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Vol. CVII, nos 1-2

Le numéro du centenaire

Les ressources naturelles

Département d’histoire et CRIDAQ, Université du Québec à Montréal1

logo100eBLEU150Au début du XXe siècle, le Québec est un vaste territoire qui recèle d’abondantes ressources naturelles dont plusieurs, non exploitées, sont convoitées par les acteurs économiques québécois, canadiens et nord-américains. Alors que l’exploitation forestière bat son plein, faisant de la Belle Province un des principaux producteurs de pâtes et papiers au monde, l’industrie minière connaît une expansion fulgurante, particulièrement dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue dans les années 1920 et 19302. Quant aux ressources hydrauliques, qui ont acquis une importance renouvelée depuis la construction des premières centrales hydroélectriques au Canada dans les années 1880, elles sont de plus en plus harnachées par les compagnies privées d’électricité dans les différentes régions du Québec, en particulier à Montréal, en Mauricie, en Estrie et à Québec3. L’économie québécoise se transforme sous la poussée de la deuxième vague d’industrialisation qui permet l’émergence d’industries lourdes et technologiques dont plusieurs s’installent « en région », près des différentes sources de richesses naturelles : industries des pâtes et papiers, pétrochimiques, d’extraction minérale, etc.

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Le coopératisme

Professeur adjoint, École des hautes études publiques (ÉHÉP), Université de Moncton

logo100eBLEU150Sur une période de cent ans, L’Action nationale a tenu des positions variées et parfois même, en apparence, contradictoires sur le mouvement coopératif. Au cours des années 1920, la revue est à peu près complètement indifférente à la coopération, si ce n’est d’un intérêt pour le mutualisme dans le domaine de l’assurance ; à partir de la fin des années 1930, sous la direction intellectuelle de François-Albert Angers, la coopération est identifiée comme la voie royale pour l’émancipation des Canadiens français ; à partir des années 1980, la coopération est réévaluée à la baisse et est appelée à jouer un rôle complémentaire au sein d’une économie plurielle.

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Nation, éducation, État

Ph. D. histoire, Centre d’histoire des régulations sociales, UQAM. Membre du comité de rédaction de la revue depuis 2005

logo100eBLEU150La question de l’éducation est centrale dans la revue L’Action nationale. Ses directeurs lui ont toujours réservé une large place, fidèles à l’esprit de Lionel Groulx qui misait sur la jeunesse pour refonder la nation canadienne-française. La revue a pris position sur presque tous les débats entourant le rôle de l’éducation dans l’espace québécois, en plus d’être l’instigatrice de bon nombre d’entre eux. Les tendances qui s’observent selon les périodes s’imbriquent aux grands courants de pensée qui marquent le cheminement de sa direction1. Le texte qui suit fera ressortir les moments forts de ces tendances depuis L’Action française, ancêtre de L’Action nationale, jusqu’aux années 1960 pendant lesquelles est fondé le ministère de l’Éducation.

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Du groulxisme comme nationalisme historique

Sociologue et chroniqueur

On ne me pardonnait point, par exemple, de ne plus croire au « bienfait providentiel » de la Conquête anglaise, mais cette conquête, de la plutôt présenter sous l’aspect d’une catastrophe.
– Lionel Groulx

logo100eBLEU150Depuis près de trente ans, dans les médias, à l’université et en politique, Lionel Groulx est considéré comme une référence sulfureuse : il représenterait la part maudite du nationalisme québécois, et même, sa part honteuse, celle qu’il faudrait transcender et même renier pour advenir à la maturité démocratique. Le mauvais procès intenté contre lui par certains esprits querelleurs au début des années 1990 a marqué les consciences, même si leurs travaux étaient d’une rigueur incertaine, à la limite de la malhonnêteté intellectuelle. L’homme qu’on a longtemps considéré, avec raison, comme la principale figure de la renaissance nationaliste du début du vingtième siècle est devenu infréquentable et plusieurs souverainistes, au fil du temps, se sont ralliés à cette interdiction. Certains vont même jusqu’à vouloir rayer son nom de l’espace public, comme s’il était toxique. Un temps, il suffisait de dire son nom pour susciter l’effroi de ceux qui sont soucieux plus que tout de leur responsabilité mondaine. Eux qui ne jurent souvent que par René Lévesque peinaient à se rappeler que le fondateur du Parti québécois confessait pour Groulx un mélange de tendresse et d’admiration : il lui reconnaissait notamment le mérite d’avoir redressé mentalement une nation qui avait pris l’habitude de l’avachissement et où « les épines dorsales se présentaient plus souvent en accent circonflexe qu’autrement1 ».

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Éditorial - Pour mémoire

Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver
– Gaston Miron

2017janvierfevrier250C’est une longue, une très longue cordée qui aura conduit L’Action nationale au seuil de ce numéro du centenaire. Pour quiconque a eu le bonheur de se trouver devant la collection complète de la revue, de s’y laisser guider par l’attrait des maquettes ou la couleur des vieux papiers où s’amoncellent des millions de signes, la figure de ce long défilé des auteurs tous tendus vers une même ascension, un même idéal de dépassement s’impose d’elle-même. Édouard Montpetit qui signe le premier éditorial du numéro de janvier 1917 n’avait pas manqué de placer l’aventure naissante du côté de l’effort et de l’accomplissement. Vers la supériorité, écrit-il alors pour en appeler – et peut-être aussi pour se convaincre lui-même – à se faire confiance et à miser sur un potentiel que le petit peuple humilié a du mal à s’accorder.

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Histoire de la Ligue d’action nationale

 Président de la Ligue d’action nationale depuis 2005 • 

logo100eBLEU150Les institutions culturelles et intellectuelles n’ont pas la vie longue au Québec, surtout celles qui proviennent de la société civile. Les associations, les mouvements de pensée et les revues naissent, mais meurent rapidement au fil des changements de conjonctures et du manque de lecteurs. Lionel Groulx, conscient du caractère éphémère de l’action intellectuelle, s’étonnait en 1918 que la revue L’Action française ait pu célébrer son premier anniversaire : « Dans notre vie canadienne, écrivait-il, il n’y a qu’un seul événement qui soit plus banal que la naissance d’une revue et c’est la mort d’une revue1. » Ce constat empreint de pessimisme ne s’est toutefois pas appliqué à L’Action française-L’Action nationale, fondée en 1917 et qui persiste, année après année, à mener le combat pour la construction d’une nation de langue française en Amérique depuis un siècle. Pour fin de comparaison, rappelons ici que le Reader’s Digest fut fondé en 1922.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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