Février 2014

Vol. CIV, no 2

Que faire de Wolfe ?

Le débat sur le projet de loi 60 sur la laïcité a été centré sur la présence des symboles religieux dans la fonction publique et a, par ricochet, mis en relief la problématique de la représentation symbolique de l’histoire dans l’espace public. La présence du crucifix à l’Assemblée nationale illustrait l’incohérence d’un État qui se prétend neutre et laïc, mais qui se met sous la protection de Dieu pour prendre ses décisions. Ce paradoxe vient de haut pour ainsi dire puisque la Charte canadienne des droits est elle-même régie par la volonté divine comme l’atteste son préambule: «Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit.» On retrouve aussi au Salon rouge l’évocation de Dieu inscrite sur le trône: «Honni soit qui mal y pense, Dieu et mon droit».

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Forces et faiblesses de la proposition écossaise 

GOUVERNEMENT ÉCOSSAIS/Scottish National Party
Scotland’s Future : Your Guide to an Independent Scotland, Livre Blanc, Édimbourg, 2013, 650 pages

Quels que soient les résultats du référendum du 18 septembre prochain, on ne pourra certainement pas reprocher au gouvernement écossais du Scottish National Party (SNP) d’avoir manqué à ses devoirs. Le premier ministre et chef du SNP, Alexander Salmond, répète depuis des mois que la proportion des Écossais que les nationalistes pourront rallier à la cause de l’indépendance sera d’égale importance à celle des Écossais ayant été correctement informés des limites du cadre constitutionnel britannique et des opportunités offertes par la sécession. En d’autres termes, comme c’est souvent le cas en ce qui a trait aux grands choix politiques s’offrant aux citoyens des démocraties modernes, l’information – et à plus forte raison la désinformation – se révélera sans doute être le « nerf de la guerre ». Il s’agit d’une vérité incontournable, tant pour les promoteurs de l’indépendance que pour ses opposants. Le SNP semble l’avoir rapidement assimilée ; déjà en 2007, alors qu’à la surprise générale il arrivait à former un gouvernement minoritaire, une « Conversation nationale » – concept qui réveillera peut-être de mauvais souvenirs chez certains souverainistes bien de chez nous – avait été lancée et devait mener à la publication d’un premier livre blanc, Your Scotland, Your Voice, fin septembre 2009.

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Stephen Harper et la mutation de l'identité canadienne (2e partie)

La première partie de ce texte a paru dans le numéro de janvier 2014.

De Manning à Harper
Le nouveau Canada de Preston Manning

Le Reform Party est indissociable de la personnalité et des idéaux de son fondateur, Preston Manning. Il est généralement considéré comme allant de soi que Manning serait un conservateur intransigeant, en bonne partie à cause de la place prépondérante de sa foi chrétienne. Or, comme le souligne Tom Flanagan[1], si une obligation de classer Manning nous impose de le placer davantage à droite qu’à gauche, ses positions tiennent davantage à du populisme qu’à du conservatisme. Pour illustrer son point, Flanagan cite un certain nombre d’exemples des positions du chef fondateur. Sur des questions comme l’avortement ou le suicide assisté, Manning était certainement farouchement contre les deux, mais n’en avait pas moins comme position officielle de soumettre le premier à un référendum et de légaliser le second tout en y étant opposé à titre personnel et moral[2].

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Yvan Lamonde et Jonathan Livernois. Papineau, erreur sur la personne

Yvan Lamonde et Jonathan Livernois
Papineau, erreur sur la personne, Montréal, Boréal, 2012, 201 pages

La recherche de la continuité historique est au cœur du discours nationaliste, mais cette logique conduit parfois à des distorsions qui tentent de justifier les projets d’aujourd’hui en se servant de l’exemple du passé. Même si le passé est toujours sujet à l’interprétation et à la controverse, il y a parfois des exagérations qui doivent être corrigées ou nuancées, ce que se propose de faire le livre de Lamonde et Livernois qui remettent en question l’appropriation de la pensée de Papineau a des fins partisanes à la fois par les tenants du fédéralisme et de la souveraineté. À cet égard, à titre d’exemple, ils citent un discours de Jacques Parizeau qui, en 1995, faisait de Papineau l’ancêtre du projet de souveraineté-partenariat. Selon Parizeau, Papineau aurait réclamé le gouvernement responsable pour le Bas-Canada (l’équivalent de la souveraineté) et son maintien dans l’Empire britannique (le partenariat).

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Serge Cantin (dir.). L’éducation en péril

Serge Cantin (dir.)
L’éducation en péril. Pour mieux comprendre le « printemps érable », Les Cahiers Fernand Dumont. Pour l'avenir de la mémoire no. 2, Fides, 2013, 430 pages

La culture est donc moins que jamais la maison de l’homme. Malgré tout, elle reste son lieu, parce qu’elle est, à la différence de nos velléités individuelles, comme un objet inséré dans la vie des choses et du monde, un ensemble de rapports de la conscience envers son univers et que nous ne pouvons confondre ni avec les catégories fondamentales de l’esprit ni avec les intentionnalités transcendantes que cherchent à dégager les métaphysiques. La conscience se trouve prise dans les jeux de la culture, se découvrant dans la distance qu’elle instaure et dans la pressante nostalgie de la réconciliation qui l’anime par ailleurs.

Fernand Dumont, Le lieu de l’homme, 1968 (p. 27)

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