Les souverainistes et la mondialisation : l’enthousiasme internationaliste

Nous apprenions récemment que le gouvernement Marois appuyait l’idée du libre-échange avec l’Union européenne et envisageait la signature d’un accord. La première ministre a d’ailleurs laissé tomber que son gouvernement pourrait mettre des bâtons dans les roues d’Ottawa si l’entente canado-européenne en venait à ne pas convenir aux exigences de l’État québécois, tout en rappelant que la capacité ultime de signer des traités de la sorte ne revient exclusivement qu’au gouvernement fédéral.

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Regard sur une étape du développement économique du Québec

1800-1920 : Des champs à la ville

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le Royaume-Uni a réussi, avec les ressources forestières de son territoire et de la Nouvelle-Angleterre, à combler ses besoins intérieurs. Toutefois, cette conjoncture se renverse au début du XIXe siècle en raison de l’épuisement des richesses insulaires et de la révolution étatsunienne de 1776 qui met fin à des sources d’approvisionnement précieuses. Afin de maintenir sa croissance économique, le Royaume-Uni dut s’alimenter à partir des forêts de la Scandinavie. Simultanément, pour bonifier les approvisionnements de bois en provenance de ses colonies nord-américaines, les Anglais fixent des tarifs préférentiels au détriment des fournisseurs européens. Cependant, les effets de cette tarification sont presque sans conséquence, les marchands britanniques préférant s’alimenter en Europe, en raison des coûts inférieurs des transports.

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Urbanité 2.0 : la citoyenneté et la nation à l’heure des médias sociaux

L’acropole convient à une oligarchie et à une monarchie, un plat pays à une démocratie, mais aucun des deux ne convient à une aristocratie, mais plutôt plusieurs places fortes.

– Aristote

Après avoir réfléchi sur la notion de citoyenneté[1] à partir de ce qu’a révélé la crise sociale du printemps 2012, il importait de rendre compte des conditions qui la rendent aujourd’hui possible, dans sa dimension active. En étudiant ce vaste mouvement de contestation, le lien entre ses acteurs (les étudiants au premier chef), ses moyens, le lieu où elle a pu se dérouler et la forme concrète qu’elle a assumée au fil des mois, on note une façon tout à fait nouvelle de vivre la citoyenneté. À l’encontre des projections pessimistes de la dernière décennie[2], la crise sociale aura démontré la possibilité d’un fort investissement de l’espace public par les citoyens, du moins au Québec.

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Économie et État

Après dix années de gouvernance libérale, dont l’unique religion relative au développement de l’économie du Québec fut celle des initiatives privées, sans offrir l’ombre d’une vision d’ensemble, on ose croire que le gouvernement Marois ne manquera pas de redonner un sens au rôle de l’État dans l’économie et, dans la foulée, de redorer le blason de celui-ci. Car s’il est un domaine où il n’y a plus de politique globale et où son absence fait cruellement défaut, c’est bien dans celui de l’économie.

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Le jour où Félix Leclerc est devenu indépendantiste

En ce temps-là, j’habitais Chicoutimi. À l’hiver 1972, un samedi soir, Félix Leclerc y chantait et je suis allé l’entendre et le saluer. Il m’a présenté dans sa loge à Francis Blanche, le célèbre acteur et humoriste français. Il a dit : « Je te présente Christian Larsen qui a écrit un très beau livre sur nous autres les chansonniers. » J’étais flatté et heureux de cette rencontre. Mais, surprise, Félix Leclerc me souffla à l’oreille : « Demain midi, dimanche, je t’invite à manger à l’hôtel Chicoutimi avec ta petite dame. »

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Éditorial - Nous avons mieux à faire

2013fevrier250Au moment d’écrire ces lignes, mi-février, un seul mot s’impose pour décrire l’état de l’opinion publique à la veille du Sommet sur l’enseignement supérieur : fatigue. « Qu’on en finisse ! » c’est à peu près ce qu’on peut entendre partout où la politique austéritaire fait ses ravages. Ce n’est pas l’élévation qui s’impose, mais bien le renoncement.

Qu’on en finisse certes, mais ce ne sera que pour mieux passer à un autre motif d’épuisement ! Le Québec tourne en rond dans sa servitude et le fardeau de son inachèvement continue, telle une meule abrasive, de moudre chacune de ses espérances. L’horizon baisse désormais si vite que l’expression même de Sommet – un héritage des temps anciens – est devenue dérisoire. Elle n’appelle plus personne à s’élever au-dessus de la grisaille des jours. On l’a entendu de mille manières, l’événement ne conviera qu’à trouver le meilleur moyen de passer sous la barre comptable, qu’à forer avec rage dans l’amas de démissions le tunnel du prochain renoncement. L’université québécoise restera en sursis.

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La république québécoise. Hommages à une idée suspecte

Marc Chevrier
La République québécoise. Hommages à une idée suspecte, Boréal, 2012, 454 pages

Cet ouvrage a valu le prix Richard-Arès à son auteur

Les Éditions du Boréal ont publié à l’automne 2012 La République québécoise, du politologue et constitutionnaliste Marc Chevrier, un ouvrage qui fera date dans l’histoire des idées politiques au Québec. Il est bien établi que l’idée de l’indépendance remonte aux Patriotes, et qu’elle a régulièrement fait surface au cours de notre histoire pour devenir un projet collectif au cœur de notre vie politique lors de la Révolution tranquille ; il est moins connu que l’idée de la république y a été associée depuis la déclaration d’indépendance de la République du Bas-Canada en 1838. Pour Chevrier, loin d’être un complément mineur et formel au projet d’indépendance, la République est en soi une idée forte qui, lorsqu’elle sera mieux comprise, établira définitivement la souveraineté collective et l’identité du peuple québécois et contribuera puissamment à la transformation du statut politique du Québec.

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Éditorial - Pas de Québec français sans l'indépendance

2013marsavril250Il y a cent ans, le 11 mars 1913, naissait la Ligue de défense des droits du français. Cette ligue fondera, quatre ans plus tard, la revue L’Action française – qui deviendra par la suite L’Action nationale. Cette organisation donnera une impulsion décisive à un mouvement qui traversera tout le siècle et qui fera de la défense et de la promotion du français un puissant levier de construction de la conscience nationale et de renforcement de la culture canadienne-française.

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Le néolibéralisme, l’altermondialisme et la question nationale

Alors que cette doctrine économique s’affichait il y a encore quelque temps comme un sujet central dans les débats politiques au Québec, le néolibéralisme connaît aujourd’hui un certain essoufflement. D’une part, force est de reconnaître que les représentants de l’ordre économique n’affichent plus une même confiance quasiment aveugle dans cette doctrine. Il est vrai que la crise financière mondiale qui dure depuis 2008 et plus récemment la crise de l’euro sont venues lui porter un dur coup. Il apparaît aujourd’hui moins évident de mettre de l’avant les bienfaits des médecines néolibérales, lesquelles sont grandement responsables de la crise actuelle… Sur le plan politique, nous n’en sommes plus à l’époque des appels à la libéralisation à tout crin des marchés, à l’inévitable « réingénierie » de l’État ou à la promotion des politiques d’ajustements structurels.

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L’arnaque des minicentrales

Avant-propos

Le 6 février 2013, sans même attendre les conclusions du BAPE, la ministre des Ressources naturelles, madame Martine Ouellet, décrète l’arrêt du programme des minicentrales lancé six ans plus tôt par le gouvernement Charest. À l’appui : les énormes surplus d’Hydro-Québec jusqu’en 2027 (coût appréhendé de 1.5 milliard $ d’ici 2020).

Ce texte s’inspire d’un mémoire que le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) devait présenter aux audiences du BAPE, le 20 février 2013, sur le projet du Canyon de la rivière Sainte-Anne à Saint-Joachim, Côte-de-Beaupré. « Savoir faire marche arrière face à l’erreur », tel était le titre choisi pour signifier la seule direction que tout gouvernement sérieux pouvait honnêtement prendre dans les circonstances. Cette annulation impromptue des audiences du BAPE par la ministre Ouellet avait toutefois comme conséquence d’éviter que lumière soit faite sur des aspects plus inconnus du programme libéral, entre autres, le modèle d’affaires et un curieux type de partenariat avec les municipalités.

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Décembre 2017

Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 2017.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones.

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

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