L’entrée en politique

Extrait de Denis Monière, Grandir pour servir : mémoires d’un enfant de la révolution tranquille, Montréal, Éditions Monière-Wollank, 2016, 145 p.

La politisation de la jeunesse fut l’un des traits caractéristiques de la Révolution tranquille. Ce phénomène n’était pas propre au Québec puisqu’il s’est manifesté dans la plupart des pays développés durant les années soixante, aussi bien en Amérique qu’en Europe. Cette irruption de la jeunesse, comme force politique, était unique à l’échelle historique. Il y a certes eu beaucoup de jeunes dans les mouvements révolutionnaires, mais ils étaient minoritaires dans la société et ces mouvements ne répondaient pas à des objectifs fixés par la jeune génération. À notre époque, ce phénomène résultait d’un effet démographique, l’arrivée massive à l’âge adulte des enfants nés après la Seconde Guerre mondiale. Cet effet a été baptisé le baby-boom.

Ce qui est propre toutefois au Québec, c’est le fait que la contestation mettait en cause non seulement les structures traditionnelles de la société et les valeurs qui la légitimaient, mais qu’elle attaquait aussi la structure politique et le système politique canadien en réclamant la libération nationale du Québec. La jeunesse québécoise participait au mouvement mondial contre la guerre du Vietnam, s’engageait de plus en plus dans les voies de la contre-culture et s’identifiait aux luttes anti-impérialistes ; mais elle avait une cause supplémentaire à assumer, celle de sa propre libération du système politique canadien.

L’engagement politique était en quelque sorte une obligation morale des intellectuels. Un de nos maîtres à penser, Sartre, professait sur toutes les tribunes et, en particulier dans sa revue les temps modernes, que le philosophe devait participer à l’histoire qui se fait. « L’écrivain est en situation dans son époque : chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi1.  » Il ne suffisait pas de penser, d’étudier, d’apprendre, il fallait aussi prendre position sur les problèmes de sa société à l’aide de sa raison. Il y avait aussi, dans la pensée sartrienne, un autre aspect qui nous interpellait : certes, l’intellectuel doit tendre vers l’universel, mais il est en même temps un être situé dans une époque et dans une société. Il doit aussi se définir dans son contexte particulier et prendre fait et cause pour ceux qui sont opprimés. Cette idée avait des résonances dans notre milieu où l’universalisme abstrait justifiait le mépris de la société québécoise. En outre, le message de Sartre était relayé par de nombreux écrivains et artistes québécois qui s’engageaient dans la lutte de libération nationale. Les chansonniers que nous apprécions participaient aux spectacles de financement du RIN et la revue Parti pris prônait l’indépendance du Québec.

Personnellement depuis l’enfance, je baignais dans un milieu indépendantiste. Mon choix ne s’inscrivait pas dans une révolte contre l’autorité parentale, mais coulait de source. Cet engagement indépendantiste se manifestait occasionnellement dans les discussions que nous avions avec les copains, dans les questions que je posais au professeur d’histoire ou encore dans les articles que je publiais dans le journal de l’école. Dans le journal des finissants de 11e année, j’ai retrouvé des commentaires humoristiques rédigés par Guy Desrochers qui témoignent de cet engagement précoce :

Mot d’ordre : « On va les avoir les Anglais  »
Chanson bannie de son esprit : « God Save the Queen  »

Mais contrairement à cette image d’anglophobie primaire que mon ami Guy avait retenue, mon option indépendantiste s’appuyait sur un argumentaire socio-économique très bien documenté qui s’inspirait des analyses publiées par le RIN2 et que j’ai présentées dans le Régional au printemps 1966. J’avais choisi des exemples susceptibles de frapper l’imagination des étudiants. Je résume les principaux points de mon argumentation.

Les Canadiens français forment une partie de la population canadienne concentrée sur un territoire propre, le Québec, qui possède ses institutions propres. Et pourtant, ils sont dirigés par des étrangers, ils ne sont pas en mesure de s’autodéterminer et ne peuvent être considérés au même titre que les autres nations libres du monde. Le droit international ne reconnaît pas les nations colonisées. Et tout cela parce qu’un jour, en 1867, quelques hommes décidèrent d’imposer à ce peuple colonisé une constitution qui ne pouvait être qu’illogique et démentielle pour tout esprit rationnel. On réduisait une nation au statut de minorité et on l’enfermait dans la prison du pacte fédéral pour mieux l’anéantir et l’assimiler.

Beaucoup de Québécois qui n’ont pu se libérer de leur mentalité de colonisé ignorent encore les conséquences de l’aliénation qui a résulté de la Confédération. Ils restent indifférents à ces conséquences néfastes et sont incapables de s’identifier comme Québécois et de voir les réalités en face. Même en ne considérant que les dernières années de ce siècle de vie commune de ces deux cultures, de ces deux pays qui forment le Canada, on peut relever une multitude de faits sur lesquels nous fermons souvent les yeux et qui sont pourtant significatifs des injustices du gouvernement fédéral envers les Québécois.

Au départ, il faut savoir que nous payons 30 % des taxes perçues par le gouvernement fédéral alors que nous ne constituons que 28 % de la population canadienne. Normalement les subventions devraient nous être attribuées dans la même proportion. Tel n’est pas le cas. Les disparités et les inégalités foisonnent. En 1961, les emplois offerts par le gouvernement fédéral aux étudiants du Québec s’élevaient à 57 sur un total de 585 pour l’ensemble du Canada, soit 9,7 %. La majorité des étudiants du Québec étaient probablement des anglophones. En 1962-1963, l’Université McGill a reçu du gouvernement fédéral 1 282 920 $ tandis que l’Université de Montréal n’en recevait que 478 165 $ bien que la population du Québec soit à 81 % francophone.

Autre fait à souligner, la proportion des chômeurs au Québec est de 8,92 % comparativement à 4,23 % en Ontario. Il n’y a rien de surprenant à cette disparité puisque la politique fédérale des travaux publics favorise les provinces anglophones. En 1962, elles ont bénéficié de 96 % des contrats du gouvernement fédéral, le Québec en a reçu 4 %. En 1963, pour le financement des routes d’accès, le Québec n’a reçu que 6 % du budget fédéral alors que nous représentons 28 % de la population. C’est ainsi qu’on arrive au revenu par personne qui, pour le Canada, s’élève à 1510 $, celui de l’Ontario étant de 1730 $. Quel est le revenu par personne des Québécois ? 1310 $. Et ceci n’est pas le revenu réel des Québécois francophones puisque ce chiffre inclut le revenu des anglophones. Si on le soustrait, le revenu réel des Québécois francophones tombe à 1065 $.

La Confédération a servi à légaliser le colonialisme et continue à accentuer la disproportion entre colonisateurs et colonisés. Les motivations pour faire l’indépendance sont de nature économique : favoriser le développement du Québec et améliorer la situation matérielle des francophones qui forment une classe-nation exploitée par la domination des Anglo-américains. Je soutenais qu’il fallait en quelque sorte poursuivre la logique de la nationalisation des compagnies d’électricité et reprendre possession non seulement de nos richesses naturelles, mais aussi de notre gouvernement et de nos ressources fiscales pour les mettre au service des Québécois. Ce projet était logique et rationnel.

Mon père était membre du RIN, mais il ne faisait pas de prosélytisme à la maison. De façon générale, il parlait peu et il ne discutait pas de politique, sauf à de rares occasions avec mes tantes de St-Jean qui partageaient ses convictions nationalistes. Il évitait le sujet dans les réunions de famille du côté de ma mère où on était fédéraliste. Il n’aimait pas les chicanes et j’imagine qu’il voulait éviter de placer son épouse en situation contradictoire, ma grand-mère ayant une admiration sans bornes pour sir Wilfrid Laurier et le Parti libéral.

C’est plutôt par osmose que je me suis imprégné du discours indépendantiste. Mon père recevait la littérature du parti et la laissait bien en vue sur la table du salon. Je lisais ainsi le journal L’indépendance où je trouvais les arguments nécessaires à ma formation politique. Je discutais aussi avec certains de mes professeurs qui étaient indépendantistes. Je me souviens de Venant de L’Étoile, un nom qui ne s’invente pas, qui réunissait de petits groupes d’étudiants au restaurant Paesano ou Chez Vito sur la rue Côte-des-Neiges autour d’une pizza, pour discuter de la situation des Canadiens français. Le contact avec tous ces jeunes gens politisés dont certains étudiaient à l’Université de Montréal nous inspirait confiance et nous montrait qu’on participait à un vaste mouvement d’émancipation. C’est ainsi que je décidai, en 1965, d’adhérer au RIN. Ma carte de membre portait le numéro 4599, ce qui n’avait rien à voir avec le nombre réel de membres. Je pouvais ainsi participer aux réunions des militants du comté de Laval et je me suis fait élire au poste de secrétaire de l’association du comté. Je prenais les notes lors de nos assemblées, je rédigeais le procès-verbal et j’envoyais les convocations aux réunions avec l’ordre du jour. Nous nous réunissions dans les bureaux du notaire Henri Vinet, au 3860 rue Notre-Dame, à Chomedey, une fois par mois. Nous organisions la distribution gratuite du journal L’Indépendance dans les boîtes aux lettres. Nous collions aussi des timbres avec le logo du parti : une corne de bélier rouge et noire. Certains militants menaient des opérations nocturnes, barbouillant les panneaux « STOP  » au coin des rues. Il fallait aussi nous préparer pour la prochaine élection qui allait être déclenchée pour le 5 juin 1966.

Le RIN innovait dans le contexte québécois par son mode de fonctionnement démocratique qui donnait un grand rôle aux militants. Mais cette vertu avait ses inconvénients puisque personne n’avait d’expérience électorale. Nous n’avions jamais participé à une campagne électorale et les membres les plus âgés étaient tout aussi néophytes en politique. Ils n’avaient jamais milité dans un autre parti.

Les statuts du parti que nous avions étudiés attentivement prévoyaient qu’on organise une assemblée de mise en candidature, mais comment trouver des candidats crédibles ? Le notaire Vinet aurait été un candidat prestigieux, mais il ne pouvait exposer sa pratique professionnelle à la vindicte des membres des autres partis qu’il comptait parmi sa clientèle. Certains de nos membres se devaient de rester discrets et cela s’imposait d’autant plus qu’ils jouissaient d’une certaine notoriété. La direction du RIN nous sortit de l’impasse en nous informant que le trésorier du parti serait disponible pour se présenter à Laval. Pierre Renaud était un homme d’affaires, mais qui, en raison de sa fortune personnelle, pouvait afficher publiquement ses convictions. C’était un candidat de prestige parce que sa fonction au sein du parti supposait une grande compétence d’administrateur. Nous avons rencontré un homme affable, posé, sérieux qui n’était certes pas un orateur captivant comme Pierre Bourgault, le charismatique chef du RIN, mais qui maîtrisait parfaitement la rhétorique indépendantiste. Nous avons donc organisé une assemblée d’investiture et j’en profitais pour inviter mes amies Adèle et Colette qui, comme moi, venaient d’avoir 18 ans et avaient le droit de vote.

Les libéraux avaient eu la bonne idée de ramener l’âge pour voter de 21 à 18 ans, pensant ainsi en tirer bénéfice auprès de la jeune génération. Ils n’avaient pas imaginé que cet électorat pouvait leur préférer d’autres partis et les conduire à la défaite. Ils n’avaient pas vu venir le vent de la contestation et de la radicalisation de la jeunesse.

On milite certes parce qu’on a des convictions et qu’on veut les incarner dans la réalité, mais il y a d’autres motivations plus prosaïques qui nous poussent à agir politiquement. Dans les organisations partisanes et dans les événements politiques, on espère rencontrer des gars ou des filles et élargir notre bassin de séduction. J’avais déjà fait quelques sorties avec Adèle et Colette, en particulier un voyage au Carnaval de Québec qui m’avait ouvert des perspectives. En les invitant, j’espérais me rapprocher d’Adèle qui m’attirait depuis longtemps. Je savais qu’elle venait d’une famille libérale, son père étant le propriétaire d’une boulangerie industrielle et se montrait très ouvert sur le plan des valeurs. Je crois que son père n’était pas mécontent de me voir fréquenter sa fille, car j’étais toujours reçu avec gentillesse et même si nous ne partagions pas les mêmes idées, il aimait discuter avec moi sur le bord de sa piscine. Pour ma part, j’espérais que ce rapprochement serait aussi bien physique que politique. Elle m’accompagna non seulement à cette assemblée, mais durant toute la campagne où nous avons effectué ensemble les tâches de militant.

Même si nos connaissances électorales étaient rudimentaires, nous étions bien conscients que nos chances de succès dans ce comté étaient faibles, car Laval était représenté par un poids lourd du Parti libéral : Jean-Noël Lavoie. De plus, il y avait une population anglophone importante dans cette circonscription. Ces perspectives peu encourageantes ne semblaient pas affecter notre candidat qui gardait un moral inébranlable. Cette première élection devait surtout servir à évaluer les forces indépendantistes et à nous faire connaître.

Notre jeune équipe de bénévoles fut formée par Thérèse Guérin, qui, issue de la permanence du parti, était venue nous enseigner les bases de l’organisation et les règles de la loi électorale. La vérification des listes d’électeurs était une opération fastidieuse, mais nécessaire à une époque où la pratique des télégraphes ou votes frauduleux était encore d’actualité. Elle l’est d’ailleurs toujours comme nous nous en rendrons compte lors des référendums. Il fallait aussi recruter des représentants dans les bureaux de scrutin pour le jour du vote. Cette opération était d’autant plus nécessaire que nous avions moins d’une centaine de membres et que notre objectif était d’être le plus visible possible.

Je fis partie de l’équipe chargée d’apposer les affiches du candidat sur les poteaux de téléphone. Nous partions la nuit dans la voiture d’un ami sillonner les routes de campagne en nous arrêtant aux endroits stratégiques. Il fallait aussi mobiliser les militants pour assister aux assemblées publiques aussi bien celles qui se déroulaient dans le comté que celles qui avaient une portée nationale. Généralement ces rencontres se tenaient dans des salles d’école où je me rendais avec Adèle pour préparer la salle, placer les chaises, organiser la tribune et coller des affiches sur les murs. Nous étions fiers de mettre notre banderole « On est capable  » derrière la tribune. Ce slogan nous galvanisait parce qu’il nous rendait responsables de notre destin.

Nous attirions entre 60 et 80 personnes par assemblée, c’était peu, mais nous comptions sur le rayonnement dans le quartier avoisinant où, par ces belles soirées de mai, les gens étaient dehors et pouvaient voir arriver les voitures pavoisées. Compte tenu du prestige de notre candidat, nous espérions la présence des journalistes, mais nos espoirs furent déçus.

Pour la dizaine de travailleurs d’élection que nous étions, participer aux grandes assemblées publiques était notre récompense. Le point culminant de cette campagne fut atteint le 1er juin à l’aréna de Montréal-Nord où 10 000 personnes étaient venues acclamer Bourgault et les 50 autres candidats du RIN. Nous vibrions à l’unisson sous l’effet du discours enflammé de Bourgault attaquant les turpitudes de Jean Lesage qui, durant toute la campagne, avait promené son arrogance partout au Québec, jouant sa partition en solo. La salle était surchauffée par les cris enthousiastes des jeunes militants qui brandissaient drapeaux et pancartes. Dans ces moments de grâce, on se laisse emporter, même si on essaie de garder la tête froide. Comment imaginer que toute cette énergie ne servirait à rien ? Mais être là, vivre cet instant magique, nous rendait euphorique.

Le 5 juin dès 8 h, je me rendis avec Adèle au bureau de scrutin à Ste-Dorothée. Je devais représenter le candidat dans deux bureaux, soit le 114 et le 116, car nous n’avions pas recruté suffisamment de militants pour assurer la représentation à tous les bureaux. À nous deux, nous devions surveiller l’ensemble des bureaux. Les deux autres partis étaient eux aussi représentés et le simple fait d’être là nous semblait déjà une victoire, car nous étions presque sur un pied d’égalité avec les deux vieilles machines électorales. Notre rôle était symbolique, car nous n’avions pas fait de pointage et nous n’avions pas de « runners  » pour venir chercher la liste des électeurs qui avaient voté, ce qui permettait aux téléphonistes œuvrant dans les partis bien organisés d’inciter les gens à aller voter et à leur offrir le transport en voiture afin d’influencer leur vote. Nous étions évidemment les plus jeunes et nous étions traités avec respect et sympathie par les personnes âgées qui travaillaient pour les autres formations. Et puis, nous étions du village. Le midi nous n’avions pas prévu de lunch et ce sont les autres partis qui nous ont nourris au poulet St-Hubert.

Notre rôle commençait en réalité à la fin de la soirée au moment du décompte. Il nous fallait être très vigilants pour vérifier les votes et empêcher les deux autres partis de déclarer nos votes nuls. Après le décompte, nous devions nous rendre à la permanence pour apporter nos résultats qui étaient comptabilisés sur un grand tableau. À la fin du décompte, Pierre Renaud a totalisé 3131 voix. Nous pensions évidemment faire mieux, mais notre déception fut compensée par la satisfaction d’avoir fait mordre la poussière au Parti libéral. La campagne du RIN avait permis de récolter 129 047 votes et 7,8 % des suffrages dans les comtés où nous étions présents. Fort de cette performance, le journal du RIN proclama que nous étions les vrais vainqueurs de cette élection. Pierre Bourgault déclara : « Nous avons fait battre les libéraux et nous en sommes fiers. Nous avons réduit le pourcentage de l’Union nationale et nous en sommes fiers3  ». Par ailleurs, dans une lettre postélectorale, Bourgault rappelait aux militants que l’indépendance n’était pas une récompense, mais un effort, un travail constant qui exigerait des sacrifices.

Cette analyse triomphaliste avait tout de même un fond de vérité puisque la division du vote avait permis à l’Union nationale de battre le Parti libéral du Québec en termes de sièges. On peut même spéculer et dire que n’eut été de la présence des candidats du RIN, le Parti libéral aurait été réélu et le Parti québécois n’aurait jamais vu le jour, puisque René Lévesque aurait probablement repris un poste de ministre et serait resté au Parti libéral. Comme le veut le dicton, « avec des si on va à Paris  ».

Dans les jours qui ont suivi l’élection, je dus prendre la route de l’usine si je voulais être en mesure de payer mes études dans le nouveau collège où je m’étais inscrit pour septembre.

Notre exécutif se remit à pied d’œuvre au retour des vacances en préparant un plan d’action pour l’automne. Il ne fallait pas laisser retomber la mobilisation. Nous nous sommes fixé trois priorités : préparer le congrès de Trois-Rivières, organiser une activité de financement avec Bourgault comme orateur invité qui aura lieu le 20 novembre à l’Hôtel Le Vicomte de Pont-Viau et, enfin, préparer le choix des délégués aux États généraux du Canada français qui avaient été annoncés par Rosaire Morin dans le numéro de décembre 1965 de L’Action nationale. Nous comptions présenter des candidats rinistes pour représenter le comté de Laval à ces assises de la nation. Nous voulions profiter de ce forum pour faire avancer l’idée d’indépendance dans l’opinion publique. Nous pensions pouvoir élargir l’influence du mouvement dans la société civile. L’élection des délégués régionaux eut lieu le 13 septembre et nous avions une équipe prête à occuper les postes ; et je fus élu délégué.

Le congrès du RIN allait adopter une nouvelle orientation idéologique en proclamant qu’il était le parti des travailleurs. Cela devait se traduire dans le programme, mais aussi dans les actions du parti. En plus de participer aux élections, nous allions militer dans la rue et appuyer les travailleurs dans leurs revendications. Même si j’étais étudiant, je n’avais aucune difficulté à m’identifier à la cause des travailleurs puisque durant les vacances d’été, je partageais leurs conditions. 

 


1 Les temps modernes, no 11 945

2 Jean-Guy Labarre, On chôme au Québec, Montréal, Les Éditions Actualité, 1964

3 L’Indépendance, vol IV, no 15, 24 juin 1966

Collections numériques (1917-2013)

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