Éditorial - Artisan de la grandeur (Hommage à Jean-Marc Léger)

Jean-Marc Léger nous a quittés. Le Québec vient de perdre un très grand homme, L’Action nationale son plus ancien et plus fidèle artisan. Les nombreux témoignages rendus à l’occasion de son décès ont souligné son exceptionnelle contribution au développement du Québec, à son rayonnement ainsi qu’à celui de la langue française et de la culture québécoise. Jean-Marc Léger a porté très haut le flambeau de notre aventure collective.

C’était un homme exigeant pour lui-même, un idéaliste qui a toujours cherché à vivre à la hauteur de ses rêves. Nous lui serons à jamais redevables d’avoir su l’être pour notre peuple. Il abhorrait la médiocrité. Toute sa vie, il a combattu pour que la culture québécoise soit celle de l’accomplissement : accomplissement de notre liberté dans le combat pour l’indépendance, épanouissement de notre langue et de ses héritages dans la rencontre des peuples et le partage des valeurs communes.

Jean-Marc Léger a aimé son peuple d’un amour inconditionnel et c’est cet attachement qui lui aura donné la force et l’énergie créatrice qui ont fait de lui un grand bâtisseur. Il a fait naître des institutions, cela est remarquable. Mais la vraie mesure de sa contribution se situe bien au-delà de ses réalisations matérielles : il a su « faire lever l’horizon » (Gaston Miron) pour des millions d’hommes et de femmes qui ont le français en partage et à qui il a su inspirer l’idéal de contribuer à enrichir le monde en témoignant des plus hautes valeurs de la civilisation. L’humanisme dont il se réclamait et qu’il a si bien incarné restera son plus grand legs et nous lui sommes reconnaissants d’avoir si bien su nous en faire réaliser les exigences et inspirer les devoirs.

Pendant plus de cinquante ans, Jean-Marc Léger a participé aux idéaux, partagé le labeur, accompagné le devenir de L’Action nationale. C’était l’homme des fidélités et jamais, même lorsqu’il était accaparé par les exigeantes fonctions qu’il a occupées, il n’a délaissé son engagement à la Ligue d’action nationale. C’était admirable – et combien inspirant ! – de le voir concilier ses plus hautes obligations avec les modestes tâches de notre revue. Il savait l’importance des idées, il partageait notre volonté de les cultiver pour faire grandir le pays et trouver les meilleures voies de son affranchissement. Tenace, dur à la peine sans pourtant jamais renoncer à la joie de vivre et à la camaraderie, il a persévéré, comme ses pères avant lui.

Jean-Marc Léger aura été un modèle pour nous tous. Son humour, son intelligence et son immense érudition nous manqueront certes, mais son souvenir ne cessera d’enrichir notre mémoire. Je voudrais, au nom de tous les membres et les artisans de L’Action nationale, dire combien nous avons aimé l’homme, admiré l’auteur et surtout apprécié le voir nous rappeler sans cesse aux plus nobles exigences de la pensée. Jean-Marc Léger aura été un artisan de la grandeur. Celle qu’il souhaitait pour le Québec, celle dont il témoignait comme personne et qui laissera de son passage parmi nous un souvenir impérissable.

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