Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 20171.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité2.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones3.

Or, en rapetissant notre État, Lucien Bouchard laissait de la place à Ottawa. Ça s’est poursuivi depuis, avec encore plus de détermination, sous les gouvernements libéraux de Jean Charest puis de Philippe Couillard. La réduction de la capacité d’agir de notre État résulte de plusieurs facteurs parmi lesquels : des baisses d’impôts qui se traduisent en baisses de revenus, le refus de se servir des revenus hors impôts pour bonifier les budgets, ainsi que l’insuffisance globale des revenus par rapport aux missions, insuffisance due au déséquilibre fiscal contre lequel le gouvernement Couillard refuse de lutter. J’insisterai aujourd’hui surtout sur le deuxième facteur.

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Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

Dalie Giroux. Le Québec brûle en enfer

Dalie Giroux
Le Québec brûle en enfer, M éditeur, coll. Mobilisations, 2017, 130 pages

À la vue de ce titre dans ma pile de commandes, mon libraire s’est exclamé ironiquement et sans retenue : « Misère, ce livre semble plein de subtilité ! » Cette simple remarque venant d’un de ceux qui voit passer entre ses mains le plus de titres au Québec résume bien l’impression qui reste au lecteur lorsque la 130e et dernière page du livre Le Québec brûle en enfer se referme.

C’est Dalie Giroux, professeur de « pensée politique » à l’Université d’Ottawa, qui signe ce brûlot composé de 12 courts papiers publiés par elle, çà et là disséminés depuis quelques années dans des médias de gauche dits « alternatifs ». L’ouvrage de Giroux, rédigé en détestable écriture inclusive, mérite à peine que l’on s’y attarde, sinon pour en souligner la bêtise et s’étonner qu’un professeur d’université s’adonne à de telles excrétions.

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Catherine Dorion. Les luttes fécondes

Catherine Dorion
Les luttes fécondes. Libérer le désir en amour et en politique, Montréal, Atelier 10, Collection Document, 2017, 116 pages

Les luttes fécondes est le plus récent essai de Catherine Dorion, une artiste-militante qui s’est fait connaître à travers Option nationale et la crise étudiante de 2012. L’ouvrage s’ouvre avec des descriptions brèves et crues de conflits conjugaux, vite suivies d’une montée de lait à l’endroit de Benoît Dutrizac, dénoncé parce qu’il critiquait les étudiants grévistes de 2012. Ce coq-à-l’âne est à l’image du reste de l’œuvre. Bien qu’elle livre une mince plaquette d’à peine 100 pages, l’auteure sautille entre la sociopolitique, l’intimité et l’anecdote autobiographique. Le propos prend plusieurs avenues, mais elles indiquent toutes que le lecteur est surtout le témoin d’une plume qui se célèbre.

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Christian Saint-Germain. Naître colonisé en Amérique (1)

Christian Saint-Germain
Naître colonisé en Amérique, Montréal, Liber, 2017, 204 pages

Colonialisme, colonisés, colonisateurs, ces vocables ont disparu du discours politique québécois alors qu’à l’origine du mouvement indépendantiste ces mots étaient utilisés pour caractériser la situation du peuple québécois dans le régime politique canadien et l’attitude de beaucoup de Canadiens français qui collaboraient à notre asservissement collectif.

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Christian Saint-Germain. Naître colonisé en Amérique (2)

Christian Saint-Germain
Naître colonisé en Amérique, Montréal, Liber, 2017, 204 pages

Comment décrire le dernier livre de Christian Saint-Germain en quelques mots ? Destructeur et redondant. Effectivement, depuis le temps que nous l’apprivoisons, la doctrine Saint-Germaniste est devenue fort prévisible, mais jamais édulcorée. Naître colonisé en Amérique reprend en ce sens tous les ingrédients de la recette mitigée des précédents ouvrages de l’auteur. C’est d’ailleurs peut-être pourquoi ce nouvel opus de la même idée peine à trouver son identité. Il apparaitra, à tout lecteur averti, comme quelques chapitres à rajouter au Mal du Québec dont l’ancre des pages n’a même pas encore eu le temps de sécher. On le sait maintenant, le nihilisme méthodologique anti-péquiste de Saint-Germain consiste essentiellement à faire couler le sang et rouler les têtes, par ailleurs toujours les mêmes, celles de l’univers du Parti québécois. La chimère souverainiste, mi-felquiste, mi-vampire, des confins nébuleux de l’UQAM récidive donc de nouveau. Seulement cette fois l’effet de surprise n’est plus au rendez-vous. On retrouvera encore la créature tirer son même plaisir sadique, alors qu’elle s’adonne à ses frappes chirurgicales habituelles à la carotide péquiste. Dans la suite logique de la trilogie, le Parti québécois qui représenterait d’abord un bluff de farceur, puis un mal existentiel, est maintenant une forme de démon à exorciser tel que l’annonce la page couverture.

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Jean-Louis Bourque. Du presque-pays au pays

Jean-Louis Bourque
Du presque-pays au pays, Aix-en-Provence, Les Éditions Persée, 2017, 178 pages

Jean-Louis Bourque retrace le cheminement de sa pensée politique en l’associant à celui de l’évolution du Québec. Comme dans son précédent ouvrage (Demain la République), il plaide pour l’indépendance, mais il le fait plus sur le plan des valeurs que sur celui des institutions et des structures de pouvoir. Ayant lui-même affronté à deux reprises le risque de disparaître, suite à des maladies graves, il transpose sa résilience personnelle à celle de son pays. Il voit l’histoire du Québec comme une longue résistance à la disparition. Il pense que la perspective de ne plus être affecte autant l’individu que la collectivité. Cette métaphore existentielle n’est pas toutefois sans poser problème, car le collectif ne se pense pas par lui-même, il se représente à travers une série de médiations que jouent les intellectuels, les médias et la classe politique. Les ressources de l’illusion sont presque infinies dans cet univers de la représentation collective ce qui est beaucoup moins vrai pour l’individu qui sait qu’il ne peut échapper à la finitude et qui peut compenser par l’idée de la résurrection dans l’au-delà. Il n’y a pas d’au-delà pour les peuples.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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