers un monde sans pétrole est imminente et pourrait être pénible si nous ne la préparons pas maintenant […] La question n’est pas de savoir si nous devons faire cette transition, la seule question est de savoir si elle sera harmonieuse, fondée sur une planification et une préparation judicieuses, ou chaotique et le résultat de crises politiques et économiques de plus en plus graves6.

C’était en 1977. Ses paroles acquièrent aujourd’hui un sens d’urgence incontestable qui concerne toutes les sphères politiques, entrepreneuriales et citoyennes.

Et parlant développement durable, les propos suivants sont encore plus pertinents maintenant qu’en 2007 :

Les citoyens désabusés ne font pas confiance aux politiciens. Rien de surprenant, quand les multinationales imposent leurs règles avec la complicité des gouvernements en place. De grandes institutions non élues prennent des décisions qui affectent la vie de peuples entiers n’ayant pas leur mot à dire […] Mais qu’est-ce qui légitime le fait que les intérêts financiers des entreprises pèsent plus lourd que les droits des peuples ? À tous ceux qui portent l’étendard du développement durable, nous voulons souligner les dangers insidieux de cette approche souvent récupérée par les relations publiques des grandes entreprises7.

Un certain Jean Charest affirmait récemment devant la communauté d’affaires de Québec : « […] on insiste trop sur les risques […] Ce qu’on entend n’est pas le reflet de la réalité ». L’auteur de l’article ajoute qu’à l’époque où il dirigeait le Québec, M. Charest avait donné son appui au projet Keystone XL également piloté par TransCanada.

On ne demandera pas aux Charest et Bertrand, pas plus qu’aux maires Lévesque et Labeaume qui appuient aveuglément Énergie Est, de consulter les sites Convoi citoyen8 et Non à une marée noire dans le Saint-Laurent9, mais une petite recherche leur permettrait de découvrir ce que donnerait une explosion pipelinesque dans le Saint-Laurent près de Québec ou dans la Saint-Maurice en amont de la prise d’eau potable de Trois-Rivières10.

Doit-on vraiment faire la liste des centaines d’incidents et de catastrophes provoqués par l’exploitation des hydrocarbures et du gaz de schiste et par le transport pétrolier pour démontrer que le Québec ne peut se permettre de tels risques pour acheminer le pétrole albertain vers l’exportation ou pour enrichir les gazières ?

Intégrité et transparence

Les promoteurs industriels, commerciaux et gouvernementaux nous serinent constamment leur mantra de confiance, de vigilance, de consultation, d’acceptabilité sociale, de développement durable, de respect des lois. La présidente Bertrand nous parle de transparence, de rigueur et de respect des règles convenues dans une société de droit.

Voyons brièvement et partiellement ce qu’il en est pour TransCanada et ses alliés pétroleux.

Pour le Keystone XL américain, des collusions et conflits d’intérêt entre TransCanada et les instances chargées d’évaluer et d’approuver le projet furent mises à jour à trois reprises. Comment ne pas supposer que ce genre de magouille a lieu au Québec, alors que depuis le début de la saga des hydrocarbures, la population assiste à une suite de prévarications inadmissibles ?

C’est aussi TransCanada qui déclarait au Québec qu’il est très facile de récupérer le pétrole lourd dans l’eau après avoir admis exactement le contraire devant l’Office national de l’énergie.

Le ministre Heurtel reconnaît que le projet de pipeline Énergie Est devrait être évalué en vertu des dispositions prévues par la Loi sur la qualité de l’environnement. Mais il a tout de même décidé de lancer l’étude du projet sans s’y conformer, puisque TransCanada refusait de se plier à la réglementation en vigueur au Québec depuis 35 ans11.

Le ministre Heurtel refuse de lancer une étude indépendante sur le transport de pétrole par train, malgré les nombreuses demandes en ce sens12.

Sur le site du RVHQ, malgré l’opposition citoyenne :

[…] le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles a même fait évaluer les besoins de main d’œuvre liés au forage de 3600 puits de gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent13.

Une semaine avant la révélation médiatique de la magouille de son ministère concernant l’approbation des travaux de TransCanada à Cacouna, le ministre Arcand déclarait publiquement : « Faites-nous confiance, nous sommes très vigilants ! »

Parlant de Cacouna, si l’on se tapait une bonne rigolade de clowneries gouvernementales !

Le gouvernement fait-il respecter la loi et la respecte-t-il lui-même ? :

Malgré le fait qu’il ait essuyé uniquement des refus de TransCanada à ses demandes répétées d’un avis scientifique en bonne et due forme, le gouvernement du Québec a d’ailleurs autorisé en août 2014 l’entreprise à mener des forages sous-marins dans le secteur maritime de Cacouna14.

On en rajoute une p’tite couche, y a pas de gêne !

Plus d’un an et demi après les faits, le ministère de l’Environnement du Québec a décidé d’imposer une amende à TransCanada [qui] n’avait pas demandé l’autorisation l’an dernier avant de réaliser des levés sismiques en plein cœur de l’habitat critique du béluga, à Cacouna. L’entreprise, qui développe un projet de pipeline d’une valeur de 12 milliards de dollars, devra donc payer une amende de 5000 $ pour avoir enfreint la Loi sur la qualité de l’environnement. Il s’agit de la sanction minimale prévue. Avant de décider d’imposer une sanction pécuniaire de 5000 $, le ministère dit avoiranalysé le dossier et obtenu l’avis des experts15.

Les experts du gouvernement ont-ils bien évalué le risque que cette amende extrêmement dissuasive accule TransCanada à la faillite ? Je crois plutôt que les transcanadiens sont morts de rire, 5000 $, c’est à peu près ce que leur coûte un party de bureau de fin d’année !

On remet ça avec une question, d’accord ? Le ministère de l’Environnement donnera-t-il une amende aussi mirobolante au ministère des Ressources naturelles et à son ministre Arcand pour avoir toléré et même encouragé cette magouille pétroleuse ?

Et ça fait comme si nous ne les voyions pas ! Et ça prétend nous faire la leçon ! Et ça ne comprend pas que les citoyens se méfient d’eux et de leur pseudo-transparence !

Conclusion

Dans tous les dossiers relatifs à l’environnement et à la dangerosité des technologies, les citoyens sont traités par les promoteurs industriels et politiques comme des crétins ignorants et des interlocuteurs de second ordre.

Les autorités font des audiences bidon, à peine annoncées et avec des délais et des règles déraisonnables pour des citoyens bénévoles non habitués aux interventions publiques.

Face à l’action citoyenne, leurs arguments typiques sont : nous les avons mal informés et ils sont trop émotifs, comme si l’émotion était anormale et incompatible avec la raison face aux Fukushima16 et aux Deep Water Horizon17. À ce sujet, pour bien cerner le cynisme affairiste de la FCCQ, citons ici un extrait de son mémoire présenté en octobre 2015 à la Communauté métropolitaine de Montréal lors des audiences sur Énergie Est : « Ce n’est pas parce qu’il y a eu un accident, aussi dramatique soit-il, qu’il faille tout arrêter et pour toujours18 ! » Après une telle déclaration, on peut légitimement s’inquiéter de la limite catastrophée au-delà de laquelle la présidente Bertrand considère qu’il faille tout arrêter et pour toujours.

Leur élitisme méprisant et démagogique les empêche de reconnaître que les citoyens sont parfaitement capables de s’informer adéquatement, d’analyser judicieusement les faits et de prendre des décisions éclairées, et qu’ils le font justement au point même d’informer le gouvernement plutôt que l’inverse.

Ils n’admettent pas que l’ère est révolue de cette élite politico-industrielle autoproclamée détentrice exclusive de la vérité et grande dispensatrice (infantilisante) de connaissances pour la populace présumée ignare. Ils n’admettent pas qu’il n’est pas nécessaire d’être ingénieur ou scientifique pour analyser certaines situations et que le simple bon sens suffit pour comprendre que tous les puits de schiste fuiront un jour et qu’il est insensé de prétendre pouvoir gérer des milliers de tonnes de déchets radioactifs sur des centaines de milliers d’années, qu’il est irresponsable voire même criminel de léguer à nos descendants de telles bombes à retardement, produits de notre fuite en avant collective, n’en déplaise à la présidente de la FCCQ qui, dans le mémoire déjà cité, qualifie les citoyens inquiets de « groupes qui nourrissent des craintes exagérées et qui contribuent à l’immobilisme dont les générations futures ne peuvent faire les frais19. » On en rirait si ces propos n’étaient idéologiquement si ignorants et méprisants !

Plutôt que de persister dans leur jovialisme passéiste, il leur faut devenir futuristes et miser sur le seul véritable progrès possible pour notre époque que sont les énergies renouvelables plutôt que sur la fossilisation du futur énergétique québécois et planétaire.

L’auteur d’une thèse de doctorat datant des années trente et dormant dans une bibliothèque de l’UdeM écrivait au sujet de la pollution industrielle qu’un jour viendrait où nous ne pourrions plus en ajouter dans l’atmosphère et qu’il fallait déjà s’en préoccuper. S’agissant des GES, il nous faut impérativement appliquer l’adage populaire qui dit qu’on ne peut faire entrer un gallon dans une pinte : la coupe est pleine et déborde, les citoyens en sont conscients et agissent en conséquence, aux élus de se rallier à eux au plus sacrant plutôt que de les ignorer et dénigrer ! Qu’on en finisse au Québec avec ce sempiternel conflit entre gouvernement et population, entre élus et citoyens, chaque fois qu’il est question d’énergie !

Nous sommes les citoyens, les principaux intéressés, les occupants du territoire, nous sommes le Québec, et nous refusons Énergie Est, les puits de gaz de schiste, l’exploitation des hydrocarbures au Québec ; nous refusons la perpétuation du sabotage systématique de nos formidables atouts qui nous permettraient de devenir des leaders internationaux en énergies renouvelables. Nous exigeons l’institution immédiate d’un programme efficace d’économie d’énergie et d’une véritable politique énergétique fondée sur l’élimination maximale de la dépendance au pétrole et sur le recours maximal aux énergies renouvelables et à l’électrification des transports. q

ANNEXE-1

Quelques exemples d’intérêt public connus des citoyens qui s’informent et fondent leurs actions sur des faits avérés.

Rapport du Commissaire à l’environnement :

[…] la commissaire dénote que les conditions d’approbation des projets de pipelines ne font pas toujours l’objet de suivi adéquat. En fait, pas moins de la moitié des cas de suivi examinés par son équipe étaient déficients […] Or, ces incidents «peuvent mettre les population en danger et contaminer les écosystèmes » […] Le tiers de ces manuels [de mesures d’urgence] étaient incomplets20

État d’urgence en Californie :

Le bris d’un oléoduc de 61 centimètres est à l’origine de la fuite de 400 000 litres de pétrole dont 80 000 litres se sont écoulés dans l’océan. Le déversement a duré près de trois heures avant que le flot de pétrole ne soit coupé […] Il reste de nombreuses questions, notamment pourquoi n’y avait-il pas de système d’arrêt automatique sur cet oléoduc relativement nouveau, et pourquoi les premières mesures n’ont pas été plus efficaces pour arrêter la fuite21 ?

Marée noire à Sept-Îles :

Déversement de 450 000 litres de mazout. La situation actuelle paralyse le trafic maritime dans ce secteur et fait perdre beaucoup d’argent à certaines entreprises22.

Alberta-important déversement de produits pétroliers :

Le pipeline ayant fui avait été mis en place l’an dernier […] Le système de détection de fuite n’a pas été déclenché, donc impossible de savoir depuis combien de temps le pipeline coulait23.

Montréal-collision ferroviaire dans Saint-Henri :

C’est en effet dans ce secteur résidentiel […] que transiteront les wagons chargés de brut des sables bitumineux en direction de Belledune, dès 2017. […] Les conducteurs du convoi de 25 wagons, qui circulait à une vitesse inférieure à 30 kilomètres-heure, n’ont pas vu à temps le signal qui leur ordonnait pourtant de s’arrêter pour céder le passage à un train porte-conteneurs. […] Il a fallu plus de deux mois pour réaliser le nettoyage. […] Pour le candidat du Parti vert Daniel Green, cet accident sonne toutefois comme une sérieuse mise en garde. « Le train automatique a percuté un train de grains. Je ne veux même pas imaginer la tragédie si le train avait été un des nombreux trains de pétrole qui passent ici ». […] Malgré cela, le gouvernement Couillard ne prévoit pas de mener de consultations ou d’audiences publiques spécifiques au projet24.

Oklahoma-fracturation-séismes :

En 2015, l’Oklahoma a recensé plus de 900 tremblements de terre d’une magnitude proche de 3, soit deux et demi par jour. […] Selon Bloomberg, l’Oklahoma Geological Survey, une instance scientifique, a subi des pressions de la part des sociétés pétrolières pour ne pas établir de liens entre l’hydrofracturation et les séismes et a longtemps affirmé que les secousses étaient un phénomène naturel25.

Colombie Britannique-fracturation-séismes :

La commission du pétrole et du gaz de la Colombie-Britannique a confirmé qu’un tremblement de terre de magnitude 4,6, l’été dernier, a été provoqué par des opérations de fracturation hydraulique à proximité. Il s’agit d’une des plus puissantes secousses au monde attribuées à la technique controversée26.

Californie-gazières-agriculteurs-conflit de l’eau :

En période de sécheresse, les gazières siphonnent tant d’eau qu’elle vend aux agriculteurs désespérés son eau résiduelle et polluée pour irriguer leurs cultures. Tant qu’à siphonner, siphonnons à fond, n’est-ce pas27 ?

Mais Charest nous dit que ça ne reflète pas la réalité, et Bertrand qu’il faut éviter d’exagérer et s’appuyer sur des faits réels ! Et tout ce beau monde accuse les citoyens inquiets d’être des saboteurs de progrès à contre-courant, des ignorants mal informés, des faux écolos, des minorités et des groupuscules empêchant les projets, des immobilistes aux craintes exagérées ! Et bien sûr, le Québec étant une société distincte, il est à l’abri de toute catastrophe et ceux qui en évoquent les risques sont des alarmistes sans crédibilité ! Dégoûtant est le mot le plus modéré me venant à l’esprit !

Préambule au bloc des Annexes 2, 3 et 4

Puisque la présidente Bertrand déclare que la FCCQ va « collaborer avec le gouvernement pour que la nouvelle politique tienne compte de tous les atouts énergétiques du Québec […] », et que « le Québec ne doit pas tourner le dos à de nouveaux investissements, particulièrement au chapitre de l’énergie  », on aimerait connaître son analyse de la fuite des opportunités et des inventions dont le Québec est victime depuis des années et qu’elle nous révèle ce qu’elle entend faire pour contribuer à maintenir chez nous de telles possibilités de développement énergétique autres que l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste.

Comment pouvons-nous croire en la détermination du milieu des affaires, de Hydro-Québec et du gouvernement libéral pour développer les énergies renouvelables et profiter collectivement de nos ressources de recherche quand on sait de quelle façon on a traité en 2006 l’incroyable opportunité que nous proposait Siemens, géant de l’éolien, qu’on a écartée du revers de la main avec ses quelque 2500 emplois potentiels ; sachant aussi qu’on a failli saboter complètement le projet de monorail découlant de l’invention du moteur roue par M. Pierre Couture chez HQ, projet qui n’en finit plus d’être balloté dans tous les sens de façon insensée et qui, selon la FTQ, aurait pu créer des emplois en remplacement de ceux perdus avec la fermeture de G2 ; sachant de surcroît que la batterie super-performante conçue chez HQ sera produite industriellement... en France !!!

De mon point de vue de citoyen qui tente de comprendre l’actualité et de trouver un sens aux magouilles et collusions transparaissant dans l’espace public, certains dossiers restent totalement nébuleux à l’aune du simple bon sens.

ANNEXE-2 : SIEMENS

Nota bene : ce qui suit de l’Annexe-2 est la reproduction intégrale d’un long extrait tiré du texte « Histoire de l’Énergie au Québec » de Daniel Breton paru dans L’Action nationale, nov.-déc. 2010.

« Le projet Siemens : cachotterie d’Hydro-Québec et du gouvernement »

Objectifs

Projet de parc, d’usine et de partenariat de recherche et développement avec l’IREQ en éolien, 4 milliards de dollars, 3 000 mégawatts, jusqu’à 2 500 emplois permanents.

GES

Négligeables

Émissions polluantes

Négligeables

En 2006, une fuite fait découvrir aux Québécois via les médias que le gouvernement vient de refuser un gigantesque projet de développement éolien dans le Nord du Québec. En effet, la compagnie allemande Siemens, alléchée par le potentiel gigantesque du Québec, rencontre MM. Thierry Vandal et Jean Charest en personne et leur propose une offre que toute personne sensée ne saurait refuser. C’est pourtant ce qu’ils feront, mais ces messieurs se garderont bien d’en parler.

Il faudra donc une fuite pour que cela se sache et la SQ (Sûreté du Québec) sera mandatée pour faire enquête sur l’origine de la fuite. Comme si le problème résidait dans la fuite…

Cette offre, la voici : la compagnie Siemens veut venir s’installer au Québec afin d’y implanter un parc éolien jusqu’à 2 000 mégawatts dans le Nord-du-Québec grâce à l’installation de turbines dernier cri opérationnelles jusqu’à -60 degrés Celsius. Ces éoliennes peuvent donc fonctionner dans plus de 99 % des cas des conditions climatiques !

Mais ce n’est là que la première étape.

L’entreprise allemande veut faire du Québec son siège social en Amérique du Nord pour la fabrication de toutes les éoliennes qu’elle vendra. Ces éoliennes seraient construites dans une usine qui serait installée au Saguenay. De plus, la compagnie s’engage à ouvrir ses livres au gouvernement afin qu’il voit combien lui coûte l’opération et lui vende l’électricité produite au prix coûtant plus 15 %. Il est important de rappeler que contrairement au prix des hydrocarbures, de l’hydroélectricité ou du nucléaire, le prix de l’éolien diminue d’année en année, rendant cette technologie déjà parmi les moins chères sur le marché dès maintenant !

Siemens propose, dans une phase subséquente, d’installer 2 000 MW supplémentaires et d’investir 4 milliards de dollars supplémentaires.

Mais le plus beau est l’entente proposée de partenariat de recherche et développement avec l’IREQ afin qu’Hydro-Québec développe sa propre expertise, ses propres chercheurs et puisse s’épanouir et devienne une référence comme elle l’a été dans l’hydroélectricité dans les années 1970.

Évidemment, il n’y a pas que des côtés positifs à cette entente, mais je vous propose de vous pencher sur la condition qui peut être, pour certains, problématique. Il s’agit de la clause d’exclusivité, exigeant qu’Hydro-Québec s’engage à utiliser les turbines de Siemens développées conjointement avec Hydro-Québec. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais cela ne me semble pas une si grande condition, n’est-ce pas ? Rappelons-nous que les turbines hydrauliques viennent toutes de chez General Electric.

À la suite du refus d’Hydro-Québec et du gouvernement, Siemens s’est installée en Iowa.

Lorsqu’on compare le nombre d’emplois permanents qui auraient été créés par ce seul projet avec ceux de tous les autres projets plus polluants, néfastes pour la santé et émetteurs de gaz à effet de serre, il y a lieu de se poser de sérieuses questions sur la compétence ou la bonne foi des dirigeants d’Hydro-Québec et du gouvernement.

ANNEXE-3 : Québec-moteur roue-monorail

MGV Québec (monorail grande vitesse) :
http://mgvquebec.ca/electrification-des-transports/

Extrait : « Si l’adhésion de plusie urs politiciens ou de la population ne faisait pas défaut à la démarche de TrensQuébec, celle des organismes, du monde des affaires et des experts du domaine des transports n’était pas au rendez-vous. À tel point que le projet d’études a réussi très difficilement à faire son chemin jusque dans la stratégie d’électrification des transports dévoilée vers la fin 2013 par le gouvernement du Québec. »

Ensemble-Presse coopérative et indépendante :
http://journalensemble.coop/article/2014/02/le-monorail-grande-vitesse-enjeu-national/532

Extrait : « Pierre Couture rappelle que son groupe de traction et son monorail ont toujours eu deux objectifs. Le premier est de donner au Québec son indépendance énergétique. "Si on fait le groupe de traction tel que je l’ai défini pour transférer tout le parc automobile sur le réseau électrique, la consommation va tomber à environ 7 % du pétrole actuel, avec un ajout de moins de 5 % à la consommation du réseau, sur une période de transition de 15 ans. C’est insignifiant, mais dans nos poches, c’est 10 milliards $ par année. Le second objectif est de régler le problème de pollution due au transport automobile à l’échelle mondiale28 " ».

Roulez électrique :
http://roulezelectrique.com/pierre-couture-depossede-de-son-projet-de-monorail-a-moteurs-roues/

Extrait : « Aujourd’hui Pierre Langlois se questionne sur ce qu’il advient de l’éthique au Québec, lorsque des gens veulent s’approprier le projet d’un éminent chercheur comme Pierre Couture, l’inventeur du moteur-roue, sans avoir son appui […] Pierre Langlois est consultant en mobilité durable, auteur et conférencier. Il est d’ailleurs l’auteur du livre Rouler sans pétrole, publié aux Éditions MultiMondes. »

Mémoire-FTQ-2013-Sur les impacts reliés au déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2 et le plan de diversification économique pour les secteurs du Centre-du-Québec et de la Mauricie
http://ftq.qc.ca/wp-content/uploads/ftqimport/8366.pdf

Extrait : « La FTQ demande donc au gouvernement d’inciter Hydro-Québec à proposer des mesures concrètes pour le maintien et la création d’emplois hydro-québécois dans les municipalités touchées […] Un des créneaux qu’on n’a pas suffisamment nommés dans le remplacement de Gentilly-2, c’est toute la biomasse mauricienne qui pourrait être transformée dans le parc industriel. Ça pourrait être une avenue très créatrice d’emplois et de remplacement de l’énergie que Gentilly-2 ne fournira plus... attirer davantage d’entreprises vertes, voir si on est capable d’attirer des entreprises reliées à l’électrification des transports […] Par ailleurs, certains projets plus importants pourraient assurer un développement à long terme. Le développement d’un monorail électrique pour le transport de personnes et de marchandises, d’abord entre Montréal et Québec et, éventuellement, entre diverses autres régions du Québec, est un exemple d’un éventuel gros projet, bon pour l’économie, l’emploi et l’environnement. »

ANNEXE-4 : batterie super-performante

Les textes ci-dessous cités parlent d’eux-mêmes :

Sur le site de l’Association des véhicules électriques du Québec :

Exposé détaillé des objectifs et défis de la filiale française d’Hydro-Québec pour la production des batteries du futur.

À la clé, pas moins de 600 emplois directs […] Alain Rousset, le président PS du Conseil régional d’Aquitaine, rêve que sa région devienne leader à l’échelle internationale dans la fabrication de batteries haute performance […]…C’est une opportunité qui ne se présentera pas deux fois pour Lacq, voire pour l’Europe29.

La Tribune-Bordeaux :

L’Aquitaine, bientôt leader mondial des batteries du futur ?

Aujourd’hui, Hydro-Québec est la seule entreprise au monde à même de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production de ces batteries […] Il faut dire que les domaines d’applications sont nombreux : dans les transports (voitures, trains, bus, avions, marine...), la défense ou encore les appareils connectés. Un marché en plein essor, avec l’émergence des villes intelligentes30.

Conclusion au bloc des Annexes 2, 3 et 4

Je ne suis ni économiste, ni politicien, ni ingénieur, mais j’ai un minimum de jugement, j’aimerais bien qu’on m’explique comment Hydro Québec, et avec lui le gouvernement québécois, ont besoin d’une filiale française pour produire cette batterie en Europe plutôt que de créer ces 600 emplois à Bécancour où de la main d’œuvre qualifiée attend encore une relocalisation suite à la fermeture de Gentilly-2.

Avec ces 600 emplois, les 2500 emplois perdus avec Siemens et ceux qui auraient été créés avec le moteur roue et le monorail, on frise amplement les 4000 emplois, de quoi regarnir l’économie durement éprouvée de la Mauricie–Centre-du-Québec ! Quand on est capable d’investir quelques milliards pour sauver l’entreprise Bombardier dans laquelle plus aucun investisseur ne veut s’impliquer, on devrait pouvoir créer des emplois chez nous plutôt qu’en France, n’est-ce pas madame la présidente !

Décidément, avec la fuite de Siemens, du moteur roue et de la batterie super-performante, la décennie québécoise 2006-2016 aura été un fiasco complet en matière de création d’emplois verts et de richesse éco-responsable au Québec. Comme par hasard, au cours de la même décennie, on a entendu à profusion les Charest, Bouchard, Couillard, Normandeau, Arcand, Caillé, Vandal et… Bertrand de la FCCQ, pour ne nommer que ceux-là, promouvoir à tous crins l’exploitation des hydrocarbures, notamment le gaz de schiste, en dépit de l’opposition généralisée et au mépris des principaux intéressés, les citoyens eux-mêmes.

 


1 Réflexions pour un monde viable, Jacques Testart, Mille et une nuits, no 50, Fayard, 2003, p. 24.

2 « L’aménagement du territoire confronté à la “ route des huiles ” », Bernard Vachon, dans Le Québec face à l’ordre pétrolier canadien, L’Action nationale, février-mars 2015, p. 104-105.

3 L’Élan Global : https://www.thunderclap.it/projects/31716-doublons-l-lan

4 Énergies à faibles émissions de carbone, un marché lucratif prometteur :

http://www.enerzine.com/14/18980+energies-a-faibles-emissions-de-carbone---un-marche-prometteur+.html

5 Sauf mention autre, les citations relatives à la FCCQ proviennent des documents paraissant sur : http://www.fccq.ca/FCCQ-role-mission-orientations.php

6 Rays of Hope, The Transition to a Post-Petroleum World, Denis Hayes, Worldwatch Institute, 1977.

7 Objecteurs de croissance, Écosociété, 2007, p. 128-129.

8 Convoi citoyen : https://convoicitoyen.wordpress.com/

9 Non à une marée noire dans le Saint-Laurent : https://www.facebook.com/groups/nmnsl/

10 Moscou-pipeline-rivière en feu : https://www.youtube.com/watch?v=WMNcR71RSCA

11 « Le ministre Heurtel a dû lancer l’étude du BAPE sans la collaboration de TransCanada », Alexandre Shields, Le Devoir, 13 février 2016

12 « Heurtel refuse de lancer une étude indépendante sur le transport de pétrole », Alexandre Shields, Le Devoir, 31 octobre 2015

13 https://www.rvhq.ca/communique-rvhq-somme-le-gouvernement-couillard-de-renoncer/

14 Voir la note 11.

15 « Levés sismiques : Québec impose l’amende minimale à TransCanada », Alexandre Shields, Le Devoir, 21 septembre 2015

16 « Les enfants de Fukushima sont en train de mourir » http://www.nautiljon.com/actualite/daily+life/les+enfants+de+fukushima+sont+en+train+de+mourir-4501.html

17 « Impact on Children and Families of the Deepwater Horizon Oil Spill: Preliminary Findings of the Coastal Population Impact Study » (Impact du déversement sur les enfants et les familles : données préliminaires de l’étude d’impact sur les populations riveraines), David M. Abramson ; Irwin E. Redlener ; Tasha Stehling-Ariza; Jonathan Sury ; Akilah N. Banister; Yoon Soo Park, Columbia University : http://academiccommons.columbia.edu/catalog/ac:128195

18 Un projet dont le Québec a besoin, Position de la Fédération des chambres de commerce du Québec présentée à la Communauté métropolitaine de Montréal dans le cadre de la Consultation publique sur le projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada, 8 octobre 2015 : http://cmm.qc.ca/fileadmin/user_upload/consultation/oleoducTranscanada/M110_OLEODUC_FCCQ.pdf

19 Voir le bloc des Annexes-2, 3 et 4, leur préambule et leur conclusion

20 « La commissaire relève d’importantes lacunes », Presse canadienne, Fannie Olivier, 26 janvier 2016

21 « Fuite de pétrole : la Californie déclare l’état d’urgence », Radio-Canada avec Associated Press et Agence France-Presse, 21 mai 2015

22 « Déversement de 450 000 litres de mazout à Sept-Îles : le Québec en pleine marée noire », Presse-toi à gauche, NON à une marée noire dans le Saint-Laurent, 17 septembre 2013

23 « Une brèche dans un pipeline neuf a causé le déversement majeur en Alberta », Radio-Canada, 17 juillet 2015

24 « Mise en garde contre les grands convois pétroliers », Le Devoir, Alexandre Shields, 7 octobre 2015

25 « Dans l’Oklahoma, le gaz de schiste provoque des séismes à répétition », Le Monde, 15 janvier 2016

26 « Confirmation d’un des plus importants séismes déclenchés par la fracturation hydraulique », Radio-Canada, 16 décembre 2015.

27 Think Progress.org, «California Farmers Are Watering Their Crops With Oil Wastewater, And No One Knows What’s In It », 5 mai 2015.

28 « MGV Québec. Le monorail à grande vitesse, enjeu national », Ensemble, Nicolas Falcimaigne, 27 février 2014

29 « Exposé détaillé des objectifs et défis de la filiale française d’Hydro-Québec pour la production des batteries du futur », aveq.ca, 25 février 2015

30 « L’Aquitaine, bientôt leader mondial des batteries du futur ? », Nicolas César, La Tribune, 23 février 2015

 
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