Septembre 2014

Vol. CIV, no 7

Comment apprécier le Sénat ?

Quel peut être l’intérêt du Québec dans le débat en cours sur la réforme du Sénat ? Il y a bien sûr la question constitutionnelle, trop vaste pour être abordée dans ce court billet, mais qui devra bien l’être un jour où l’autre. La chose sera peut-être tentée en 2017. En perspective de n’importe quelle discussion constitutionnelle, il faut veiller à dégager les intérêts supérieurs du Québec. Même lorsqu’on croit que ceux-ci seraient mieux servis par l’indépendance, il demeure pertinent de se demander quelles réformes éventuelles de la fédération canadienne sont plus ou moins avantageuses pour le Québec. Il en est plusieurs en cours auxquelles le Québec entend s’opposer, comme la création d’une autorité unique des marchés financiers, et avec raison.

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Que penser du choix du chef du PQ par une élection primaire ?

Après la sévère défaite électorale d’avril dernier et la démission de Pauline Marois, la direction du Parti québécois a engagé une réflexion sur l’adoption de nouvelles règles pour le choix d’un nouveau chef. La conférence nationale des présidents réunie le 10 juin 2014 a examiné différents scénarios et a donné le mandat au comité des règles de lui faire des propositions. Forts de l’expérience du Parti socialiste français qui a adopté le modèle de l’élection primaire en 2011, les partisans de ce mode de sélection du chef font valoir les effets bénéfiques suivants : l’accroissement du temps d’antenne accordé au parti, une plus forte mobilisation des sympathisants, une plus grande participation politique, l’amélioration de la qualité des candidats. Au chapitre des inconvénients, on relève les coûts supplémentaires qu’entraîne ce type de vote et le risque d’accroître les divisions internes.

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Règne de la beauté ou ère du vide ?

Charlevoix est une étrange région. Depuis l’origine de son nom, donné en 1855 et qui rend hommage à l’historien jésuite Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1682-1761), il semble bien que ce que l’on retient à son sujet provienne plus de personnes de passage ou en visite que de sa population résidente. Étrange sort des régions dites touristiques écartées du regard des grands centres en dehors des périodes estivales comme si elles n’avaient pas d’histoire propre ou d’existence à elles.

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Le démantèlement de la nation (chronique 3)

La période couverte s’étend du 20 mai, date de l’ouverture des travaux parlementaires, au 24 août 2014 (3 mois).

Avec l’amoindrissement de l’État québécois et le retour des surplus budgétaires au fédéral, Ottawa sera encore davantage en mesure de dicter les conditions de ses interventions au Québec, y compris dans nos domaines de compétences. En outre, à mesure que notre gouvernement ne répondra plus présent, les organismes québécois, même ceux qui n’y ont pas encore eu recours, se tourneront vers Ottawa pour obtenir du financement. On remarque dès maintenant que c’est Ottawa qui est le principal soutien de la diffusion de l’art contemporain québécois, que le fédéral est plus présent que Québec dans la construction de logements sociaux, que c’est lui qui finance l’essentiel de l’intégration des immigrants dans notre belle province et qu’il est désormais mieux en mesure que Québec de financer la réfection des infrastructures des municipalités. Évidemment, il fait tout cela selon ses intérêts et ses priorités. Or, pour déterminer les politiques fédérales, les Québécois n’auront jamais plus de poids que celui d’une population de plus en plus minoritaire. Il vaudrait décidément mieux contrôler notre propre État que de subir les politiques d’un autre.

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Éditorial - L'ambition de rompre

2014septembre250C’est le propre des périodes de transition de provoquer au moins autant de désespérance que d’attentes imbibées de pensée magique, de confiance en l’avenir et, souvent, de colère rentrée. On ne voit plus très bien ce qui naît dans ce qui meurt. Le cours des événements aussi bien que les manœuvres des puissants font alors pencher la balance du côté de l’engourdissement morose, du consentement à l’impuissance et d’une féroce envie de prendre congé de soi-même. Le Québec a souvent connu de tels épisodes, prisonnier qu’il est d’un carcan qui ne lui laisse guère de moyens de se déprendre des humeurs que son assujettissement lui impose. L’été qui s’achève aura certainement poussé d’un cran l’engrenage infernal du mépris de soi, de l’autodénigrement et de la culture de l’échec.

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De la quintuple racine du principe de souveraineté populaire

Si le républicanisme revient à la mode au sein des cercles intellectuels souverainistes, notamment en raison de l’épuisement idéologique du projet de souveraineté-association, de l’échec stratégique du nationalisme identitaire et du rejet de la doctrine multiculturaliste, il semble nécessaire d’approfondir les fondements philosophiques de cette théorie politique. Évidemment, cela n’empêche pas une enquête historique sur les germes de la République en Amérique française dans les discours des personnages politiques d’autrefois[1], celle-ci permettant d’ancrer l’idée républicaine dans la reprise critique d’un héritage culturel et symbolique. Néanmoins, il serait erroné d’insister trop fortement sur le dévoilement d’une « pratique sociale républicaine » supposément enracinée dans l’imaginaire collectif[2], comme si le peuple n’avait qu’à s’affranchir du modèle libéral canadien pour retrouver son être caché, se penser lui-même et s’objectiver dans des institutions bien à lui.

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Travailler sur le terrain de la réalité

Le 7 avril dernier, le Parti québécois a perdu l’élection générale avec son plus mauvais résultat depuis 44 ans (25,4 %). Pire encore, il a perdu ces élections après avoir été au gouvernement – avec une équipe de grande qualité – pendant un an et demi seulement, une courte période considérant les neuf ans du mandat libéral précédent. Il serait sans doute facile d’expliquer cet échec avec des éléments circonstanciels, qui ne sont liés qu’à une mauvaise campagne, un mauvais leader ou de mauvaises décisions tactiques. Certes, plusieurs de ces éléments expliquent certainement en partie le résultat de la dernière élection. Mais la tendance est plus profonde. Considérons les faits suivants.

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Déconstruire les blocages, proposer nos projets et bâtir notre pays

Membres de la Commission nationale des États-généraux sur la souveraineté.

La phase I des États généraux sur la souveraineté, terminée en avril 2013, a permis de dresser une liste de 92 blocages par lesquels le cadre fédéral canadien nuit au développement et à l’épanouissement du peuple québécois.

Au cours de la deuxième phase des États généraux sur la souveraineté, nous avons cherché à déconstruire les blocages en proposant des projets démontrant les impacts économiques positifs de la souveraineté sur le développement régional, le transport et le développement durable, la culture, l’emploi et la sécurité du revenu des citoyens et des citoyennes. Cet exercice nous autorise à imaginer les possibilités qu’un Québec (pays) nous offre. En effet, seul le contrôle de toutes les ressources d’un État indépendant rend possible la réalisation de projets collectifs à l’avantage de l’économie du Québec et de ses citoyennes et citoyens.

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Remettre l’indépendance du Québec sur la carte politique mondiale

Pour la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, le Québec n’est plus sur l’écran radar. C’est grave, mais plus grave encore, la plupart des politiciens d’autres pays ont déjà oublié que le Québec a déjà été sur l’écran radar. Le « Vive le Québec libre » de Charles de Gaulle et les secousses référendaires de 1980 et de 1995 sont bien loin. Le Québec et les Québécois seraient rentrés dans le rang canadien. Que le Parti libéral du Québec s’en réjouisse n’étonnera personne. Mais que les souverainistes n’y voient pas de problème, voilà quelque chose qui déconcerte.

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Pas d’indépendance du Québec sans une critique du régime canadien

Depuis son émergence dans la foulée de la Révolution tranquille, le projet indépendantiste a jusqu’ici essentiellement été porté par les questions identitaires (poussées par les nationalistes) et la question sociale (mise de l’avant par les progressistes). Les questions identitaires et les questions sociales ont traditionnellement été les « piliers conceptuels » de ce projet ; les nationalistes et les progressistes, ses deux principales forces de mobilisation. D’une part, l’idée de donner aux Québécois un État indépendant tient beaucoup à cette volonté de pérenniser, ou à tout le moins de sauvegarder, l’identité nationale du Québec, petit peuple français dans l’océan américain anglo-saxon. D’autre part, il s’est aussi, dès le départ, parallèlement conçu comme le moyen politique le plus puissant afin de mettre en place un projet de société conforme à un certain idéal de justice sociale, en rupture avec l’ordre économique canadien. Cependant, la question du régime politique a quant à elle jusqu’ici occupé une place négligeable dans la stratégie et le discours indépendantiste.

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action couv 1933Bibliothèque et Archives nationales du Québec a numérisé tous les numéros de L'Action française et de L'Action nationale depuis 1917.

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