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40e anniversaire du coup de la Brink's

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Grossière manipulation des médias et de l’électorat québécois, le tristement célèbre « coup de la Brink’s » n’a que fort peu retenu l’attention des chercheurs. Dans notre histoire moderne, il s’agit pourtant de l’un des plus évidents épisodes de violation de la démocratie par une entreprise privée, en l’occurrence le Royal Trust. Le 40e anniversaire des sombres événements du 26 avril 1970 est donc l’occasion de se pencher sur ce cas en se demandant si le silence quasi total de nos manuels d’histoire à ce sujet n’a pas privé le Québec des leçons qu’il aurait dû en tirer.

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Éditorial - Se tenir droit dans la rupture

2010maijuin250C’était pour ainsi dire inscrit dans les résultats référendaires de 1995. Un régime qui ne se maintient que par l’usurpation de notre droit à l’autodétermination, qui ne recule devant aucune manœuvre illégitime, qui multiplie les tactiques illégales et mobilise ce qu’il y a de plus veule chez ses intendants locaux ne peut déboucher sur autre chose. Le durcissement, ce n’était que la phase initiale : loi sur la clarté, asphyxie financière et haussement de ton politique, il n’y avait rien là que du prévisible, de la réponse normale d’un État qui s’est senti menacé. La phase deux, pour rappel, n’aura servi qu’à compléter le dispositif en déployant un immense arsenal de propagande et en s’assurant qu’il imprègne et mobilise tout l’appareil de l’État. Cela aura requis le recours au banditisme et à toutes les manœuvres dont nous aurons eu un aperçu avec le scandale des commandites. Le processus aura été facilité par un Lucien Bouchard inapte et timoré qui aura gaspillé une conjoncture favorable et pratiqué la servilité tétanisée. La phase trois se déroule sous nos yeux et personne ne l’incarne mieux que notre premier sous-ministre, un parangon de la politique mercenaire et de la capitulation intéressée.

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De quoi payons-nous le prix?

Mention au prix André-Laurendeau 2010. Texte d’une conférence prononcée le 12 mars 2010 dans le cadre du colloque « Vainqueurs ou vaincus ? L’influence des idéologies sur la mémoire et l’histoire », organisé sous les auspices de l’Association des étudiants en histoire de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Son titre complet est: De quoi payons-nous le prix, de la défaite ou d’y avoir survécu ?

Or je vois nos êtres en détresse dans le siècle
je vois notre infériorité et j’ai mal en chacun de nous
— Gaston Miron
 
Pour moi, ce qui fait la raison d’appartenir à ce peuple-ci, de se solidariser avec lui, c’est le caractère extraordinairement tragique de son histoire, cette recherche pénible de soi.
— Fernand Dumont

Le titre de cette conférence se veut délibérément provocant. Car mon intention n’est pas tant ici de discourir savamment sur notre histoire que de vous transmettre une part de mon inquiétude touchant l’avenir de ce que le chanoine Groulx appelait « notre petit peuple ». Vous voyez qu’en évoquant d’entrée de jeu l’auteur de Notre maître, le passé, je ne crains ni l’anachronisme ni le procès d’intention.

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Dérives du libéralisme économique

Le titre complet de cet article est:
Dérives du libéralisme économique, fondement de la libre entreprise et nécessité étatique

L'auteur est président de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC). Il s'inspire ici d'Esdras Minville qui fut, entre 1922 et 1962, économiste, professeur puis directeur des Hautes Études Commerciales de Montréal (HEC). Minville a réfléchi en profondeur sur les causes et les conséquences de la crise de 1929 mais surtout, a analysé la vision du monde sous-jacente à la pensée économique libérale. Dans les années 1980 et 1990, François-Albert Angers, professeur à la même école et collègue de Minville pendant 25 ans, a colligé et rassemblé ses écrits, ses conférences, son œuvre, en 13 volumes. Ce texte est inspiré, en ce qui concerne les principes exposés, de la pensée de Minville et les principales références sont tirées du volume 2 de La vie économique, intitulé « Systèmes et structures économiques ».  C'est Esdras Minville, qui a relancé la revue L'Action française sous le nom de L'Action nationale en 1933 en élargissant son champ d'intérêt à l'économie et au développement régional.

Le libéralisme économique est une doctrine fondée sur une abstraction, l’homo oeconomicus, c’est-à-dire sur l’être humain extrait de son milieu social et n’agissant plus que sous la poussée de ses besoins physiques et de son appétit de jouissances. […] À l’économiste libéral, la société apparaît donc ainsi qu’un vaste organisme animé par un moteur unique et soumis à un petit nombre de lois rigides et inéluctables qui en régularisent le fonctionnement. Toute mesure qui tendrait à entraver le jeu normal de ces lois ou à limiter l’impulsion de l’intérêt personnel est donc déclarée contraire à l’ordre naturel et au bien de la société.

— Esdras Minville, 1932

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Triple offensive multiculturaliste

Cet hiver, nous avons pu observer une triple offensive multiculturaliste, représentative des moyens par lesquels l’idéologie officielle du nouveau Canada de Trudeau trouve à s’imposer au Québec malgré les déclarations contraires de nos gouvernements depuis 1971. En effet, outre les domaines qui relèvent du fédéral comme la politique du multiculturalisme, une partie de la politique d’immigration dont la naturalisation et, last but not least, l’activisme des tribunaux, spécialement de la Cour suprême, en fonction de la Charte canadienne des droits de 1982, on peut discerner trois grandes voies par lesquelles le multiculturalisme s’impose au Québec.

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Une chasse-galerie à Montréal (extrait-primeur)

L’auteur est historien, ethnologue et écrivain. Ce texte est constitué d’extraits d’Une chasse-galerie à Montréal, un conte légendaire à paraître sous peu aux Éditions du Québécois en partenariat avec les Éditions Charlevoix.

Où déposer tes bagages ? Où déposer tes voyages ? Toi qui as les yeux pleins de villages, toi qui as l’accent de ta mère, le nez de ta sœur et la tête bourrée de litanies. Toi qui n’as pas de pays. Sinon là ! Sur la Main, propriété des égarés !

- Pierre Perrault

Ils veulent effacer toutes les littératures de chasse-galerie pour en faire des immeubles vitreux. Quartier des spectacles, quartier de quoi ? De rien, de tout, de n’importe quoi. Comme s’il n’y avait jamais rien eu là. Comme si Montréal n’avait pas été cette conquête étrange d’un certain héritage autrement mort, autrement déraciné. D’une histoire pleine d’ancêtres, mais désertée désormais, comme une chevelure perdue de pays chauve. Un homme avance, mais ses pas ne s’imprègnent plus. Ce n’est plus comme avant. Comme si sa mémoire s’était effacée. Et ce n’est pas que sa mémoire à lui, c’est aussi celle de tout un peuple qui s’efface et s’effare, non loin d’ici, coin Sainte-Catherine et Saint-Laurent.

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Une vie multiple et pleine

2010maijuin250Présentation du dossier
Pierre Vadeboncoeur, un homme libre

Il y a 36 ans, en 1974, un groupe de jeunes intellectuels, auquel René Lévesque s’était joint, publiaient un recueil de textes en hommage à Un homme libre, Pierre Vadeboncoeur. Deux des auteurs d’alors, François Ricard et Yvon Rivard, participent au présent dossier. Ces jeunes intellectuels étaient pour le moins porteurs d’une formidable intuition, à savoir que les décennies qui suivraient verraient apparaître l’essayiste sans doute le plus marquant de notre époque. Cet hommage lui était rendu avant même que ne paraissent ces livres qui ont fait de Pierre Vadeboncoeur celui que la critique n’a cessé de saluer, avant Les deux royaumes, avant Essai sur une pensée heureuse, avant Le bonheur excessif, avant L’Humanité improvisée, avant La clef de voûte. La majeure partie de son œuvre était encore à l’état de devenir, mais d’ores et déjà, on avait reconnu à quoi elle était promise.

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Lapin-tortue de père en fils

L'auteur, fils de Pierre Vadeboncoeur, est médecin.

Emporté par une pneumonie en février dernier, mon père a terminé son grand parcours un bel après-midi de mai au sommet du cimetière Côte-des-Neiges. À deux kilomètres de la maison de son enfance, entre une allée de lilas, des pommetiers gorgés de rose et la grille noire séparant catholiques et protestants, on peut admirer tout autour une verdure foisonnante dont le bruissement atténue les murmures de la ville.

Après témoignages, musique et recueillement, nous avons mis en terre les cendres puis comblé la fosse, aussi émus que pensifs. Sa mort continuait de nous transformer doucement. Ayant déjà souhaité que les miennes soient dispersées dans le lac de mon enfance, j’ai compris ce jour-là que seul un retour à la terre avait du sens. Aussi ai-je réservé le lot d’en face. Nos noms gravés dialogueront en silence au moins jusqu’au prochain mouvement tectonique.

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Une seconde présence

L'auteur est professeur et écrivain

Quand je m’étonnais qu’il puisse écrire tous les matins, beau temps mauvais temps, ce qu’il aura fait jusqu’à la fin, il me répondait, à son tour étonné par ma question : « Un écrivain, ça écrit ». Quand je lui demandais ce qu’il était en train d’écrire, sa réponse était toujours une variante de « je ne sais pas vraiment où je vais, mais j’y vais ». Toute la vie, toute l’œuvre de Vadeboncoeur tient dans ces deux réponses qui nous rappellent que tout être humain, écrivain ou non, doit créer le monde dans lequel il va vivre, dans lequel il veut vivre, et créer, cela veut dire aller de l’avant, vers l’inconnu, car notre monde et nous-mêmes ne pouvons exister qu’en mouvement, que tendu vers ce qui vient, pour le meilleur ou pour le pire. Vadeboncoeur mise sur le meilleur, il postule « l’inimaginable étendue du réel », il établit « l’hypothèse du tout plutôt que celle du rien ». En d’autres termes, l’être humain, s’il veut passer à travers le jour, les années, les épreuves et la mort, doit imaginer, vouloir et désirer ce qu’il ne connaît pas, « toujours chercher l’autre monde à travers l’apparence du nôtre ». L’être humain, s’il ne veut pas subir son destin, s’il veut vivre librement, n’a pas d’autres choix que de travailler à l’élaboration constante des formes de la vie, et même de croire « à la variété sans limite des formes du vivant ». Autrement dit, ce monde n’existe que si nous le créons sans cesse, et nous ne pouvons le créer que si nous le rattachons à un autre monde. Vadeboncoeur a passé sa vie à se promener entre « le réel d’ici et le réel de là-bas ». Pour chasser notre peine aujourd’hui, nous pouvons ouvrir n’importe lequel de ses livres et nous dire, comme il le disait de Beethoven, « qu’il ne faisait que progresser au cœur de l’être », que maintenant « le voilà faisant corps avec la cathédrale du monde ».

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Ce qu'il prouvait

La scène aurait été inusitée : une thèse de doctorat défendue en présence de son sujet. Au début de cette année, j’imaginais encore qu’à la fin de ma soutenance, Pierre Vadeboncoeur interviendrait, un peu laborieusement sans doute, entrecoupant ses phrases de son rire court, lequel par ailleurs je n’ai jamais bien compris – stoïcisme, nervosité, non-sérieux, ironie feutrée. Il aurait sans doute refusé l’importance conférée à son œuvre, aurait rappelé qu’il n’est pas un intellectuel comme Fernand Dumont et qu’il a été cloîtré au monastère syndical pendant vingt-cinq ans. On pouvait le voir venir. Au fil des trois années pendant lesquelles je l’ai côtoyé, il a repris les mêmes bornes, les mêmes événements et les mêmes mots pour décrire son passé. Je dois l’avouer : ses propos, fussent-ils prévisibles, défaisaient plus souvent qu’autrement ce que j’avais tissé la veille. Je m’étais donc préparé pour ne pas prêter le flanc aux attaques gentilles de mon sujet. Au tout début de ma soutenance, je comptais citer le romancier Witold Gombrowicz, qui disait à peu près ceci : « Je ne sais pas qui je suis, mais j’ai horreur qu’on me déforme ».

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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