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Éditorial - Le deni a assez duré

2016maijuin250C’est à peine commencé et, déjà, la course prend des tournures surréalistes. Enfermés dans le délire référendiste et piégés dans les multiples traquenards de la conduite d’échec, les premiers échanges sont restés dans les paramètres qu’en a dressé le cartel médiatique : la date du référendum, si référendum il y aura, et le rejet de la Charte des valeurs pour continuer de se prosterner devant le multiculturalisme. L’insistance des bonimenteurs et scribes à gages a fait son œuvre et voilà des têtes d’affiche qui réfléchissent dans les catégories de l’ordre établi. Tous les candidats sont englués dans les logiques défensives devant les mises en demeure que leur servent gardiens de la rectitude, promoteurs du statu quo et apatrides en tous genres. L’heure ne serait plus à l’indépendance, parait-il, et il s’en trouve parmi les aspirants leaders pour prétendre que leur rôle est de suivre l’opinion des adversaires et des sans opinion. Une idée avance quand ses porteurs la portent comme un possible, pas quand ils l’évoquent comme un souhaitable discrétionnaire. On fera l’indépendance en forçant le jeu, pas en farfinant sur les mille et une nuances du placement de produit et avec la bénédiction des spin doctors et autres gourous du marketing politique.

Le Parti québécois se perd dans la brume. Le début de la course s’est déroulé comme si les aspirants n’avaient rien retenu de ce qui a fait la réflexion du mouvement indépendantiste au cours des vingt dernières années. Tout se passe comme si la preuve était faite de son enfermement dans le parlementarisme provincial, comme s’il était un parti coupé du mouvement qui l’a porté. Les énoncés, jusqu’ici, sont restés bien sagement lancés dans des paramètres périmés, des paramètres qui alimentent encore la médiocrité médiatique, mais qui n’ont plus grand-chose à voir avec le paradigme qu’ont commencé à définir les diverses mouvances indépendantistes. Cette course devrait être une occasion de contrer la dispersion et l’éparpillement tout comme elle devrait être une occasion de se distancier des discours des analystes fossilisés qui depuis longtemps ne sont plus en phase avec les forces vives du mouvement. Les craintes sont grandes cependant qu’elle ne consacre un naufrage. Que le PQ ne mute en Union nationale post-moderne.

Voilà qu’il est désormais possible de s’y prétendre aspirant-chef en s’engageant à ne rien faire pour passer aux actes. On avait la triste habitude de savoir le parti timide, hésitant et velléitaire, voilà que les stratèges de la politique provinciale s’apprêtent à le draper dans le fétichisme. L’indépendance pour plus tard, l’indépendance comme idéal exigeant qu’on s’y prépare à grand renfort de moyens homéopathiques, l’indépendance après une énième dernière chance. L’indépendance dans la semaine des trois jeudis, sur la recommandation de savants experts qui sauront définir le meilleur moment de commencer à demander la permission d’agir en fonction de l’objectif. Le parti de l’alternance provinciale va lui aussi s’occuper des « vraies affaires » avant de passer aux idéaux accessoires. Les souverainistes de cet acabit ont perdu le nord. Ils traînent leur objectif comme un boulet, n’inspirent ni confiance ni compétence. La politique du doute et du manque de confiance en soi les ronge, tue tout appel à l’audace et au dépassement de soi.

Il est inutile de leur faire des procès d’intention quant aux objectifs de carrière sous-jacents. C’est bien davantage de leur canadianisation qu’il faut s’inquiéter. L’indépendance est la seule vraie affaire. La liberté seule importe. Car le Québec est empêché. Il n’est pas libre de ses choix, il ne contrôle pas les moyens qui lui permettraient de se gouverner en fonction de ses intérêts nationaux. S’imaginer qu’il y a moyen de moyenner, de « sauver les meubles » avant que les libéraux n’aient tout saccagé, c’est resté prisonnier de la cuisine alors que les courtiers vendent la maison. Il faut faire l’indépendance parce que rien dans le cadre provincial ne peut être tenu pour pérenne. Les États généraux de la souveraineté avaient identifié 92 blocages. Et il faudrait faire comme si rester dans le Canada ne coûtait rien ? Chaque jour qui passe érode nos positions. Et chaque jour qui passera sous un gouvernement provincial péquiste verra le Québec régresser. Le concert de lamentations qui accompagnera la régression ne changera rien à la réalité des choses, même si l’on doit concéder qu’il arrangera bien des lireux plus soucieux d’avoir une bonne défaite que de mener de vraies batailles.

Les militants sauront-ils recadrer les débats et ramener les candidats dans le monde réel, celui de la nécessité incontournable de l’indépendance ? Il faut souhaiter qu’ils sachent s’imposer avec force et intransigeance dans cette course où, jusqu’à présent, il est très peu question d’eux, de ce qu’ils veulent, du rôle qu’ils ont à tenir dans les instances du parti qu’ils font vivre. La campagne sur le terrain leur permettra peut-être de briser les sparages conçus pour les clips à la télé et les savantes analyses à 140 caractères.

L’attrait du pouvoir provincial est un leurre. Et il n’est efficace qu’à la condition de ne rien savoir de ce qu’est le Canada, de ce qu’il pense du Québec. Ottawa estime avoir réglé une fois pour toutes le cas du Québec. Les souverainistes ne lui font plus peur – et l’effraieront encore moins si le spectacle actuel continue. Mais c’est un État, alors il ne prendra aucun risque. Il s’organise en sachant qu’il peut compter sur une phalange d’inconditionnels agglutinés autour du PLQ qui, au pouvoir comme dans l’opposition, ne reculeront devant rien pour saper l’État du Québec. Et il sait qu’il pourrait très aisément tenir la dragée haute et déstabiliser un gouvernement péquiste qui aurait lui-même choisi de ne pas livrer bataille, c’est-à-dire qui aurait choisi de gérer la province avec les moyens Canada lui laisse.

Une course à la direction qui ne place les programmes que dans le cadre de la gestion provinciale n’a qu’un seul véritable enjeu : le consentement à la minorisation, l’aménagement des conditions de la régression. Il faut dire la vérité aux Québécois : s’ils ne sortent pas du Canada, le Canada les dépouillera d’eux-mêmes. Il les fera chanter avec leurs propres impôts en jouant sur les divers calculs qui les obligeront à s’accommoder de demi-mesures et de solutions inadéquates. Il les privera du contrôle sur leur territoire en leur imposant un complexe pétrolier mortifère – pipelines, trains, bateaux et flux de capitaux – qui les exposera au mal hollandais, malmenant l’économie et déportant la province loin des moyens de réaliser son potentiel. Il usurpera la volonté populaire. Il sabotera la mémoire et fabriquera du symbolisme frelaté. Cela pue déjà trop le Qué-Can, le bilingue et le chloroforme radio-canadien.

Chaque jour qui passe détruit les conditions d’une existence nationale dans la dignité. Penser troquer le pouvoir provincial pour des moyens de mitigation, c’est penser que la longueur de la laisse améliore les perspectives de la liberté. Le déni a assez duré : il n’y a rien à faire dans le Canada, il faut se présenter devant le peuple en lui en faisant la démonstration. Il faut que le Parti québécois mette ses sièges en jeu pour l’indépendance. Il faut un gouvernement indépendantiste au pouvoir pour conduire une politique indépendantiste.

Le prochain mandat électoral doit être sollicité sans équivoque : un vote pour le Parti québécois sera un vote pour réaliser l’indépendance. Un vote pour la faire, pas pour demander la permission d’en parler. Le Parti québécois doit demander un mandat pour construire le Québec, pas pour gérer la province. C’est dire qu’une fois élu, il aura toute légitimité pour mettre en place les institutions de la république à naître. Et elle naîtra au moment et dans les conditions qu’en tant que gouvernement national il choisira comme les meilleures pour incarner la souveraineté du peuple. Faisant campagne sur une proposition simple et claire, il respectera les règles qui actuellement prévalent et qui accordent au gouvernement élu pleine légitimité pour mettre en œuvre le programme sur lequel il a fait campagne.

L’indépendance est une idée forte. Elle doit être servie par une volonté ferme, une détermination sans faille. Et une confiance inébranlable dans la capacité de notre peuple. La liberté se conquiert par la constance dans l’effort et le refus de se dérober devant l’obstacle. Gaston Miron a raison : « Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver ».

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Cahiers de lecture - Automne 2017

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Le numéro d'Automne 2017 des Cahiers de lecture se penche sur Montréal à l'occasion de son 375e anniversaire et cherche à comprendre les féminismes actuels. Aussi dans ce numéro, des recensions portant sur les juifs au Québec, sur la politique, sur le cinéma, bref, comme chaque fois, les Cahiers nous relancent dans la lecture de notre monde.

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