Éditorial - Pour mémoire

Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver
– Gaston Miron

2017janvierfevrier250C’est une longue, une très longue cordée qui aura conduit L’Action nationale au seuil de ce numéro du centenaire. Pour quiconque a eu le bonheur de se trouver devant la collection complète de la revue, de s’y laisser guider par l’attrait des maquettes ou la couleur des vieux papiers où s’amoncellent des millions de signes, la figure de ce long défilé des auteurs tous tendus vers une même ascension, un même idéal de dépassement s’impose d’elle-même. Édouard Montpetit qui signe le premier éditorial du numéro de janvier 1917 n’avait pas manqué de placer l’aventure naissante du côté de l’effort et de l’accomplissement. Vers la supériorité, écrit-il alors pour en appeler – et peut-être aussi pour se convaincre lui-même – à se faire confiance et à miser sur un potentiel que le petit peuple humilié a du mal à s’accorder.

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Histoire de la Ligue d’action nationale

 Président de la Ligue d’action nationale depuis 2005 • 

logo100eBLEU150Les institutions culturelles et intellectuelles n’ont pas la vie longue au Québec, surtout celles qui proviennent de la société civile. Les associations, les mouvements de pensée et les revues naissent, mais meurent rapidement au fil des changements de conjonctures et du manque de lecteurs. Lionel Groulx, conscient du caractère éphémère de l’action intellectuelle, s’étonnait en 1918 que la revue L’Action française ait pu célébrer son premier anniversaire : « Dans notre vie canadienne, écrivait-il, il n’y a qu’un seul événement qui soit plus banal que la naissance d’une revue et c’est la mort d’une revue1. » Ce constat empreint de pessimisme ne s’est toutefois pas appliqué à L’Action française-L’Action nationale, fondée en 1917 et qui persiste, année après année, à mener le combat pour la construction d’une nation de langue française en Amérique depuis un siècle. Pour fin de comparaison, rappelons ici que le Reader’s Digest fut fondé en 1922.

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Du groulxisme comme nationalisme historique

Sociologue et chroniqueur

On ne me pardonnait point, par exemple, de ne plus croire au « bienfait providentiel » de la Conquête anglaise, mais cette conquête, de la plutôt présenter sous l’aspect d’une catastrophe.
– Lionel Groulx

logo100eBLEU150Depuis près de trente ans, dans les médias, à l’université et en politique, Lionel Groulx est considéré comme une référence sulfureuse : il représenterait la part maudite du nationalisme québécois, et même, sa part honteuse, celle qu’il faudrait transcender et même renier pour advenir à la maturité démocratique. Le mauvais procès intenté contre lui par certains esprits querelleurs au début des années 1990 a marqué les consciences, même si leurs travaux étaient d’une rigueur incertaine, à la limite de la malhonnêteté intellectuelle. L’homme qu’on a longtemps considéré, avec raison, comme la principale figure de la renaissance nationaliste du début du vingtième siècle est devenu infréquentable et plusieurs souverainistes, au fil du temps, se sont ralliés à cette interdiction. Certains vont même jusqu’à vouloir rayer son nom de l’espace public, comme s’il était toxique. Un temps, il suffisait de dire son nom pour susciter l’effroi de ceux qui sont soucieux plus que tout de leur responsabilité mondaine. Eux qui ne jurent souvent que par René Lévesque peinaient à se rappeler que le fondateur du Parti québécois confessait pour Groulx un mélange de tendresse et d’admiration : il lui reconnaissait notamment le mérite d’avoir redressé mentalement une nation qui avait pris l’habitude de l’avachissement et où « les épines dorsales se présentaient plus souvent en accent circonflexe qu’autrement1 ».

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Nation, éducation, État

Ph. D. histoire, Centre d’histoire des régulations sociales, UQAM. Membre du comité de rédaction de la revue depuis 2005

logo100eBLEU150La question de l’éducation est centrale dans la revue L’Action nationale. Ses directeurs lui ont toujours réservé une large place, fidèles à l’esprit de Lionel Groulx qui misait sur la jeunesse pour refonder la nation canadienne-française. La revue a pris position sur presque tous les débats entourant le rôle de l’éducation dans l’espace québécois, en plus d’être l’instigatrice de bon nombre d’entre eux. Les tendances qui s’observent selon les périodes s’imbriquent aux grands courants de pensée qui marquent le cheminement de sa direction1. Le texte qui suit fera ressortir les moments forts de ces tendances depuis L’Action française, ancêtre de L’Action nationale, jusqu’aux années 1960 pendant lesquelles est fondé le ministère de l’Éducation.

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Le coopératisme

Professeur adjoint, École des hautes études publiques (ÉHÉP), Université de Moncton

logo100eBLEU150Sur une période de cent ans, L’Action nationale a tenu des positions variées et parfois même, en apparence, contradictoires sur le mouvement coopératif. Au cours des années 1920, la revue est à peu près complètement indifférente à la coopération, si ce n’est d’un intérêt pour le mutualisme dans le domaine de l’assurance ; à partir de la fin des années 1930, sous la direction intellectuelle de François-Albert Angers, la coopération est identifiée comme la voie royale pour l’émancipation des Canadiens français ; à partir des années 1980, la coopération est réévaluée à la baisse et est appelée à jouer un rôle complémentaire au sein d’une économie plurielle.

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Les ressources naturelles

Département d’histoire et CRIDAQ, Université du Québec à Montréal1

logo100eBLEU150Au début du XXe siècle, le Québec est un vaste territoire qui recèle d’abondantes ressources naturelles dont plusieurs, non exploitées, sont convoitées par les acteurs économiques québécois, canadiens et nord-américains. Alors que l’exploitation forestière bat son plein, faisant de la Belle Province un des principaux producteurs de pâtes et papiers au monde, l’industrie minière connaît une expansion fulgurante, particulièrement dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue dans les années 1920 et 19302. Quant aux ressources hydrauliques, qui ont acquis une importance renouvelée depuis la construction des premières centrales hydroélectriques au Canada dans les années 1880, elles sont de plus en plus harnachées par les compagnies privées d’électricité dans les différentes régions du Québec, en particulier à Montréal, en Mauricie, en Estrie et à Québec3. L’économie québécoise se transforme sous la poussée de la deuxième vague d’industrialisation qui permet l’émergence d’industries lourdes et technologiques dont plusieurs s’installent « en région », près des différentes sources de richesses naturelles : industries des pâtes et papiers, pétrochimiques, d’extraction minérale, etc.

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Les libéraux de la Révolution tranquille

Professeur de science politique, UQAC

logo100eBLEU150Depuis le début du XIXe siècle, notre société a subi des influences diverses qui ont profondément affecté le combat nationaliste. La guerre d’indépendance américaine, la Révolution française et les mouvements de libération anticoloniale en Amérique latine ont donné une couleur progressiste au nationalisme du Bas-Canada, marqué par l’idéal républicain et un certain anticléricalisme. Cette phase a culminé avec le soulèvement patriote de 1837-1838. La défaite sanglante des patriotes a permis aux forces les plus hostiles au républicanisme et à la laïcité d’imposer leur contrôle sur le Canada français, notamment par l’entremise de la formation des élites. Certes, pendant un certain temps subsisteront des Rouges, comme ceux regroupés autour de l’Institut canadien de Montréal. Il reste que le nationalisme canadien-français demeurera pendant plus d’un siècle, à quelques exceptions près, sous l’influence prédominante de l’Église catholique et de la droite intellectuelle française hostile à la révolution de 1789.

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Le nationalisme de François-Albert Angers

Département des sciences humaines, Université du Québec à Trois-Rivières

logo100eBLEU150La Révolution tranquille se caractérise entre autres par les processus de sécularisation et d’étatisation de la société québécoise, lesquels ébranlent profondément la réflexion des intellectuels droitistes et nationalistes. Dans cette période de mutation, la revue L’Action nationale diffuse d’abord un ensemble d’idées qu’il faut situer globalement du côté de la réaction. Le directeur, François-Albert Angers, opte d’ailleurs pour des positions idéologiques traditionalistes. Pourtant, il est possible de se demander si, à la fin des années 1960 et durant les années 1970, il n’accepte pas de faire contre mauvaise fortune bon cœur. En effet, les circonstances historiques exceptionnelles se multiplient et pointent toutes vers l’idée que la nation québécoise se trouve à la croisée des chemins : centenaire de la Confédération et non-renouvellement de l’AANB, visite du général de Gaulle, États généraux du Canada français, création du Parti québécois, élection de P.-E. Trudeau, bill 63 et manifestations pour les droits du français. 

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L’enseignement de l’histoire

Historien et didacticien des sciences humaines au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières

logo100eBLEU150Le présent texte passe en revue les grandes lignes et les phases des prises de position de L’Action nationale concernant l’enseignement de l’histoire depuis 1933, année où la revue prend la suite de L’Action canadienne-française. Une recherche méthodique menée à même ses différents numéros depuis lors nous amène à un premier constat. Au long de la période, trois dossiers relatifs à ce thème sont parrainés par la revue ; un en 1941, un deuxième en 1950, puis un dernier, plus récent, en 2011, sur l’enseignement de l’histoire au niveau collégial. Pour le reste de la période, moins d’une quinzaine d’articles, avec d’inquiétantes périodes de dormance, portent directement sur cette question névralgique des tenants et aboutissants de l’enseignement de l’histoire pour les quelques millions de francophones que nous sommes – essentiellement au Québec – en Amérique du Nord, dans la mer anglophone que l’on sait. Voyons-en les grandes lignes évolutives.

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Subir ou accueillir l’immigration

Politologue, maîtrise en études québécoises de l’UQTR. Membre du conseil d’administration de l’Institut sur l’autodétermination des peuples et des indépendances nationales (IRAI) et celui de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie.

logo100eBLEU150Depuis plus de cent ans, l’immigration au Québec est étroitement liée à la survie de la nation. La crainte de voir le peuple canadien-français noyé par l’arrivée massive d’étrangers choisis par Ottawa est une idée qui domine la première moitié du XXe siècle, alors que vers les années 1970, la société québécoise prend tranquillement conscience du rôle politique et social qu’elle doit jouer dans l’accueil et l’intégration de ces personnes. Ce réveil se manifeste à une période où la conception de l’identité de la société canadienne-française ne se définit plus surtout par la religion, mais davantage par l’appartenance linguistique. Le mouvement nationaliste y voit aussi la nécessité de proposer un modèle alternatif à celui du multiculturalisme canadien, un modèle qui encore aujourd’hui, cherche à s’imposer et suscite de vifs débats. L’article qui suit propose de revenir sur ce qui apparaît comme un moment décisif dans l’attitude de la population québécoise à l’égard des immigrants.

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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