De Gaulle et le Canada

Vive le Québec libre !
Colloque commémoratif 26 et 27 mai 2017

Même si le « Vive le Québec libre du général de Gaulle » a fait couler un torrent d’encre, tout n’a pas été dit et surtout ce qui a été dit n’est pas toute la vérité. Les archives du général de Gaulle ainsi que celles du ministère des Affaires étrangères contiennent des documents inédits qui jettent un éclairage nouveau sur quatre aspects de ce voyage historique : les préparatifs, les circonstances du discours sur le balcon de l’Hôtel de Ville, ce qu’aurait dit de Gaulle s’il était allé à Ottawa comme cela était prévu dans son programme et enfin les réactions de l’opinion publique. En revisitant ces thèmes, je me propose de montrer en particulier que la prise de position du général pour l’autodétermination du Québec ne fut pas improvisée comme l’ont prétendu les thuriféraires du fédéralisme canadien, mais qu’il a de différentes façons exprimé son appui au projet d’indépendance du Québec. 

De Gaulle était très conscient que sa visite était une opération politique pour les gouvernements canadien et québécois. Le gouvernement canadien voulait montrer que de Gaulle valorisait autant le Canada que le Québec alors que le gouvernement québécois voulait s’en servir pour affirmer la présence internationale du Québec. De Gaulle ne voulait surtout pas que son voyage serve à cautionner le centenaire de la Confédération canadienne. Une note de la Direction Amérique datée du 23 juin 1967 explique que dans le discours qu’il prononcera à Ottawa, de Gaulle ne fera aucune allusion à l’anniversaire de 18671. Comme il l’expliquait lui-même dans une note qu’il adresse à François Leduc, ambassadeur de France au Canada :

Il n’est pas question que j’adresse un message au Canada pour célébrer son « centenaire » […] Nous n’avons pas à féliciter ni les Canadiens ni nous-mêmes de la création d’un État fondé sur notre défaite d’autrefois et sur l’intégration d’une partie du peuple français à un ensemble britannique2.

L’arrivée au Canada

Dès le départ, de Gaulle prit toutes les dispositions pour minimiser sa présence en territoire canadien et montrer sa préférence pour le Québec. En imposant sa volonté d’arriver par la mer, sur le Colbert, il contrait la volonté du gouvernement canadien qui l’incitait à se rendre d’abord à Ottawa avant d’aller au Québec. Ottawa invoquait la règle de l’antériorité pour justifier ses prétentions. Dans une audition devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Courve de Murville expose les volontés divergentes du Canada et de la France au sujet de son arrivée en terre canadienne. « Il parût normal, explique-t-il, de commencer par Québec puisque l’Exposition universelle était la raison de la visite3. » L’ambassadeur de France à Ottawa, François Leduc, explique pour sa part que ce choix se justifiait parce que « le Premier ministre canadien Pearson a explicitement donné son accord à M. Johnson pour que conformément au désir de ce dernier et au vœu du général, la première étape du voyage soit Québec et non Montréal ou Ottawa4. » Le diplomate français soucieux du respect des règles diplomatiques fait aussi valoir que ce choix ne constituait pas un précédent puisque d’autres chefs d’État comme l’empereur d’Éthiopie, le prince héritier du Japon ou le président allemand Luebke avaient eux aussi choisi d’arriver au Canada en se posant ailleurs qu’à Ottawa5. Pour l’anecdote, notons que le Canada aurait caché cette information à l’Ambassadeur de France qui l’aurait obtenu par son réseau diplomatique6.

Cette volonté de maintenir le Canada à distance s’est aussi manifestée lors de son arrivée à Québec où il était forcé de mettre les pieds en terre canadienne puisque les ports sont contrôlés par le Canada. Le projet de programme pour la journée du 23 juillet est modifié à la demande de l’Élysée pour réduire l’importance de la visite du général à la citadelle de Québec qui est en territoire fédéral. Ainsi, de Gaulle ne consacrera que 30 minutes à l’accueil du Gouverneur général du Canada de 9 h 40 à 10 h 10. Ces tractations entourant le programme du séjour tourneront à l’avantage du Québec où de Gaulle passera trois jours comparativement à une seule journée prévue pour la capitale fédérale.

Le discours du balcon

Le maire Jean Drapeau a beaucoup menti en affirmant que de Gaulle ne devait pas prendre la parole sur le balcon de l’Hôtel de ville. Ayant sans doute été informé de la teneur des propos « séparatistes » que le général avait prononcés le long du Chemin du roi, il a voulu l’empêcher de parler en prétendant qu’il n’y avait pas de micro et qu’il n’était pas prévu qu’il prenne la parole. Les séquences filmées le montrent clairement en train de retenir physiquement le général7. Or, il y avait un micro qui l’attendait et qu’il suffisait de brancher ce que s’empressa de faire un technicien. Deux documents attestent que l’allocution au micro était bel et bien prévue dans le programme du général. Une note de la Direction Amérique pour le service du protocole, datée du 1er juin prévoit une réception à la Mairie « avec un discours du général de Gaulle du balcon8 ». Le programme daté du 27 juin : « Montréal 19 h 30 : Après l’accueil à l’Hôtel de ville (il n’y a pas d’allocution à l’intérieur) le général s’adresse à la foule du haut d’une terrasse dominant la place9 »

Les documents auxquels j’ai eu accès montrent que les responsables français savaient que le général ne se contenterait pas de déclarations anodines. Dans la note 1019, du 18 juillet, l’ambassadeur Leduc transmet à son ministre le texte d’une dépêche de l’AFP qui annonçait le sens de l’intervention du général : « Selon des sources bien informées, le voyage du Président français au Canada serait une mission destinée à encourager le séparatisme canadien-français10 ». Dans un télégramme daté du 19 juillet, la direction Amérique prévient l’Ambassade de France que « Le discours le plus marquant à Montréal sera celui de l’Hôtel de ville11 ». Durant la traversée sur le Colbert, il confie à son gendre Alain de Boissieu : « Je compte frapper un grand coup. Ça bardera, mais il le faut. C’est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France12. » On savait donc à Paris que de Gaulle avait l’intention d’aller au fond des choses. De toute évidence, le maire de Montréal, quant à lui, ne voulait pas porter la responsabilité de ce discours et soutenait que de Gaulle l’avait prononcé sur un coup de tête. Il s’agissait pour lui de se dédouaner et de dévaloriser les paroles du général en attribuant sa déclaration à son grand âge et à la fatigue d’une longue journée. Comme le révèlent les sources diplomatiques, rien n’est plus faux, la déclaration du général de Gaulle était préméditée.

Si de Gaulle était allé à Ottawa

Le « Vive le Québec libre » provoqua une onde de choc mondiale et fut répercuté dans toutes les grandes capitales du monde. Il obligea même la Chine à inventer un idéogramme pour traduire Québec. Il déclencha l’ire des autorités canadiennes et une avalanche de haine anti-française dans les médias canadiens. Le gouvernement canadien ayant jugé la déclaration du général comme une ingérence inacceptable, celui-ci décida d’annuler son passage dans la capitale fédérale.

De Gaulle ne laissait rien au hasard et avait préparé avant de partir un discours pour son séjour dans la capitale fédérale. En fait, il avait à sa disposition deux versions : l’une préparée par l’Ambassade du Canada qui était bucolique et mièvre et une autre produite par l’Élysée. Insatisfait de ces deux projets, de Gaulle prit la peine de réécrire à la main entièrement le projet de discours fourni par le secrétariat de l’Élysée. Dans ce discours, de Gaulle confirme ce qu’il dira à Montréal, en reprenant le thème du droit à l’autodétermination du peuple québécois : « En même temps, la fraction de ses habitants qui est française d’origine, de caractère et de langue, s’affirme chaque jour davantage comme une entité destinée à disposer d’elle-même. »

Nous reproduisons l’intégralité de ce discours qui n’a pas été prononcé, mais conservé dans les archives.

Monsieur le Premier ministre,

En l’espace de vingt-trois années, voici la quatrième fois que j’ai l’honneur d’être reçu dans sa capitale par le Gouvernement canadien. Or, c’est toujours avec une sympathie qui ne cesse pas de m’émouvoir. Pourtant pendant ce temps et pour ce qui concerne les rapports entre nos deux États, si maintes données sont restées les mêmes, d’autres ont été profondément modifiées. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement, étant donné l’évolution qui est en train de s’accomplir à tous égards dans votre pays, le mouvement et le rôle nouveaux du mien, enfin les bouleversements en cours dans le monde où nous vivons. Cependant, il semble que l’amitié et l’estime que nous nous portons mutuellement n’en n’ont en rien été altérées et même que le sentiment de notre solidarité soit devenu à mesure, plus fort et mieux justifié.

De la part de la France, ce qui n’a pas changé vis-à-vis du Canada c’est tout d’abord et naturellement le souvenir d’y avoir fait entrer, il y a quatre siècles et demi, la civilisation chrétienne et européenne, puis d’y avoir installé une population venue de sa propre terre et qui, centuplée aujourd’hui ne l’a jamais oubliée en dépit du temps écoulé et de la déchirante séparation. La France conserve aussi pieusement et fidèlement, la mémoire des Canadiens qui, au cours des deux guerres mondiales vinrent vaillamment combattre sur son sol pour la cause qui était la même que la sienne et dont un grand nombre, morts aux côtés de tant de Français sur les mêmes champs de bataille, dorment dans les mêmes champs de repos. J’ajoute que, naguère, entre un Canada qui travaillait à se découvrir lui-même et une France dont des épreuves terribles et une chronique confusion politique retardaient, au contraire, le développement, il s’était, malgré tout, établi assez de sympathie pour que mon pays gardât le sentiment qu’il viendrait sans doute une époque où l’on aurait bien des choses à faire ensemble.

On peut croire que cette époque est venue. Cependant, elle trouve les deux pays dans des conditions très différentes de celles d’autrefois. Le Canada est en complète transformation. En tant qu’État nous le voyons, nonobstant d’anciennes attaches, pratiquer une indépendance de plus en plus accentuée. En même temps, la fraction de ses habitants qui est française d’origine, de caractère et de langue, s’affirme chaque jour davantage comme une entité destinée à disposer d’elle-même. Mais, tandis qu’évoluent ainsi la situation fondamentale et la structure de votre pays, il est saisi d’un bout à l’autre d’un territoire très vaste et plein de ressources, par un puissant essor économique, scientifique et technique qu’illustre actuellement l’extraordinaire et magnifique exposition de Montréal. D’où, très normalement l’appel du Canada à des concours extérieurs et son souhait que ceux-ci ne soient pas dominateurs.

Or, la France, de son côté, réalise, en ce moment même une profonde mutation. Pour ce qui est de son activité, au lieu de s’en tenir comme jadis à une économie peu mobile et très protégée, elle acquiert une puissance industrielle considérable, s’engage dans la concurrence, s’appuie sur une monnaie modèle, organise d’importantes recherches et applications scientifiques et avance dans maintes techniques de pointe. En même temps, elle est dotée d’un régime institutionnel qui lui permet d’exercer une action indépendante et continue. Entre cette France et ce Canada, tels qu’ils sont et tels qu’ils deviennent, il apparaît donc que, dans tous les domaines matériels et culturels, peut et doit exister une grandissante coopération. Bien entendu, c’est vers l’élément français que mon pays est disposé à porter son plus grand effort, tandis qu’inversement il en attend un précieux concours. C’est vrai pour les universités, les sciences, les arts, comme pour la formation technique, les entreprises industrielles, les travaux publics quelles que puissent être les bases sur lesquelles les Canadiens fixeront en fin de compte, les rapports de leurs diverses communautés13, on peut penser que des liens particulièrement étroits et multipliés entre l’une d’entre elles et la France ne peuvent qu’être utiles à tous.

Mais n’est-ce pas aussi dans l’ordre de l’action internationale que tout engage le Canada et la France à conjuguer leurs attitudes et leurs comportements ? Votre pays, pour des raisons proprement américaines, le mien pour des raisons spécialement européennes, l’un et l’autre pour des raisons éminemment humaines, tiennent pour essentiel qu’existe un équilibre mondial, faute duquel tous deux risqueraient fort de se perdre corps et âme dans l’océan de quelque empire. Tous deux estiment que l’équilibre doit reposer sur le droit de chaque peuple à disposer entièrement de lui-même, sur le devoir de chaque État, et notamment des plus puissants, de ne pas intervenir dans les affaires intérieures d’un autre, sur l’obligation universelle de n’accepter et de ne reconnaître nulle part aucune conquête ou domination de terrain ou de population réalisées par la force14.Tous deux considèrent que l’équilibre implique qu’une aide soit apportée sans hypothèque ni usurpation, par des pays développés au progrès de ceux qui le sont moins. Tous deux, enfin, espèrent voir l’équilibre, dès lors qu’il serait assuré, aboutir à une organisation effective de la paix internationale et au désarmement général.

De tels problèmes, dont dépendent la vie ou la mort de l’humanité, ne justifieraient-ils pas que nos deux pays pratiquent entre eux une meilleure concertation politique ? Laissez moi vous dire que la France dont les décisions, les mains, les actes sont entièrement libres, y est très disposée à l’égard du Canada.

En saluant Monsieur le Gouverneur général, je lève mon verre en l’honneur de Monsieur Lester Pearson, Premier ministre du Canada, en l’honneur de Madame Lester Pearson, que ma femme et moi, ainsi que ceux qui nous accompagnent, remercions vivement de ses aimables attentions, en l’honneur du Canada, qui vient, à travers nos personnes, de faire, une fois de plus, à la France un inoubliable accueil.

Ce discours montre bien que le général avait une pensée cohérente sur le destin du peuple québécois et que sa déclaration n’était pas le fruit d’une impulsion provoquée par l’enthousiasme des foules ou encore par la fatigue du vieil homme comme ont voulu le faire croire les fédéralistes canadiens. De Gaulle savait avant son départ ce qu’il voulait laisser comme message aux Québécois qu’il voyait au rang des nations indépendantes.

Les réactions de l’opinion publique

La prise de position du général de Gaulle fut dénoncée par les élites fédéralistes canadiennes et dans une large mesure par les élites politiques françaises qui la jugeaient inacceptable. Mais il en alla tout autrement dans les opinions publiques québécoises et françaises. Les sondages indiquent en effet une large approbation. Un sondage CROP publié par Le Soleil le 29 août 1967 est très éclairant quant à la satisfaction des Québécois à l’endroit de la visite de de Gaulle : 59 % des répondants disent ne pas tenir rigueur au général de s’être mêlé des affaires du Canada ; 70 % approuvent sa visite et disent qu’il a bien fait de venir ; 50 % disent d’ailleurs que le général a eu raison de dire ce qu’il a dit et enfin 59 % jugent que la réaction du gouvernement canadien était exagérée15. On peut aussi se référer à un autre indicateur de l’état de l’opinion en recensant les lettres reçus par l’Ambassade de France entre le 28 et le 31 juillet. Sur les 195 lettres reçues, 130 étaient favorables et 65 défavorables16.

Du côté de l’opinion publique française, les réactions favorables sont moins fortes, mais elles sont majoritaires, selon une enquête de l’IFOP, publiée le 9 août 1967. À chaque question, il y a environ 30 % des répondants qui disent ne pas avoir d’opinion ce qui est compréhensible, car à l’époque le Québec était peu connu des Français. Mais 37 % des personnes interrogées pensent que les paroles prononcées par de Gaulle étaient préméditées et n’étaient pas la conséquence de la chaleur de l’accueil qu’il a reçu comparativement à 32 % qui pensent le contraire. 39 % pensent que de Gaulle a eu raison de ne pas aller à Ottawa contre 26 % qui disent qu’il a eu tort. Dans une proportion de 32 %, les Français pensent que le voyage aura des conséquences favorables pour les Canadiens français alors que 28 % pensent qu’elles leur seront défavorables. Par contre, 51 % des Français estiment que de Gaulle subira lui-même des conséquences défavorables à la suite de ce voyage17.

Pour conclure, citons une annotation de la main du général dans le procès-verbal de la réunion du Conseil des ministres du 31 juillet 1967 où il explique l’état d’esprit qui l’animait durant ce voyage. Son but était de réparer le lâche abandon de Louis XV :

La France n’a, cela va de soi, aucune visée de direction et a fortiori de souveraineté sur le Canada d’aujourd’hui. Mais étant donné qu’elle l’a fondé, qu’elle l’a, seule pendant deux siècles administré, peuplé, mais aussi qu’elle y a constaté l’existence de l’ardente personnalité française d’une communauté comprenant six millions d’habitants dont quatre millions et demi dans le Québec, elle n’aurait pu se désintéresser du sort d’une population issue de son propre peuple et fidèle à son origine, ni considérer le Canada comme un pays qui lui serait étranger au même titre que tout autre18.

Dès lors, il ne pouvait y avoir d’ingérence dans les affaires d’un pays qui était historiquement une partie de la France.

 


1 Archives diplomatiques, MNSYS 83QO/208

2 Charles de Gaulle, Lettres, notes et carnets, juin 1958 – novembre 1970, Paris, Robert Lafont, 2010, p. 845, cité par Robert Baraton, De Gaulle ou l’hypothèque française sur le Canada, Paris, L’Harmattan, 2013, p. 67.

3 Archives diplomatiques, MNESYS 83QO/210, 27 septembre 1967.

4 Archives diplomatiques, MNESYS 83QO/210.

5 Archives diplomatiques, MNESYS 83QO/210, 31 août 1967, voir aussi une note de l’Ambassadeur de France datée du 16 février 1967

6 Archives du général de Gaulle, AG5 149

7 Selon le documentaire Le Chemin du Roy, réalisé par Luc Cyr et Carl Leblanc et télédiffusé à Télé-Québec le 21 novembre 1997.

8 Archives diplomatiques, MNESYS83Q) 208

9 Archives du général de Gaulle AG5 150 et 151

10 Archives diplomatiques, MNEYS83QO208

11 Archives du général de Gaulle, AG5 208

12 Propos rapporté par Dale Thompson, De Gaulle et le Québec, Montréal, Éditions du Trécarré, 1990, p. 253.

13 De Gaulle avait d’abord écrit communautés ethniques puis il a rayé ce mot de la version finale.

14 De Gaulle a rayé « pourtant violés au Vietnam et au Moyen Orient »

15 Le Soleil, 29 août 1967

16 Archives du général de Gaulle, AG5/149.

17 Archives diplomatiques MNESYS83QO210

18 Archives du général de Gaulle AG5 151

 

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