Octobre 2014

Vol. CIV, no 8

Faut-il étouffer les passions politiques ?

C’est une erreur fatale : croire qu’une fois qu’on a lu un livre, on ne le relira plus, qu’on en a extrait ce qu’on pouvait en extraire, et qu’on doit simplement passer au prochain. Car souvent, ce n’est qu’à la relecture, en feuilletant un peu au hasard ce qu’on avait déjà lu le crayon à la main, qu’un passage génial peut nous frapper soudainement. De passage à la maison familiale, il y a quelques semaines, où j’entrepose, grâce au génie bibliothécaire de mon père (historien de profession, professeur de vocation, archiviste amateur par passion), une partie importante de ma bibliothèque, et surtout, mes collections de revues, je me suis mis à fouiller dans une récente livraison de Commentaire, l’excellente revue fondée par Raymond Aron. Elle demeure, encore aujourd’hui, avec Le Débat, une des rares revues indispensables pour comprendre la France et à travers elle, le monde contemporain.

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L’héritage spirituel du Québec

Trop de distance et trop de proximité empêchent la vue.
– Blaise Pascal (Pensées)

Comment appliquer la position du philosophe du xviie siècle à une maîtrise féconde du temps, cette durée indéfinie dans laquelle se déroulent les événements historiques ? Par une saine articulation des trois constituants du temps. Il s’agit donc d’interpréter le passé afin d’éclairer le présent et d’orienter l’avenir. Voici une nouvelle observation de notre destinée spirituelle [1].

La fondation

En 1608, l’explorateur Samuel de Champlain fonde la ville de Québec. Un joyau en vigie là où le fleuve Saint-Laurent se rétrécit ou s’élargit, selon la direction. Un point stratégique sur la voie d’accès au cœur du continent, découverte par Jacques Cartier au siècle précédent. Québec, la future capitale, inaugure la présence française continue et permanente en Amérique.

Une polarité sédentarisme-nomadisme anime le fondateur. Elle caractérise dès l’origine le phénomène humain collectif qui s’appellera le peuple québécois. Ainsi, une France nouvelle se dresse dans la vallée du majestueux fleuve Saint-Laurent ; à partir de cet enracinement, elle s’étend à travers l’Amérique en entrant en contact avec les nations aborigènes du continent.

La rencontre entre un rameau issu de l’Ancien Régime européen, celui du Trône et de l’Autel, et des peuples communiant étroitement avec la Nature devait inéluctablement transformer les deux parties. Les Amérindiens sont séduits par le théâtre divin dans sa version catholique, celui des rites spectaculaires des robes noires de Dieu, dont la croyance fut apportée de l’autre rive de la mer océane à bord de canots géants. Chez les Français, issus du petit cap européen, l’appel de l’aventure dans les grands espaces – création du Grand Manitou selon leurs amis amérindiens – est irrésistible.

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Illusion et fuite chez les souverainistes

En cette période, celle qui suit la défaite du 7 avril 2014, un débat interne anime les milieux militants du souverainisme. Son sujet a trait à la valorisation de l’indépendance et il oppose principalement deux camps. Il s’agit du clan « étapiste », associé aux principaux partis souverainistes de 1995 à aujourd’hui, qui propose surtout de bien gouverner la province de Québec en attendant un contexte favorable à son indépendance. L’autre clan, « puriste », suggère de parler de souveraineté maintenant dans le but de créer le contexte favorable désiré. L’on pourrait longuement débattre du bien-fondé et des travers de ces deux stratégies. Or, notre but est d’exposer une faiblesse qui habite ces deux clans.

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Le nom qu’on nous a chipé et le pays pour lequel on n’a jamais voté

Il serait bon pour un prince d’être réputé libéral ; cependant la libéralité peut être exercée de telle manière qu’elle ne fasse que lui nuire sans aucun profit.

– Machiavel

Quant à moi, je ne sais pas où va l’histoire (le sens-orientation-direction), mais je commence à découvrir ce que l’on peut en faire si, à travers elle, nous nous appliquons à la recherche du sens (le sens-signification-expression)
C’est-à-dire la lumière de ce que l’histoire peut exprimer.

– Alphonse Dupront

Quel est le rôle exact de la Grande Coalition ? Qui est Antoine-Aimé Dorion ? Qui et que sont les Rouges ? À quoi s’opposent-ils au juste ? Quelle est donc l’importance de cette Conférence de Québec ? Plongeons !

L’inconstance ministérielle chronique de 1854 à 1864, l’expression des volontés de changement de constitution, la nouvelle donne de la « folie des chemins de fer », la perspective nette d’abolir la French and Papist Domination (chère à George Brown), le passage d’une économie « manufacturière » à une économie « industrielle », l’affront puéril du libéral J. Sanfiedd Macdonald (alors premier ministre avec A.-A. Dorion) en 1864 pour éviter la discussion de la motion de Brown de former un comité d’études des problèmes constitutionnels, tout cela provoque l’adhésion de Brown au grand projet fédéral des conservateurs. Voilà le début de la fin d’une possibilité strictement canadienne. C’est la mort programmée du Parti rouge et du Canada-Uni et la mise en place des conditions, à long terme, de la réalisation du rapport Durham de 1840.

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Un correcteur systémique de la corruption

Conformément au mandat que le gouvernement du Québec a confié à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, à savoir d’examiner l’existence de stratagèmes qui impliqueraient de possibles activités de corruption dans cette industrie et de faire des recommandations en vue d’enrayer et de prévenir cette corruption, le présent article entend examiner une cause systémique de la corruption dans cette industrie et proposer un moyen de l’enrayer.

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Collections numériques (1917-2013)

action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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