Mode de scrutin. Le modèle nordique pour le Québec

Les partisans de la réforme du mode de scrutin ont enfermé celle-ci dans la perspective d’une « représentation proportionnelle mixte » (RPM) compensatoire à l’allemande. Or celle-ci n’est absolument pas la forme la plus progressiste ni la plus juste et équitable de «  représentation proportionnelle » (RP). Non seulement laisse-t-elle persister quelques distorsions favorisant particulièrement le parti dominant, le Parti libéral du Québec (PLQ), mais elle se trouve aussi à favoriser les forces anti-nationalistes et conservatrices en raison du vote bloc des non-francophones.

En effet, la RPM a un impact différencié selon les partis quant à l’accès au pouvoir. Elle procure une prime au parti gagnant qui bénéficie surtout au PLQ, une prime dont l’ampleur suffit pour favoriser la prise du pouvoir en solitaire de ce dernier de manière quasi permanente. En cela, la RPM est semblable au mode de « scrutin majoritaire uninominal » (SMU) actuel du Québec (et du Canada). Elle continue de favoriser les forces anti-nationalistes et conservatrices en échange de l’accès à un minimum de représentation pour les opposants nationalistes. Et finalement, la RPM partage une autre caractéristique importante avec le SMU actuel : son mode de désignation des candidats, les assemblées d’investiture, favorise de manière indue les candidats qui parviennent à traduire concrètement l’influence des non-francophones. En outre, ces candidats partageant un même profil anti-nationaliste et conservateur et sont suffisamment nombreux, sous la RPM, pour exercer un ascendant certain sur leurs autres collègues élus grâce à ses dispositions compensatoires.

À l’opposé, le « modèle nordique » (MN) de mode de scrutin proportionnel élimine la plupart des distorsions entre voix et sièges ; il agit de manière équitable entre partis et favorise l’établissement de coalitions dans la formation des gouvernements ; il élimine la prime accordée au vainqueur et établit un équilibre complet entre forces politiques ; il n’accorde aucun ascendant aux députés élus sous un mode d’élection ou un autre, ne faisant en particulier élire aucun candidat par le SMU, source intarissable de distorsions démocratiques. Progressistes, nationalistes et indépendantistes peuvent s’allier autour du modèle nordique et lutter pour empêcher que ne se poursuive la transformation du Québec en une République de bananes sans État et sans solidarité, soumise aux dictats du Canada et des entreprises transnationales, et pour mettre en place le Québec de demain, libre et démocratique.

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Montréal et l'usage du drapeau du Québec

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Pour tous les États et nations de ce monde, le drapeau représente un symbole de haute importance. Partout, des règles d’utilisation ont été décrétées à l’intention des organismes et institutions publiques qui relèvent de leur juridiction. Le Québec n’y fait pas exception. Or, en cette matière, il semble que Montréal se place en situation de rupture avec les façons de faire promulguées par le gouvernement du Québec. En évacuant le drapeau du Québec des rencontres officielles et médiatisées impliquant un premier ministre canadien ou tout autre chef d’État, non seulement renie-t-on l’affiliation de la Métropole au Québec, mais on s’octroie un statut qui n’est pas le sien. Une telle façon de faire est contraire à la réalité constitutionnelle du Québec. Il semble bien que Toronto ne s’en permette pas autant.

plantetrudeau

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