La réforme Barrette et ses conséquences

Questions

Pourquoi le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal a-t-il décidé de fermer le centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) Louvain à Ahuntsic, alors que des centaines de personnes âgées en perte d’autonomie sont sur une liste d’attente et que des dizaines de personnes âgées du CHSLD Louvain seront dirigées, en 2017, vers d’autres quartiers – Villeray et Montréal-Nord – dans des ressources intermédiaires (RI) ?

Pourquoi l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, dont la population compte, en 2016, plus de 134 000 habitants, comptant sur son territoire de nombreux quartiers pauvres et supportant une arrivée massive d’immigrants n’a-t-il pas dans ses districts une équipe de soutien psychosocial pour les personnes qui vivent une situation personnelle exigeant une intervention rapide ? Pourquoi les gens de Cartierville doivent-ils aller à Saint-Laurent ? Pourquoi les résidants d’Ahuntsic doivent-ils se rendre à Montréal-Nord ?

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Pour un nouveau discours indépendantiste

Depuis l’entrée sur la scène électorale du Parti québécois en 1968, le projet indépendantiste a été détourné de sa finalité première : libérer le Québec de la domination canadienne. Au lieu de préconiser une stratégie de libération nationale, le mouvement indépendantiste s’est laissé absorber dans un jeu électoral visant la conquête du pouvoir provincial. Le discours du Parti québécois avait toutes les apparences de la rationalité puisqu’on postulait qu’il fallait être au pouvoir pour déclencher un référendum et qu’avant d’y arriver, il fallait faire la preuve qu’on pouvait être un bon gouvernement qui, par ses politiques, démontrerait aux Québécois tous les avantages qu’il y aurait à exercer les pleins pouvoirs d’un État indépendant. 

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La multiversité en démocratie : réflexions sur le pouvoir universitaire

Avant-propos

En quittant la présidence du conseil d’administration de l’UQAM le 31 janvier dernier, Lise Bissonnette a attiré, une fois de plus, la lumière sur l’étrangeté du système universitaire québécois. Alors que les universités dites à « charte » récoltent le gros de la manne publique, le Québec semble soumettre au régime les universités publiques qu’il a lui-même créées et fédérées sous le chapeau de l’Université du Québec (UQ). En réalité, ce serait tous ensemble l’État fédéral canadien et l’« état du Québec » – la minuscule est ici de mise – qui récompenseraient systématiquement de leurs subventions « structurantes » les grandes universités jadis fondées par la Couronne anglaise ou l’Église catholique, alors que les constituantes de l’UQ devraient se contenter de miettes et de quelques pavillons de complaisance, offerts en guise de consolation, comme ces pavillons que la ministre Hélène David a fait miroiter à l’UQAM, pour lui faire avaler la construction d’une antenne des HEC en plein centre-ville, à deux pas de l’École des sciences de la gestion uqamienne1. Mais malheureusement, comme cela arrive souvent au Québec, sitôt que le débat public aborde l’éducation postsecondaire, il risque de tourner court, et d’éviter le vif du sujet. Et même les quelques intellectuels ou journalistes qui s’intéressent à la question contribuent eux-mêmes à mal la poser et à nous diriger vers de mauvaises pistes de solution. Pensons à Manon Cornellier qui, dans un éditorial commentant la démission de Lise Bissonnette, suggère qu’un traitement juste des entités de l’UQ nécessiterait qu’elles soient considérées comme des universités « à charte », c’est-à-dire qu’elles puissent choisir elles-mêmes leur recteur, décider de son salaire – pour l’aligner sur les pratiques inflationnistes des autres universités – et, voire, qu’elles soient soustraites « au regard inquisiteur du vérificateur général2 ».

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Éditorial - Raccorder le vote avec la dignité

2018fevrier250Il n’y a rien pour les en faire changer d’idée, la prochaine élection provinciale sera provinciale. Tous les partis politiques s’entendent là-dessus, les Québécois et Québécoises seront appelés à réfléchir dans l’espace de la résignation. Les programmes, quelles qu’en soient les rhétoriques, sont unanimes : nous n’aurons d’autres choix en octobre prochain que de réfléchir dans un cadre inadéquat. Le gouvernement du Québec n’a plus les moyens – même en supposant qu’il en ait la volonté – de se comporter comme notre gouvernement national. Et l’électorat sera appelé à ne pas trop y penser.

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Éric Martin. Un pays en commun. Socialisme et indépendance au Québec

Éric Martin
Un pays en commun. Socialisme et indépendance au Québec, Écosociété, 2017, 265 pages

Chaque peuple fortifie sa singularité dans une tradition de débat. Au Québec, cette tradition aura été façonnée en bonne partie par la question nationale, raison pour laquelle les intellectuels qui décident de s’y intéresser sont d’ordinaire les plus éloquents et les plus pertinents. L’ouvrage d’Éric Martin, Un pays en commun, ne fait pas exception à cette règle. Écrit avec l’adresse et la clairvoyance qu’on savait déjà au professeur de philosophie du cégep Edouard-Montpetit (Université inc., 2011 ; La tyrannie de la valeur, 2014) cet essai fera date, autant pour la qualité de son propos que pour ce qu’il nous dit de l’évolution du débat sur la situation de la gauche au Québec.

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Gilbert Paquette. Un pays en tête

Gilbert Paquette
Un pays en tête, Montréal, Les éditions du Renouveau québécois, 2017, 208 pages

Ceux et celles qui connaissent un tant soit peu Gibert Paquette savent que c’est un fidèle à la cause de l’indépendance du Québec. Depuis plus de quarante années, il a été quasiment de tous les combats, et à tous les niveaux, même celui de la candidature à la direction du Parti québécois. Son dernier ouvrage, Un pays en tête, illustre cette opiniâtreté militante. C’est un vibrant plaidoyer pour l’indépendance du Québec doublé d’un document argumentaire pour les militants.

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René Lévesque. Chroniques politiques, tome 2 – 1970-1971

René Lévesque
Chroniques politiques, tome 2 – 1970-1971 (textes réunis par Éric Bédard et Xavier Gélinas), Montréal, Éditions Hurtubise, 2017, 1132 pages

Jusqu’à tout récemment, j’entretenais une vision tragique de René Lévesque : il a certes été un grand premier ministre, sans doute celui qui a le plus contribué à faire avancer le Québec, mais, quand son souvenir se présentait à mon esprit, je songeais toujours à un homme brisé. C’est l’homme qui, pour consoler la foule massée au centre Paul-Sauvé, alors qu’il est lui-même inconsolable, s’écrie : « Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de dire à la prochaine fois. » C’est aussi l’homme trahi et amer qui assiste impuissant au rapatriement de la Constitution et donc à la victoire de son grand adversaire Pierre Elliott Trude

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B. Lévesque et M. Rioux. Fondaction. Un fonds pleinement engagé dans la finance socialement responsable

Benoît Lévesque en collaboration avec Michel Rioux (dir.)
Fondaction. Un fonds pleinement engagé dans la finance socialement responsable, Montréal, Presses de l’Université du Québec. Coll. Innovation sociale. 2017, 409 pages

C’est une rareté. Benoit Lévesque et Michel Rioux et leurs collaboratrices ont pu bénéficier d’une ouverture d’esprit exceptionnelle de la part de dirigeants de Fondaction pour donner un tel ouvrage. Il n’est pas courant d’accéder ainsi à la vie interne d’une institution financière. Le monde de la finance n’a pas la réputation de la plus grande transparence. Mais c’est une valeur cardinale pour Fondaction et la lecture de ce travail en fait la démonstration exemplaire. 

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  • Robert Laplante
  • Numéros publiés en 2018
  • Mars 2018

Éditorial - Passer à autre chose, revenir au même

2018mars250Ainsi donc, s’il faut en croire une vérité de la paresse, les Québécois auraient tourné le dos à l’indépendance, en auraient fini avec une idée anachronique de la liberté. Ils seraient passés à autre chose. La formule aide les bonimenteurs à se donner bonne bouche. C’est bien connu, les esprits éclairés sont toujours ailleurs, à moins de n’être en avant… que pour se faire voir.

Il y a quelque chose de suspect dans le succès de la formule. De quelle autre chose parle-t-on ? Où se trouve donc le nouveau boulevard de la modernité où devraient déambuler les badauds de l’au-delà du politique, les promeneurs du postnational, les costumés de la diversité ? Où mène donc l’avenue de bien-pensance ? Dans les limbes !

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  • Lucien Cimon
  • Numéros publiés en 2018
  • Mars 2018

Être Québécois, c’est quoi ?

À notre époque, il est de bon ton dans les milieux qui se disent progressistes de se définir comme citoyens du monde, enfin dégagés de tout lien d’appartenance à un peuple défini et identifiable. C’est même une mode bien diffusée par les médias convertis au multiculturalisme canadian d’afficher un mépris hautain pour tout ce qu’ils perçoivent comme « identitaire », d’y voir même une dangereuse déviation issue d’un passé suspect qui s’apparente à la xénophobie si ce n’est au racisme. Ce faisant, allergiques qu’ils sont à tout ce qui protège les particularités des peuples, ils semblent ignorer qu’ils deviennent des propagandistes de la mondialisation niveleuse de cultures et des agents du libéralisme débridé qui favorise l’accroissement des inégalités sociales et l’essor fulgurant des quelques potentats financiers : le 1 % qui possède 99 % de la richesse mondiale.

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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