Le cours d'Éthique et culture religieuse au-delà des apparences

Le jugement de la Cour suprême sur le cours d’Éthique et Culture religieuse (ÉCR) remet la question de ce cours dans l’actualité. La Cour a débouté les parents qui demandaient l’exemption du cours pour leurs enfants. Le débat est loin d’être clos pour autant : il continue notamment sur le plan éducatif et politique. Pour aider à comprendre les enjeux, voici une analyse critique.

I - Le programme

Les objectifs affichés du programme (favoriser le vivre ensemble, promouvoir le bien commun, réfléchir sur la culture commune, etc.) sont juxtaposés à un autre, la tolérance (« tout se vaut » ; « tout est légitime »). Le programme signale qu’il faut donner priorité à la tradition chrétienne qui marque l’histoire du Québec ; mais la structuration et le contenu du programme empêchent d’atteindre cet objectif.

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G. Bouthillier et É. Cloutier. Trudeau et ses mesures de guerre vus du Canada anglais

Guy Bouthillier et Édouard Cloutier
Trudeau et ses mesures de guerre vus du Canada anglais. Québec, Septentrion, 2011, 321 pages

C’est pendant la campagne électorale du Québec en août dernier que j’ai lu ce livre passionnant. Ce qui me frappa, c’est la mollesse de la bataille politique chez nous quand je la compare à l’empressement, à l’ardeur que le fédéral mettait à intervenir dans les affaires du Québec lors de la Crise d’octobre en 1970. On dirait que nos femmes et nos hommes politiques n’ont guère conscience de la centralisation du pays dans lequel ils vivent, qu’ils n’ont pas conscience que les décisions importantes en ce qui concerne le Québec se prennent à Ottawa, que lorsqu’arrive un moment de crise, Ottawa prend les choses en main et les règle à sa façon. C’est probablement ce qui explique le caractère si terne de la dernière campagne électorale au Québec. Nos femmes et nos hommes politiques, sans en avoir conscience, réfléchissent et se comportent comme des provinciaux, sachant très bien que le vrai pouvoir n’est pas dans la province, mais à Ottawa. Je me dis que tous nos hommes et nos femmes politiques devraient lire ce livre qui permet de comprendre un peu plus notre pusillanimité, notre manque de confiance en nous-mêmes. Nous sommes une province d’un pays qui nous traite comme il l’entend, ce qui explique que nous ne vivons que dans la mesure où il nous le permet.

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Lionel Groulx et réseau indépendantiste des années 1930

Mathieu Noël
Lionel Groulx et le réseau indépendantiste des années 1930, Montréal, VLB Éditeur, 2011, 144 pages

Lionel Groulx a été l’intellectuel canadien-français le plus productif du XXe siècle. Son œuvre n’est pas que considérable, elle est aussi incontournable. La pensée de Groulx a été décriée ou adulée, et certains, comme Gérard Bouchard, ont admis ne pas la comprendre.

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À propos de l'interculturalisme de Gérard Bouchard

Gérard Bouchard
L’interculturalisme. Un point de vue québécois, Boréal, 2012, 286 pages

Dans son récent ouvrage L'Interculturalisme, un point de vue québécois (Boréal, 2012), le sociologue et historien, Gérard Bouchard, nous propose une définition de l'interculturalisme, ses tenants et ses aboutissants, et nous entretient de sa conviction que l'interculturalisme est la seule solution possible pour atténuer les tensions issues de la crise des accommodements au Québec. Richement documenté, l'ouvrage a le mérite d'exposer avec clarté ce qui jusqu'ici nous est parvenu par bribes médiatiques et par supputations plus ou moins exactes. Maintenant on sait ce que l'interculturalisme signifie, son ambition et sa logique. En outre, l'auteur, universitaire rigoureux, manque rarement de nuancer son propos et ne se prive pas d'exposer les thèses adverses aux siennes, quitte à les éreinter, ce qui est de bonne guerre. Toutefois, l'ouvrage serait convaincant si l'on en acceptait la prémisse c'est-à-dire l'idée d'une dualité ethnoculturelle majorité/minorités au Québec, et si l'on tenait pour acquis que la laïcité n'est qu'un arrangement institutionnel, réduisant un principe essentiel de la démocratie libérale au rang d'une technique de gestion parmi d'autres, sujette au cas par cas et recyclable à volonté. L'intention de l'auteur est généreuse et sa démarche libérale, mais l'approche prête à confusion et ses implications creusent les malentendus plutôt qu'elles ne les dissipent.

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Décembre 2017

Éditorial - Au seuil d’un autre commencement

2017decembre250Conférence prononcée à l’occasion du
Gala du centenaire de L’Action nationale
au cabaret Lion d’Or
27 octobre 2017
Version vidéo -

Je suis heureux de partager avec vous cette soirée, ce moment de célébration. C’est un privilège rare qui m’est donné et je vous en suis très reconnaissant. Je voudrais profiter de l’occasion pour revenir un tant soit peu, sur le chemin parcouru. Et pour tenter d’ouvrir quelques pistes pour le proche avenir, en sachant qu’il faudra revenir plus d’une fois sur le sujet.

Je vous invite à aborder les prochaines années avec confiance et détermination. Il faut penser notre combat dans le temps long. Et le faire en sachant que nous sommes redevables à tous ceux et celles qui, avant nous, ont mené les batailles qui ont permis à notre peuple de se rendre là où nous sommes. Encore et toujours au seuil de notre naissance, certes. Mais encore et toujours tenaces et opiniâtres, avec le même idéal chevillé au corps, le même goût de liberté, le dur désir de durer.

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La voie rapide du Programme de l’expérience québécoise

L'auteur a été conseiller au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion pendant 23 ans, à la retraite depuis deux ans. Le présent article est extrait d'un ouvrage en préparation chez L'Action nationale Éditeur.

Le Québec compte au sein de sa population des migrants étrangers qui y résident de façon temporaire, détenteurs d’un permis de séjour temporaire délivré par le gouvernement fédéral et d’un Certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Il s’agit de travailleurs étrangers actifs sur le marché du travail québécois et d’étudiants étrangers inscrits dans nos institutions d’enseignement. Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) souhaite en retenir le plus grand nombre possible au Québec afin qu’ils s’y établissent de façon durable. En tant que candidats éventuels à la sélection québécoise, ces personnes jouissent d’un avantage important par rapport aux candidats à l’immigration économique qui sont encore dans leur pays d’origine : ils vivent déjà au Québec depuis quelques années et participent à la vie québécoise. D’où l’intérêt pour le Québec de stimuler leur recrutement comme immigrants permanents. C’est dans cette perspective qu’a été mis sur pied en 2010 le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

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Le démantèlement de la nation (chronique 17)

La période couverte s’étend du 21 septembre au 29 novembre 2017.

Au référendum de 1995, le OUI a perdu par 27 145 voix, car l’écart entre le oui et le non fut de 54 288 voix seulement. Des études ont alors montré que si les milieux moins favorisés s’étaient rangés derrière le OUI, c’est parce que l’État québécois leur semblait mieux en mesure que celui d’Ottawa, qui avait déjà entrepris de vastes compressions dans ses programmes sociaux, de mener la lutte contre la pauvreté et d’offrir un filet social de qualité.

Mais après le référendum, balayant une telle analyse du revers de la main, le premier ministre Lucien Bouchard s’est employé à dissocier question nationale et engagement de l’État québécois dans la société. Il a fait sienne la lutte contre le déficit. Les compressions ont commencé en santé, en éducation, dans les programmes sociaux et ailleurs. Ce premier ministre prétendait qu’en atteignant le déficit zéro et la réduction de la dette, les Québécois seraient à l’avenir plus libres de leurs choix. C’était vraiment mal lire la réalité. Celle-ci, à l’époque, n’était plus l’insécurité économique ; c’était tout simplement que 60 % de OUI parmi les Québécois de langue française n’avaient pas suffi à l’emporter contre 95 % de NON parmi les non-francophones.

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Bilan de l’année du centenaire

Le conseil d’administration de la Ligue a voulu souligner avec éclat le centième anniversaire de la revue qui fut fondée en janvier 1917. L’objectif principal de cette année de commémoration était de faire connaître la revue afin d’élargir son lectorat. Nous avons voulu célébrer tous les artisans de la revue qui depuis un siècle, mois après mois, ont assuré la production et la diffusion d’analyses pertinentes et éclairantes de notre destin national.

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Chroniques catalanes

L'auteur remercie Consol Perarnau qui l’a guidé dans la connaissance de la Catalogne.

Ces chroniques portent sur le processus d’autodétermination du peuple catalan qui s’est concrétisé par la tenue d’un référendum le 1er octobre dernier. Je me suis rendu à Barcelone du 24 septembre au 2 octobre comme participant à la délégation québécoise organisée par le Réseau Québec-monde. J’avais aussi obtenu l’accréditation de la Generalitat pour agir comme observateur international et surveiller le déroulement du vote. Ces chroniques forment en quelque sorte un journal de bord de ce voyage où se mêlent récit de vie et analyse politique. Ce journal relate au jour le jour les rencontres avec les principaux acteurs du mouvement indépendantiste catalan. Il compare aussi à l’occasion l’évolution du mouvement indépendantiste québécois et celui du mouvement catalan. 

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