Éditorial - De l’inconvénient d’avoir été une nation annexée

2018avril250Les malheurs du Bloc québécois font le bonheur et les moqueries des adversaires de l’indépendance. Ils font aussi la misère d’une large fraction des indépendantistes qui peinent à reconnaître dans le spectacle de l’implosion du caucus les motifs qui pourraient justifier de fournir matière à la mise en scène du meurtre sacrificiel de l’idée d’indépendance. Pulsion d’autodestruction, manque de discipline, conflits de personnalités et déficit de culture politique, toutes ces explications s’appliquent à l’une ou l’autre des facettes de ce conflit qui s’éternise. Mais aucune n’en éclaire le sens profond.

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Entrevue avec Éric Martin. Autour du livre Un pays en commun

1) Au bénéfice de nos lecteurs qui n’auraient pas encore pris connaissance de votre livre, pourriez-vous en résumer succinctement les grandes lignes et ce qui en a motivé l’écriture ?

C’est un livre que je destine d’abord à la jeunesse, par exemple à mes étudiants de collège, mais cela n’interdit évidemment pas aux moins jeunes de s’en saisir. Fernand Dumont disait que nous avions la fâcheuse habitude de nous penser avec « les habits des autres », c’est-à-dire à partir de théories importées de l’extérieur. Or, il existe une riche tradition de pensée québécoise qui, hélas, est peu, ou n’est pas transmise aujourd’hui. 

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Démantèlement. Bilan 1 : l’emprise de l’état fédéral

Texte mis à jour en date du 31 mars 2018 de conférences données à Trois-Rivières, Shawinigan, Québec, Rimouski et Montréal en 2016 et 2017. J’en ai conservé la forme orale. Sauf indication contraire, les dates inscrites entre parenthèses renvoient à l’édition papier du Devoir. Des détails sur certains des énoncés avancés ici peuvent être lus dans les diverses livraisons de ma chronique « Le démantèlement de la nation », publiée dans L’Action nationale depuis mai 2014.
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Rester dans le Canada est en train de faire mourir le Québec comme province et les Québécois comme nation. Il s’agit d’une mort lente, instillée par une succession ininterrompue de décisions politiques et de jugements des tribunaux. Dans le tourbillon du quotidien, à moins d’être directement touchés par l’une ou l’un d’eux, nous ne nous rendons pas forcément compte du sens du courant. Les indépendantistes doivent se charger de nouveau d’un grand travail d’éducation politique. C’est pourquoi j’ai entrepris une série de chroniques après l’élection québécoise de 2014. À la veille de celle de 2018, le temps est venu des bilans. Voyons d’abord comment a évolué la relation Ottawa/Québec au cours des quatre dernières années. Un second bilan montrera comment le gouvernement libéral de Philippe Couillard s’est lui aussi systématiquement attaqué à la capacité de l’État québécois.

Extrait en primeur. Despotisme sans frontières

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Simon-Pierre Savard-Tremblay

Despotisme sans frontières. Les ravages du nouveau libre-échange

Montréal, VLB éditeur, 2018, 136 pages

Les systèmes politiques occidentaux sont en crise, et la contestation de la mondialisation a clairement dépassé le seul terrain de la rue. Loin d’être confinée à un mouvement marginal de manifestants chahutant les grands sommets, comme elle pouvait l’être au début du millénaire, elle s’incarne aujourd’hui comme un courant politique aux visées électorales. Le discours officiel, qui chante les louanges d’un libre-échange qui amènerait la paix et la prospérité à tous, est ébranlé dans ses certitudes. Les fissures se multiplient depuis quelques années.

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Sébastien Proulx. Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire

Sébastien Proulx
Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire
Septentrion, Montréal, 2018, 136 pages

Fréquenter les plateformes web des grands partis politiques québécois est souvent d’un mortel ennui. On n’y apprend jamais plus qu’on en savait déjà. Le seul constat à en tirer consiste à prendre acte des ravages sur la pensée politique qu’exercent les « communicants », ces évêques qui règnent en maîtres sur la cité. La soumission du Parti libéral du Québec à ces dogmes de la communication correcte n’est plus à prouver. L’économie ? Notre priorité. La santé ? Notre priorité. L’égalité hommes/femmes ? Notre priorité. L’éducation ? Notre priorité. C’est le triomphe de l’égalitaire ! Lorsque tous les enjeux sont prioritaires, on atteint le moment zéro de la gouvernance. L’État devient autiste et regarde devant lui, immobile, souriant, attendant que d’autres formes décisionnelles plus fortes et volontaires prennent le pas sur lui. Le politique s’abandonne au marché et à la tyrannie des experts. On connaît la ritournelle.

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Nicolas Lévesque. Le Québec vers l’âge adulte

Nicolas Lévesque
Le Québec vers l’âge adulte
Montréal, éditions Alias, 2012, 172 pages

Le franglais se répand dans les banlieues aisées comme une gastro-entérite dans une urgence bondée. Bonjour/hi est en voie de devenir une tendance mode qui colle à la métropole comme une omelette adhère à une casserole antiadhésive bas de gamme surutilisée par un cégépien en résidence depuis deux ans. Emmanuel Macron, main dans la main avec Philippe Couillard, déclare que le fait de parler anglais est un atout pour la francophonie mondiale. Quelques faits, un seul constat : le Québec agonise, et la francophonie aussi.

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Charles-Philippe Courtois. Lionel Groulx, le penseur le plus influent de l’histoire du Québec

Charles-Philippe Courtois
Lionel Groulx, le penseur le plus influent de l’histoire du Québec
Montréal. Les éditions de l’Homme, 2017, 575 pages

La biographie de Lionel Groulx offerte par Charles-Philippe Courtois est une contribution majeure puisqu’elle résume la vie et l’œuvre de notre historien le plus influent et assurément l’intellectuel le plus prolifique de l’histoire du Québec (Bouchard, 2003). D’autres se sont intéressés à la pensée de Groulx, pensons à Michel Bock (Quand la nation dépassait les frontières, 2004), ou encore à Gérard Bouchard (Les deux chanoines, 2003) et bien sûr Yvan Lamonde (L’Histoire sociale des idées au Québec, 2004). Aucun historien n’avait toutefois consenti jusqu’ici à investir les années de travail suffisantes pour mener à bien cette mission gigantesque de résumer la vie et l’œuvre de ce très grand Québécois que fut Lionel Groulx et à qui nous devons tant collectivement.

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Nicolas Zorn. Le 1% le plus riche : l’exception québécoise

Nicolas Zorn
Le 1 % le plus riche : l’exception québécoise, Les Presses de l’Université de Montréal, 2017, 202 pages

En 2017, Nicolas Zorn, doctorant en science politique, publiait Le 1 % le plus riche : L’exception québécoise, ouvrage dans lequel il entreprend de présenter les statistiques de la croissance de l’inégalité de revenu entre le premier centile et le reste de la population au Québec, d’analyser l’évolution des inégalités au plan international et d’en interpréter les causes. Pour juger de la pertinence de ce livre, situons-le d’abord dans la littérature traitant des inégalités au Québec. Nous serons ensuite plus à même de saisir sa contribution au champ d’étude en question.

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Michel Brunet. La France impériale et la Nouvelle-France

Michel Brunet
La France impériale et la Nouvelle-France. Un regard neuf sur 1759
Rosemère, Éditions Pierre Tisseyre, 2017, 320 pages

Regard neuf ? Oui, et il se situe dans la mouvance des travaux français de Laurent Veyssière et de Bertrand Fonck, et aussi des travaux québécois de Raymonde Litalien, Jean François Palomino, Sophie Imbeault et Denis Vaugeois. Ce regard neuf est celui non de l’historien bien connu, mais d’un ex-diplomate québécois sensible à la géopolitique et au comparatisme, qui déconstruit la politique coloniale de l’empire français du XVIIIe siècle pour montrer la démesure et la fragilité de ses prétentions continentales. Regard neuf d’un auteur qui, à partir d’une explication nouvelle et claire, devrait façonner une vision nouvelle chez le lecteur et lui faire regarder affectivement la France et la Conquête autrement. L’analyse et l’écriture sont d’une exceptionnelle efficacité : à partir de l’affirmation « La Nouvelle-France était une colonie française », l’auteur décompose chacun des mots pour en faire éclater la banalité.

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Martin Lavallée. Denis-Benjamin Viger : un patriote face au Canada-Uni

Martin Lavallée
Denis-Benjamin Viger : un patriote face au Canada-Uni
VLB éditeur, 2017, 195 pages

L’historien Martin Lavallée a eu la bonne idée d’extraire Denis-Benjamin Viger des oubliettes. Grâce à lui, nul ne pourra dorénavant plaider l’ignorance. Le portrait qu’il en fait est à ce point captivant que je ne peux résister à l’envie d’en proposer un résumé.

Viger est né le 19 août 1774. Il a pour cousins Jacques Viger, premier maire de Montréal, Louis-Michel Viger, fondateur de la Banque du peuple, Bonaventure Viger, Louis-Joseph Papineau, Côme-Séraphin Cherrier, patriotes de leur état, de même que Mgr Jean-Jacques Lartigue, premier évêque de Montréal. Mais notre homme ne s’est pas contenté d’être bien né. Après des études chez les Sulpiciens, il entreprend des études de droit. Il fera sa cléricature chez Joseph Bédard, frère de Pierre-Stanislas, député et juge, de même que chez Joseph-Antoine Panet, premier orateur de l’Assemblée. L’écriture l’intéressait. Il a rédigé de nombreux textes d’analyses politiques. Ce serait d’ailleurs bien qu’un historien en publie une édition critique. Viger pensait que la presse avait un rôle important à jouer dans la société. Il a donc soutenu financièrement nombre de journaux. Ce n’est pas tout. « En 1803, écrit Lavallée, il est nommé lieutenant des milices de Montréal et il est capitaine au troisième bataillon pendant la guerre de 1812 contre les Américains » (p. 14).

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