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Éditorial - La tentation minoritaire

2011mai250Cela revient avec la régularité des marées, cette tentation de se fondre dans les courants d’une majorité douillette, de se laisser porter par le cours des choses, délesté enfin de soi-même. Le fantasme du minoritaire heureux du traitement qu’il reçoit est inhérent à notre histoire politique, chevillé à notre insécurité culturelle sur laquelle il agit comme un sédatif aux effets passagers. Il n’y a qu’un seul antidote à l’anxiété ontologique, c’est la liberté, l’épreuve de soi dans la responsabilité assumée. Cela ne nous sera pas donné et ce ne sera jamais acquis. Nous sommes condamnés à vivre sur la brèche, à tenir la ligne du risque, comme disait Pierre Vadeboncoeur. Cela nous inflige, de temps à autre, des tourments qui donnent à notre conduite politique des allures erratiques comme celle qu’elle vient de prendre.

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Que faire du Bloc?

Comprendre le vote du 2 mai relève du casse-tête, car les règles habituelles qui expliquent le succès ou l’échec des partis n’ont pas été respectées ce qui explique pourquoi le raz-de-marée réalisé par le NPD au Québec apparaît comme rocambolesque. Contre toute attente, les Québécois ont donné massivement leur appui à un parti centralisateur dont le chef ne venait pas du Québec, qui n’avait pas d’équipe de candidats de prestige, dont le programme était plutôt vague, qui n’avait pas d’organisation sur le terrain et qui dans de nombreuses circonscriptions n’a même pas fait campagne.

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Élections 2 mai 2011. L'abandon du Québec

Le Parti conservateur du Canada (PCC) et le Nouveau Parti démocratique (NPD) ayant raflé près de 90 % des sièges au Canada comme au Québec aux élections du 2 mai 2011, faut-il conclure que la place du Québec au sein du Canada ne pose désormais plus aucun défi à l’unité canadienne ? Par leur appui aux partis «fédéralistes» (71 des 75 sièges québécois), les Québécois auraient maintenant rejoint les Canadiens tant dans leur adhésion au clivage de classes (entre la gauche et la droite) que dans leur rejet de la souveraineté. Ce vote aurait signifié aux yeux des ultranationalistes canadiens, l’atteinte d’une véritable intégration nationale au Canada. Mais peut-on réellement croire que l’intégration des Québécois aux partis « nationaux » canadiens soit le meilleur moyen d’assurer l’intégration nationale et que, ce faisant, le Bloc québécois (BQ) n’ait plus aucune utilité ?

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Affrontement idéologique méconnu: Claude Ryan/Jean-Marc Léger

Cet article a valu le prix André-Laurendeau du meilleur article de l'année à son auteur

On ne peut distinguer le vrai du faux, ni distinguer une réponse adéquate à un problème d’une réponse non pertinente, ni distinguer de bonnes idées d’idées banales, on ne peut pas évaluer des idées de manière critique, si ce n’est lorsqu’elles sont présentées avec suffisamment de clarté.
Karl Popper

D’un point de vue macroscopique, la position du Devoir sur la question du Québec (la question nationale ou la question constitutionnelle canadienne) est essentiellement marquée par le passage tranché du fédéralisme de Claude Ryan au souverainisme de Lise Bissonnette[1]. Un regard plus attentif sur une période clé de la direction de Ryan révèle toutefois un affrontement qui, s’il avait connu un dénouement autre, aurait modifié non seulement l’évolution de la position du journal, mais vraisemblablement aussi l’histoire politique contemporaine du Québec. Au moment même où, en 1967, Ryan consolidait sa position fédéraliste, une position souverainiste divergente était défendue par un autre éditorialiste du Devoir, Jean-Marc Léger. Cet affrontement s’est conclu par l’exclusion de Léger de l’équipe éditoriale (et quelques mois plus tard par son départ du quotidien) où le fédéralisme de Ryan est devenu la ligne de pensée incontestée.

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Charles Xavier Durand. Une colonie ordinaire du XXIe siècle

Charles Xavier Durand
Une colonie ordinaire du XXIe siècle, Éditions modulaires européennes, Bruxelles, 2010

La verve, la vigueur, voire la fougue de Charles Xavier Durand, sont impressionnantes. L’énergie qu’il déploie est abondante. Le texte donne très souvent l’impression d’avoir été écrit d’un seul grand coup. Le ton est cru, tranchant et irrévérencieux, c’est vivifiant. Les redites, inévitables en l’espèce, dérangent cependant un peu.

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La marche des morts illustres. Benjamin Sulte, l'histoire et la commémoration

Patrice Groulx
La marche des morts illustres. Benjamin Sulte, l'histoire et la commémoration, Gatineau, Vents d'Ouest, 2008, 286 pages

Dans son ouvrage La marche des morts illustres, Patrice Groulx s’intéresse à l’œuvre de l’un des premiers historiens « national » québécois, Benjamin Sulte (1841-1923). On pourrait dire que l’ouvrage se situe à mi-chemin entre une biographie, une étude de l’œuvre de Sulte de même qu’une réflexion sur la commémoration comme activité s’inscrivant dans le domaine des sciences historiques.

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Liberté, no 285: « Mythes de chez-nous, 1959-2009 »

Liberté, no 285: « Mythes de chez-nous, 1959-2009 », p. 7-76.
Régine Robin,« Une dissonance inquiète », Liberté, no 286, « Littérature 1959-2009 », novembre 2009, 127 pages

À l’automne 2009, la revue Liberté a publié deux numéros spéciaux dédiés à son 50e anniversaire et, dans le second, paraissait le chapitre d’un livre de Régine Robin, Nous autres les autres, promis pour 2011 et qui risque d’intéresser nos lecteurs. Certains des essais qui animent la discussion intéressante présentée dans le dossier « Mythes de chez nous » et l’essai de Régine Robin nous semblent emblématiques d’un discours convenu, quoique bien mal fondé, sur une prétendue propension atavique des Québécois à la xénophobie et à la fermeture. Tares dont témoigneraient leur passé, leur nationalisme, voire des aspects élémentaires de la culture et de la sociologie d’un peuple distinct du fait même de son existence distincte sur ce continent, qu’on transforme de façon perverse en preuve de fermeture.

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Éditorial - Raffermir les liens, accroître les échanges (Catalogne)

Le dossier Catalogne, la résilience d'une nation a fait l'objet d'une mention d'honneur spéciale dans le cadre du prix André-Laurendeau.

2011juinseptembre250Il fallait le faire. Il fallait un instrument de plus pour raffermir les liens. Le Québec et la Catalogne ont déjà tant à partager, il fallait une passerelle de plus. Depuis quelques décennies déjà, les relations entre nos deux peuples s’intensifient. Les contributions ne sont plus seulement celles d’individus venus ici partager notre destin, elles trouvent forme désormais dans des institutions qui canalisent les dynamismes et accroissent la portée des échanges. Il est maintenant possible d’envisager de passer à un autre stade de coopération. Nos deux peuples peuvent s’enrichir mutuellement non seulement des leçons de leur persévérance, mais encore et surtout des innovations qu’ils auront à déployer pour bien s’inscrire dans le vingt-et-unième siècle.

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La planification linguistique au Québec et en Catalogne

Cet article a mérité une mention pour le prix André-Laurendeau 2011

Ce texte constitue un résumé de mon mémoire de maîtrise de janvier 2010 qui consiste en une comparaison entre les politiques linguistiques développées au Québec et en Catalogne et les structures les entourant. Au fil de cette comparaison, les dynamiques sociolinguistiques des populations et les mécanismes de politiques linguistiques des deux régions sont mis en lumière. En raison du format de l’article présent, nous survolerons sans entrer dans le détail les aspects clés des politiques linguistiques québécoise et catalane qui permettent d’établir une comparaison entre les deux régions. Nous débuterons par définir ce que nous entendons par politique linguistique et nous verrons une brève définition de ce qui pourrait en être pour les nations québécoise et catalane. Ensuite, nous repasserons à grands traits les événements historiques qui menèrent à l’adoption de politiques linguistiques dans les deux régions, puis nous verrons les principes fondamentaux qui sous-tendent les lois ainsi que leur portée. Finalement, nous terminerons avec une comparaison directe des situations linguistiques actuelles du Québec et de la Catalogne.

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La langue catalane au début du XXIe siècle

Centre universitaire de sociolinguistique et communication. Université de Barcelone

Le catalan est une langue d’envergure moyenne dans le contexte européen. En termes économiques, nous pouvons affirmer que le marché catalan compte 14 millions d’usagers potentiels, mais lorsque nous nous limitons aux personnes qui parlent cette langue, le nombre est plutôt de 9 millions de locuteurs. Du point de vue territorial, le catalan est parlé dans quatre états d’Europe : Andorre, France (dans la zone appelée Catalogne Nord, dont le principal centre urbain est Perpignan), Italie (dans la ville d’Alghero en Sardaigne) et Espagne (en Catalogne, au Pays valencien, aux îles Baléares et dans la Frange d’Aragon, administrée par la communauté autonome d’Aragon).

CATALOGNECARTE

Source : Andorre (Département de la Statistique) ; Communautés autonomes (Institut national de la Statistique, Espagne) ; Catalogne Nord (Institut national de la Statistique, France) ; Alghero (Institut national de la Statistique, Italie). Date : Janvier 2009.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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