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  • Prix Richard-Arès - Appel de candidatures

    Le prix Richard-Arès est attribué chaque année depuis 1991 par la Ligue d’action nationale à l’auteur d’un essai publié au Québec qui témoigne d’un engagement à éclairer nos concitoyens sur les grandes questions d’intérêt national. Ce prix a été créé en hommage au père Richard Arès qui, par ses multiples écrits sur notre question nationale, a contribué d’une manière exceptionnelle à stimuler et à enrichir la réflexion de nos compatriotes. La création de ce prix a pour objectif essentiel de promouvoir la culture nationale en encourageant l’expression de la pensée. Pour être admissible, l’essai...

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Prix Richard-Arès - Appel de candidatures

2018banniereARESLe prix Richard-Arès est attribué chaque année depuis 1991 par la Ligue d’action nationale à l’auteur d’un essai publié au Québec qui témoigne d’un engagement à éclairer nos concitoyens sur les grandes questions d’intérêt national.

Ce prix a été créé en hommage au père Richard Arès qui, par ses multiples écrits sur notre question nationale, a contribué d’une manière exceptionnelle à stimuler et à enrichir la réflexion de nos compatriotes.

La création de ce prix a pour objectif essentiel de promouvoir la culture nationale en encourageant l’expression de la pensée.

Pour être admissible, l’essai doit avoir été publié au Québec en 2017.

Ne sont pas admissibles:

  • les recueils de textes d’auteurs différents
  • les traductions
  • les ouvrages reprenant des textes déjà publiés

 

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Prix Richard-Arès 2015 - Allocution du jury

Allocution d’attribution du prix Richard-Arès à Claude Cardinal pour son livre Une histoire du RIN, Montréal, VLB éditeur, 2015, 460 pages.

histoiredurin250Politologue et avocat de formation, C. Cardinal a aussi été un jeune militant de la première heure du RIN. Son livre Une histoire du RIN relate avec une documentation impressionnante les péripéties du RIN de sa genèse en suivant la transformation du mouvement en parti (1963) jusqu’à sa dissolution en 1968. Il montre le rôle fondateur de Marcel Chaput et d’André D’Allemagne auxquels se joint par la suite Pierre Bourgault qui deviendra président du parti en 1964.

Malgré la ferveur et l’enthousiasme des militants pour l’indépendance politique du Québec, la formation du parti n’a pas été sans adversité. Notons la défection de Marcel Chaput qui fonde en 1962 le PRQ (Parti républicain du Québec) et qui se fait connaître par ses grèves de la faim en 1963, et ensuite la formation du Ralliement national (R.N.) de Gilles Grégoire, sans compter la nécessité pour le RIN de se démarquer du FLQ (Front de libération du Québec) de sa clandestinité et de ses méthodes terroristes.

Cependant parmi les organisations politiques indépendantistes, le RIN aura été le parti traversé et animé par des débats sur la façon de faire la politique, sur l’organisation du travail et sur le projet de société lié à l’indépendance. Ces débats ont partagé les militants entre partisans des liens à établir entre l’indépendance et le socialisme et d’autres membres d’obédience nationaliste plus traditionnelle.

Ces débats ont été particulièrement notoires à compter de l'élection de Mme Andrée Ferretti à la vice-présidence du parti en 1966. Celle-ci avec d’autres militants de gauche s’oppose vivement à la proposition de rapprochement du RIN avec les autres formations politiques indépendantistes, notamment le RN et le groupe de René Lévesque (MSA-PQ). C’est paradoxalement cette question du rapprochement du RIN avec les autres organisations politiques indépendantistes qui sonnera le glas du RIN et ce, à la faveur d’une adhésion individuelle des membres au MSA-PQ.

Même vue à grands traits, à plus de 50 ans de distance, l’histoire du RIN contient déjà les aspects qui caractérisent le mouvement indépendantiste de la période actuelle, à savoir un mouvement composé de plusieurs partis politiques (PQ, ON, QS) et un mouvement partagé par le clivage idéologique et politique droite/gauche. Aussi la question de l’indépendance comme objet d’une consultation populaire devra être posée au-dessus de la mêlée des partis et advenant une issue favorable, elle devra être mise en œuvre par une coalition des composantes du mouvement indépendantiste. Une histoire qu’il faut lire en observant le présent.

 

Lucille Beaudry (UQAM)
pour le jury du prix Richard-Arès 2015

Prix Richard-Arès 2014 (ex aequo: James Jackson)

emeuteinventee250L'émeute inventée. La mort de trois Montréalais sous les balles de l'armée britannique en 1832 et son camouflage par les autorités. (James Jackson, VLB éditeur, 2014, collection Études québécoises, 322 pages, traduction de Riot that never was ,Baraka Books)

J'aimerais d'abord féliciter M. James Jackson corécipiendaire du prix Richard-Arès pour cet ouvrage historique approfondi sur notre XIXe siècle québécois. Alors qu'il enseignait les littératures française et québécoise au Trinity College de Dublin, le professeur Jackson, docteur en philosophie, eut l'idée géniale de mener une recherche sur le parcours d'un étudiant de Trinity College qui vint s'installer au Québec comme médecin au début du XIXe siècle : Daniel Tracey. Ce dernier avait fondé un journal pour défendre la cause des patriotes catholiques irlandais. En cours de recherche, il découvrit que ce médecin, Daniel Tracey était solidaire des Patriotes du Bas-Canada, et s'était engagé en politique avec l'appui des patriotes. Son journal, The Irish Vindicator, est devenu The Vindicator en endossant les réformes des partisans de Papineau.

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Prix Richard-Arès 2014 (ex aequo: Serge Cantin)

Allocution d’attribution du prix Richard-Arès au professeur Serge Cantin

souverainetedanslimpasse250Nous avons attribué ex-aequo au professeur Serge Cantin le prix Richard-Arès pour son livre La souveraineté dans l’impasse, Québec, P.U.L. 2014 (250 p.)

Ce livre n’est pas un essai au sens classique du terme, il ne constitue pas non plus une étude du mouvement souverainiste comme son titre pourrait le suggérer. Il s’agit plutôt d’une collection de textes de l’auteur parus dans des revues de sociologie, d’histoire et de philosophie. Ces textes présentent et analysent diverses interprétations de la question nationale. Parmi celles-ci, il convient de retenir le nationalisme voué à la défense de l’identité collective de la société québécoise de langue française, identité présentée comme raison d’être du projet politique de la souveraineté; cette position est accusée d’ethnicisme, de xénophobie, voire de racisme; et d’autre part, il y a le nationalisme assorti de l’interculturalisme qui est susceptible à plus ou moins long terme d’effacer l’identité collective du Québec français et partant la raison du projet souverainiste.

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Qui est le Père Arès?

Allocution prononcée à l'occasion de la remise du prix Esdras-Minville à Richard Arès en 1979

Le P. Richard Arès, à qui le jury du prix Esdras-Minville décerne unanimement le prix des Sciences humaines cette année, est un homme qui a été beaucoup oublié en matière de reconnaissance et de récompense. Je le remarque sans vouloir viser personne, car j'ai été moi-même trop longtemps président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et président du jury Ludger-Duvernay, dont relevaient jusqu'à cette année les sciences humaines, pour n'en avoir pas ma part de responsabilité.

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Fidélité et espérance

Au fil de sa vie, Jacques Grand’Maison a multiplié les livres. Et de lui comme du philosophe Gabriel Marcel, on peut soutenir qu’il n’a pas seulement édifié une œuvre, il l’a aussi creusée. Il a cheminé en reprenant sans cesse, pour l’approfondir, sa réflexion sur la société, l’Église, la foi.

Une réflexion enracinée dans le peuple canadien-français devenu québécois, et dans celui des ouvriers, des petits salariés dont le Québec de sa génération et de la suivante est issu. C’est pour cela qu’il n’a jamais pu accepter cette grossière caricature de notre histoire brossée il y a plus d’un demi-siècle et que certains persistent à ranimer sans cesse : image fausse et volontairement dévalorisante qui fait de nous avant 1960 un peuple ignorant replié sur lui-même et une société obscurantiste sous l’emprise du clergé. Jacques Grand’Maison n’a pas regretté que nous nous soyons libérés de ce qui était étouffant dans notre héritage historique et religieux. Mais il a rappelé aussi la longue durée de notre peuple, et il a situé l’Église et la spiritualité catholique parmi les outils que nos ancêtres ont su se donner pour affronter les épreuves personnelles, collectives et nationales, nourrir leur résistance, leur résilience, leur espérance. Sans une vue informée et juste de notre histoire, nous sommes mal outillés pour nous bâtir un présent en commun et encore moins un avenir. Il nous en avertissait déjà en 1970 dans Nationalisme et religion, un grand livre qui clôt à sa façon une grande décennie sise au couchant d’une époque plus qu’au début d’une autre, on s’en aperçoit mieux de nos jours. 

La réflexion de Grand’Maison fut aussi enracinée dans le face-à-face constant, le dialogue ouvert avec des gens de chair et d’os rencontrés sur le terrain lors d’enquêtes sociologiques ou dans le ministère paroissial. Des gens écoutés pour vrai, de sorte que cet universitaire-prêtre, il l’a dit bien souvent, s’est senti relancé par eux dans la foi et dans la réflexion autant qu’il les a relancés lui-même. Partir du pays réel et des enjeux auxquels il est confronté, c’est cela ; et se relancer mutuellement, n’est-ce pas précisément ce que signifie le mot réfléchir ? La solidarité organique qui le lia à ses paroissiens et ses informateurs fit de Jacques Grand’Maison un intellectuel unique dans le Québec des récentes décennies. 

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La question de la transmission fut au cœur de sa vie et de son œuvre. Transmission de la mémoire et de l’histoire, certes. Mais aussi transmission des valeurs et des moyens d’accéder à la transcendance. Dans les années 1990 furent publiés ses ouvrages sur les générations : Le drame spirituel des adolescents, Vers un nouveau conflit de générations, La part des aînés, Quand le jugement fout le camp. Son tout dernier livre, Ces valeurs dont on parle si peu (2015), s’inscrit dans ce courant. Tous sont des exhortations aux adultes à se faire passeurs. Il ne pouvait supporter qu’on laisse des jeunes affronter la vie sans leur avoir donné un passé collectif, un héritage culturel, une tradition spirituelle ni leur offrir une solidarité active. La déculturation et l’anomie lui apparaissaient comme les plus dévastatrices des pauvretés, car elles laissent sans ancrage, sans guides ni repères, et sans espérance. Grand’Maison a voulu secouer l’indifférence envers les jeunes mal pris, il a promu des communautés fortes où l’on fait attention les uns aux autres, il s’est préoccupé d’inclusion, de partage, de justice, de fidélité longue précisément parce que ce sont sur de telles valeurs que les personnes et les sociétés peuvent transcender leur enfermement dans l’immédiat et fonder leur avenir.

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Puis, Jacques Grand’Maison a proposé un dialogue serré à ceux qu’il appelait « les esprits laïques ». Quelques-uns de ses livres, par exemple Pour un nouvel humanisme (2007) ou Société laïque et christianisme (2010), s’adressent en quelque sorte d’abord à eux.

En nous conviant à un voyage au cœur même de l’évolution historique de la pensée chrétienne, ce grand vulgarisateur a montré combien et en quoi le christianisme, comme humanisme, mais aussi comme religion, est l’une des matrices essentielles de la culture occidentale ; il a rappelé que c’est dans les pays de culture chrétienne que la laïcité a vu le jour, et des valeurs chrétiennes que sont issues celles de l’humanisme séculier. Alors que la marchandisation et l’instrumentalisation de l’être humain atteignent des sommets inégalés, que les sociétés se disloquent sous l’effet des inégalités croissantes et que la destruction de l’environnement s’accélère, il n’en revenait pas que nous puissions, comme peuple, sombrer dans l’inculture au point de nier toute pertinence à l’éclairage spirituel et humaniste de deux mille ans de christianisme et rejeter l’idée d’en faire un des socles de certaines de nos décisions collectives. Humanisme séculier et humanisme religieux, pensait-il, devraient plutôt s’allier dans ce combat pour la protection de la terre, la défense du bien commun, la promotion de la dignité humaine.

De plus, Jacques Grand’Maison s’inquiétait de la montée du communautarisme. La solution pour lui ne résidait pas dans la double revendication laïciste d’éradiquer toute référence chrétienne de l’espace public et de cantonner les religions à la sphère strictement privée ; ni dans la posture libérale de « neutralité » de l’État, qui fait de celui-ci une structure amnésique et abstraite, coupée des institutions et des valeurs portées par l’histoire, la culture et les projets de la société québécoise. Pour lui, notre État devait et devra évidemment défendre la liberté personnelle de religion et se doter d’une éthique sociale et d’un droit séculiers. Mais il devra aussi se reconnaître la responsabilité d’assumer la culture majoritaire et faire de celle-ci le fondement d’une véritable culture commune, y compris avec ses aspects de comportement moral et social hérités du catholicisme. C’est seulement ainsi, affirmait-il, qu’on peut espérer parvenir à une réelle cohésion sociale et nationale à long terme tout en assurant au mieux l’avenir de notre peuple.

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Les plus beaux textes, ceux qui ne passeront pas, ceux qui atteignent à la fois au plus intime et à l’universel, ce sont néanmoins ses textes spirituels. De longs passages de son Essai sur le discernement spirituel (2002), presque tout du magnifique Du jardin secret aux appels de la vie (2004), sa contribution dans l’ouvrage collectif Itinérances spirituelles (2002) ou encore le chapitre V, surtout le post-scriptum, de Société laïque et christianisme.

Jacques Grand’Maison y interpelle bien sûr l’Église institution, qu’il a aimée assez pour n’avoir cessé de lui réserver tant sa fidélité que sa critique. Pourquoi ce refus d’admettre que la parole des laïcs baptisés puisse être inspirée elle aussi ? Cette obstination à repousser l’égalité des femmes ? Cet acharnement, sous Jean-Paul II et Benoît XVI, à verrouiller une à une les portes que Vatican II avait ouvertes sur le monde, ses défis, ses espoirs ? Ce n’est pas la « bulle religieuse » dans laquelle certains croyants et pasteurs semblent se réfugier, analysait-il en précédant François, qui donnera la soif de l’évangile. Et d’inciter au contraire l’Église à s’ouvrir, à s’élancer, à se placer de nouveau, comme Jésus lui-même, « au départ des chemins », en route avec tous ceux qui font route.

Alors, en s’appuyant sur la grande accessibilité de son écriture et les ressources de sa poésie, et mobilisant sa culture, sa foi nourrie à celle des croyants de toutes les époques et de partout y compris ceux de Saint-Jérôme, Jacques Grand’Maison a tenté lui-même ce qu’il leur a demandé de risquer : l’effort d’interpréter de nouveau les textes bibliques et évangéliques pour découvrir ce que ceux-ci ont à dire aujourd’hui. Leur vie, leur vitalité spirituelle, disait-il, sont indissociables du dialogue dans lequel chacun entre avec eux, des sens dont ils nous enrichissent et dont nous-mêmes les enrichissons. Partir de l’expérience concrète, car la spiritualité loge d’abord au sein même de la vie. Partir aussi de ses propres interrogations de foi pour repenser l’héritage religieux reçu (moins souvent, désormais) et pour comprendre Dieu comme être libre qui a voulu les humains libres et leur propose une alliance gratuite et libre. Vivre encore de cette spiritualité chrétienne dont tant de générations ont vécu, lui insuffler une nouvelle vie, en garder ce qui peut convoquer à un surplus d’âme, un surplus d’humanité, à la fraternité, à la conscience que nous venons de plus loin que nous et allons plus loin que nous-mêmes. Revitaliser à même leur source sacrée valeurs chrétiennes et humanisme séculier, pour tenter d’éviter l’assèchement des unes comme de l’autre. Semer, et confier à l’Autre l’heure des fruits.

La vie de Jacques Grand’Maison et son œuvre témoignent d’un certain combat intérieur entre sa volonté de croire, celle de s’engager, celle de se dépasser, celle de réveiller, et d’autre part sa profonde aspiration à lâcher prise et à s’abandonner à la tendresse de Dieu. Lui aussi comme Gaston Miron à la naissance de sa fille, symbole d’espérance dans la suite du monde, il a finalement pu se dire : « Je suis arrivé à ce qui commence ». Quant à nous, à qui Grand’Maison passe le témoin, c’est à nous désormais de tenir ensemble, pour le Québec, la mémoire et le projet, la fidélité et l’espérance.

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À chaud

Montréal et l'usage du drapeau du Québec

Madame Stéphanie Vallée, ministre de la Justice du Québec
Monsieur Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du Territoire
Madame Valérie Plante, mairesse, Ville de Montréal,

Pour tous les États et nations de ce monde, le drapeau représente un symbole de haute importance. Partout, des règles d’utilisation ont été décrétées à l’intention des organismes et institutions publiques qui relèvent de leur juridiction. Le Québec n’y fait pas exception. Or, en cette matière, il semble que Montréal se place en situation de rupture avec les façons de faire promulguées par le gouvernement du Québec. En évacuant le drapeau du Québec des rencontres officielles et médiatisées impliquant un premier ministre canadien ou tout autre chef d’État, non seulement renie-t-on l’affiliation de la Métropole au Québec, mais on s’octroie un statut qui n’est pas le sien. Une telle façon de faire est contraire à la réalité constitutionnelle du Québec. Il semble bien que Toronto ne s’en permette pas autant.

plantetrudeau

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