Le 15 novembre 1976. Une victoire qui reste à concrétiser

Préface en primeur de l’ouvrage de Jean-Charles Panneton

Le gouvernement Lévesque (tome 1)
De la genèse du PQ au 15 novembre 1976
à paraître chez Septentrion

Ce n’était qu’un début

On me permettra de commencer cette préface là où commence le livre de l’auteur : la victoire du Parti québécois du 15 novembre 1976, une victoire à laquelle j’ai participé intensément, comme des milliers d’autres militants mobilisés par la « cause » et celui qui l’incarnait. Pendant toutes ces années de la création du parti jusqu’à ce soir là, je devais m’y investir avec toute la force et l’engagement dont on est capable lorsqu’on a 34 ans et que le projet de faire du Québec un pays se présente à vous, presque à portée de main.

Premier élu du Parti québécois, arrivant au Centre Paul-Sauvé qui se trouvait dans mon comté de Rosemont, je me rappelle avoir été happé par la foule, littéralement propulsé sur la scène. Arrivé là, je découvrais une Denise Filliatreault enflammée qui animait une foule survoltée et exaltée. Je me rappelle être tombé dans les bras de l’animatrice, laquelle me poussait aussitôt vers le micro où j’ai dit quelques mots aux milliers de personnes rassemblées là pour fêter la victoire. Je ne me rappelle plus exactement ce que je leur ai dit, mais des soirs comme cela, il y en a peu dans une vie et les mots exacts ont peu d’importance. On veut parler de joie, d’accomplissement, de confiance, de fierté. Seul le fait énorme de la victoire et du pays si proche importait et prenait toute la place.

Ce soir du 15 novembre 1976, dans l’euphorie de la victoire, tous les doutes que j’avais sur le virage stratégique pris par le Parti québécois et son chef en 1974, et que j’avais combattu, étaient chose du passé, disparaissant devant la certitude que le peuple québécois était avec nous, qu’il vibrait comme nous tous à chaque parole de René Lévesque, que tout devenait possible, que tout allait se faire.

Mais c’était sans compter avec la position défendue au cours de la campagne électorale qui dissociait, pour la première fois de son histoire, un vote pour le Parti québécois d’un vote pour la réalisation de l’indépendance. Ce fait nouveau, déterminant, allait nous conduire à gouverner la province de Québec pendant les trois premières années de notre mandat sans faire avancer l’appui à l’indépendance. Le référendum n’allait être lancé qu’à la fin de ce mandat et il se terminerait avec le résultat que l’on sait.

C’était là le début concret de ce qu’on a appelé « l’étapisme » et, avec le recul, ce qu’on voit clairement maintenant comme les premiers pas de la provincialisation du Parti québécois. Comme avait l’habitude de le dire René Lévesque, « les fait sont têtus ». Il faut bien constater aujourd’hui que la victoire de 1976 n’a toujours pas conduit, quarante ans plus tard, à l’indépendance du Québec. Le projet de faire du Québec un pays fait du surplace. Il mobilise toujours 40 % des Québécoises et des Québécois, soit à peu de choses près le même pourcentage qu’à l’élection de 1976 et qu’au référendum de 1980. Mais combien de gens sont encore persuadés que l’indépendance se fera ?

Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi la longue marche de René Lévesque et du Parti québécois ne s’est-elle pas encore conclue par l’indépendance politique du Québec ? Plusieurs épisodes relatés par l’auteur dans ce livre jettent un éclairage nouveau sur cette question. Il ne m’en voudra pas de commenter plus longuement les événements que j’ai vécus personnellement, dans le but d’ajouter mon éclairage au sien.

***

Émergence du mouvement indépendantiste

Dans la période précédant de peu la victoire du Parti libéral en 1960, sous l’impulsion de ce qu’on a appelé la « révolution tranquille », naissent plusieurs partis ou mouvements politiques indépendantistes dont l’Alliance laurentienne, l’Action socialiste pour l’indépendance du Québec et le Ralliement national. Le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), fondé par André d’Allemagne, Marcel Chaput et une trentaine d’indépendantistes le 10 septembre 1960, devient parti politique en 1964. Il sera par la suite dirigé par Pierre Bourgeault jusqu’à sa dissolution en 1968.

Parallèlement, les mouvements sociaux s’articulent. Un grand nombre d’organismes communautaires ou d’action sociale proposent des projets de société fondés sur le socialisme démocratique, le féminisme, l’écologie, le pacifisme. Les syndicats débordent du strict champ de la négociation collective et ouvrent un « deuxième front », celui de revendications sociales plus larges, plus radicales aussi, débouchant aussi sur l’action politique de la société civile. « Ne comptons que sur nos propres moyens » est le mot d’ordre qui exprime bien une volonté de prise en charge citoyenne.

En 1967, l’histoire s’accélère. Pendant que le 24 juillet, le général de Gaulle lance son célèbre « Vive le Québec libre ! », François Aquin quitte le parti libéral du Québec et devient le premier député indépendantiste à l’Assemblée nationale. Il sera suivi par René Lévesque qui quitte le Parti libéral le 14 octobre et fonde le Mouvement souveraineté-association les 18 et 19 novembre de la même année. La semaine suivante, 2500 délégués aux États généraux du Canada français se réunissent et demandent que le Québec jouisse de tous les pouvoirs d’un État souverain.

L’année 1968 débute en janvier par la publication du livre de René Lévesque, Option Québec, qui se vend à 50 000 exemplaires, ce qui conduit à la fondation du Parti québécois, les 12-14 octobre, résultant de la fusion du Mouvement souveraineté-association et du Ralliement national. Le 26 octobre, le RIN décide de se dissoudre en invitant ses membres à s’intégrer au Parti québécois, ce que la plupart feront et que certains regretteront plus tard.

On assiste ainsi au regroupement dans un même parti politique de la très grande majorité des militants indépendantistes, mais aussi des militants sociaux et syndicaux qui donneront au projet de pays du Parti québécois une couleur résolument social-démocrate et progressiste. Au cours de la période de 1970 à 1976, on assiste à une mobilisation sans précédent qui mènera à l’élection d’un gouvernement du Parti québécois le 15 novembre 1976.

Un mouvement d’émancipation nationale

Les programmes du Parti québécois de 1970 et de 1973 présentent ainsi la démarche conduisant à la souveraineté :

Un gouvernement du Parti Québécois s’engage à mettre immédiatement en branle le processus d’accession à la souveraineté dès que celle-ci aura été proclamée en principe par l’Assemblée nationale, la passation des pouvoirs et les transferts de compétences pouvant s’échelonner sur quelques mois […].

La seule mention du référendum concernait l’adoption d’une constitution « élaborée avec la participation des citoyens au niveau des comtés, par des délégués réunis en une assemblée constituante », un concept encore actuel en 2016.

En 1972, les ténors du parti, René Lévesque Jacques Parizeau et Jacques-Yvan Morin en tête, publient un manifeste affirmant clairement qu’un vote pour le PQ est un vote pour l’indépendance et qu’une fois au pouvoir, celui-ci engagera immédiatement le processus d’accession à l’indépendance.

Malgré ce programme, qui au regard d’aujourd’hui serait jugé plus « radical » que tous ceux qui suivront par la suite, le Parti québécois obtiendra 23,1% d’appui à sa première élection en 1970, arrivant deuxième au suffrage populaire, mais quatrième en nombre de sièges. En 1973, le PQ passera au statut d’opposition officielle à Québec, avec 30,2% des suffrages, ce qui conduira à son élection, trois ans plus tard, comme gouvernement du Québec en 1976.

On peut certainement parler d’une émergence extrêmement rapide à l’échelle de l’histoire des peuples, favorisée par une convergence des forces à l’œuvre dans la société, soutenue par une mobilisation militante sans précédents. À ce moment, le PQ est encore un mouvement d’émancipation sociale. En même temps, il est un parti politique solidement organisé, prêt à gouverner comme rarement un parti politique auparavant. Le parti compte plus de 200 000 membres, comparativement à 80 000 aujourd’hui.

Lorsque je suis élu conseiller au programme à l’exécutif national du Parti québécois en 1973, chargé de coordonner le processus menant des réunions du parti dans les comtés, puis dans les régions jusqu’au congrès national, l’élaboration du programme fait l’objet d’un mouvement participatif sans précédent dans l’histoire du Québec, alimenté par des militants de toutes les régions et de tous les secteurs de la société.

C’est dans ce contexte que j’aurai l’occasion de travailler de près avec René Lévesque au sein de l’exécutif national lors de cette période particulièrement critique qui devait nous mener au pouvoir, puis, après 1976, comme représentant des députés à l’exécutif national et au sein du comité référendaire de 1980, et plus tard comme ministre dans l’un de ses cabinets.

Arriver au plus vite au gouvernement

Entre 1973 et 1976 se produisit un virage stratégique du Parti québécois dont on retrouve les principales péripéties dans cet ouvrage de Jean-Charles Panneton.

Le signe avant-coureur de ce qu’on appellera plus tard « l’étapisme » apparait pour la première fois lors de la préparation de la campagne de 1973. À titre de conseiller au programme du parti, je participe au comité de préparation de la campagne électorale. À l’instigation de Claude Morin, le député Guy Joron, responsable de la stratégie publicitaire, présente un modèle de carte de rappel qui se lit comme suit : « Aujourd’hui, je vote pour la seule équipe prête à former un vrai gouvernement. En 1975, par référendum, je déciderai de l’avenir du Québec. Une chose à la fois. »

L’intention est claire. Il s’agit, pour une première fois dans la jeune histoire du parti, de dissocier dans l’esprit de l’électeur un vote pour le parti d’un appui à la souveraineté, dans le but évident d’obtenir un plus grand nombre de votes et d’arriver plus rapidement à former le gouvernement du Québec.

Malgré l’opposition de quelques membres de l’exécutif national dont je suis, mais avec l’appui déterminant de René Lévesque, la carte de rappel est imprimée et distribuée dans les comtés. Certains, comme Jean Garon, refuseront de la distribuer, ce dernier précisant plus tard sa position : « Tu ne peux pas faire la campagne sur la souveraineté puis dans les derniers jours dire : C’est pas tout à fait ce qu’on avait dit ». Pour bien se replacer dans le contexte, c’était encore l’époque où le parti faisait campagne pour la souveraineté lors des élections. Dans toutes les élections qui suivront, celle de 1976 et les suivantes, on ferait plutôt une campagne axée sur des enjeux de province. L’indépendance n’étant plus l’enjeu de l’élection, cette question, pourtant la raison d’être du parti, sera reporté à un éventuel référendum. On promettra même en 1981, de ne pas tenir de référendum au cours d’un prochain mandat.

Suite à la campagne électorale de 1973, Claude Morin poursuivit ses démarches, d’abord dans les rencontres privées des quinze membres de l’exécutif national dont j’étais. Il fit valoir divers arguments maintenant bien connus puisque qu’ils prendront par la suite le statut de dogme au sein du Parti québécois. La démarche proposée serait plus démocratique. Le Parti québécois arriverait plus vite au pouvoir pour réaliser les réformes de son programme. Au gouvernement, il disposerait de moyens considérables pour promouvoir son option jusqu’au référendum.

J’étais de ceux qui rétorquais qu’une fois élus, nous gouvernerions la province, privés des moyens d’un État souverain pour réaliser notre programme, comme si l’indépendance n’était pas nécessaire. Les moyens du gouvernement seraient consacrés à ses responsabilités provinciales plutôt qu’à la réalisation de la souveraineté. Le débat électoral aurait été détourné de la souveraineté au profit d’une compétition entre partis dans le cadre du régime. Le parti se détournerait ainsi de la tâche de construire une majorité souverainiste. À ce compte, il vaudrait mieux arriver au pouvoir plus tard, mais avec la force nécessaire pour réaliser une démarche démocratique d’accession à la souveraineté. On voit que les « pressés » ne sont pas toujours ceux qu’on pense.

Au départ, les forces en présence se présentaient ainsi à l’exécutif national, selon Claude Morin :

Des quinze membres de l’exécutif national, un tiers partageait le point de vue des « radicaux » (qui refusaient selon lui toute idée de référendum). Un autre tiers était du même avis que lui. Le dernier tiers, qui pouvait se rallier à un compromis, considérait le recours éventuel au référendum surtout comme un moyen de débloquer les négociations Québec-Ottawa si jamais Ottawa, après l’élection du Parti québécois, refusait le dialogue ou faisait indument trainer les pourparlers en longueur : pour le référendum si nécessaire, mais pas nécessairement un référendum obligatoire ! Cette dernière approche ne me convenait pas.

C’est finalement cette dernière voie (qualifiée de « compromis » par l’historien Panneton) que j’arrivai à faire adopter lors d’une réunion conjointe de l’exécutif national et de l’aile parlementaire, les 28 et 29 septembre 1974. Elle fut présentée au congrès national au nom de l’exécutif du parti. Elle se lisait comme suit :

Un gouvernement du Parti Québécois s’engage à :

1. Mettre immédiatement en branle le processus d’accession à la souveraineté en proposant à l’Assemblée nationale, peu après son élection, une loi autorisant :

à exiger d’Ottawa le rapatriement au Québec de tous les pouvoirs, à l’exception de ceux que les deux gouvernements voudront, pour des fins d’association économique, confier à des organismes communs ;

à entreprendre, en vue d’atteindre cet objectif, des discussions techniques avec Ottawa sur le transfert ordonné des compétences ;

à élaborer, avec le Canada, des ententes portant notamment sur la répartition des avoirs et des dettes, ainsi que sur la propriété des biens publics, conformément aux règles habituelles du droit international.

2. Dans le cas où il lui faudrait procéder unilatéralement, assumer méthodiquement l’exercice de tous les pouvoirs d’un État souverain, en s’assurant au préalable de l’appui des Québécois par voie de référendum.

Comme le relate Jean-Charles Panneton vers la fin de cet ouvrage, cette résolution fut adoptée avec deux amendements par le congrès de 1974 par un vote de 630 pour, 353 contre et 20 abstentions. Le congrès de 1974 avait donc rejeté la position de Claude Morin, mais progressivement, les porte-paroles du parti se mettraient à répéter dans les médias que puisqu’il y aurait vraisemblablement blocage du côté fédéral, il faudrait passer obligatoirement par un référendum. De là à reprendre le thème de la carte de rappel de 1973, il n’y avait qu’un pas… que le chef du parti franchira à l’automne 1976, en dépit du programme de son parti.

Claude Morin, avec beaucoup de transparence, explique ce détournement de programme.

L’analyse méticuleuse des sondages du Parti indiquait de plus clairement qu’une campagne sur le thème du vrai gouvernement avait toutes les chances de séduire les Québécois. Ces données soulevaient tout de même un dilemme de taille pour un parti visant à transformer la province de Québec en État souverain : la perspective de devoir mener toute une élection sur un modeste changement d’équipe dirigeante risquait en effet de manquer d’attrait pour ses militants et, surtout, d’évacuer sa raison d’être du débat politique. 

***

1976, début de la provincialisation du parti

C’est donc, à la veille de l’élection de 1976 que fut vraiment consacré le virage étapiste du Parti québécois. Ce virage allait marquer la suite de l’histoire du mouvement souverainiste, désormais enfermé dans une approche provincialiste, dont il n’arrivera à sortir que brièvement sous Jacques Parizeau, et dans laquelle il est retombé depuis le référendum de 1995 jusqu’à aujourd’hui.

C’est faire injure à ce grand politicien atypique, à ce grand chef visionnaire que fut René Lévesque que de prétendre qu’il gouvernait par sondages. Si les sondages d’opinion avaient fait la loi comme certains l’ont prétendu, le Parti Québécois n’aurait jamais vu le jour et René Lévesque n’aurait pas tenu de référendum en 1980.

C’est le propre des mouvements et des partis axés vers le changement de vouloir précéder l’opinion publique majoritaire. Or, depuis 1976, dans toutes les élections depuis le référendum de 1995, celles de 2014 en particulier, le Parti québécois a proposé qu’on l’élise sans son option dont il reporte la discussion « au moment opportun ». Tout se passe comme si un parti écologiste comme le Parti Vert s’engageait à l’avance à ne pas faire campagne pour l’environnement lors des élections. Le virage stratégique de 1976 a fait que le Parti perde progressivement sa force d’émancipation nationale pour devenir en quelque sorte un parti, souverainiste en principe, mais provincialiste dans les faits.

De fait, comme on le voit bien dans cet ouvrage de Jean-Charles Panneton, le virage étapiste était décidé dans l’esprit de René Lévesque avant l’élection de 1973. Sur la base des résultats de 1970, René Lévesque et Claude Morin étaient devenus convaincus que l’indépendance plafonnait, ce qui nécessitait selon eux un virage stratégique radical. Pourtant, de 9% d’appui combiné au RIN et au RN en 1966, à 31%, sept ans plus tard, la progression de l’appui à l’option avait été extrêmement rapide. Rien n’interdisait de penser qu’à la prochaine élection, ou à la suivante, une majorité se dégage tôt ou tard permettant de démarrer la dynamique de l’indépendance et surtout, de la réaliser.

On décida au contraire que le rythme était trop lent, qu’il fallait arriver au pouvoir au plus vite, en évacuant le discours indépendantiste au profit de la critique du gouvernement en place et des mesures à réaliser comme gouvernement provincial. C’était changer de cap, l’adversaire devenant le gouvernement provincial au lieu du régime fédéral à remplacer.

Disons-le clairement, c’était une erreur. Certains attribueront au virage étapiste la victoire de 1976, mais on pourrait penser que le résultat aurait été le même, suite à une campagne indépendantiste. Avec le recul, on doit constater que ce virage sera le début de décennies d’impuissance à faire avancer l’idée d’indépendance, la promotion de l’indépendance cédant la place aux exigences de l’électoralisme. Arrivé au pouvoir trop tôt, le parti devenait un autre parti axé sur la conquête du pouvoir provincial, un parti indépendantiste ne faisant plus campagne pour l’indépendance.

C’était une erreur, commise par des gens sincères qui croyaient ainsi, une fois au gouvernement, pouvoir réaliser l’objectif de faire du Québec un pays. L’avenir allait malheureusement leur donner tort. Le plus grave est que cette erreur se poursuit au moment où j’écris ces lignes puisque trois des candidats à la direction du Parti québécois, veulent à nouveau évacuer l’indépendance de la précampagne et de la prochaine campagne électorale et, pour certains, jusqu’après 2022.

***

Ce premier tome du livre de M. Panneton sur le gouvernement Lévesque, De la genèse du PQ au 15 novembre 1976  sera parcouru avidement par tous ceux qui ont vécu comme moi cette période, mais surtout par tous ceux et celles qui n’étaient pas né.e.s à cette époque et qui n’ont connu le PQ que comme parti de gouvernement. Ce parti, vieux de 40 ans, mais dont les membres n’ont pas perdu le désir de faire du Québec un pays. Plus largement, le Québec doit à René Lévesque d’avoir allumé une flamme qui couve toujours sous la braise. Il reste un chemin à parcourir, malgré tout plus court que celui derrière nous. Le reste du chemin demandera une nouvelle orientation capable de rassembler les mouvements et les partis, au sein comme en dehors du parti de René Lévesque, hors des sentiers battus et des dogmes péquistes, à l’image de cet homme politique atypique et très peu partisan que fut René Lévesque.

Merci à Jean-Charles Panneton de nous faire redécouvrir ce grand personnage de notre histoire récente, auquel nous devons de parachever l’œuvre de libération nationale qui l’a animé, celle de faire du Québec un pays.

 

Ste-Béatrix, 1er octobre 2016.

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