Septembre-Octobre 2012

Vol. CII, nos 7-8

Les élections du 4 septembre et la question nationale

Les résultats électoraux du 4 septembre dernier révèlent un Québec plus fragmenté que jamais. Le portrait rappelle celui offert par les élections de 2007, mais inversé. En 2007, l’opposition s’était divisée face au pouvoir, ce qui a permis au PLQ de se faufiler entre l’ADQ et le PQ. En 2012, profitant de nouveaux appuis, le PQ a réussi à se maintenir au-dessus du PLQ et de la CAQ, héritière spirituelle de l’ADQ. En termes de classes sociales, les deux instruments les plus identifiés aux forces patronales et qui ont obtenu une pluralité des voix ont perdu la bataille du fait des distorsions engendrées par le système électoral uninominal à un tour.

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L'indépendantisme et les élections

En fait de gouvernement, l’incapacité est une trahison.
- René de Chateaubriand[1]

Les humains en multitude forment une personne une quand ils sont représentés…
- Thomas Hobbes[2]

Au Québec, le partisan de l’indépendance entretient avec les élections et la politique une relation singulièrement problématique, embarrassée, pour ne pas dire tordue. La dernière campagne électorale pour le scrutin du 4 septembre 2012 a commencé à mettre à nu, par effet de contraste, cette relation complexée, du fait que des joueurs nouvellement en lice entreprennent de s’en décoincer.

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La nouvelle donne souverainiste

L’élection du 4 septembre 2012 n’est que le prélude à celle qui va suivre d’ici 18 mois. Elle a amené le Parti québécois au pouvoir, provoqué le départ de Jean Charest et confirmé l’implantation à l’Assemblée nationale de deux partis récemment créés, Québec solidaire et la Coalition avenir Québec, respectivement à la gauche et à la droite du PQ. Ce sont les conditions de départ de la prochaine campagne électorale. S’il est habile, le nouveau gouvernement minoritaire pourra se servir de ce résultat comme tremplin vers une prochaine majorité ou une majorité de coalition PQ-QS. Cette majorité devra relancer l’option souverainiste et trouver un moyen de travailler avec la CAQ sur la question nationale afin de favoriser les consensus nécessaires. Pour le reste, il faut examiner la nouvelle situation politique ainsi créée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du mouvement souverainiste.

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Le long et dur chemin de la lutte

1976 et 2012 : rendez-vous de la première et de la dernière chance ?

Le camp souverainiste a l’âme à la tristesse. Face aux affres subies par le Québec depuis 1995, après dix interminables années marquées par l’exclusion et la trahison, il entretenait les plus belles espérances dans ce rendez-vous électoral du 4 septembre, histoire de démontrer que le train du changement pouvait enfin être remis sur les rails. On croyait arrivée la fin d’une déprimante léthargie, on se croyait enfin prêt à reparler d’avenir et de nouveaux horizons. Et voilà que les mânes du passé sont sortis de leur tombe pour faire une nième projection du Temps des Boufffons et de la P’tite vie , avec les échos des sempiternelles litanies sur les « pensions de vieillesse » et les « belles montagnes rocheuses ».

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Une victoire douce-amère

Le 4 septembre au soir, les Québécois ont élu un gouvernement péquiste minoritaire beaucoup plus faible que prévu avec 54 sièges, contre 50 pour le PLQ, une surprise de taille, 19 pour la CAQ et 2 pour QS. Le fort taux de participation de 74,50 % montre que ce n’est pas un hasard. Il aurait fallu 64 sièges au PQ pour former un gouvernement majoritaire capable de réaliser son programme et de concrétiser ses engagements.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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