Quelle communauté anglo-québécoise ?

Chercheur Ph. D. science politique
pspedrito9@gmail.com

Les définitions utilisées pour désigner la « communauté anglophone » varient grandement selon les objectifs politiques des acteurs. Certains cherchent à en élargir les effectifs, les autres, à les diminuer le plus possible. Comme il en va du partage des ressources financières de l’État du Québec, de l’usage des langues au travail autant dans le secteur public que dans le secteur privé, et de bien d’autres enjeux, tous ont intérêt à influencer la définition des frontières de chaque groupe. En réalité, la communauté anglo-québécoise, lorsque définie en tenant compte des impératifs de survie légitimes de la communauté francophone, est de taille extrêmement modeste : 3,5 % pour tout le Québec, 5,0 % pour la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal. Ces pourcentages incluent de surcroît des anglophones dont les parents peuvent être francophones, allophones ou immigrés. Quoi qu’il en soit, cette taille minuscule confirme la disparition du territoire québécois de la plus infime encore « minorité historique nationale », dont les – plus rares encore – effectifs d’origine ethnique britannique constituaient jadis le noyau primordial.