2018juinseptembreANNONCEWEB

Un député errant

André Gaulin, ex-député de Taschereau, Matthias Rioux, ex-ministre et ex-député de Matane, Gaston Deschênes, historien. Version augmentée du texte rédigé le 9 juillet et publié dans Le Soleil du 13 juillet 2018.

La colline parlementaire s’est enrichie le 6 juillet d’un nouveau monument, une reproduction agrandie du Député arrivant à Québec, une œuvre d’Alfred Laliberté (1877-1953) réalisée vers 1930.

Il faut se réjouir de voir que le projet d’Eugène-Étienne Taché se poursuit : « Je me souviens », a-t-il fait écrire au-dessus de la porte de l’édifice qu’il a conçu pour inviter ses compatriotes à se souvenir de leurs grands personnages, à commencer par les Amérindiens, rappelons-le, jusqu’aux femmes entrées récemment dans la vie parlementaire.

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Montréal n’est pas un territoire Mohawk non-cédé

« Montréal, territoire autochtone non cédé » est une déclaration que les autorités montréalaises répètent encore tout en témoignant de timides efforts pour jeter des ponts avec les Premières Nations. Les Mohawks (Agniers, Kanien’kehaka), pour leur part, prétendent être victimes d’ostracisme puisqu’on n’accepte pas leur tradition orale pour corroborer leur thèse historique1. Les Québécois, qui maitrisent mal leur histoire nationale, sont confondus entre la méfiance et la culpabilité. Or, l’attitude historique des Québécois à l’égard des Premières Nations est complètement différente de celle des autres Européens qui ont colonisé les Amériques. La Ville de Montréal devrait faire plus que de planter un arbre : elle devrait faire un effort toponymique en récusant le rôle d’Amherst tout en saluant le rôle de Kondiaronk, grand chef wendat (huron). Elle devrait réclamer une commémoration annuelle nationale de la Grande Paix de Montréal. Il devrait y avoir à Montréal une Place de la Grande Paix. Voici quelques faits qui pourraient contribuer à clarifier la situation.

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Éditorial - Le vertige et les illusions

 Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être
– Goethe

2018juinseptembre250Il faut chasser les libéraux du pouvoir. Pour la corruption, certes. Pour avoir semé partout la médiocrité, encore plus. Mais surtout parce que c’est un parti antinational. Dirigés par une engeance doctrinaire et déterminée, les gouvernements Charest et Couillard auront conduit le Québec dans les marécages canadian comme jamais ne l’ont réalisé auparavant les démissionnaires qui, pourtant, n’ont jamais manqué dans notre élite mollassonne. Maniant habilement tous les ressorts de l’affairisme et déterminés à normaliser la province en engraissant une cohorte de goinfres qui vont jouer pour des générations les rôles de gérants de notre marginalisation politique en pillant le patrimoine, ce rassemblement hybride d’opportunistes, de malfaisants et de naïfs utiles a suffisamment sévi.

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Bilan de quatre ans de gouvernement Couillard

À Alexandre Shields (Le Devoir)
À Michel Girard (Journal de Montréal)
Et à tous les journalistes, principalement du Devoir, grâce à qui ce bilan a été rendu possible.

Lorsque la source n’est pas mentionnée, il s’agit du Devoir. Les dates renvoient aux articles publiés après le 2 mars 2018, date de ma dernière chronique portant sur le gouvernement Couillard. Tout ce qui est rapporté ici tient compte de faits référencés dans les chroniques précédentes.

Après le bilan de quatre ans d’action d’Ottawa (L’Action nationale, avril 2018), voici celui du gouvernement Couillard. Depuis 2014, ce gouvernement s’est employé à détruire un à un les outils nécessaires à l’existence du Québec comme nation : 1. l’État provincial, 2. une économie qui appartient le plus possible aux Québécois, 3. la légitimité du désir des Québécois de langue française d’intégrer les nouveaux arrivants et l’établissement d’une relation saine avec la minorité anglophone et les Premières Nations du Québec, et 4. la cohésion sociale. Ce bilan est structuré selon ces quatre parties.

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L’élection générale de 2018 ne scellera pas le sort de l’option indépendantiste

Professeur agrégé, Collège militaire royal de Saint-Jean

Les sondages préélectoraux de la dernière année semblent sans équivoque : le prochain scrutin s’annonce douloureux pour les indépendantistes. Ce n’est pas la première fois dans leur histoire qu’ils semblent jouer de leur survie. Mais cette fois-ci pourrait être la bonne… Le sort du projet indépendantiste semble être lié aux succès électoraux du Parti québécois, mais il ne l’est pas entièrement. Ce projet est assurément plus grand que cette formation. Comment pourrait-il en être autrement pour un projet d’une telle portée politique ; d’un projet qui touche le destin politique d’un peuple tout entier ? Le rêve indépendantiste existe bel et bien aussi à l’extérieur de ce parti. En fait, il se porte même assez bien au sein de la société civile. Mais, il est illusoire de penser qu’une cuisante défaite pour ce parti serait sans nuire aux chances de voir le Québec accéder à l’indépendance dans un avenir rapproché – et ce, bien davantage d’ailleurs que ce qu’a pu signifier la déroute du Bloc québécois en 2011. Si la famille indépendantiste devait perdre la force de la représentation parlementaire qu’elle a depuis la première élection des députés indépendantistes à l’Assemblée nationale en 19701, elle se priverait alors d’un important levier pour la réalisation de son projet. Comme c’est par la voie démocratique que la fondation de la République libre du Québec devra se faire, l’élection de députés indépendantistes est cruciale.

Le souverainisme est mort, vive l’indépendance !

Chercheur postdoctoral

En quête d’informations pour étoffer le texte que vous avez entre les mains, j’ai décidé de réaliser un petit sondage maison non représentatif et non scientifique (on a bien le droit de s’amuser !). Le questionnaire était administré verbalement et comportait une seule question ouverte : À votre avis, quel sera l’enjeu principal de la prochaine élection provinciale au Québec ?Certes, les résultats obtenus étaient largement prévisibles : j’ai eu droit à une bonne dose d’économie, de santé et d’éducation. D’autres réponses, provenant surtout des cohortes les plus jeunes, furent plus surprenantes : la réforme du droit, l’aide médicale à mourir, la santé mentale, les droits des minorités. Pas forcément ce qu’on considérait jadis comme les grandes priorités gouvernementales. Mais ce qui frappait le plus dans ce méli-mélo, c’était l’absence totale de la souveraineté.

Après avoir écouté la réponse de mes répondants, je me suis permis de leur soumettre une question supplémentaire : Que pensez-vous du fait que le PQ, le parti ayant structuré le débat politique au cours des 50 dernières années, risque d’être repoussé aux marges et condamné à l’impuissance ? N’est-ce pas là un enjeu important de la campagne ?

Tous, sans exception, m’ont regardé comme si je débarquais d’un voyage aux confins de la galaxie : le PQ est déjà fini, tout le monde le sait. Et la souveraineté aussi. L’élection ne servira qu’à prononcer le constat de décès.

 

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Situation de la question nationale

Une première version de ce texte est paru sur le blogue de l’auteur dans le Journal de Montréal, au début du mois d’août 2018.

Des années 1960 à la fin des années 1990, une question structurait la vie politique du Québec : comment corriger une situation d’injustice historique qui avait condamné le peuple québécois à une forme indéniable de subordination, que tous reconnaissaient, même si tous ne lui prêtaient pas le même poids. La trame fondamentale de notre vie politique était liée à la question nationale. Rares étaient ceux qui hésitaient à nous présenter comme un peuple conquis, qui devait renverser sa situation historique. Les uns nous présentaient ainsi comme des « nègres blancs d’Amérique », les autres parlaient simplement et peut-être trop sobrement de notre retard économique, mais personne ne contestait l’anormalité de notre situation nationale. On pourrait même dire que la mémoire de la Conquête, encore présente activement jusqu’au référendum de 1980, avait été réactivée par le coup de force de 1982, quand le peuple québécois s’était fait imposer une constitution contre sa volonté, au point même où aujourd’hui, elle n’est toujours pas signée.

Pour découvrir le vrai visage de la Coalition avenir Québec

L’illusionniste Luc Langevin a publié début mars 2018 La science de l’illusion. Il y révélait quelques-uns de ces trucs qui nous échappent, mais qui finissent par engourdir notre cerveau reptilien. Ce grand magicien racontait par ailleurs qu’une grande partie du succès d’un illusionniste consiste à attirer l’attention du spectateur sur un geste posé par la main droite, alors que c’est la gauche qui s’active à tout autre chose.

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Pour la refondation du mouvement indépendantiste?

L’élection du 1er octobre annoncera une fin de cycle et un réalignement des forces politiques. L’échec électoral de la stratégie attentiste obligera des remises en question et une refondation du mouvement indépendantiste qui s’est perdu dans les incohérences et les tergiversations. Depuis 1995, les forces indépendantistes sont en déclin et ont entrainé le Québec dans un processus de régression politique en laissant le champ libre aux fédéralistes. Les dirigeants souverainistes ont réussi à transformer une presque victoire en déroute politique en devenant des promoteurs de l’autonomisme provincial. Ce faisant, ils se sont transformés en agents implicites de légitimation du fédéralisme canadien. Ils ont réussi à convaincre les Québécoises et les Québécois que rester dans le cadre canadien, ce n’était pas si grave, qu’on pouvait s’en accommoder.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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