2018juinseptembreANNONCEWEB

De Gaulle se souvient de la dette de Louis XV

Pour percevoir ce que Charles de Gaulle a voulu faire en juillet 1967 au Québec, et jusqu’au discours demeuré fameux « Vive le Québec libre ! », sans doute convient-il de commencer par le commencement, c’est-à-dire s’interroger sur le « pourquoi ». Or, poser la question du « pourquoi », c’est d’abord s’interroger sur les raisons qui poussent le chef de l’État français à se rendre à l’invitation qui lui est faite de visiter l’Exposition universelle de Montréal de 1967.

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France-Québec : la langue, un signe de souveraineté

Puisqu’on me propose de vous parler de la langue comme signe de souveraineté, je pense qu’il nous faut d’abord s’interroger sur cette idée de souveraineté appliquée à l’appartenance à une langue, à l’enracinement linguistique, donc culturel. La langue est une patrie, disait Camus. Elle est à la fois l’ultime patrie des pauvres, l’ultime patrie de ceux qui n’en ont plus aucune autre, le lien naturel de l’homme avec les autres hommes qu’elle constitue en peuple, en nation, en libre souveraineté juridique parfois ; sauf que la langue est aussi praticable comme instrument de domination par les puissants et les riches, puisqu’en fin de compte ils n’ont jamais de triomphe parfait que lorsqu’ils ont imposé leur langage, c’est-à-dire leur façon de penser, puis leur langue, aux hommes et aux peuples qu’ils ont su rendre tributaires. La langue devient alors, non plus un vecteur de liberté, mais un vecteur de formatage des esprits et des comportements au service d’une organisation exclusive du monde.

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De Gaulle, Pearson : l’impossible dialogue

Lorsque Charles de Gaulle fait son arrivée à l’Hôtel de Ville de Montréal, en début de soirée, le 24 juillet 1967, le premier ministre canadien Lester B. Pearson regarde l’événement en direct, à la télévision, de sa résidence officielle du 24 Sussex à Ottawa. Dans le troisième tome de ses Mémoires, Pearson raconte sa réaction immédiate1. En criant « Vive le Québec libre ! », de Gaulle reprenait selon lui le slogan des « séparatistes ». Il y voit une « insulte au gouvernement fédéral ». Bien que la formule ait peut-être échappé à De Gaulle, pense Pearson, vu l’enthousiasme de la foule, il n’était pas le genre d’homme à improviser. Ce qui l’irrite le plus dans ce discours, ce qui le rend carrément « furieux », c’est l’évocation de l’atmosphère de libération qui rappelle à De Gaulle le Paris d’août 1944. Pour ce vétéran de la Grande Guerre, grand diplomate de carrière, hostile à tous les totalitarismes, cette comparaison est non seulement blessante, elle est carrément « inacceptable » – le mot sera repris dans le communiqué du lendemain.

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Le voyage du général de Gaulle et l’accélération de la coopération

Docteur en histoire

Cinquante ans après la disparition de Hector Fabre, qui avait occupé le poste d’agent général de la Province de Québec en France, de sa nomination en 1882 à sa mort en 1910, l’ouverture de la Délégation générale du Québec à Paris, à l’initiative de Georges-Émile Lapalme, a permis de renouer les liens politiques entre les deux gouvernements1. Lors de son séjour à Paris pour présider à l’inauguration de la représentation québécoise en octobre 1961, le premier ministre Lesage est reçu à l’Élysée, où de Gaulle lui fait part de son désir de renforcer les relations dans tous les domaines avec le Québec2.

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La vision gaullienne de la nation exprimée lors de sa visite au Québec

Au fond, nous tous Français que nous soyons du Canada ou de la France...
– De Gaulle, 27 novembre 1967

L’analyse du vocabulaire permet de mettre en lumière des phénomènes idéologiques qui se dissimulent dans les discours ou qui sont difficiles à percevoir à la simple lecture. Lors de sa visite au Québec, du 23 au 27 juillet, le général de Gaulle a prononcé 11 discours, plus une conférence de presse tenue le 27 novembre 1967 à l’Élysée où il traita longuement des suites de son voyage1.

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Le Québec dans la politique internationale du général de Gaulle

L'auteur est professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne

Le voyage du général de Gaulle au Québec en juillet 1967 doit d’abord se lire comme l’accomplissement d’un devoir de mémoire. Une dimension capitale quand on connaît le rôle de l’histoire comme ressort de sa pensée et de son action. Elle apparaît déjà le 5 octobre 1961 dans le toast à l’adresse de Jean Lesage, le premier ministre du Québec, visite qui marque l’amorce officielle de la relation privilégiée entre la France et le Québec. D’emblée, le Général y observe : « Il n’y a pas de temps écoulé qui ait pu effacer de l’esprit et du cœur de la France la pensée et la nostalgie de ceux de ses enfants qu’elle y avait laissés là-bas voici tantôt deux cents ans. » À fortiori cette dimension est-elle au cœur du voyage de juillet 1967. Le Général y suit de Québec à Montréal « le chemin du Roy », celui-là même que le roi de France aurait suivi s’il était venu dans la Nouvelle France. Ce chemin, c’est le général de Gaulle, le président de la République française, le monarque républicain, qui l’a remonté le 24 juillet 1967.

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De Gaulle en notre temps

Mon seul souci en venant chez vous était de vous rendre service… ce sera à vous, au peuple du Québec, de dire si j’y ai réussi, car la suite vous appartient.
- Charles de Gaulle, 25 juillet 19671

De Gaulle n’est pas arrivé dans notre histoire comme un cheveu dans la soupe, un beau soir d’été en juillet 1967. Et, pourtant, à écouter les commentaires des uns et les réminiscences des autres, c’est bien ce que pense le grand nombre. Et c’est pour briser cette impression que j’ai pensé faire avec vous aujourd’hui une petite excursion dans notre temps, que je ferai en deux étapes, une première en remontant autour de 1960, une deuxième plus haut encore, vers 1940.

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De la grandeur française en Amérique

Il nous avait compris, le vieux général.

Mieux que nous-mêmes, lui savait, voyait, entendait qu’il y avait ici de la grandeur à fabriquer. Refoulée par deux siècles d’anglitude, cette grandeur toute française qui, ayant épousé ce vaste continent, habite au creux de notre âme, cette grandeur était enfin appelée à éclore.

Il fallait tirer ce peuple des limbes de l’Histoire, en invitant par la même occasion ses habitants à déguédiner. Il fallait régler notre sort et rendre à la Francophonie ce qui lui appartient.

C’est bien ce que de Gaulle voulut faire, un certain mois de juillet 1967, lui qui sans détour, nous reconnut une faculté de liberté et d’envergure et plus encore ; une stature digne d’un authentique statut de Nation et d’État.

La plupart adorèrent.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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