Numéros publiés en 2015

Numéros publiés en 2015

Survol de l’histoire de la radio au Québec

De Fessenden à Internet
En hommage à l’Amérindien Oscar Bastien, pionnier des « annonceurs » au Québec.

Qui a inventé la radio ? Guglielmo Marconi, Roger Baulu, Édouard Branly, Ferdinand Braun, Alexander Popov ou Reginald Fessenden ?

Toutes ces réponses sont bonnes, sauf pour Roger Baulu qui n’était pas encore né. Mais pour répondre complètement à la question, il faudrait nommer une dizaine de personnes sur un cycle de vingt ans entre la fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième. La boucle de ces vingt glorieuses s’ouvre en 1887 sur la première transmission sans fil d’ondes électromagnétiques par l’Allemand Rudolf Hertz dans son laboratoire – les ondes hertziennes, c’est lui ! – et cette boucle se referme sur la première transmission sans fil de la parole par Reginald Aubrey Fessenden au soir de Noël 1906.

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Un pays à mettre en ondes

Étudiante à la maîtrise en sociologie, Université Laval - Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les récentes annonces concernant les compressions budgétaires à réaliser au sein du diffuseur public qu’est la Société Radio-Canada (SRC) ont provoqué une relative panique chez plusieurs, dont de fins observateurs des transformations orchestrées au sein de l’institution au cours des dernières décennies1. Des citoyens vigilants et attachés à l’institution ont pris d’assaut les rues de différentes régions du Québec, le 16 novembre dernier, afin de protester contre la dévaluation véritable dont est l’objet Radio-Canada, réclamant pour l’institution les moyens nécessaires au traitement d’une information de qualité, intègre, riche et diversifiée. À revisiter l’histoire récente du radiodiffuseur canadien en contexte québécois, l’on ne peut cependant que constater que cette dernière soustraction financière n’a absolument rien d’original, la dépréciation budgétaire revenant par vagues successives se briser sur le versant radio-canadien. De fait, l’État canadien n’a cessé de réduire sa participation financière auprès de l’institution publique depuis près d’une vingtaine d’années, l’établissement étant assujetti aux secousses financières enclenchées par le pouvoir gouvernemental qui tient les rênes des crédits parlementaires octroyés à la société d’État. Dès lors, lorsque les finances du gouvernement fédéral sont en crise, Radio-Canada devient martyre.

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L’efficacité des radios de confrontation en question

Près de 10 ans après le débat autour du non-renouvellement de la licence de la station de radio CHOI Radio X par le CRTC (voir Gingras 2008), le format radiophonique défini par les animateurs de cette station reste dominant à Québec. Loin d’être un feu de paille comme certains l’ont d’abord cru, le discours de confrontation qui s’y tient influence toujours les débats publics (Durand, Dupuis, Racicot 2012 ; Giroux et Sauvageau 2009 ; Porter 2010) et cela, même si les propos tenus font moins la une des journaux qu’à l’époque. En 2008, en conclusion de notre livre consacré à ce phénomène, La radio x, les médias et les citoyens, nous écrivions que « les conditions objectives de l’expression radiophonique d’une polarisation fondée sur la hiérarchisation des groupes sont toujours présentes » (Vincent, Turbide, Laforest 2008 : 188). Sept ans plus tard, ce constat demeure d’actualité et interroge plus que jamais ce qui fonde l’efficacité communicationnelle du discours des animateurs et la popularité de ces radios. Sans proposer une réponse définitive à cette question, cet article propose quelques pistes d’explication de ce phénomène à travers l’analyse de la mécanique discursive qui sous-tend cette radio « extrême ».

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La crise du journalisme et la crise de la souveraineté québécoise

Le règne de l’opinion publique, dont on sait l’importance en démocratie, repose sur le principe que les citoyens contribuent librement à entretenir un esprit collectif. En démocratie, les organes du pouvoir, si minutieusement agencés soient-ils, dépendent de ce qu’il faut bien appeler une communauté politique.
– Fernand Dumont (Raisons communes)

L’actualité récente témoigne à elle seule du fait que le journalisme au Québec est en crise. Il y a bien sûr la crise à Radio-Canada, la situation avec les propriétés de PKP, les difficultés financières du Devoir, et bien d’autres manifestations de cette crise dans les dernières années. Certains de ces problèmes tiennent de ce qu’on appelle « l’économie politique des médias », par exemple la concentration de la presse, ou encore la dématérialisation de l’information, qui nous fait passer du papier au no man’s land virtuel de l’internet. Je voudrais plutôt me concentrer ici, sur les implications politiques qu’entraîne la situation de nos médias, en cherchant à lier deux choses apparemment étrangères l’une de l’autre : les médias et la souveraineté politique d’un peuple. Trop souvent, les critiques se bornent à analyser les rapports de propriété ou à l’aspect économique de la question médiatique. Les critiques les plus connues « à gauche » comme le modèle de propagande développé par Herman et Chomsky1, cherchent à mettre en lumière le fait que les médias sont manipulés par des intérêts économiques dominants. Je me situe plutôt dans une approche plus dialectique inspirée par les approches sociologiques de Michel Freitag et Jean Pichette2.

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Michel Sarra-Bournet. Louis Bernard. Entretiens

Michel Sarra-Bournet
Louis Bernard. Entretiens avec Michel Sarra-Bournet, Montréal, Boréal, 2015, 299 pages

Grand commis de l’État, homme de l’ombre et donc discret par définition, Louis Bernard n’a pas l’habitude de s’épancher sur ses états d’âme. Il parle peu de lui et très peu des autres. Rompu aux secrets d’État, Louis Bernard ne commet pas d’indiscrétions et ne nous livre pas de révélations fracassantes. Ce n’est pas son style. Comme son destin personnel coïncide avec le destin du Québec, il commente plutôt l’histoire du Québec contemporain et explique comment il a perçu les grandes évolutions de la société québécoise. Sa vision est souvent éclairante parce qu’il a vécu les événements de l’intérieur, ayant accompagné les premiers ministres Lesage, Lévesque et Parizeau dans le combat québécois pour l’affirmation nationale.

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Raymond Garneau. De Lesage à Bourassa

Raymond Garneau
De Lesage à Bourassa. Ma vie politique dans un Québec en mouvement, Les Éditions Transcontinentales, 2014, 319 pages

De Lesage à Bourassa. Ma vie politique dans un Québec en mouvement, l’autobiographie de Raymond Garneau, est un livre qui en contient deux : le récit réussi d’une vie politique et une tentative ratée d’essai politique !

Le récit autobiographique comme tel est intéressant, puisqu’il nous plonge dans le Québec de Duplessis, puis dans celui de la Révolution tranquille et de ses suites. Les élections, les courses à la chefferie libérale, la crise d’octobre, les Olympiques, tout y passe. En général, le fin connaisseur de l’histoire du Québec en apprend peu. Font toutefois exception les passages concernant les finances publiques, entre autres avec la création du Conseil du Trésor dont l’auteur fut le premier titulaire. L’histoire du Québec d’avant les années 1960 étant moins connue, le début du livre contient aussi certaines informations inédites ou oubliées ; qu’on pense à l’alliance entre les libéraux et les créditistes lors de l’élection de 1956.

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Claude Morin. Je le dis comme je le pense

Claude Morin
Je le dis comme je le pense. Souveraineté, vie politique, religion, Montréal, Boréal, 2014, 224 pages

La dernière campagne électorale a-t-elle mis en veilleuse le projet souverainiste ou bien la faute incombe-t-elle plutôt au PQ qui n’aurait pas assez fait la promotion de l’indépendance ? À cette question, Claude Morin répond dans son dernier essai, Je le dis comme je le pense, que l’absence d’engouement pour la souveraineté n’est pas causée par des erreurs stratégiques ou par un manque de convictions de la part du PQ. Les Québécois ne sont tout simplement pas prêts à se lancer dans l’aventure indépendantiste. Faut-il pour autant baisser les bras et ne rien faire ? Non, répond Morin, qui prend bien soin de séparer l’objectif du PQ, la sauvegarde et l’épanouissement de l’identité québécoise, et le moyen idéal qu’il met en œuvre pour atteindre cet objectif, la souveraineté. Or, estime Morin, si la souveraineté demeure le moyen privilégié pour affirmer l’identité nationale du Québec, elle ne saurait être le seul.

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Éric Duhaime. La SAQ pousse le bouchon !

Éric Duhaime
La SAQ pousse le bouchon !, Montréal, VLB Éditeur, 2014, 157 pages

Avec L’État contre les jeunes (VLB éditeur, 2012) et Libérez-nous des syndicats ! (Genex, 2013), Éric Duhaime nous avait habitués à des pamphlets libertariens d’une portée très générale. Avec La SAQ pousse le bouchon !, on change de registre. Le thème est plus circonscrit, la recherche est plus approfondie, le ton est moins polémique et la thèse est plus nuancée. Il donne à voir un auteur qui a pris de la maturité intellectuelle.

À l’instar d’Où sont les vins ? de Frédéric Laurin (Hurtubise, 2009), la thèse centrale du livre est que le (quasi-)monopole de la Société des alcools du Québec sur l’achat, la distribution et la vente des vins et spiritueux est injustifié. Autrement dit, la SAQ n’a pas à être vendue ou démantelée complètement, mais son monopole doit être cassé. Si la démonstration n’est pas parfaitement convaincante, le livre apporte néanmoins une réelle contribution à la conversation publique sur notre société d’État.

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Éloge d'un homme d'État

Jacques Parizeau nous a quittés. Il est affligeant de voir disparaître un grand homme qui a tellement contribué à l'affirmation du Québec moderne et qui a tant donné à sa nation. Mais, il nous laisse un héritage intellectuel immense et le meilleur hommage qu'on puisse lui rendre est de continuer à bâtir son œuvre.

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La cause Caron

Au moins un procès intenté par des francophones hors Québec jusqu’en Cour suprême du Canada, et dont l’issue est attendue au plus tard cet automne, pourrait bien exposer au grand jour le vrai visage de l’ensemble de notre classe politique. L’une de ces causes en particulier – la cause Caron – est susceptible de dévoiler la veulerie des fédéralistes québécois ainsi que le persistant orangisme des élus canadiens-anglais autant que de leur électorat, et ce, juste à temps pour les prochaines élections fédérales.

En effet, depuis le référendum de 1995, le Canada anglais a conclu que la meilleure attitude à adopter face aux revendications traditionnelles du Québec était l’immobilisme complet et le refus intégral de tenir quelque discussion constitutionnelle que ce soit. Devant ce cul-de-sac, les fédéralistes québécois en ont déduit que la meilleure façon de maintenir le Canada uni n’était plus de chercher à modifier à la satisfaction des Québécois la constitution imposée de 1982, mais plutôt de ne plus rien revendiquer du tout. Mais si, dans quelques mois, la Cour suprême forçait tout ce beau monde à prendre clairement position sur la place du français a mari usque ad mare, certains pourraient ne plus pouvoir éviter de choisir un côté ou l’autre de la clôture. Et face à l’opinion publique québécoise, la déjà peu convaincante rengaine de Stéphane Dion selon laquelle on peut à la fois être fier d’être Canadien et fier d’être Québécois sans qu’il y ait de contradiction entre les deux pourrait bien perdre toute crédibilité.

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