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L'évolution de l'article 45 du Code du travail du Québec

En décembre 2003, le gouvernement Charest, après avoir imposé le bâillon, a modifié l’article 45 du Code du travail du Québec et adopté la Loi modifiant le Code du travail (L.Q. 2003, C. 26) qui modifie l’article 45 du Code du travail du Québec. Cette réforme fait suite à une importante transformation mise en oeuvre par le gouvernement du Parti québécois deux ans plus tôt. Ainsi, deux partis traditionnellement opposés sur la scène politique québécoise, suivant des stratégies différentes, ont réduit la protection accordée aux salariés en cas de sous-traitance. Ces modifications ont notamment eu pour impact de limiter l’application de la convention collective pour les employés du sous-traitant. De plus, alors que la réforme de 2003 a suscité de fortes réactions de la part du mouvement syndical, celle de 2001 n’a pas causé autant de remous.

De nombreux auteurs concluent à l’inadaptation du droit du travail face à la multiplication du recours à la sous-traitance et à l’augmentation du travail précaire [1]. Alors que les nouvelles formes d’emploi sont souvent synonymes de faible protection sociale, certaines réformes apportées au Code du travail en 2001 et en 2003, plutôt que de mieux encadrer les emplois atypiques, semblent affaiblir des protections accordées auparavant aux travailleurs salariés. Plusieurs juristes se sont penchés sur les modifications apportées à l’article 45 [2], d’autres auteurs subventionnés tantôt par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) tantôt par la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), ont réalisé des sondages qui se sont avérés quelque peu contradictoires, afin de mesurer l’impact économique de l’article 45 [3]. Une autre étude quantitative menée par le Groupe d’analyse économique de l’Université Laval constatait de son côté que l’article 45 n’était pas un frein à la sous-traitance au Québec [4]. Même si ces études n’utilisent pas la même démarche méthodologique et n’arrivent pas exactement aux mêmes résultats, elles ont en commun de s’intéresser à l’impact économique de l’article 45 [5].

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Chronique internationale: La guerre d'Afghanistan et le libéralisme offensif

Chercheur au Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal

L’objectif de la mission afghane est beaucoup plus ambitieux que les missions de protection de la paix et les frappes militaires dissuasives auxquelles le Canada a participé dans les dernières décennies. Ces missions ont habitué les Canadiens et les Québécois à de modestes coûts humains et financiers. Puis nos médias parvenaient toujours à présenter l’implication canadienne comme l’action d’une force hygiénique récurant la souillure de l’humaine nature. Ainsi, nos souvenirs rwandais ont le goût amer de l’horreur hypocrite, une violence au cœur des ténèbres de la colonisation qui, non sans un certain succès cinématographique, a pourtant eu l’effet d’emprisonner nos consciences dans la sphère des pieux regrets et de l’impuissance réconfortante. Nos souvenirs en ex-Yougoslavie sont plutôt peuplés d’images de patrouilles blindées déambulant impassiblement entre les décombres et la désolation post bellum. Une guerre métaphorique, en somme, puisque aucune guerre n’est jamais assumée lorsque ceux qui la portent volent en CF-18 pour bombarder des abstractions satellisées, cibles autour desquelles femmes et enfants continuent pourtant de se faire broyer par la barbarie.

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Éditorial - La guerre et la servitude

2008marsCouv3d250 Les Québécois ne veulent pas de l’intervention militaire en Afghanistan ? Too bad! Le Canada se vassalise, nos jeunes meurent et se font estropier sous une fausse identité mais qu’à cela ne tienne ! L’armée fera sa propagande, le Canada nous refera le coup du devoir de loyauté et Radio-Canada nous servira du reportage à grand renfort d’analystes neutres du Collège militaire royal de Kingston. C’est normal de mourir sans avoir eu droit de se prononcer.

La guerre est l’objet le plus grave sur lequel les citoyens ont à faire valoir leur droit de vote. Le peuple du Québec est entraîné dans un conflit armé malgré sa volonté, en l’absence de tout exercice démocratique de sanction des choix de l’État canadian. Nous sommes à la merci d’une autre nation. Nous en faisons les frais, nous en payons le prix et… nous ravalons notre impuissance. En plus de subir la propagande qui voudrait nous culpabiliser de ne pas penser comme de bons Canadians responsables.

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La succession royale, la constitution canadienne et la constitution du Québec

Prix André-Laurendeau 2008 du meilleur article de l'année dans L'Action nationale.

Les lois de la longévité humaine font en sorte que le règne de Sa Majesté Élizabeth II, Reine du Canada, Défenseur de la Foi, tire à sa fin. Ce règne, qui a débuté en 1952, a dépassé le demi-siècle. Qu’il prenne fin par un décès ou par une abdication, le moment de la prochaine succession royale pourrait être l’occasion d’une réévaluation du rôle de la monarchie au Canada ou au Québec. Il importe de faire le point sur les règles juridiques qui sont relatives à la monarchie, dont certaines ont évolué dans les dernières décennies. Il importe également d’examiner les moyens juridiques par lesquels la monarchie pourrait être remplacée par de nouvelles institutions politiques plus compatibles avec la démocratie contemporaine. 

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Gérard Saint-Martin La bataille des plaines d’Abraham

Gérard Saint-Martin
La bataille des plaines d’Abraham, Éditions Economica, 2007, 277 pages

L’historien Gilles Laporte alertait dernièrement les milieux de l’éducation face à la désaffection de l’enseignement de l’histoire du Québec dans le réseau collégial. L’année dernière, moins de 5 % des élèves du collégial suivaient ce cours. Dans ce désert de la mémoire, on ne peut que saluer l’effort généreux qui se fait du côté de la France pour se réapproprier un pan de notre histoire commune, celui de l’histoire de la Nouvelle-France. Gérard Saint-Martin, docteur en histoire, colonel issu de Saint-Cyr et enseignant au Commandement des écoles des armées de terre, s’est emparé de la Guerre de Conquête et s’est permis « Par un regard croisé sur l’histoire… d’éclairer certaines zones d’ombre. »

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Québec 2008 : le double langage canadien en exergue

Le 400e anniversaire d’une ville, ça se fête. À plus forte raison s’il s’agit du « début d’une présence française continue en Amérique du Nord », comme le soulignait récemment l’historien Jacques Lacoursière. Ce n’est donc pas seulement la rigueur exceptionnelle de l’interminable hiver 2007-2008 qui a rendu la population du Québec si impatiente de voir arriver juillet. Les Québécois n’ont nul besoin de publicités ronflantes et de discours solennels pour se sentir spontanément interpellés par le quadricentenaire de leur nation. D’où leurs hautes exigences et leur regard critique à l’égard du travail de la Société du 400e, organisatrice du volet festif des célébrations.

Après tout, comme l’a souligné à juste titre Vincent Léger, organisateur de l’un des seuls événements commémoratifs du 400e anniversaire de Port-Royal en 2005, «la fête [des 400 ans de Québec] ne doit pas être juste un party, car il s’agit de l’histoire fondamentale et identitaire d’un peuple. […] Il faudrait que la présentation du 400e devienne une source de fierté identitaire et unificatrice pour une très grande majorité de personnes», avançant même la nécessité d’un «bénéfice collectif quelconque, soit à court ou à long terme [1]  ». Voilà un point de vue qui traduit fort bien le réflexe instinctif dont sont animés nombre de Québécois. Mais qu’est-ce qui devrait être considéré comme un « bénéfice» et à qui référerait le mot «collectif» ?

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La résistance

La résistance du Québec et des Québécois est une attitude de fond, persistante à travers toute notre histoire. Rarement aiguë, souvent quelconque, maintes fois trahie, elle n’en subsiste pas moins, sous différentes formes. Elle est variable. Elle s’est exprimée dans des proportions qui fluctuaient autour de 40 % à propos de la souveraineté. Ces proportions sont à la baisse depuis un an.

Notre résistance, active ou latente, n’est jamais tout à fait décisive cependant. C’est un autre de ses caractères. Nous sommes un peuple divisé.

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L'enjeu du Sommet de Québec : le coeur de la Francophonie

Cet article s'est mérité une mention d'honneur au prix André-Laurendeau 2008

La Francophonie a toujours fait l’objet d’un large consensus au Québec qui l’exprimera à nouveau en accueillant pour la deuxième fois en octobre 2008 le Sommet de la Francophonie. Si le dispositif de sécurité n’en fait pas un sommet emmuré, le sens de l’accueil et de l’organisation fera sans doute de cette rencontre l’une des manifestations marquantes organisées pour célébrer le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec. Mais par-delà un événement médiatique réussi, la banalisation des réunions de chefs d’État et de gouvernement, à commencer par le G8 qui est la plus ancienne, conduit à s’interroger non seulement sur ce que le Sommet de Québec apportera au développement de la Francophonie institutionnelle, mais surtout à l’avenir des parlants-français qu’on aurait tort de prendre pour acquis à l’ère de la mondialisation culturelle.

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Carnets de campagne

L'auteur est professeur émérite de littérature à l'Université de Montréal où il a fait carrière. Il est l'auteur d'essais critiques, de plusieurs anthologies et d'une histoire de la littérature québécoise.

Le titre de cette chronique a une double connotation. Mes notes sont datées et situées (près du fleuve, au Centre-du-Québec), elles sont aussi engagées, militantes au sens large du terme. Je m’intéresse ici aux petits faits vrais, souvent invraisemblables, de l’actualité sociale, culturelle et surtout (indissociablement) politique.

Haine de soi : le Plateau et les plateaux

Le Plateau-Mont-Royal a remplacé Outremont comme repoussoir, forteresse du snobisme, aux yeux du bon peuple. À défaut de grands bourgeois, on s’attaque aux petits; à défaut de vrais libéraux, on s’en prend aux faux péquistes; à défaut d’industriels, on se moque des artistes ou prétendus tels.

Westmount et le West Island échappent aux regards, donc à la critique. Le Plateau et les quartiers adjacents sont une cible privilégiée des provinciaux et autres visiteurs occasionnels, à travers de multiples petits écrans. Le Plateau revu et déformé par la télévision et les humoristes (c’est la même chose). Le Plateau sans Gérald Godin, Miron, Michel Tremblay, le Matou d’Yves Beauchemin. Le Plateau, cœur francophone de Montréal, où les minorités ethniques s’assimilent naturellement, contrairement à Parc-Extension, Saint-Michel, Montréal-Nord, Rivière-des-Prairies, Saint-Léonard… Tout à coup Montréal finirait par ressembler au Plateau-Mont-Royal ! Ce serait terrible pour DDO (Dollard-des-Ormeaux), NDG, TMR, etc.

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Éditorial - L'obscénité du financement de l'apartheid

Le dossier du CHUM n’en finit pas de s’alourdir sans que rien ne parvienne à troubler le silence assourdissant qui le recouvre de toutes les censures. Plombé par le dogmatisme des PPP, lesté par les jeux de coulisses et l’opacité de gouvernance, le projet du CHUM a d’ores et déjà basculé dans l’ordre du scandale. Nous avons appris en plein mois de juillet que les coûts de construction du centre de recherche étaient passés de 280 millions à 320 millions de dollars, que le nouveau ministre s’offrait la tête du directeur général, que la Fondation canadienne pour l’innovation avait rejeté la demande de financement malgré que le Fonds de recherche en santé du Québec ait qualifié d’exceptionnel le dossier du programme de recherche. À cela se rajoutaient les récriminations des architectes et ingénieurs qui veulent récupérer des honoraires pendant que les hypothèses de report d’échéancier nourrissent les paris les plus cyniques. Mais personne ne siffle la fin de la récréation, personne ne demande que lumière soit faite en notre Assemblée nationale. Rien n’ébranlera donc jamais les colonnes du temple de la démission collective.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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