La république : l’impensé du nationalisme québécois

Professeur de science politique à la retraite, Université de Montréal

logo100eBLEU150Les intellectuels nationalistes ont décortiqué les effets économiques, politiques, sociologiques et idéologiques de la conquête britannique de la Nouvelle-France. Mais ils ont eux-mêmes été victimes des effets d’occultation qu’impose la domination coloniale qui repose non seulement sur un rapport de force militaire, mais aussi sur la conquête des esprits. La colonisation laisse des traces profondes dans les représentations que se donne le peuple conquis et l’empêche d’envisager d’autres modes de pensée que celui du colonisateur. Elle l’enferme dans un système intellectuel qui l’amène à consentir à l’ordre et aux institutions établis pour le dominer. Il est pour le moins étonnant de constater que le mouvement nationaliste, même dans sa version moderniste et souverainiste, ait négligé de donner droit de cité aux aspirations républicaines dans l’histoire des idées politiques québécoises.

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Pour en finir avec le repli indépendantiste

Respectivement étudiant en science politique et chef d’Option nationale

logo100eBLEU150Treize années après sa parution, « Revoir le cadre stratégique » a gardé toute sa pertinence et sa lucidité. Son nécessaire appel au dépassement est encore là à alimenter les discussions et à être découvert et redécouvert par des indépendantistes en quête de victoire. Écrit au lendemain de la défaite du Parti québécois et de l’élection du Parti libéral du Québec en 2003, cet éditorial passé à l’Histoire se voulait, dans un premier temps, un décapant post-mortem des gouvernements Bouchard et Landry.

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Rapatriement de la constitution

Ph. D. Histoire ; professeure, Département des sciences juridiques, UQAM

logo100eBLEU150Il me fut relativement facile de trouver dans les pages de L’Action nationale des articles concernant mon sujet premier d’intérêt, la constitution canadienne. En fait, j’ai trouvé, pour la période 1972-1982, plus d’une douzaine d’articles traitant des négociations constitutionnelles, dont un numéro complet consacré à ce thème en avril 1972. Ce numéro, dirigé par Jacques-Yvan Morin, trace d’ailleurs un portrait détaillé de l’échec des négociations entourant la charte de Victoria.

Cette décennie est très riche en matière politique et constitutionnelle. Outre les négociations entourant le rapatriement de la constitution, elle marque l’arrivée au pouvoir du Parti québécois en 1976, arrivée qui sera suivie par le référendum de 1980.

L’Action nationale est au cœur de cette effervescence. On voit défiler au long des pages une prise de parole de plus en plus souverainiste. Elle rejettera petit à petit l’idée d’un compromis possible entre le fédéralisme proposé par Pierre E. Trudeau et celui désiré par les nationalistes québécois modérés tels que Robert Bourassa. Dans les pages qui suivent, je veux rendre compte de l’évolution de la position constitutionnelle des auteurs de L’Action nationale et l’émergence de l’idée d’une nation « consciente de sa propre existence ».

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Une pensée économique québécoise traverse le siècle

 Professeur de droit, Université de Sherbrooke

logo100eBLEU150Le XXe siècle a vu le monde des idées être traversé par un nombre incalculable de modes, pour le pire plus souvent que pour le meilleur. Par hypothèse, une revue qui dure un siècle peut présenter l’avantage de donner un espace à des auteurs moins soucieux de suivre les modes que de s’inscrire dans une tradition de pensée solidement ancrée.

 

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D’un nationalisme « musclé » au nationalisme du Parti québécois

Ph. D. science politique

logo100eBLEU150L’Action nationale n’a pas toujours eu l’orientation politique qu’on lui connaît actuellement. À l’image du Québec, elle connut son passage du Québec duplessiste, conservateur, traditionaliste, faisant large place à la religion catholique, au Québec contemporain, issu de la Révolution tranquille, doté d’un État séculier, interventionniste, défenseur d’un filet social, endetté. En matière de représentation démocratique, tout le système politique est sorti reconfiguré après une première vague de réformes, puis une seconde réalisée entre 1965 et 19791. Les réformes de la carte électorale ont été les plus significatives, également les plus rapides et spectaculaires: l’élimination progressive des distorsions dans la représentation entre population et sièges a changé la donne en faveur des partis montréalais. Elle n’a toutefois pas transformé la compétitivité électorale des régions, tributaire d’un vote bloc des non-francophones. Ce dernier s’est au contraire affirmé, au point de remplacer, en particulier avec le multipartisme, les distorsions de la carte électorale en tant que barrière d’accès au pouvoir pour des partis francophones nationalistes.

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Défense de la langue française sans faux pas

Avocat, doctorant en droit à l’Université de Sherbrooke et à l’Université de Bordeaux et boursier FRQSC

À l’été 1937, Québec est l’hôte du deuxième Congrès de la langue française. Lionel Groulx y prend la parole. Sur un ton prophétique, l’historien lie le destin de la nation à celui de l’État québécois. Et tous les espoirs sont permis :

J’espère avec tous les ancêtres qui ont espéré ; j’espère avec tous les espérants d’aujourd’hui ; j’espère par-dessus mon temps, par-dessus tous les découragés. Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, notre État français, nous l’aurons : nous l’aurons jeune, fort, rayonnant et beau, foyer spirituel, pôle dynamique pour toute l’Amérique française. Nous aurons aussi un pays français, un pays qui portera son âme dans son visage. Les snobs, les bonne-ententistes, les défaitistes, peuvent nous crier, tant qu’ils voudront : « Vous êtes la dernière génération de Canadiens français… » Je leur réponds, avec toute la jeunesse : « Nous sommes la génération des vivants. Vous êtes la dernière génération des morts. »

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Éditorial - La politique du non-être

2017mars250Le gouvernement libéral ne va nulle part. Et c’est là où il veut aller. Dix démissions, des scandales nauséabonds, des reculs, des reports et… toujours la même arrogance. Jouant de tous les trucs et astuces que la politique politicienne lui octroie d’office grâce au soutien blindé d’une minorité de blocage et de l’impuissance caricaturale des partis d’opposition, il survit à sa propre maladresse. Il est à l’aise dans la médiocrité prétentieuse. Et cela le laisse bien en phase avec celle que distille chaque jour un complexe médiatique qui n’en finit plus de décrocher du réel pour traiter le Québec comme une grossière farce.

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Le référendum d’octobre 1995 dans L’Action nationale

logo100eBLEU150Nous nous intéressons ici à la manière dont L’Action nationale présente le projet de souveraineté du Québec dans le contexte de l’approche du référendum du 30 octobre 1995. Nous identifions les principaux arguments avancés dans la revue pour encourager les Québécois à voter OUI. Plus globalement, nous voulons dégager la vision que les auteurs publiés se font de l’avenir du Québec.

Nous avons commencé le repérage des articles à partir du moment où le gouvernement de Jacques Parizeau entre au pouvoir, en septembre 1994, en ayant promis de déclencher un référendum sur la souveraineté du Québec. Le repérage se termine en janvier 1996 pour voir comment les collaborateurs de la revue réagissent au NON qui a recueilli une courte majorité. Nous avons retenu tous les éditoriaux écrits par Rosaire Morin, directeur de la revue, car ils permettent de bien cerner l’idéologie générale de L’Action nationale. De plus, nous avons sélectionné tous les articles qui présentent de près ou de loin une vision d’un futur Québec indépendant et tous ceux qui exposent des arguments pour le OUI.

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Les pouvoirs constituants québécois et autochtones (première partie)

Première partie

1. Le pouvoir constituant du peuple québécois et l’accession à l’indépendance

Le Canada est une fédération multinationale 1. Son caractère fédéral est inscrit dans la Constitution, notamment aux articles 91 et 92 de la Loi constitutionnelle de 1867, qui partagent les compétences législatives des deux ordres de gouvernement, fédéral et provincial. Le caractère multinational du Canada n’est pas reconnu par la Constitution : ni la nation canadienne ni la nation québécoise n’y est mentionnée. Seuls les peuples autochtones ont reçu en 1982 une reconnaissance constitutionnelle par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Cette reconnaissance est toutefois mitigée puisqu’aucun pouvoir constituant n’est attribué à ces derniers.

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Le démantèlement de la nation (chronique 14)

La période couverte s’étend du 26 novembre 2016 au 20 février 20171

Ottawa : un pouvoir colonial

Le Québec, territoire occupé

Lévis. Au motif que l’aéronautique est une compétence fédérale exclusive, la Cour supérieure a invalidé la décision de la Cour municipale de Lévis contre une école de parachutisme construite sans autorisation (6 janv.). Déjà, les villes de Neuville, Saint-Cuthbert et Terrebonne-Mascouche ont vu leurs schémas d’aménagement invalidés par les cours. Il est désormais impossible pour les municipalités et l’État québécois d’aménager le territoire en fonction de leurs priorités.

Pétrole. TransCanada a besoin d’Énergie Est pour exporter le pétrole des sables bitumineux vers l’Inde. Le Québec, « route des Indes » titre Alexandre Shields, pour 1,1 million de barils par jour sur 625 km de notre territoire, sans aucune retombée pour le Québec (1er mars)

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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